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60 secondes

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Logan N. Stark
Admin


♣ Nombre de message : 806
♣ Date d'inscription : 18/02/2012


MessageSujet: 60 secondes Dim 30 Nov - 19:04


C'est enfin le jour J. L'arène de la 18e Edition va enfin pouvoir commencer. Dans quelques minutes, les tributs monteront dans leurs tubes et seront portés jusqu'à leurs plate-formes autour de la Corne d'Abondance. Je quitte les écrans de surveillance des yeux quelques secondes pour jeter un coup d'oeil à ma montre. Il est bientôt 14h. Plus que 2 minutes et 13 secondes. Satisfait, je me frotte les mains avant de reportermon attention sur les écrans. A gauche, 24 petites télévisions qui filment la salle de préparation des 24 tributs, leur dernier moment avec leurs stylistes. Sur la droite, l'arène. L'équipe technique s'assure que tout est prêt, et il y intérêt que ce le soit. Je ne tolérerais pas la moindre imperfection.

1 minute et 46 secondes.

Les tributs montent un à un dans leur tube de verre. J'analyse rapidement la brochette de cette année et essaie de deviner qui sera le prochain vainqueur. Il y a un peu de potentiel cette édition et il me tarde de voir de quoi sera fait le spectacle. Comme d'habitude, je compte sur les carrières pour mener la danse, mais je sais aussi parfaitement que certaines têtes sont toute aussi intéressante dans les districts périphériques et que cela pourra s'avérer fort intéressant dans l'arène.

53 secondes.


Il y a encore quelques retardataires, ce qui a le don de m'agacer. J'aime qu'on soit poncutel

10 secondes.

Enfin tous les tributs sont dans leur tube et attendent plus ou moins impatiemment d'être envoyé dans l'arène. Cette édition promet d'être exceptionnelle cette année encore. Les Créateurs ont préparé une arène de folie qui me plaît bien. Peut être y aura t'il des récompenses et des augmentations ? Qui sait …

0.

Ca y est, les tubes s'élèvent et rapidement les tributs débouchent sur l'arène. Bientôt un grand écran s'allume et les 60 secondes débutes. 60 secondes avant que le bain de sang commence. C'est l'une des parties de l'édition que notre Président adore. 60 secondes pour analyser leur nouvel environnement et décider ce qu'ils vont faire. Se battre ? Fuir ? Ils découvrent leurs voisins et la corne d'abondance qui se trouve au centre du cercle formé par les 24 concurrents. Ils ont 60 secondes et après les Jeux pourront commencer.






Petite précision : ce rp se limite aux 60 secondes, le bain de sang est la prochaine étape. Si vous quittez votre stèle ... Et bien vous explosez. Ce rp sera déterminant pour vos sacs. Pour plus d'information sur la zone, lisez le descriptif.


Et votre tenue :

--> Un jean simple : confortable et résistant
Spoiler:
 

--> Un tee-shirt simple : en coton
Spoiler:
 

--> Un poncho : pour protéger du vent et de la pluie.
Spoiler:
 

--> Des chaussures de villes : pas très résistantes, en toile, qui font mal aux pieds au bout de 10 heures de marche. Mais qui restent tout de même confortable la plupart du temps.
Spoiler:
 

--> Des petites socquettes

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Jonathan Templebar
+ District Trois +


♣ Nombre de message : 680
♣ Date d'inscription : 09/03/2012
♣ Age réel : 23


MessageSujet: Re: 60 secondes Lun 1 Déc - 15:01

« J’ai vu le monde, mais ‘suis jamais resté coi d’puis l’début ma carrière nomade. Mais en vérité, j’ai t’suite succombé aux charmes d’la jeune Rose McCann. J’avais un cœur q‘ n’avait j’mais été pris par aucun châle ou voile ou robe. Mais je l’ai vue et mon cœur a trouvé preneur en l’étoile du Comté de Down. »

Ma jolie styliste me laisse chantonner en paix pendant que j’enfile ce qui sont désormais mes fringue. Si je suis hyper heureux de retrouver les sensations d’un bon vieux jean après les pantalons de costard et les survêtements, le … truc qui orne le t-shirt, le coupe-vent et les chaussures me trouble grandement. Cette espèce de mascotte aux oreilles bien rondes, au museau blanc, au short rouge et au sourire malsain est la preuve irréfutable que les designers du capitole se piquent à la farine.

Tandis que je profite de mes dernières minutes dans le bunker pour imprégner sur ma rétine la plastique parfaite de Minerve, elle me demande si je n’ai pas un objet personnel. En réponse, je lève mon poignet gauche auquel est accroché un bracelet en raphia tressé, fruit de longs moments d’ennui lors des réunions stratégiques de Leorios… Plus qu’un objet personnel avec lequel je tiens à mourir, c’est surtout que j’ai oublié de l’enlever. Mais bon, au final, ça revient au même.

Je recule jusqu’à ma plaque de lancement et me campe bien sur mes jambes, raisonnablement écartées, les genoux flexibles et les bras légèrement relevés. J’ai déjà manqué de ma gameller deux fois au défilé, ne faisons pas exploser mes quotas en me ramassant aussi au décollage.

Le tube se ferme et, dès que je sens la mécanique vibrer sous mes pieds, j’envoie un baiser à mon amoureuse de la capitale à travers la vitre et quitte à regret son visage d’ange pour lever le regard vers la sortie du tunnel.

Après une ascension parfaitement maîtrisée donc, je sors de sol face à un manège. Herbes folles, chevaux de bois (ou de plastique, dur à dire) immobiles, prospectus voletant à droite à gauche. Si je tourne la tête, je peux voir une large rue pas très chaleureuse, des enseignes colorées mais délavées, un arbre gigantesque, un mât de bateau qui dépasse et cette construction là-bas ressemble plus ou moins à la tour en ruine d’un château.

