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But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve)

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Kaya J. Jonhson
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MessageSujet: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Jeu 1 Jan - 17:13

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

Tu te mets au lit. Encore une journée passée à se demander si tu fais le bon choix, à se demander si tu as raison d’agir comme tu le fais. Tu doutes, toujours, même si tu sais que c’est stupide. Et puis, au fond, tu n’as pas vraiment le choix, et tu le sais. Après tout, s’entraîner, jusqu’à n’en plus pouvoir, qu’est-ce que c’est ? Mentir un peu à ses amis, pour pouvoir rester avec eux, qu’est-ce que c’est ? Non, c’est stupide de douter. Et pourtant, tu te rappelles de son visage, et tu doutes. Tu ne dois pas, et tu le sais. Tu es un carrière. Un putain de carrière. Tu es une machine à tuer, et, sans y prendre du plaisir, se défouler sur un mannequin te convient très bien. Tu as un idéal, comme tes potes. Gagner les Jeux, et finir vieux, en ayant toutes les filles que tu veux. Comme tout le monde.

Oui, cet idéal te convient parfaitement bien, et tu le sais. Tu l’atteindras.
Oui, mais alors pourquoi tu doutes ? Pourquoi une petite voix dans ta tête te dit que tout cela est faux, que toute cette vie que tu mènes depuis dix sept ans est fausse ? Pourquoi tu sens, au plus profond de toi, une envie de crier que tu n’es pas d’accord, pas d’accord avec ce mirage, pas d’accord avec cette vie ? Pourquoi tu ne peux pas être comme tout le monde ? Pourquoi tu te sens si différent ? Comme si tu n’étais pas normal ?

De rage, tu tires un peu trop tes couvertures, que tu envoies au sol. Cette bêtise te fait enrager encore plus. Pourquoi tu n’arrives pas à te calmer, à rester comme les autres ? Ca t’énerves, ça aussi. Cette impression qui te colle à la peau, comme un mot gravé au fer rouge sur ta peau. Pourquoi tu n’arrives pas à correspondre à leurs attentes, pourquoi tu ne peux pas tout simplement rentrer dans le moule ? Tu entends ton frère et ta sœur monter dans les chambres, en se disputant, comme toujours, et tu soupires. Ils sont insouciants, ces gamins, ils sont heureux de rien du tout, et tranquilles. Oui, ta vie était putain de belle, à tes douze ans. Oui, tu regrettes ce passage à l’âge adulte, cette prise de conscience pourrie. Pourquoi tu n’es pas resté un enfant, toute ta vie, un gamin insouciant, qui rêve de gloire, de richesse, et d’amour, et qui joue à la bagarre avec ses amis ? Pourquoi il a fallu que tu mûrisses, que ta vie se transforme ?
Tu ne comprends plus rien, comme si tout défilait en accéléré. Alors, tu fais comme avant, tu suis. Tu suis l’avis de tes parents, les espoirs de tes amis. Tu essaies de ne pas réfléchir, et c’est pour ça que tu sors avec Kylie, d’ailleurs. C’est pour ça que tu continues à aller te défouler au centre d’entraînement, que tu admires Chléo, en bavant, comme tes potes, sur sa silhouette. Un mouton. Tu n’es qu’un mouton, parce que réfléchir par soi-même entraîne bien trop de risques, et que ça, au moins, tu l’as compris.
Tu te couches enfin, après avoir sommairement ton lit, et tu fermes les yeux. Cependant, le sommeil ne vient pas de suite. Ce serait trop facile. Non, cet instant, le soir, avant de t’endormir, est le moment le plus propice aux souvenirs douloureux, aux questions que tu ne veux pas te poser. Comme si, à cet instant, ton esprit prenait plaisir à te torturer. Rageur, tu tournes sur toi-même, une quinzaine de fois, peut-être, avant de réussir à trouver le sommeil… Mais quel sommeil.

Un nuage de fumée envahit l’espace, te faisant tousser légèrement. Rester prudent, rester discret, rester silencieux. Tes réflexes de Carrière sont en éveil, comme toujours, en territoire inconnu. Tu n’as aucune idée de ce que tu fais là, tu y est simplement apparu, comme par magie. Tu t’es réveillé, levé, et tu as marché. Dans l’espoir, sans doute, de trouver quelque chose, d’arriver quelque part. Oui, tu t’accroches à l’espoir que ta longue marche, sur ce sol transparent qui ne laisse apparaître que du noir, en dessous, t’amènes quelque part. Tu ne comprends pas ce qu’il t’arrives, mais, malgré tout, ce qu’on t’as appris prend le dessus. Garder son sang froid, jusqu’à comprendre ce qu’il nous arrive. On te l’a sermonné des années durant, alors tu le mets en place, espérant trouver quelque chose, quelqu’un. C’est stupide, mais c’est la seule chose à faire.


Un pas de plus. Un pas de trop. Ton pied ne trouve aucun appui. C’est la fin de tout. Partout, du noir, et pourtant, tu vois. Ce n’est pas logique, mais rien ne semble logique, dans cet univers dénué de point de repère. Tu tombes, tu tombes, sur des kilomètres, presque. Et, d’un coup, tu te retrouves sous l’eau.
Là, tu paniques. Tu ne comprends pas ce qu’il t’arrives, tu sais juste que tu es sous l’eau, sans même avoir une idée quelconque de la profondeur. Et tu sais aussi que nager est, pour toi, aussi abstrait qu’un combat à l’épée pour un chien. Alors, tu bats des jambes, des bras, dans tous les sens. Et, sans trop savoir comment, tu es devant une cascade, de l’eau jusqu’aux genoux. Tu ne cherches même pas à comprendre, tu ne cherches même plus. Un autre problème te préoccupe. En effet, une silhouette se tient debout, juste devant la cascade. Tu cries, pour qu’elle t’entende, pour évacuer la panique, pour être menaçant, un peu, peut-être.

« Tu es qui ? Et on est où là ?! »
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Ouh là xD:
 

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Dernière édition par Kaya J. Jonhson le Sam 3 Jan - 19:36, édité 1 fois
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Romy Weverell
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Sam 3 Jan - 16:46


it's Just a dream honey
Emma (Sophie Turner)

Pas très loin, à quelques centaines de mètres, dans une petite maison grise, Emma est roulée en boule au milieu de ses draps. Ça va bien faire deux heures qu'elle essaye de dormir. Sa longue chevelure de feu, démêlée avec précaution avant de dormir, repose sur l'oreiller. Elle est fatiguée. Elle voudrait s'endormir, et surtout ne pas rêver. Elle voudrait être capable de ne plus penser à rien. D'oublier les moqueries, les remarques de ses parents, les regards. D'oublier qu'elle n'est pas à la hauteur. Qu'elle n'a sa place nulle part. Emma, c'est un prénom commun. Un prénom commun pour une fille pas comme les autres. Ça sonne un peu comme aimer. Un peu seulement. Elle est seule. Emma, celle avec les cheveux trop roux et les yeux trop bleus, celle qui n'ose jamais élever la voix, celle qu'on ne voit jamais aux entraînements de carrière, celle qui a une peur maladive du sang, celle qui n'aura jamais sa place ici. Emma...Elle voudrait juste dormir. S'enfuir. Courir, sans s'arrêter. C'est au choix.

Il paraît que si on n'arrive pas à s'endormir, c'est parce qu'on est éveillé dans le rêve de quelqu'un d'autre. Un petit sourire triste se dessine sur ses lèvres fatiguées, dans l'obscurité. Mais personne ne rêve d'Emma. Elle le sait. Le sourire s'évanouit. Elle s'endort. Sans le savoir, elle le rejoint.