Ça, d’accord.

Et l’arène, elle est où ? Vous savez, l’environnement hostile, les bêtes sauvages prêtes à se jeter sur toi, les ronces coupantes, la température inhospitalière, et tout le machin ? Ils se sont plantés d’aire atterrissage ? Ou alors…

Ou alors c’est vraiment l’arène ? Dans les indices qui soutiennent cette théorie, il y a le panneau d’affichage lumineux qui indique 53. Il y a aussi le fait que, aussi loin que je me souvienne, les tributs ont toujours été envoyés directement au bon endroit. Donc, si on pousse le raisonnement plus loin, le carrousel, c’est la corne d’abondance. Un truc fermé et bien encombré. C’est bien ma veine… Comment je suis censé retrouver Eve dans ces conditions ?

On passe donc au plan b comme bolognaise. Parce que même si je préfère les nouilles, je n’ai rien contre les spaghettis, les fusillis, les farfalles, les raviolis et tout ce qui peut se faire en bolognaise. Mais ce n’est pas le sujet. Je me dévisse le cou pour repérer le point culminant de l’arène. Ou du moins, le point le plus haut que je peux voir depuis ma place, comme convenu avec Eve.

L’arbre. C’est incontestablement cet arbre gigantesque qui empiète le plus sur le ciel. Donc c’est vers là que je devrais me diriger une fois un petit quelque chose récupéré dans le carrousel.

L’étape suivante, c’est quoi déjà ? Il me reste une vingtaine de secondes avant de pouvoir partir, il faut… Il faut… Il aurait fallu que j’écoute un peu mieux Leorios peut-être ? Oh, et puis au diable la stratégie ! Le plan est simple : courir, attraper quelque chose parce que ça ne se fait pas d’arriver à un rendez-vous les mains vides, et se carapater très très vite vers l’arbre, Eve, et la sécurité. … Et la presque sécurité. Et la sécurité relative. Et la pas-de-sécurité-mais-au-moins-on-est-un-peu-loin-des-adolescents-qui-veulent-notre-peau. Au final, c’est pas si mal que ça.

Trois secondes. Concentration, on arrête de penser des conneries et on se prépare à courir comme si on avait la fine fleur de ses ex aux talons. Et aussi à… Frak ! C’est déjà zéro ! Déjà zéro ? Le temps passe-vite barbe de globzul ! C’était mauvais, mais c’est pas le moment pour les jurons. C’est le moment pour courir.

Alors, avec à peine un temps de retard sur le décompte, je prends appui sur le rebord de ma plateforme et m’élance vers le manège.

Dis comme ça, on ne dirait pas du tout que je vais y risquer ma vie.

_________________
Trois roses de ma n'Ambrouille adorée  coeur  -très mauvais pour l'environnement le commerce de roses-
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Romy Weverell
+ District Six +


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♣ Date d'inscription : 23/07/2014


MessageSujet: Re: 60 secondes Lun 1 Déc - 20:44


les 60 secondes
► Musique

« Tu es excitée ? » Ton styliste ré-ajuste le ridicule poncho en plastique jaune sur tes maigres épaules. Tu fermes les yeux pour ne pas avoir à le regarder. Tu n'as aucune affection pour lui. A vrai dire, tu préfèrerais largement être seule. « Non. » Tu hausses les épaules. Les doigts du styliste se figent face à la dureté de ta voix. Tu te dégages de son emprise d'un brusque mouvement de recul. « Je ne suis pas excitée, non. » Tu ne sais pas vraiment d'où te vient cette soudaine agressivité. La pression monte de plus en plus, tu étouffes, et lui, il est là, avec ses cils couleur menthalo et sa peau imprimé léopard à se frotter les mains et à te demander si tu es "excitée". Non, mon vieux, je ne suis pas excitée. Je suis morte de peur. Des larmes nerveuses se pressent contre tes paupières mais tu les avales rageusement. Il ne faut pas... Après de longues secondes de silence, ton styliste ouvre enfin la bouche. « Excuse-moi, princesse. Je voulais juste te souhaiter bonne chance. » Tu le laisses poser une main qui se veut réconfortante sur ton épaule. Et puis tu le laisses te prendre dans ses bras, très fort, sans aucune résistance. Tu as besoin de ça. C'est peut-être ton dernier contact humain, et tu sais bien qu'il ne servirait à rien de t'écarter. Et puis c'est bon une étreinte, c'est chaud, c'est inhabituel. Toi, tu es habituée à la froideur des choses, à la distance. Alors bon. Tu ne fais pas la fine bouche.

« 10 secondes. » La voix semble venir de partout à la fois. Ton cœur fait un bond. Allez, Romy, ne pense à rien, rien du tout...Pose un pied dans le tube, voilà. Le verre se referme, pas d'inquiétude. Tu vois, le silence est parfait dans ce cylindre de verre. Profites-en. Ne pense à rien. Voilà, ça monte. Ne pense pas, surtout. Ferme les yeux, je te dirai quand les ouvrir.

Maintenant.

La lumière se déverse à torrents dans tes iris trop claires. Tu clignes plusieurs fois des yeux, paniquée, les jambes tremblantes sur ta stèle. Tu es prise d'un vertige qui pourrait te faire tomber de ta stèle si tu faisais un mouvement de trop. Si tu tombes, tu exploses. Tu le sais. Ne serait-ce pas au final un sort préférable ? Tu trouves étonnant qu'il n'y ait pas chaque année plus de tributs qui choisissent d'en finir au plus vite, en souffrant le moins possible. Tu les comprendrais parfaitement. Toi-même, tu es tentée de sauter, de te laisser aller. De lâcher prise. Tu considères honnêtement cette option pendant une seconde ou deux.