* * *

La peur, la fatigue, tout s'est envolé. Elle n'est plus vraiment Emma. Elle se tient debout devant la cascade. L'eau rebondit sur la roche par moments et éclabousse sa peau de lait. Elle n'a pas froid. Elle est juste bien. Une simple robe blanche couvre ses bras jusqu'aux poignets et ses jambes jusqu'aux genoux. Elle lève instinctivement les doigts pour toucher le fin diadème d'argent posé sur ses cheveux. La roche est fraîche sous ses pieds nus. Elle ne sourit pas. Tout est à sa place. Il est là, lui aussi.

« Tu es qui ? Et on est où, là ? » Elle sourit, cette fois, et place un index contre ses lèvres, pour qu'il se taise. Elle tourne les talons et entre dans la cascade. Elle tourne sur elle même, une fois, deux fois, comme une gamine, recueillant l'eau fraîche au creux de ses mains ouvertes. L'eau ruisselle sur ses cheveux, son nez, ses lèvres, son cou. Elle émerge. En quelques pas, elle est près de lui, ruisselante d'eau. « Regarde. » Elle ferme les yeux, et l'eau sur sa peau se rassemble en des centaines de grosses gouttes avant de s'élever dans les airs, comme par magie. Les gouttes défient la gravité et s'envolent jusqu'aux nuages. Emma est totalement sèche. Elle sourit. « Tu ne me reconnais pas ? » Elle l'a reconnu, elle. Thomas. Deuxième rang, troisième siège en partant de la gauche. Elle est assise juste devant lui. Elle l'entend bavarder, souvent. Elle connaît sa voix. Son visage est moins familier. Bien sûr, lui ne la reconnaîtrait pas. Elle ne ressemble en rien à...comment s'appelle-t-elle, déjà ? Kylie. Le genre de filles qui ne perdrait même pas son temps à lui accorder un regard. Grande, fine, blonde, bronzée, athlétique. Emma, elle est petite, pâle, faible, rousse. On lui a parfois dit qu'elle était jolie. Peut-être. Elle n'en sait rien. Elle ne sait pas ce qui est joli et ce qui est laid. Elle a du mal à comprendre ce monde, de toutes façons.

N'empêche. Si elle se trouve dans son rêve, c'est qu'une partie de lui voudrait la connaître. « Je m'appelle Emma. » Elle hausse les épaules. Puis elle attrape la main de Thomas. Elle lui tend un poignard d'argent et referme ses doigts dessus. Puis elle recule, d'un pas seulement. « Je suis là pour que tu me tues. Tu dois le faire si tu veux sortir d'ici. » Elle ne sourit pas. Une main parfaitement manucurée se pose sur l'épaule musclée de Thomas. C'est celle de Kylie. Elle se penche contre lui, lui murmure de le faire. De tuer cette petite chose insignifiante. La main disparaît. Emma et Thomas sont seuls. Pourtant des cris retentissent, de partout. Des cris d'excitation. Les cris des jeunes carrières qui encouragent Thomas comme des romains autour de leur gladiateur favori. Ce n'est qu'un rêve, après tout.


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Kaya J. Jonhson
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Sam 3 Jan - 20:28

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

Voilà je savais que j'aurais jamais du rp quand je suis dans les vapes .-.
J'ai perdu ce rpppp o/
Désolée sérieux ♥
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Dernière édition par Kaya J. Jonhson le Ven 16 Jan - 9:36, édité 3 fois
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Romy Weverell
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Dim 11 Jan - 11:28


it's only a dream
Emma (district deux)

Il hésite. Kylie s'est évaporée, il ne reste que les cris, et même eux s'affaiblissent de seconde en seconde. C'est son rêve, après tout. C'est lui qui choisit de leur donner ou non du pouvoir. « Et pourquoi je devrais faire ça ? Oui, pourquoi je devrais te tuer, Emma ? » La rouquine le fixe sans répondre, pendant de longues secondes. Elle cherche la sincérité dans son regard. Quelque chose qui lui dise qu'effectivement, il ne prendrait aucun plaisir à la voir mourir. Elle voudrait lui dire que cette hésitation, ce tiraillement qu'il tente de masquer, lui a fait réussir l'épreuve. Ce n'était que ça. Juste une hésitation, qui prouve que les rouages de son cerveau avaient encore assez d'indépendance pour douter. Et ça lui fait plaisir, à Emma, de voir qu'il n'est pas tout à fait comme les autres, même si on dirait, la plupart du temps. Un peu de rose monte à ses joues. Son sein se soulève à chaque battement de coeur sous la robe blanche. Elle finit par hocher la tête, lentement, dessinant progressivement un sourire sur ses lèvres.

La clairière, la cascade, tout ça se mélange comme des pots de peinture, forme un tourbillon autour d'eux. Emma attrape la main de Thomas, pour le rassurer, parce que tout est à sa place. Elle ferme les yeux, et lorsqu'elle les ouvre à nouveau, ils se trouvent dans une immensité de sable couleur d'or. Un vent chaud joue avec les cheveux de feu d'Emma. Elle lève les yeux vers le ciel. Elle attend l'épreuve, qui éclate bientôt, semblant venir de partout. C'est une voix. Une voix sans âme, et bien connue de tous. « Mesdames et messieurs, la finale des Jeux de la Faim oppose cette année Thomas et Emma, tributs du district 2 ! » La voix s'évapore dans l'air et y reste un instant en suspens avant de s'en aller tout à fait. Emma est occupée à réunir ses cheveux dans une tresse pour les protéger du vent. Puis, lorsque la tresse a trouvé sa place entre ses omoplates qui saillent sous le fin tissu de la robe blanche, elle lève les yeux vers Thomas. « Tu dois me tuer pour être le Vainqueur. Voilà pourquoi. » Il y a une raison maintenant. Reste à voir si ce sera suffisant. Emma s'approche de lui, ses pieds nus frais sur le safran brûlant du désert qui s'étend à l'infini, dans toutes les directions. Un petit serpent gris émerge du sable, s'enroule autour de sa cheville, puis autour de son mollet, et ses deux petits yeux jaunes se joignent à ceux couleur ciel d'Emma qui dévisagent Thomas sans peur ni haine. Va-t-il résister cette fois ?

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Kaya J. Jonhson
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Ven 16 Jan - 9:34

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

Ca semble lui faire plaisir, à la rouquine, que tu décides de ne pas la tuer, comme ça, sans aucune raison. Ca semble la rassurer, comme si elle se disait que tout n’est pas perdu, que tout peut encore changer.
Pourtant tu le sais. Tu sais que, quelle que soit sa réponse, tu devrais le faire. Tu devrais le faire, parce que tu es un carrière, parce que c’est ton but. Apprendre à tuer, pour pouvoir auréoler ton District de gloire, pour pouvoir te démarquer, devenir un héros. Apprendre à tuer pour pouvoir rentrer chez toi, couvert de gloire, pour pouvoir être le modèle de ton frère et ta sœur, la fierté de tes parents, pour pouvoir t’installer enfin dans le glorieux village des vainqueurs, pour pouvoir devenir un mentor, celui que tout le monde idolâtre. Oui, tu devrais le faire, parce que s’entraîner à tuer, c’est, pour la plupart, une chance inouïe. Un être humain ne vaut rien, surtout pas quelqu’un comme la jeune fille qui se tient devant toi. Quelqu’un à qui personne n’accorderai un seul regard.

Un sourire naît sur les lèvres de ta comparse, et, sans trop que tu comprennes pourquoi, ça te fait plaisir. Ca te rempli d’une fierté, petite, discrète, mais qui se propage dans tout ton corps. Et puis, soudain, tout disparaît, tout tremble, et, comme dans un tourbillon, s’envole, tourne, autour de vous. Oui, il ne reste que vous, vous seuls au monde.
La folie des tourbillons créés par ce qu’il reste du décor dans lequel tu as atterris aurait du t’inquiéter. Voir l’eau dans laquelle tu pataugeais il n’y a même pas une seconde s’envoler, comme pour s’échapper à la bataille qui a lieu en bas, dans ton crâne, aurait du te faire paniquer. Mais, pourtant, tu ne ressens aucun sentiment. Rien d’autre que les parties qui s’affrontent, dans ton crâne, les deux côtés, les deux possibilités qui s’offrent à toi.
Emma attrape ta main, et tu ne te dégages même pas, tu le sens à peine. Tu lui jettes un regard vide, parce que, au fond, tu la hais. Tu la hais de te mettre face à tes démons, tu la hais de te demander de choisir, alors que tu ne la connais même pas. Tu la hais, parce que tu sais qu’elle a raison, mais tu préfères vivre dans l’ignorance, en suivant les autres, plutôt que de te mettre en danger.

Du sable. Partout autour de vous, du sable, à perte de vue. Rien d’autre que cette étendue, et ce soleil brulant au dessus de vos têtes. Rien d’autre que vous, ce soleil, et ce sable.
Puis, une voix.

« Mesdames et messieurs, la finale des Jeux de la Faim oppose cette année Thomas et Emma, tributs du district 2 ! »

Tu reconnais immédiatement la voix, pour l’avoir entendue des centaines de fois déjà. Pour en avoir parlé avec tes amis, et ta famille pendant des heures, pour avoir vu, et revu les passages où elle apparaît. Une Arène. Tu ne comprends toujours rien à ce qu’il se passe, mais tu ne t’étonnes même pas. Ca te semble normal, logique. Tu assimiles sans te poser de questions. Une Arène. Voilà pourquoi tu dois tuer Emma, comme elle te le confirme un centième de secondes plus tard. Tuer pour ne pas être tué. Tuer pour sortir en vie, et revenir auréolé de gloire. Tu t’accroches à ton poignard. Ce n’est pas ton arme favorite, mais tu as toujours su te débrouiller avec à peu près tout. Tu lèves la main, légèrement. La tend. Une impulsion et la jolie rousse est morte.

*Trois semaines auparavant*


« T’es sérieux ? Passer l’aprem avec Liam ?
- Mais il était seul, j’allais pas le laisser crever…
- Tu déconnes, là, j’espère ! On parle de Liam, mec, du type qui boycotte le centre d’entraînement, de la tapette, mec
- Ouais, ouais. En même temps j’ai appris des trucs… Wow. On va l’afficher pendant des semaines avec ça, mec ! »


Ta voix se casse, un peu, même si tu fais de ton mieux pour le cacher. Tu viens de balancer les secrets les plus intimes de quelqu’un qui t’a fait, le temps d’une après midi, confiance, à son pire ennemi. Et, même si tu te crois avec des amis, au fond de toi, tu sens, tu sais, que tu es mieux avec Liam, que, là bas, tu es dans ton univers, en tous cas, bien plus qu’ici.

*Retour à la réalité*

Tu cilles. Tes yeux demandent à Emma de t’aider, de faire quelque chose pour qu’aucun de vous deux ne meure. Même si tu sais qu’elle ne peut rien faire, même si tu sais que ce sont les jeux, tu la supplies. Elle ne bouge pas, te fixe, cependant que tu remarques qu’un petit serpent vient s’enrouler autour de sa cheville.
Ni méchanceté, ni tendresse dans son regard. Rien que de l’attente. L’attente de ton verdict.
Tu ne sais pas quoi faire, tu ne sais plus. Et, soudain, comme naturellement, tu t’approches d’elle. Tu passes ton poignard dans ta main gauche, et déposes délicatement ta main droite sur sa joue. Juste avant de te rapprocher. De poser tes lèvres sur la siennes. Et d’appuyer, doucement, le poignard dans ses côtes. Pas assez pour qu’elle souffre. Juste pour qu’elle sache.
Ni ruse, ni amour dans ton baiser. Ni tendresse, ni méchanceté. Et aucune volonté de tuer.

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Romy Weverell
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Lun 2 Fév - 13:39


strange birds
Emma - district 2
- m u s i q u e -

Il se passe quelque chose derrière les yeux de Thomas. Quelque chose qu'Emma ne voit pas. Elle attend. Elle lui donne le temps dont il a besoin. Et puis son esprit semble à nouveau se réunir avec son corps. Il revient à la réalité. Enfin...pas exactement. Le soleil illumine le visage pâle d'Emma qui attend sans qu'une quelconque émotion ne vienne saisir son coeur. Le petit serpent se serre contre sa cheville, brûle le garçon de son regard ambré. Regard identique à celui pourtant bleu pâle de la jeune fille, qui attend. Elle reste impassible face au regard suppliant du garçon. Et c'est étrange, comme sentiment. Elle, celle qui rougit, éclate en sanglots pour un rien, aujourd'hui elle ne ressent rien. Rien du tout. C'est étrange, mais elle aime bien ça. Elle est en paix. Le garçon lève légèrement le bras. Au bout luit le poignard d'argent. Et Emma n'a pas peur. Au contraire. Tout est comme prévu. Pas de surprise. C'est plus facile, non ? C'est plus facile que Thomas soit celui que tout le monde croit connaître. Emma ne s'était jamais vraiment attendu à ce qu'il en soit autrement, et elle remercia ce rêve d'avoir mis fin à ses rêveries de gamine. Elle ferme les yeux, et attend. Quand le poignard plongera dans son coeur, alors elle se réveillera en sursaut dans ses draps de coton blanc. Elle le sait.

Mais ce n'est pas une lame de métal qui plonge dans son coeur. C'est une avalanche d'émotions contradictoires, provoquées par la collision de deux paires de lèvres. C'est donc ça, un baiser ? Emma n'ose pas ouvrir les yeux ou le repousser. Son impassibilité n'est plus qu'un mauvais souvenir. Ses joues sont rouges, comme de la soupe de tomates. Son coeur bat beaucoup trop fort - à lui en briser les côtes. Mais elle ne le repousse pas. Elle commence lentement à prendre conscience d'elle même, jusqu'à rendre son baiser au garçon. Sa main tremblante vient se loger sur sa nuque et elle l'attire un peu plus vers elle. Rien de tout cela n'a de sens. Mais ce n'est qu'un rêve, après tout. Il a logé son poignard contre ses côtes. Pas assez pour percer la peau, mais juste assez pour lui rappeler qu'il est là. Plus rien n'a de sens. Alors elle se raccroche à ce bonheur éphémère, à ses lèvres tendres, à sa main sur sa joue.

Le petit serpent siffle, soudain. Et à mesure qu'il siffle, il grossit. Il gonfle. Il s'étire. Jusqu'à-ce que la petite bête écaillée devienne un cobra, couleur de sable. Il s'enroule et grimpe le long de la jambe d'Emma qui pousse un cri et se dégage de Thomas. Le serpent s'arrête en haut de sa cuisse avant de faire un bond et de planter ses crocs dans le cou du garçon. Il balance la queue et s'enroule autour de son cou. Et il serre. Il serre. De plus en plus. Le sang monte à la tête du garçon. Et, à nouveau, comme sous l'empire d'un sortilège, Emma ne ressent plus rien. Elle attend, immobile, sans un mot.




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Kaya J. Jonhson
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Lun 9 Fév - 17:17

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

Tu ne ressens rien. Rien de plus que quand tu embrasses Kylie, rien d’autre que la sensation de deux paires de lèvres qui s’entrechoquent, qui s’embrassent. Tu attendais la gerbe d’émotion, tu y croyais. Tu y croyais, à ce soi disant feu d’artifice dans ton ventre, qui t’aurait donné envie de la serrer contre toi, de passer ta main sur sa peau, de la sentir tout contre toi. Tu y croyais, tu pensais que ça changerait. Qu’avec elle ça irait.
Et pourtant, elle semble savourer le baiser. Alors, tu fais comme tu en as l’habitude. Alors, tu fermes les yeux, et tu continues. Parce que, après tout, ça ne te fait pas de mal. Même si ça ne te fait pas de bien.
Tu passes ta main dans ses cheveux de feu, comme tu le faisais avec la blonde. Tu t’en fous. Tu pensais que, parce qu’elle était différente, tu allais enfin pouvoir te trouver. Tu pensais que, parce qu’elle était aussi décalée que toi, même si elle l’assume, tu profiterais. Et pourtant. Pourtant, il ne se passe rien, rien d’autre que son cœur, qui bat, plus vite, plus fort.
Toi, ça ne te fait ni chaud, ni froid. Ca te fait même un peu mal, au fond, de savoir que tu connaîtras jamais cette sensation que l’on appelle l’amour. Ca te fait même un peu mal de te rendre compte que non, personne n’est assez étrange pour te convenir.