Et puis ta vue s'adapte. Tes oreilles deviennent conscientes des sons.

Les tributs immobiles encerclent ce que tu sais être un manège. Il n'y en a pas au district évidemment, mais tu sais ce que c'est. Les chevaux de bois sont jolis. Tu distingues le visage de Shaé, juste en face de toi, entre les barres dorées du carrousel. Lorsque vos regards se croisent tu hoches très légèrement la tête. Ton regard est sombre, mais déterminé.

41.

Il y a des sacs entre les chevaux. Il t'en faut un. Tu pourras difficilement survivre sans. Il pourrait y avoir un couteau, une gourde, une corde, de la nourriture...Ton cerveau est déjà configuré pour ta survie et l'idée de ces objets gratte une étincelle au fond de tes yeux. Il te faut un sac. Et il te faudra courir, aussi vite que tu le pourras. Attraper un sac, courir, s'enfuir avec Shaé. En es-tu capable ?

29.

Attraper un sac.

27.

Courir.

25.

S'enfuir avec Shaé.

23.

Il faudra aussi songer à retirer ce stupide poncho jaune banane qui trahira ta présence une fois en fuite. Mais pas le jeter, surtout. Si vous l'avez sur le dos alors il faut le garder, non ? Le mieux, ce serait de pouvoir le fourrer dans un sac. Le sang bat contre tes tempes, résonne à l'intérieur de ton crâne.

19.

Il ne faut pas penser plus loin que l'instant présent, car rien n'est gagné. Tu vas jouer ta vie dans...dans 17 secondes. C'est ce que dit l'écran fixé au carrousel. L'arène est un parc d'attractions pour enfants. Tout ce rose, ce doré, c'est une insulte supplémentaire. Bientôt les jolis chevaux de bois seront éclaboussés du sang d'enfants innocents. Tu es prise d'une folle envie de t'enfuir, ou de hurler, ou de sauter pour exploser. N'importe quoi qui puisse mettre fin au supplice de l'attente. Le silence est lourd autour de toi mais tu as pourtant l'impression d'entendre des murmures incessants venant de partout. Ce sont les voix des autres tributs que tu entends; ils ont peur, comme toi. Pendant une seconde vous ne faites plus qu'un dans votre terreur.

Et puis...

10. 9. 8. 7. 6.

Ta tête tourne mais tu gardes les yeux rivés devant toi. Une chape de brouillard tombe sur ton cerveau. Réaction chimique empêchant la peur de prendre le contrôle.

5. 4. 3. 2. 1.

Ton cœur rate un battement.

0.

Les tributs s'élancent de leurs stèles d'un seul mouvement, comme une masse d'oiseaux noirs prenant leur envol.


Dernière édition par Romy Weverell le Sam 6 Déc - 9:59, édité 1 fois
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Litchi O'donnell
+ District Huit +


♣ Nombre de message : 98
♣ Date d'inscription : 19/06/2013
♣ Age réel : 21


MessageSujet: Re: 60 secondes Mar 2 Déc - 4:18



Because de father took my best friend and
said she cannot come out to play, anymore





Ton souffle est court mon bel amour. Je te sens crispé contre ma chair, je sais que tu es incapable de t'abandonner à moi. Tes bras autour de mon corps retiennent chacune de mes cellules les unes contre les autres. Si tu n'étais pas là, elles se fuiraient. Mon visage est enfouis dans le creux de ton épaule. Je hume ton odeur, celle qui est si douce à mon sens. Mes doigts ne font plus qu'un avec tes reins. Ta chaleur n'arrive pas à réchauffer mes mains glacées. Pourtant je m'accroche à cette idée, j'espère que tu pourras me sauver encore une fois. Je me concentre sur ma respiration, je veux rester calme. Tu es déjà tellement nerveux, tu n'as pas à me porter aussi. J'essaie d'être forte, parce que je ne veux pas que tu t'inquiètes plus que tu ne l'es déjà. Je sens les relans humides de ton halène contre mon cou. Cette même chaleur que je suis habituée de capter lorsque nous faisons l'amour. Je tente de graver ce genre de souvenirs dans ma mémoire, pour pouvoir m'y accrocher lorsque je serai loin de toi. Car ce sera pour toi que je me battrai: Tu es mon point d'encrage dans ce monde. Mes cheveux glissent sur ta peau, je te sens remuer. Je n'ai pas envie que tu te retire à mon étreinte. Je voudrais figer ce moment pour toujours. Capturer toutes les secondes que j'ai perdue dans ma vie et les additionner pour qu'on s'enlace éternellement.

J'aurais aimé dire tout ces mots à Lucas. Hélas, ma gorge est nouée. Nous ne sommes plus qu'à quelques minutes du lancement des jeux. Deux êtres effrayés, blottis l'un contre l'autre dans un souterrain du Capitole. Je sais que le tube de lancement est à quelques pas. Je tente de l'ignorer. Je préfère rester auprès de l'élu de mon cœur. Je soupire. Nous nous sommes rencontrés à cause de mon père. En tant que maire du District Huit, il se faisait du soucis pour le dernier gagnant des jeux: il dépérissait à vue d'œil. Il m'avait demandé de tenir sa maison, de l'aider à avoir une alimentation saine et de le lancer dans la bonne direction. Je me souviens comment nos relations étaient tendues, comment il n'arrivait pas à me supporter. Je me rappelle de ce regard méprisant qu'il jetait sur moi, chaque fois que je mettais les pieds dans sa maison. Il se sentait épié, voir violé par mon arrivée dans sa vie. Moi même, je n'étais pas à l'aise avec l'idée de me retrouver dans cette situation. Cela a changé avec le temps. Au fil des semaines, on a commencé a s'attacher. On a développé une complicité propre à nous: nous avons une vision semblable du monde. Avec le temps, sa présence m'est devenue nécessaire. Où que je sois, je le cherchais du regard. Nous sommes tombé amoureux. Bien sur, ça n'a jamais été parfait, mais c'était quelque chose qui me plaisait. C'était ma relation imparfaite et ça l'est toujours. Je sens son emprise sur mon corps se relâcher. L'une de ses mains longe mon bras, le bout de ses doigts effleure ma peau. Le duvet qui recouvre mon membre se dressent au même rythme que les frissons parcourent mon être. Il s'arrête à mon épaule, puis agrippe doucement mon menton, m'obligeant ainsi à relever la tête. J'obéis, puisque je suis contrainte de le faire, mais je garde les paupières baissées. Je ne veux pas le fixer dans les yeux. Car je veux éviter de faire ce regard. Vous savez, ce regard qui en dit long. Celui qu'on fait quand on est impuissant et qui brise les barrières de ceux qui tente du mieux qu'il le peuvent de cacher leurs émotions. Ce regard qui amène les larmes. Je sens qu'il se raidit. Ma bouche se sert. « Embrasse moi! », c'est la seule chose que j'arrive à dire sans perdre mes moyens.