Et puis, soudain, quelque chose te ramène à la réalité. Un cri. Un écart brutal. Et, avant que tu ne comprennes ce qu’il t’arrive, deux trous, dans ta poitrine. Le venin se répand. Très vite. Trop vite. Tu regardes Emma. Tu ne comprends pas pourquoi, tu ne comprends pas ce qu’il t’arrive. Tu la sens venir. Tu la sens monter en toi, tu la sens t’envahir, prête à t’anéantir. Oui, tu sens la mort arriver. Alors, tu la regardes, elle qui reste plantée devant toi, si droite, si impassible. Tu la regardes, et, du coin de l’œil, tu la supplies. Pourtant, elle reste là, droite, fière. Elle te fixe, comme si tu n’étais rien, rien d’autre qu’un déchet sur sa route. Tu tentes d’ouvrir la bouche, de hurler, mais de l’eau entre par ta bouche, emplit tes poumons. Cette fois-ci, c’est sûr, tu vas mourir.
Le sang qui tambourine dans ta tête.
Les taches noires devant tes yeux.
Une chevelure flamboyante.
Un flash, des visages.
Des filles, des garçons.
Des Carrières purs, des pacifistes.
Des draps, une famille.
Qu’est-ce que c’est, une vie ?
C’est ce qui vous attend, au détour d’un chemin, quand, par hasard, vous naissez ?
C’est ce qui commence quand vous prenez conscience que vous êtes quelqu’un d’autre ?
C’est ce que certains gaspillent, inutilement, tandis que d’autre regrettent ceux qui l’ont quitté ?
C’est quelque chose de bien, ou quelque chose de mal, au fond ?
Des yeux bleus, des cheveux de feu.
Et toi.

***

Lorsque tu ouvres tes yeux, tu te retrouves debout sur le corps d’un garçon que tu ne connais pas. Tu ne sais pas ce que tu fais là, tu ne sais pas pourquoi sa poitrine s’est arrêté. Tu penses savoir, au fond de toi, que c’est ta faute, mais tu n’en as aucune certitude. Tu regardes autour de toi, et tu bouges ton corps inhabituel. Tu ne comprends pas ce qu’il t’arrives.
Face à toi, une fille. Elle est magnifique, avec ses cheveux d’un roux flamboyants, et ses deux yeux bleus.
Sa poitrine se soulève, régulièrement, sous sa robe blanche immaculée. Le sang pulse, régulièrement, dans ses veines, comme en témoignent ses joues roses.

Et, soudain, tu n’as plus envie de rien, rien d’autre que sauter sur cette inconnue. De goûter son sang.
Alors, tu t’élances, et plante tes crochets venimeux dans son cœur. Tu serres, le plus fort possible. Tu ne lâches pas, tu sens son sang se répandre dans ton palais, y propager un goût délicieux. Alors, tu continues de serrer. Jusqu’à sa mort. Puis, tu ne vois que du noir.

***

Tu as atterris Dieu seul sait où. Tout y est noir, sombre, tout sauf le puis par lequel tu es arrivé là. Tu as eu l’impression de tomber, des heures durant, avant de venir te déposer tout en douceur sur le sol.
Et, maintenant, tu attends.
Tu ne sais pas quoi, tu ne sais pas qui.
Tu ne sais même pas si quelque chose va se produire. Mais tu ne sais pas quoi faire d’autre. Tu t’es assis là, seul, dans la pénombre. Tu ne te rappelles plus de rien d’autre que de deux lèvres qui sont venues se coller aux tiennes, rien d’autre que d’une silhouette, d’un poignard. Puis, du noir, et de la souffrance. De la douleur, avant la fin. Avant ta fin.
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Romy Weverell
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Jeu 19 Fév - 21:35



L'oiseau de feu ne contrôle plus rien. Le vent le frappe de tous les côtés, jette des éclats de glace dans ses yeux. Emma avait cru être en contrôle, mais c'est tout le contraire. Ce rêve n'appartient à personne. Il a sa propre volonté, son caractère, ses flammes. Elle aurait dû s'en douter. Elle se recroqueville comme un nourrisson, les yeux fermés. Le monde tournoie, s'infiltre entre ses os graciles, hurle et murmure à travers elle. Un cri s'échappe de ses lèvres pourtant fermement serrées. Elle plaque ses mains sur ses oreilles, le cœur au bord des lèvres, le crâne bouillant comme une casserole de pâtes. Faites que ça s'arrête...Faites que ça s'arrête...Faites que... Sa tête heurte le sol, violemment. Un cri se coince dans sa gorge. Elle se relève à quatre pattes. Ses paumes sont écorchées. Il y a un garçon étendu sur le sol. Sa poitrine est immobile, sa peau pâle et lisse. Il est mort. Emma ne bronche pas. À Panem, il n'y a rien de plus commun qu'un cadavre d'adolescent. Elle cligne des yeux. Il y a l'autre garçon, debout sur le cadavre. Thomas. Leurs regards se croisent, se sondent l'un l'autre sans broncher. Elle s'assied en tailleur et le dévisage sans honte. Il la trouve belle, elle le voit dans ses yeux. C'est étrange d'être regardée ainsi. Elle n'y est pas habituée. Il la trouve belle, très belle, ses yeux brûlent d'une lueur étrange. Et il se jette sur elle, les crocs dehors, les yeux brillants. Les canines pénètrent dans sa chair, déchirent son cou, et pour une raison obscure, sa réaction est d'entourer tendrement le cou du jeune homme de ses bras à la peau laiteuse, de l'attirer à elle, de lui offrir son sang et sa vie comme un cadeau sans valeur. Elle ferme les yeux et sourit. Sa tête tourne, et puis c'est fini.

*

Qu'est-ce que ?... Elle ouvre les yeux en grand, mais l'air autour d'elle reste obstinément noir, épais, gluant. Elle tend ses mains devant elle mais elles ne rencontrent rien d'autre que cet air froid et humide. Elle en brasse, de cet air. Contre son dos, la pierre est mouillée. Ses jambes et ses fesses baignent dans l'eau froide et stagnante du puits. Une petite bête glisse contre sa jambe. Elle remue brusquement dans l'eau. Et puis plus rien. La pénombre fait battre son petit cœur qui s'affole entre ses côtes. L'eau froide la terrifie. Où suis-je ? Elle se met à genoux et avance, lentement, dans l'eau, le souffle court. La pierre du puits écorche ses petits genoux blancs. Mais elle avance, totalement terrifiée, les yeux grand ouverts malgré l'impénétrable noirceur qui l'entoure. Et puis sa main se pose sur quelque chose de chaud. Une jambe humaine. Un souffle de panique s'échappe de ses lèvres et elle lance son poing au hasard. Il s'écrase contre une joue et fait craquer un nez. Emma couvre sa bouche de sa main. Un bruit d'eau en mouvement trahit chacun de ses mouvements. « Pardon... » Elle murmure comme si elle avait peur qu'il y ait quelqu'un d'autre dans ce puits qu'elle et ce tas de chair humaine qu'elle venait de frapper. Où sont ses manières ? Elle tend la main en tremblant et la pose sur l'épaule du jeune homme qui semble hors de portée dans cette noirceur. « Thomas ? Thomas, c'est toi ? » Elle ne sait pas comment elle sait que c'est lui. Elle sait, c'est tout.