Mes yeux glissent rapidement de ses yeux à sa bouche, demandant une permission muette. Je pose rapidement et de façon maladroite mes lèvres contre les siennes. Puis, je recule de quelques centimètres, histoire de m'assurer que c'est bien réel. Mes mains glissent sur ses joue, capturant son visage un peu sauvagement. L'émotion est difficile à contenir. Je veux qu'il comprenne et ressente, par ce simple baisé, tout l'amour que je lui porte. Les poils fraichement rasés de la parti inférieur de sa face, s'agrippent à la paume de mes mains, comme de l'adhésif. Je retiens mon souffle et je me jette à l'eau. Nos bouches ne font plus qu'une, comme deux morceaux de puzzle qui avaient entendu toute une vie pour se rassembler. Nos lèvres se chevauchent amoureusement. Nous soupirons de façon synchronisée, en réponse à la satisfaction qu'apporte l'amour. Ses bras entourent ma taille et il attire mon torse contre le sien. Sentant une ouverture se former, je glisse doucement ma langue dans sa cavité buccale. Une intense chaleur me monte à la tête. C'est dut au fait d'avoir la certitude d'être au bon endroit. Nos langues glissent l'une contre l'autre. Elles valsent comme personne ne l'a jamais fait avant nous. Nous sommes ici, ensemble tout les deux, pour donner un sens à l'amour. Notre passion est grande, nous pouvons faire briller la beauté du monde, simplement en partageant un baisé.

Brusquement tout s'arrête. Nous quittons l'univers spirituelle que nous occupions pour faire face au monde réel. Nous reprenons notre souffle. Nos fronts appuyés contre celui de l'être aimé. J'attrape ses deux mains et les pose sur mon cœur. Je veux qu'il le sente battre. Il m'a offert un nouveau cœur, il en va de soit qu'il lui appartient. Peut-être sent-il même la cicatrice sous mon haut, cette longue marque qu'a laissé mon opération. Mes paumes retiennent ses doigts. Nous restons comme ça pendant plusieurs minutes. Jusqu'à ce qu'un bip nous sorte de notre transe. C'est le signe fatal, celui qui dit que je dois partir pour l'arène. Je recule de quelques pas, toujours sans le regarder. Lucas me pousse doucement vers le tube de verre, celui dans lequel je dois monter. Le décompte est lancé. « Je t'aime! » dit-il d'une voix chaude. Le calme et l'assurance qui l'habite me surprend. Il est maintenant loin le mentor en pleine débâcle que j'avais rencontré. J'ose enfin l'observer, mes yeux brillent enfin. Il me donne du courage mon amoureux. « Moi aussi bel amour. » Il m'aide à grimper dans la cage de cristal. Il agrippe le poncho jaune avec la souris souriante et m'aide à l'enfiler. Il replace une mèche de cheveux derrières mon oreille. J'ai beau avoir le pire des accoutrement, avec un chandail de Disney qui me donne aucune crédibilité, il me regarde toujours avec cet aire d'admiration transite. « Reviens moi vite! » Je réalise enfin l'urgence de la situation. Les jeux peuvent durer des semaines, cela pourrait être long avant de pouvoir rentrer chez moi. Bien sur, un accord tacite nous interdis de mentionner la possibilité que je ne revienne pas. Ce serait beaucoup trop déprimant. « J'essaierai. Promet moi une chose. Dès que je serai rentré, on ira sur le toit, tu sais, celui où il y a la terrasse abandonnée? On se blottira l'un contre l'autre devant le couché de soleil. Puis on abordera l'idée d'emménager ensemble, d'accord? » j'articule péniblement. Craignant presque qu'il se refuse à l'idée. Bien que ce soit stupide dans les circonstances. Il recule de quelques pas, je n'aime pas ce fossé qui se creuse entre nous. Il hoche la tête et fait un sourire forcé. Cela ne colle pas. Quelque chose ne tourne pas rond en ce moment, j'en ai la conviction. Plus que trente secondes avant que le sas se referme.

« Je voulais te le dire, mais je n'ai pas eu le temps... » Dire quoi? J'ouvre de grands yeux, il y a un élément qui ne va pas. Je secoue la tête, je le supplie intérieurement que tout va bien. J'entends des claquements de bottes au loin, puis des silhouettes se dessinent. « J'ai craqué, je suis désolé. » dit-il calmement. Il me parle comme si tout cela était normal et compréhensible. Six pacificateurs font leurs entrée et entourent Lucas. Ma mâchoire descend légèrement, bloquant par le fait même toutes les questions que je meurs d'envie de crier. Plus que vingt secondes avant le lancement. Deux pacificateurs avancent dans ma direction, alors que l'amour de ma vie s'éloigne dans le sens opposé. Je tourne la tête d'un côté et de l'autre comme un chien fou. « Ne t'inquiètes pas pour moi, je ne risque rien. » Sa voix ne transmet aucune émotion. On agrippe mon homme par les épaules. J'avance d'un pas. Quatre des soldat commence à entrainer plus loin le mentor du Huit. Du bout des lèvres, il mime un baisé. Je sais qu'il essaie de m'apaiser, mais c'est tout bonnement impossible. « Lucas! » Je hurle alors que je perd de vue celui avec qui j'ai partagé tant de nuit. Je saute hors du socle prête à les empêcher de m'enlever l'être aimé. Or, un des hommes qui est resté, m'attrape en plein vol et me repousse contre le verre. Il me tient sur place et je remue pour qu'il me lâche. J'entends un cliquetis et le bras de mon assaillant se retire enfin. Prête à en découdre, je me jette dans sa direction. Mes le bruit sourd qui retentit à mes oreilles et la douleur qui envahit mon crâne me confirme le pire. Je suis enfermée dans la plateforme de lancement. Je tape sur le verre, les suppliants de me laisser sortir. Ils ne comprennent pas comment l'étau qui se referme sur mon cœur est douloureux. Ils restent de marbre, m'observant comme un rat de laboratoire, jusqu'à ce que le sol commence à monter.


Je me place au centre de l'habitacle. Je tente de calmer ma respiration. Il fait noir. Je sais que je suis propulser vers l'arène en ce moment même, mais je n'arrive pas à chasser l'image de mon amant de ma tête. Si j'avais encore mon ancien cœur, je devrais prendre des cachets pour le calmer et éviter la crise cardiaque. Si au moins mon organe pouvait s'affoler, au moins je pourrais focusser la dessus. Hélas il pompe le sang normalement, plus rapidement qu'à l'accoutumée, mais il va bien. Ma vision se brouille. Des éclaires lumineux déséquilibre le panorama de temps à autres. Je vais émerger de la dessous bientôt. Je ferme momentanément les yeux. Mon amour, qu'as-tu fais? Soudain, je sens un courant d'aire, j'émerge de sous la terre. Je décolle mes paupières doucement, pour éviter le choc que pourrait vivre ma rétine fasse au soleil. Je m'efforce de rester debout, je ne dois pas flancher.

Soixante secondes
Je lance un regard circulaire sur l'endroit. Je vois quelques personnes, des visages que j'ai croisé lors des entrainements. Je suis décontenancé par la vue. Devant moi, il y a un carrousel délabré. Un jour il a certainement tourné au plus grands plaisir des enfants. Je fronce les sourcil. Pourquoi y a-t-il un manège? Est-ce une farce? Les juges auraient-ils finalement compris que nous ne sommes rien de plus que des enfants? Ils nous narguent très certainement. Un clin d'œil à l'innocence qu'ils nous arrachent en nous jetant ici. Nous ne sommes qu'une source de divertissement. Se réjouissent-ils en voyant le haut le cœur qui me fait vaciller? Je n'en doute pas une seule seconde. Le plus terrible dans tous cela, c'est que je peux probablement affirmer qu'aucun de nous n'a vue de chevaux comme ceux là, ne serait-ce qu'une fois, au cours de l'enfance. Pourquoi diable, une fête foraine ferait-elle escale dans un district?

Cinquante-et-une secondes
Lucas, où es-tu? Pourquoi t'a-t-on emporté? Mon cerveau est en ébullition. Je n'arrive pas à trouver une raison plausible à ce qui vient de se produire. Je dois dire qu'on ne sait retrouvé que depuis quelques jours, lors de la moisson. Avant cela, on ne s'était pas adressé la parole depuis des mois. Sa trahison avait brisé quelque chose entre nous. Il avait passé outre mes convictions, il avait signé les papiers pour mon opération. J'étais condamné à mourir à cause de mon cœur trop grand depuis des années. Je m'étais fais à l'idée. La seule façon de me sauver était de me donner un nouveau cœur. Je ne voulais pas, parce que cela impliquerait qu'un médecin du Capitole allait s'emparer de mon organe, celui de l'amour. Je savais pertinemment que cela aurait des répercussion désastreuses. Et par dessus tout, je refusais d'être redevable à une quelconque personne de la capitale. Le mentor m'a sauvé contre mon gré. Qu'est-ce que je l'ai détestée! Je m'en veux terriblement maintenant. J'aurais dus passer ces semaines là auprès de lui. Peut-être que grâce à moi, il n'aurait pas fais quelque chose de stupide!

Trente-six secondes
Ce qui me ramène à la question fondamental: Qu'a-t-il fait? Je sers les poings. Je suis hors de moi, mêlée entre la rage, l'incertitude et l'impuissance. Je ne peux pas le sauver d'ici. Et si il lui arrivait malheur? Je me creuse les méninges. J'essaie d'imaginer une connerie typiquement Lucasienne. Hélas, rien ne me vient. C'est quand on croit connaître parfaitement quelqu'un qu'il nous surprend le plus. Il savait ce qui l'attendait, mais ''il n'a pas eu le temps de m'en parler''. Il aurait dû prendre le temps. Puisque selon moi, une arrestation, mérite quelques explications. Surtout lorsqu'on sait que cela peut inquiéter quelqu'un qu'on aime! J'espère qu'il va bien et que ce n'est pas aussi pire que je l'imagine. C'est terrible de vivre dans l'incertitude. Surtout quand notre organe pompeuse de sang s'affole au point de nous marteler le cerveaux!