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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Lun 23 Fév - 16:20

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

Tu l’entends. Elle est tombée. Elle aussi, elle est arrivée là, Dieu seul sait comment. Tu l’entends marcher, tu l’entends tâtonner. On ne voit vraiment rien du tout, dans cet espèce de conduit, mais, pourtant, tu sais que c’est elle. Tu le sens, au plus profond de toi. Tu sais que c’est elle qui tend la main, au hasard, dans l’obscurité. Comme si tu pouvais la voir. Comme si il faisait aussi clair qu’au dehors.
Sa main se pose sur ta cuisse. Tu te dégages brutalement, aussi vite qu’elle. Et, tu te reçois son poing en plein dans la figure, avant que tu ne puisses dire quoique ce soit. Ton nez explose à moitié, ta joue doit sans doute être rouge vif. Bon, donc elle ne t’as pas reconnu, te dis-tu. Un souffle s’échappe de ces lèvres, mais tu ne l’entends pas. Tu ne le comprends pas. Tu attends. Tu attends qu’elle te reconnaisse, tu attends de pouvoir l’arrêter. Et de pouvoir partir ici. Seul, tu ne pouvais pas, et tu le savais. Mais elle est là, maintenant. Ensembles, vous allez pouvoir vous échapper. Ensembles, vos pas vous mèneront au bon endroit. Tu le sais.
Tu sursautes légèrement en sentant sa main se poser, délicate comme une aile de papillon, sur ton épaule. Et, alors qu’elle chuchote, dans l’obscurité, ton prénom tu attrapes son poignet, et te relèves brutalement, l’entraînant avec toi. Tu lui fais sans doute mal, mais tu essaies d’être délicat. Le plus possible. Si seulement tu y étais un peu plus habitué.
Tu l’entends protester, doucement. Tu l’attires près de toi, plaques ta main sur sa bouche. Tu la sens, son corps contre le tien, comme tout à l’heure. Tu sens sa poitrine s’écraser contre ton torse, contre tes pectoraux. Tes muscles sont tendus, et tout ton esprit est concentré sur sa respiration. Ca, et prendre garde. Tu les sens. Les ombres, qui t’entourent, prêtes à te sauter dessus. Elles t’appartiennent, elles émanent de toi, et tu le sais. Mais tu veux les vaincre. Tu veux partir. Tu chuchotes, tout doucement, ta bouche chatouillant son oreille, au travers de la masse flamboyante de ses cheveux :

« Emma, il va falloir courir. Tu es prête ? »

Elle ne te répond pas, et tu n’attends pas vraiment de réponse. Tu devais juste la prévenir. Tous tes muscles se tendent, et tu t’apprêtes à courir. De toute ta vitesse. Tu agrippes sa main, un peu plus fort, encore, et tu t’élances, sans attendre. Tu la sens courir, tenir ta vitesse. Tu vois la source de lumière, là bas, au loin, très loin. Il va falloir l’atteindre. Coûte que coûte. Tu accélères le plus que tu peux, et tu sens à sa respiration saccadée qu’elle suit le rythme. Tu la tires, un peu plus. Mais tes foulées sont plus grandes, quoique tu fasses.

Vous allez y arriver, cependant. La source de lumière se rapproche, de seconde en seconde. Dans quelques minutes, vous l’atteindrez, et tu le sais. Tu cours, plus vite, plus vite. Tu vois ton but s’approcher, alors tu accélères, le plus que tu peux. Oui, tu y es presque…
C’est à cet instant qu’elles arrivent. Les ombres. Elles te sautent dessus, te font souffrir le martyr. Ta tête va exploser. Elles forcent, sur ta main, et tu lâches la jeune fille. Tu les sens t’attaquer, de toutes parts. Tu les sens, partout autour de toi. Tu sais qu’elles sont là, et tu connais leur but. Mais tu ne peux pas résister. Tu n’as jamais pu. Ca fait trop mal.

Tu tombes à genoux, et tu entends la jeune fille revenir sur ses pas, revenir vers toi. Tu fermes les yeux une seconde, et, lorsque tu les rouvres, tu as une épée fichée à quelques centimètres de toi, plantée dans le sol. Tu te précipites dessus, appuie sur le sol, t’acharnes dessus. Tu n’y arrives pas. Et pourtant, avec, tu pourrais les battre. Avec, tu pourrais battre les ombres. Tu pourrais enfin t’en sortir. Tu pourrais enfin revivre.
Tes jointures deviennent blanches, le sang te monte à la tête, qui tourne, mais tu t’acharnes, tu forces, de toute ta puissance. Tu vas y arriver, tu en es sûr. Tu n’entends plus rien, rien d’autre que le sang qui bat, dans tes tempes, et tu ne sens rien d’autre que la douleur, qui t’assaille de toutes parts.

Et soudain, un coup. Une ombre te jette à terre, t’ouvrant le bras. Tu hurles, et pourtant, aucun son ne sort de ta bouche. Tu mords la poussière, et tu n’as que le temps d’entrapercevoir, avec la lumière, qui s’affaiblit d’instant en instant, et qui émane de la source de lumière, au loin, le visage d’Emma, penchée sur toi. Les ombres ne l’attaquent pas, mais maintenant que tu es à terre…

Tu as peur pour elle, maintenant. C’est la première fois que tu as peur pour quelqu’un d’autre que toi. Mais tu ne veux pas qu’il lui arrive quelque chose. Alors pourquoi reste-t-elle là, à te regarder, fixement ? Pourquoi ne fuit-elle pas, vers la lumière ?
Tu entrouvres ta bouche, et lances, affaiblit par la douleur, et suffoquant :

« Fuis. Rejoins la lumière. Fuis ! »
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Mar 24 Fév - 14:34