Vingt-deux secondes
Maintenant que j'y pense, je me demande ce qui advient de mon chat. Est-il rentré à la maison après la moisson? La tristesse s'empare de moi lorsque je pense à l'incompréhension de la bête face à mon non-retour. J'espère qu'il ne croit pas que je l'ai abandonné. Parce que je donnerais n'importe quoi pour que Pluton soit là et qu'il se blottisse contre moi en ronronnant pour me rassurer. Mon chat noir, mon synonyme de mort à la Edgar Allan Poe! J'espère que maman n'a pas oubliée de lui donner de la moulée ce matin. Je ne suis même pas certaine qu'elle sache où la trouver. Maman, regarde dans l'armoire de ma chambre! Tu y trouvera le sac de nourriture pour chat!

Treize secondes
Je dois sortir de cette arène. J'avais promis à Madame Krawzik de lui préparer une tisane contre les douleurs menstruelle. Je sais que ses règles sont difficile à vivre depuis qu'elle a accouché. Puis il y a Papa qui doit fixer son écran en ce moment, en priant pour que je revienne à la maison. Le félin, je sais qu'il n'aime que moi et qu'avec le temps, il a appris à tolérer ma famille. Par contre j'ai peur pour sa santé mentale si je ne reviens pas au plus tôt. C'est quelque chose de fréquent chez les animaux de faire des dépressions au départ de leur maitre. Il y a Liberty aussi, c'est la jumelle de Hope. Hope était ma meilleure amie, mais elle est morte l'année dernière pendant les jeux. Cela a été très dure pour elle et je sais qu'elle ne s'en est pas encore totalement remise. Je dois être là pour prendre soins d'elle. Au souvenir de la défunte, mes doigts glissent jusqu'à mon cou et cherchent machinalement le collier qu'elle m'a offert. Le simple contact avec le métal froid, m'aide à rester en phase avec le monde. Mais par dessus tout, il y a Lucas qui m'attend je ne sais où. Il a été arrêté il y a peine une minute. J'espère que le président ne l'a pas en grippe. Celui là il est imprévisible, il aime rappeler à ses vainqueurs qu'ils lui appartiennent. Je ne peux me résoudre à lui laisser Lucas. C'est mon amoureux et je ferai tout en mon pouvoir pour le rendre heureux aussi longtemps que je vivrai. Sans que je le réalise, je me place en position de sprint. Cela ne faisait pas parti de mes projets de me jeter sur la corne d'abondance, mais LÀ je suis excédée. On m'a mis en colère et il y a trop de questions sans réponses. Quelqu'un devra me rendre des comptes. Je dois d'abord sortir d'ici au plus vite. Et il n'y a rien de mieux que la course pour atteindre une vitesse intense!

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Litchi O'donnell
« On ne choisit jamais un chat, c’est lui qui vous choisit »
Une rose de Elias mon lover & Une autre de Errol le pêcheur coeur
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James H. Hiden
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MessageSujet: Re: 60 secondes Mar 2 Déc - 14:02



Les 60 secondes


Tic tac
Le temps lui était désormais compté, depuis le début peut être. En tout cas la nuit à été courte, en terme de sommeil mais très longue au niveau du temps resté en éveil. Les cris hystériques des habitants dehors, même dedans on les entendaient, tous impatients de voir des personnes s’entre tuer, ils avaient fait la fête toute la nuit. Alors que les 24 « candidats » profitaient du luxe, de leur dernière nuit pour certains et de leur belle vie qui dans tous les cas prendrait une nouvelle tournure irrévocable. Des cernes sur son visage ce matin là, les jambes molles et les cheveux en désordre.

Tic tac

Les vêtements pour l'arène étaient très étranges et il ne savait pas trop quoi en penser, un jean, assez confortable tout de même, un simple t-shirt avec un personnage très étrange dessus, une souris noire avec un grand sourire moqueur. Encore quelque chose pour nous défier, les chaussures aussi avait la même souris à grosses oreilles que sur le haut, et pour couronner, le tout un poncho. Jaune criard, excellent pour se faire remarquer pendant le bain de sang, objectif premier, s'en débarrasser pour être moins visible. Il se sentait assez vulnérable avec cette tenue assez ridicule, le poncho était la cerise sur le gâteau, mais ou allait on les amener ? Il ne savait pas trop quoi penser.

Tic tac
James regarda son styliste qui était venu pour son lancement, il ne savait pas ou était Buck, peut être avec Barbara. En tout cas il n'était pas seul, bien que la compagnie de Mia, leur styliste n'était pas des meilleures. Elle le regardait tendrement, légèrement émue mais avec un grand sourire. Elle faisait partie des capitoliens impatients qui n'attendaient que le 0, alors cela l'exaspérait encore plus. Mais il appréciait ne pas être seul pour l'ultime départ. « Allez courage, je suis sûr que tout va bien se passer, elle posa sa main sur l'épaule de James je crois en toi. Elle n'en pensait sûrement pas un mot, comment croire qu'un gamin du 12 puisse s'en sortir, et le « tout va bien se passer » était très dur à digérer. Rien n'allait bien se passer, dans les jeux rien ne se passait jamais bien. Il baissa la tête pour ne pas dire quelque chose qui puisse la froisser ou quelque chose qu'il aurait pu regretter un jour. Elle remit les cheveux de James en place avec un petit sourire en coin. « C'est l'heure, puisse le sort t'être favorable James ... » Encore cette phrase, si le sort lui avait été un minimum favorable il ne serait pas là, vêtu d'un poncho atroce et à deux doigt de mourir. Il se tourna et fit face au tube qui l’emmènerait dans l'arène. Il n'y entra pas tout de suite, mais Mia l'encouragea et il du se résigner à rentrer dedans.