Emma a senti les ombres, qui se rapprochent, forment un cercle noir qui semble prêt à se refermer sur eux. Elle n'ose pas regarder. Son souffle s'accélère, et ses yeux pâles restent fixés sur Thomas comme si elle avait peur de faire face à la situation et que, par la seule force de son regard, elle pourrait crever ce cauchemar dans l'oeuf. Mais les ombres soufflent dans son cou, sa lèvre inférieure se met à trembler. Elle agrippe le bras de Thomas, qui semble bien connaître ces ombres. Il n'est pas surpris de les voir. Elles sont ses vieilles amies. Elles sont la pourriture de son coeur. Elle voudrait lui crier de les faire partir. Pourquoi ne fait-il rien ? Tout est noir ici, et mouillé, et les ombres murmurent...Emma est prise de panique. Ses yeux sont immenses, envahissent son visage entier. Elle ne bouge pas. La surface de l'eau putride dans lequel ils sont agenouillés est lisse, immobile comme eux. Et puis, un murmure: « Emma, il va falloir courir. Tu es prête ? » Non. Non, elle n'est pas prête. Non. ELLE N'EST PAS PRÊTE. Mais la main de Thomas tient fermement la sienne comme on tient un petit oiseau aux ailes cassées et elle se laisse entraîner, laisse son corps se déplier, et ses jambes la porter à travers les ténèbres putrides. L'eau les éclabousse à chaque pas. Ses lèvres sont plissées par le dégoût et la peur mais Thomas la tire, encore. Elle voudrait lui hurler que ça ne sert à rien, que les ombres sont plus rapides, que ce n'est pas comme ça qu'il se débarrassera d'elles, parce qu'elles sont en lui, qu'elles le suivront partout si il ne se décide pas à leur faire face. Elle a ses ombres, elle aussi, bien enfouies au fond de son coeur. Aujourd'hui on dirait qu'elles se tiennent tranquilles. Alors Emma court, et sa main blanche et moite manque plusieurs fois de glisser de celle de Thomas qui la serre plus fort encore, et la tire en avant. La lumière est là, elle l'entrevoit vaguement entre ses cils serrés. Elle est si proche. Et puis un sifflement. Et puis le noir. Une fumée acide qui s'immisce entre leurs mains serrées, qui les sépare. Des centaines d'ombres qui se referment sur lui, le mordent, aspirent chacune de ses forces, le mettent à feu et à sang, s'emparent de son esprit et le tiraillent. Elle entend ses cris très clairement au-dessus des sifflements et des murmures des ombres. Elle entend. Mais ses pieds continuent de la porter vers la lumière, loin des ombres, loin de tout ça. Et puis elle se retourne. Elle court vers lui. Une ombre se détache des autres. Il lui semble voir deux yeux brillants qui la fixent, lui intiment poliment de s'éloigner et de s'occuper de ses affaires, sinon...Mais elle court quand même. Elle parvient à placer son visage au-dessus du sien, tordu par une expression de douleur totale. Et l'ombre fond sur elle. La plaque sur le sol. L'ombre s'infiltre à l'intérieur de ses narines, de sa bouche ouverte par un cri. Elle s'étouffe sur des filaments de ténèbres qui la pénètrent partout, tousse, se convulsionne dans tous les sens. Un froid incomparable s'empare de ses membres, une tristesse jamais ressentie auparavant glace son coeur. L'ombre se sépare de son corps qui retombe sur le sol comme une poupée de chiffon, et rejoint les autres qui sont près d'achever Thomas. Emma tremble, à genoux sur le sol. Elle tremble de froid et de désespoir. Les larmes coulent sur ses joues, tordent son visage pâle. Ses cheveux ne sont plus en flammes. Ils sont ternes. Ses yeux sont gris, au lieu de leur bleu habituel. Elle tremble comme une feuille, enlaçant sa propre poitrine et pleurant à froides larmes. Plus rien ne peut l'atteindre. Sauf un murmure. Juste un petit murmure faible et suffoquant: « Fuis. Rejoins la lumière. Fuis ! » Elle lève la tête. Les ombres sont toujours là, s'acharnant sur la carcasse de Thomas. Mais quelque chose à changé. Il y a une épée, plantée dans le sol, et sortant de la masse noire des ombres mouvantes, elle distingue cinq doigts qui se tendent désespéremment vers le pommeau. Alors elle rampe, d'abord. Puis elle se relève. Ses forces lui reviennent. Elle court maintenant. Un sourire hystérique anime son visage et elle court. Sa main se tend. Elle agrippe le pommeau. Elle arrache l'épée aussi facilement que si elle avait été plantée dans une motte de beurre. Elle hurle, pas de peur cette fois. Une allumette a enflammé ses entrailles toutes entières. C'est une flamme nouvelle qui la guide et embrase son visage. Elle se jette sur les ombres et frappe au hasard, plus fort qu'elle n'en serait d'ordinaire capable. Elle tremble, d'adrénaline et non pas de froid. Chaque ombre frappée de l'épée pousse un cri déchirant avant de disparaître dans un bruit de succion. Elle ferme les yeux et pourtant l'épée trouve sa route au travers de chacun des démons de Thomas. Et puis...

Plus rien. Il n'y a plus ni lumière ni ténèbres. Il n'y a plus qu'eux. L'épée glisse de ses doigts et se fracasse sur le sol en mille éclats d'argent. Une écho du fracas résonne un instant et puis...plus rien. Plus rien à part le souffle paniqué d'Emma qui se retourne soudain. Ses genoux la trahissent. Elle tombe. Son coeur bat très fort. Thomas est immobile. Il a les yeux fermés, la poitrine immobile, les doigts glacés. Elle s'assied à califourchon sur son torse et pose ses mains sur son visage en espérant le réveiller. Ses lèvres tremblent et elle ravale une vague de larmes. « Thomas, elles reviendront, tes ombres...Elles sont reparties, elles sont dans ton coeur et elles attendent le bon moment pour refaire surface. Il faut que tu trouves un moyen pour les tuer. Il faut...Il faut qu'on trouve un moyen. Tous les deux. » Elle sait qu'il l'entend. Elle en est sûre. Alors elle se penche. Ses cheveux à nouveau enflammés encadrent le visage encore tordu par la douleur de Thomas. Elle pose ses lèvres sur les siennes, doucement. Et à mesure que son baiser prend de l'assurance, elle sent la vie, la vie qui revient en lui, s'étale sur sa peau et brûle quelque part en dessous.




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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Mer 25 Fév - 20:11

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

Il n’y a plus rien. Rien d’autre que le noir, la poussière, et le bruit de ton sang qui bourdonne dans tes oreilles. Plus rien d’autre que la douleur. Tes yeux se ferment, tes mains agrippent, en vain, le sol, la poussière se glisse sous tes ongles, et dans ton nez, elle obstrue presque tes poumons. Elle se glisse entre tes lèvres que tu serres pourtant, pour te retenir de hurler. Elle se glisse partout, la poussière. Et puis, il y a les ombres. Tes ombres.
Tu ne sais pas si Emma est partie, tu ne sais même pas si tu le souhaites, en fait. Tu ne sais pas ce que tu souhaites. Tu t’en fous, maintenant que c’est fini. Maintenant que tu as perdu la partie. Tes yeux, las, se ferment. Mais cette fois, pas de noir. Pas de repos, ni de perte de conscience. Cette fois, il ne reste que les ombres, et toi. Plus d’Emma, plus de lumière, plus rien d’autre que toi, cloué au sol contre ton gré, et elle, qui t’arrachent la peau, les ongles, les cils, malgré tes cris.
Tu sens chaque particule de ton corps te supplier d’abandonner, de fermer les yeux, et de ne plus te réveiller. De laisser tomber, de laisser les ombres gagner la partie. Une fois de plus. Alors, tu obéis. Tu lâches prise, et une ombre, satisfaite, t’enfonce son poignard en plein dans le cœur. Une fois. Deux fois. Trois fois. Et pourtant, tu es toujours là. Ton esprit se refuse à abandonner, ton subconscient te laisse souffrir. Tu t’agites. Tu ne veux pas résister. Tu as abandonné, ce devrait être suffisant ! Tu leur as donné ce qu’ils voulaient, une fois de plus. Alors, bon Dieu, qu’est-ce que tu fiches encore là ?
Et puis, soudain, tu la vois. La forme, qui t’empêche de t’abandonner. Tu ne sais pas d’où elle sort, elle apparaît devant tes yeux, comme une image gravée dans ton cerveau. Des cheveux roux, des yeux bleus, et une peau pâle.
A cause d’elle, tu souffres bien trop, bien plus que tu ne peux le supporter. A cause d’elle, chaque membre de ton corps, chaire à vif, te brûle, et tu pries pour mourir. A cause d’elle. De son espoir stupide. Tu ne peux pas changer. Tu n’as jamais pu, alors qu’elle te foute enfin la paix.

Et puis soudain plus rien. Rien d’autre que le souvenir de la douleur, de l’espoir. Et la même image que celle qui te faisait souffrir. Emma. Ses lèvres sont posées sur les tiennes cette fois. Et tu sais qu’elle va encore engendrer la douleur. Que c’est vain. Oui, que c’est inutile. Elle murmure quelque chose, que tu saisis à peine. Elle te chuchotes son espoir, ses lèvres collées sur les tiennes. Son espoir si ridicule.
Alors, tu pivotes brutalement sur toi-même, la repousse. Ca ne sert à rien. C’est sa faute, si tu n’as pas pu te laisser aller, sa faute si tu as tant souffert. Oui, c’est elle qui a fait ça.