Tic tac
Là, dans le tube qui venait de se refermer la boule au ventre grandissait de plus en plus, son cœur faisait des sursauts dans sa poitrine, son cœur s'accélérait et donnait l'impression qu'il se balançait violemment dans tout son corps. Le tube montait et il ne se retourna pas pour regarder l'étrange styliste qui avait été un minimum réconfortante. L'adrénaline montait tout doucement, son souffle devint saccadé et rapide. Puis la lumière l’aveuglât et le temps sembla s'arrêter, ça y était, il était dans l'arène.

Tic Tac
Il fut prit d'une légère panique qu'il essaya de gérer, l'adrénaline montait furieusement au fur et à mesure que les autres arrivaient à la surface. Mais quel était donc cet endroit ? De vieilles affiches par ci par là, là dans une grande rue pavée. Cependant, le plus troublant c'était le carrousel qui se dressait droit devant eux. Un manège comme corne d'abondance sérieusement ? Mais ou était la grande corne d'abondance pleine d'armes et de sacs à dos que l'on voyait habituellement. Les juges avaient posé une grosse difficulté, il faudrait zigzaguer entre les chevaux, la prise d'un sac et une fuite était mal envisageable maintenant, s'il voulait un sac il devrait prendre des risques. Mais vu que les paysages naturels avaient l'air de manquer il lui en fallait un à tout prix. Il n'avait même pas entendu le chrono qui s'était déclenché, il restait 30 secondes, dans moins de cinq minutes, certains seront morts, et il ne voulait pas en faire parti.

Tic tac
Il regardait autour de lui, à gauche la fille du un, à droite le gars du 3. Il n'apercevait pas la jolie blonde, elle devait être de l'autre côté du manège, en tout cas il espérait que la carrière du un n'allait pas se jeter sur lui dès la fin du décompte. En tout cas il ne se laisserait pas faire et ferait tout pour ne pas repartir les mains vides.

Tic tac
15 secondes, il avait peur mais ne le montrait pas, il se prépara à s'élancer comme les autres. Il s'imagina sa mère, il chassa cette idée, il devait être fort, pour elle même s'il devait mourir. Il se représenta sa voix mais ce n'était pas des paroles d'encouragements qu'il entendait.

Tic tac
« James , je t'ai toujours enseigné des valeurs plus ou moins importantes. Oublies les, du moins pour l'instant. »

Tic
« Oublies tu m'entends ! »

Tac
« Tues s'il le faut, voles s'il le faut. »

Tic
« Reviens moi, tu m'entends, reviens moi vivant ! Tu peux le faire James, tu peux ! »

Tic TAC
Il ne savait pas pourquoi il s'inventait sa mère à ce moment là, ni pourquoi ces paroles lui venaient à l'esprit mais il les prit en compte. Son regard s'était durcis. Courir, tuer, survivre. Courir tuer, survivre. Courir tuer survivre. Pendant les 5 dernières secondes il se répéta ces trois mots en boucle et puis …

BOOM




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Seamus Enryel
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MessageSujet: Re: 60 secondes Mar 2 Déc - 20:32


Ready to take
Ready to take out
Anyone, anywhere
With the violence, with the gun to my head


J’y suis.

Encore un pas et j’entre dans le socle. Le socle. Ce socle qui m’emmène vers ma victoire, ou ma mort. Il n’est plus question de faire marche arrière. J’y ai donné corps et âme, j’ai dépensé toute mon énergie, me suis restreint aussi bien physiquement que socialement pour ça. Pour cette arène. Pour vivre cela. Pour le rendre fier. Pour gagner. Je veux gagner, je n’ai pas le choix à présent. J’ai dédié ma vie aux jeux, à ce moment intense que je vais ressentir pendant plusieurs jours. Ces bons et mauvais moments. Mais quand je sortirai de l’arène, je deviendrais quelqu’un de fort. D’endurci. Quelqu’un de fier. Il me l’a toujours dit et je ne vais pas le décevoir.

Mon excitation tremblante de la matinée ne s’est pas calmée même si j’ai essayé de la contrôler. C’est comme une horloge qui tourne. Tic, tac, Tic, tac, tic… Je voulais que tout se précipite. Lorsque je suis monté dans l’hovercraft, que j’ai vu les visages terrifiés des autres tributs, je n’en pouvais plus. C’est un mélange d’angoisse et d’adrénaline, d’envie et de répulsion. Je veux être dans cette arène, plus que jamais mais j’ai peur de tout foiré. De ne pas être à la hauteur, de mourir dès les premières minutes. La mort ne me fait pas peur mais celle déshonorante me dégoûte.

Je veux vivre en mourant.

Mon styliste s’approche de moi pour me dire au revoir et m’explique rapidement tout ce que je dois savoir. Je l’écoute mais lui jette un regard froid. Je n’ai rien à lui dire. On ne peut pas dire que j’ai été extrêmement bien accompagné lors de cette édition. J’ai été énormément déçue de Chleo, je la savais arrogante et éloignée de ses tributs mais jamais je ne l’aurai imaginée être à ce point indifférente à notre sort. Elle est la pour nous sauver, merde ! Quand à Ella, sa trahison avec le tribut du Six est digne de la peine capitale. Peine que je lui infligerai si elle ne se décide pas à lâcher son bellâtre et à nous rejoindre. Je meurs d’impatience à l’idée de découvrir l’arène même si cette impatience va de même avec de l’appréhension. J’ignore quel genre d’arène les juges ont prévus. Dans tous les cas, je m’adapterai. Je prendrai sur moi. Ma tenue me laisse perplexe : Quelle est donc cette souris ridicule sur les ¾ des vêtements ? Les juges se moqueraient-ils de nous ? Ou cela relève t-il vraiment de l’environnement de l’arène ? Un pacificateur me fait alors signe qu’il est temps de monter. Il m’explique les dernières consignes de sécurité puis m’invite à prendre place sur le socle. Je ne regarde même pas mon styliste, je veux qu’il disparaisse de mon champ de vision. Je crois que jamais il n’avait battu autant. Autant de force, de puissance. Je ne l’ai jamais senti aussi intensément, sans doute du à mon état d’explosion intérieure. La voix métallique retentit et puis le décompte. 10,9,8,7,6,5,4,2,1…