Elle te regarde, droit dans les yeux, et, pour la première fois depuis que tu es là, tu esquisses presque naturellement le sourire ironique que tu arbores au quotidien. Tu la vrilles du regard, railleur. Comme pour lui dire que c’est foutu. Que ce n’est pas à toi de souffrir. Que tout le travail que tu as fait pour en arriver là, tu ne lui laisses pas le droit de te l’enlever. Qu’elle n’a pas le droit de te faire flancher. Qu’elle n’en a pas le pouvoir. Puis, dans un regard empli des sous entendus les plus moqueurs, tu lui lances :

« Arrêtes d’essayer, Emma. Ca ne sert à rien. Vraiment, tu t’épuises inutilement. »

Dans un dernier petit rire ironique, tu t’approches d’elle, passes ta main sur la peau glacée de sa joue, et avances, doucement, vers le mur. Partout, tu les sens. Les ombres. Mais tu n’as pas peur d’elles. Tu n’as plus peur d’elles. Tu le sais, tu marcheras à leurs côtés, maintenant.
Tu t’enfonces dans la pierre grise et froide, mais qui te paraît tellement chaude. Comme si tu avais retrouvé une place toute prête pour toi. Une place que tu venais de quitter.
Le noir t’accueille, les ombres t’entourent. Tu les reçois comme de vieilles amies, tu te sens mieux. Plus trace de souffrance, plus trace de peur. Aucune menace, rien d’autre que leur satisfaction. Tu es reçu comme un roi. Elles n’attendaient que toi, et toi-même, tu savais que tu allais les rejoindre. C’était prévu. C’était écrit.

Tout redevient noir, soudain. Et, lorsque la lumière revient, les ombres entourent la jeune fille que tu viens de quitter, et tu es parmi elles. Tu ne sais pas pourquoi Emma se retrouve au milieu de tout ça, elle n’a rien à faire là. Les ombres murmurent entre elles, se tiennent prêtes. Puis, elles attaquent. Elle veulent la détruire, l’effacer. Comme si elle n’avait jamais existé. Comme s’il ne s’était rien passé.
Encore une fois, tu les suis. Tu ne cherches pas à comprendre, tu ne fais rien d’autre que ce que l’on te dit de faire. Tu refuses de souffrir. C’est vain. Alors, tu attaques.
Les ombres sont trop nombreuses pour elle, et, bientôt, elle se retrouve submergée. Alors, on te fais avancer au premier rang. Juste devant elle. Tu ne sais pas si elle te reconnaît, tu penses que oui, à son visage. Et vous attaquez. Tous. Elle doit mourir. Elle va mourir.
Les ombres gagnent. Elles gagnent toujours. C’est comme ça.
Mais, tu vois son visage suppliant, ses yeux. Tu doutes, au fond de toi. Tu ne sais que faire. Une ombre place un poignard sur sa gorge. Appuie, peu à peu. Une goutte de sang perle, se mêle à une larme. Elle te regarde. Alors, tu attrapes sa main, et tu la tires hors du champs de bataille.

Puis, il ne reste rien d’autre que le feu. Partout, des explosions. Douleur, sang, cris, larmes. Les enfers se déchaînent.
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Sam 7 Mar - 14:51



L'instant lui glisse entre les doigts, une fois de plus. Le visage tendre d'Emma s'endurcit aussitôt, quelque chose retourne se cacher au fond de ses entrailles. Ses doigts se figent sur les épaules de Thomas. Ils glissent mollement et brisent le contact. Emma ne connait que trop bien cette lueur dans les yeux du garçon. Elle a vu ce genre de regard posé sur elle des dizaines, des centaines de fois. Un regard qui dit, ma pauvre fille, mais qu'est-ce que tu crois ? Tu n'es pas assez. Tu ne le seras jamais. Tu es juste Emma. Retourne d'où tu viens et débarrasse toi de ces maigres illusions qui glissent parfois devant tes yeux et te serrent le coeur d'un espoir stupide, parce que ce monde ne sera jamais rien de plus. « Arrête d’essayer, Emma. Ca ne sert à rien. Vraiment, tu t’épuises inutilement. » Elle voudrait grogner sa frustration. Lui mettre une claque. Se relever et lui écraser les côtes à coups de pied. Mais elle ne fait rien de tout ça, elle le regarde seulement, droit dans les yeux. Thomas n'est plus là. Pas celui qui l'intéresse, en tout cas. C'est l'autre qui a pris sa place. Un picotement dans ses yeux la rappelle à l'ordre et elle ravale ses larmes, qui emplissent sa bouche d'un goût métallique. Amertume. Elle se détache de lui, comme dégoûtée soudainement. Elle se lève trop vite. Sa tête tourne, elle a le coeur au bord des lèvres. Il la toise de haut en bas. Elle est échevelée, les yeux cerclés de rouge, les lèvres serrées. Mais elle reste fière et dure, pour qu'il comprenne. Pas une seconde elle ne songe à persévérer, à lui montrer sa tendresse et son espoir jusqu'à-ce qu'il cède, qu'il comprenne, qu'il n'ait plus peur. Elle est bien trop blessée pour continuer. La tristesse l'aveugle. Elle lui tourne le dos alors qu'un sanglot secoue sa poitrine comme un électrochoc. Elle presse sa main très fort contre sa bouche pour étouffer le son de ses larmes, le dos courbé, immobile. Derrière elle, Thomas s'offre aux ténèbres sans résistance. Elle ne le voit pas. Elle reste prostrée, la main plaquée sur sa bouche, de toutes ses forces, alors que les larmes salées se déversent sur ses joues rouges.

Thomas devient une ombre comme les autres. Et elle pleure, encore, se vide de tout, devient légère. Elle voudrait s'offrir aux ténèbres elle aussi. En finir avec ce bordel, où rien n'est clair, rien n'est vrai ou faux, blanc ou noir. On ne sait pas où la chair se termine et où commence l'émotion. On ne sait pas ce qui est juste, ce qui est bon. On se contente de sauver sa peau, si on peut, de suivre le mouvement, d'avoir l'air plus ou moins comme il faut. Mais Emma en a assez de tout ça, assez des noeuds dans sa tête qu'on ne peut pas délier, assez des démons dont on ne peut pas la délivrer. Elle comprend Thomas, au fond. Si on ne peut pas battre l'ennemi, autant se joindre à lui. Ses larmes s'arrêtent subitement, dans un hoquet de nouveau né. Elle se retourne lentement. Elle voudrait rejoindre Thomas, parce qu'elle a compris enfin, qu'il est inutile de chercher un sens à cette vie, parce qu'elle n'en a pas, que tout est confondu, corrompu, charnel et violent, contradictoire et pourtant simple. Que tout, finalement, nous tire vers le bas, vers la terre. Que la gravité finit toujours par nous rattraper. Alors elle voudrait simplifier tout ça, ne plus avoir à penser à rien. Elle voudrait faire comme lui.

Les ombres fondent sur elle.

Elle regrette immédiatement.

Elle hurle, se débat, tente de repousser les formes noirâtres qui passent au travers de ses membres hystériques. Elle ne veut pas les rejoindre, pas comme ça. C'était supposé être simple, sans douleur. Comme abandonner tête baissée. Pourtant elle hurle. Un horrible sentiment de froid s'empare d'elle à l'intérieur. Une main de fer enserre son coeur et elle plaque ses mains sur sa poitrine pour l'empêcher de l'arracher. Elle ne sait pas vraiment pourquoi. On dirait que ce petit germe d'espoir fait partie d'elle, plus encore que la noirceur qu'elle nourrit chaque jour en elle. Elle se bat contre la main de fer qui l'empêche de respirer ou de crier et qui serre son organe vital, beaucoup trop fort, comme on presse une éponge pour la vider d'eau savonneuse. Sa respiration n'est plus qu'un râle râpé, écorché. Ses yeux demandent pitié. Elle se débat encore faiblement, jetant toutes ses forces contre la main de fer. Et puis les ombres s'écartent pour faire place à l'une d'entre elles, qui se glisse juste devant le visage violacé d'Emma. La main de fer lâche subitement son coeur. Elle prend une inspiration désespérée, tousse, et puis réalise que cette ombre est chargée de la tuer. Elle se relève sur les coudes et ses yeux traversent la vapeur noire murmurante qui se tient devant elle. Et elle le reconnaît. Elle sent que c'est lui. Un petit sourire triste éclaire son visage. Elle ne résiste plus. C'est la fin. Elle ferme les yeux.

Une main bien humaine, moite à souhait, attrape subitement la sienne et elle se trouve tirée en avant. Elle court, loin des ombres. Au bout de son bras, entrelacée dans la sienne, il y a la main de Thomas, bien vivant, qui court à s'en briser les jambes. Les ombres murmurent derrière eux, glissent sur le sol comme des serpents. Emma ferme les yeux et court, parce que c'est tout ce qu'elle sait faire. Un vent salé secoue bientôt leurs cheveux. Des cris de mouettes font ouvrir les yeux à Emma. La mer. C'est la première fois qu'elle la voit en vrai. Ses jambes ralentissent un peu. Elle respire l'air et son sel, laisse ses oreilles s'imprégner du va et vient des vagues. Il y a une falaise devant eux. Ils ne s'arrêtent pas. Elle serre la main de Thomas, et ils sautent, tous les deux. La chute libre lui arrache un cri de joie, et puis la mer les frappe de plein fouet.

Elle se réveille en sursaut. Elle se relève brusquement en position assise. Ses poumons se déplient, griffent l'obscurité en quête d'oxygène. Ses poings serrent les draps blancs et frais, imprégnés de sueur. Elle scrute l'obscurité, le souffle court, les cheveux ébouriffés. La lune brille, pas tout à fait pleine, dans l'encadrement de sa fenêtre. Le ciel est un peu mauve ce soir, pas vraiment noir. Ses pieds nus se posent sur le parquet qui craque doucement. Elle regarde autour d'elle d'un air abruti. Elle baisse les yeux, regarde ses doigts qui tremblent, inexplicablement. Et tout lui revient. Le rêve est clair dans sa tête, chaque détail lui revient. Elle ne se rappelle jamais de ses rêves d'habitude. Les battements de son coeur s'accélèrent et ses doigts glissent sur ses lèvres d'un air hébété. Elle jette un coup d'oeil dans le miroir, à sa silhouette blanche et mince, vêtue seulement d'un large T-shirt gris, à ses yeux bleus soulignés de cernes violettes, à ces cheveux roux un peu en désordre. Elle entrouvre subitement sa fenêtre et se glisse à l'extérieur. Elle marche sur le toit comme un équilibriste sur un fil, puis saute sur la branche d'un arbre, duquel elle dégringole sans trop de dégâts. Elle contemple la fenêtre ouverte de sa chambre depuis le sol d'un air surpris, puis se met en marche dans la nuit, pieds nus sur la terre humide. Elle marche assez longtemps, vingt minutes peut-être, avant de trouver la maison dans laquelle elle a vu entrer Thomas plusieurs fois. Elle hésite à rebrousser chemin, se tord les doigts, sursaute à chaque coup de vent à travers les buissons. Mais qu'est-ce que je fais là ? En pyjama, pieds nus, au milieu de la nuit. Qu'est-ce que je vais lui dire ? "Tiens, salut, Thomas, je viens de rêver de toi, je me demandais si par hasard il te serait arrivé la même chose ?" Elle soupire et tourne les talons, rebrousse chemin. Un caillou s'enfonce dans la plante de son pied nu, et elle murmure un juron avant de se baisser pour ramasser le caillou. Elle reste là un moment, à contempler la petite pierre tâchée de son sang. Et puis elle revient sur ses pas à nouveau, se plante devant la fenêtre de Thomas et lance la pierre de toutes ses forces. Elle atterrit en plein sur la fenêtre. Grisée, Emma ramasse une poignée de cailloux et les lance un à un sur la fenêtre, en priant pour qu'enfin elle s'entrouve et que le visage de Thomas aparaisse. Elle en a besoin. Elle n'en peut plus d'attendre.
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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve) Sam 7 Mar - 16:31

A lot of nice things turn bad

Thomas (Kaya) et Emma (Romy)
Un rêve ♫

La main d’Emma serre la tienne. Et vous courez. Plus vite. Toujours plus vite. Tu sais pourtant que c’est inutile, tu sais pourtant que jamais tu ne pourras les semer. Tu sais, maintenant, qu’elles sont à toi, à elle. Tu sais, maintenant, qu’elles te rattraperont toujours, et que tu ne pourras jamais fuir. Tu sais que c’est inutile, et pourtant, tu cours, main dans la main avec celle qui partage cet instant. Tu cours, vers une destination qui t’est inconnue. Tu cours parce que c’est la seule option qu’il te reste. Tu cours, ou tu meurs.
Plus vite. Plus loin.
Il faut accélérer. Les ombres vous rattrapent, lentement, mais sûrement, perfides serpents glissant dans l’obscurité. Et soudain, la lumière. Et, soudain, des bruits d’eau. Et, soudain, tu n’as plus peur.
Tu jettes un œil à Emma, qui inspire, de toutes la force de ses poumons, l’air empreint de sel. Sa chevelure, qui flotte derrière elle telle une traîne, flamboie au soleil. Oui, à cet instant, vous devez avoir l’air heureux. Comme jamais.

Vos pas vous conduisent dans le vide, et la chute libre est encore meilleure que la course, et tu sais que vous avez semé les ombres. Tu l’as su à l’instant même où le soleil est apparu.
Même si ce n’est pas fini, vous les avez semées.
Oui, la chute libre est meilleure que tout le reste.
Oui, jusqu’ici, tout va bien.

Et puis, soudain, l’eau, qui te frappe de plein fouet. Emma qui a disparu. Les flots qui t’emportent. Tes poumons qui se remplissent de ce liquide si précieux, et pourtant si cruel. Et puis, soudain, la douleur de l’eau, presque aussi dure que la roche.
Un flash. Et des accélérés. L’eau. Les ombres. Des cheveux roux.

***

Tu ouvres tes yeux, prends une grande inspiration. Tu ne te souviens de rien d’autre que la sensation d’étouffer. Au moins, penses-tu, tu sais ce qu’il y a après la mort.
Tu te lèves, te glisses discrètement dans la cuisine. Tout le monde dort encore, et pas que chez toi. Tu te sers à boire, de l’eau du robinet, avales ton verre d’une traite. T’en sers un second. La tête te tourne, un peu trop. Tu retournes dans ta chambre, te glisse dans ton lit. Tes yeux se ferment, mais tu ne t’endors pas. Tu vois des mouchetures noires devant tes yeux, et tu entends ton sang tambouriner dans tes oreilles.

***

Tu es réveillé, d’un sommeil sans rêves, profond, par un toc contre ta fenêtre. Tu as bel et bien fini par t’endormir, mais cela à été de courte durée. Tu te lèves, ouvres tes volets, et ta fenêtre, inspires l’air glacé de la nuit. Tu baisses, la tête, repères une fille, debout sous ta fenêtre. Tu ne la connais pas, et pourtant, elle t’as l’air plus familier que bon nombre de tes amis.
Tu ne saurais pas quel âge lui donner. Malgré son physique jeune et beau, ses yeux reflètent à la fois l’impatience de l’enfance, et la douleur, le savoir du monde. Tu hausses un sourcil. Tu ne sais pas si tu dois la laisser là, la traiter de folle, ou courir la chercher. Et puis, soudain, ses yeux te transpercent, et tu sais ce qu’il te reste à faire.
Tu fermes délicatement ta fenêtre, sans faire de bruit, enfile un tee-shirt, le premier pantalon que tu trouves, et, discrètement, t’éclipses. Tu entrouvres la porte, et tu la vois. Elle est encore là, sa chevelure rousse en désordre ressortant, dans la nuit mauve. Alors, mu par un instinct que tu ne pourrais nommer, tu te précipites, et la serres dans tes bras.
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Spoiler:
 

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MessageSujet: Re: But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve)

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But then a lot of nice things turn bad out there ♫ Thomas (alias Kaya) et Emma (alias Romy) (un rêve)

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