Le socle monte rapidement et une brise fraîche m’arrive rapidement. Je suis illuminé. Je constate directement que la température est plus que supportable puis je regarde alors dans quoi je suis tombé. Autour de moi se trouve toutes sortes d’arbres et de grands arbres mais je devine un certain coté industriel. Tout n’est pas naturel ici. Surtout quand je lève les yeux sur ce qui se trouve en face de moi. C'est-à-dire… Quoi ? Je sens soudainement un stress monté. Qu’est-ce que ce truc ? Un espèce de temple en forme ovale, tournant sur lui-même composé de faux poneys faisant des hauts et des bas. Sans oublier une petite musique grinçante. Je suis perplexe. Je regarde autour de moi. Les Vingt-Trois tributs sont également la, contemplant également le spectacle s’offrant à eux. Un temple de poney tournant sur lui-même. Cela semble… enfantin, ridicule. Ou macabre je ne sais pas. Les juges veulent jouer avec nous, nous torturer. Leur imagination n’a pas de limite. Vu que nous sommes autour du temple, j’en conclus que ça ne peut être que la corne et j’aperçois effectivement plusieurs objets et sacs, placés sur le dos des poneys. Des poneys bon sang. Ils se foutent de nous ?

Je reprends mon calme. A présent, je sais comment agir. Ça ne change strictement rien. Cette représentation de je-ne-sais quoi est juste déstabilisante. Je sais ce que je dois faire : Foncer vers la corne, la protéger et tuer.

60

C’était soudain. Je ne l’ai pas vu venir. Dans soixantes secondes, l’arène commence. Putain de merde, putain de merde. Je ne l’ai pas l’habitude de jurer mais la je crois que je vais exploser, ou imploser en tout cas. Je repère les sacs. Le cœur de la corne se trouve probablement au milieu de ce truc innommable.

54

Cette voix froid, impersonnelle, dénue de toute émotion est horriblement angoissante. Attendez, depuis quand je suis angoissé ? Allez Seamus, tu as les tripes pour le faire. Ce n’est pas des chevaux dansant qui vont te faire reculer. Plus que 52 secondes, 51, ça descend. Mon cœur fait des va et vient mais même sans le toucher, je le sens.

48

Je fais attention à ne pas sortir du socle mais doucement, je me prépare à la position que je vais adopter. La position de sprint, celle qui me permettra de dépasser tout le monde. De les battre. Ils vont voir ce qu’ils vont voir, ces putains de tributs. Je suis la. Prêt psychologiquement et physiquement à sacrifier une vie humaine.

41

Je crains soudain de ne pas pouvoir le faire. D’éprouver des remords. Je n’ai jamais tué un être humain, j’ai failli le faire. J’ai failli tuer ma sœur mais Enola m’en a empêché. J’ai tout détruit ce jour la, la confiance que m’accordait mon père, ma relation avec ma sœur et bien sûr, le peu de respect que cette fichue belle-mère accordait encore en moi. Enfant, je tuais des bestioles mais ça ne compte pas. Une vie humaine est bien plus précieuse mais que vaut réellement la vie d’un minable tribut au bord de la famine ? Ils ne valent rien. Ils sont pathétiques. Regardez Buck Black, devenu un dépressif amorphe, incapable d’exprimer quoi que ce soit.

32

Plus que 32 secondes. Je me mets alors à observer mes adversaires. A ma droite, Jonathan Bird, le tribut du Neuf. A ma gauche, Nathan Eldernaf . Ces deux la ne représentent pas une grande menace, je le sais. Mon cerveau analyse vite et rapidement. J’ai l’opportunité de faire saigner dès les premières secondes mais ne serait-ce pas prendre le risque de laisser un tribut s’emparer des objets de la corne ? Il faut que je réfléchisse et vite. L’idée me vient en tête, de manière assez naturelle. Pas forcément payant mais je peux tenter le coup. Que peut-il bien me faire de toute façon ?

24

24 secondes. 24 tributs. Un à un, je regarde mes ennemis. Ils sont tous mes ennemis. Je peux deviner leur peur, leur envie, leur arrogance. Mais dans quelques jours, tous seront des cadavres. Il ne restera plus rien de cette vie. Et moi, je serai le gagnant, couvert de gloire. J’imagine le regard fier de Père, son visage ému de savoir que toute sa dévotion à ma préparation s’est avérée payante. J’observe la position des tributs mais une partie d’entre eux sont cachés. Je vois Errol un peu plus loin à ma gauche et je remarque sa position. Je lui fais un signe de tête. Il sait ce qu’il doit faire. Il ne peut pas laisser passer ça.

15

J’ai fait le tour des tributs. Je peux mémoriser rapidement leur position. Avec un peu de chance, une grande partie se dirigera vers la… corne. Je ne sais pas quel jeu malsain les juges ont décidés de nous imposer mais je compte bien rester plus que jamais sur mes gardes. Les secondes défilent à une vitesse impressionnante, avec cette voix qui n’augmente pas et jamais autant je n’avais envie ressenti cette envie. Cette folie. L’adrénaline d’y être, de courir, de tuer, de mourir peut-être… Doucement mais sûrement, je commence à me mettre en position, je me montre extrêmement délicat pour éviter de dépasser ma stèle. Le moindre faux pas peut être fatal sur ce socle. Et c’est valable pour le reste de l’arène.

10

Dix petites secondes. Je remarque certains ayant déjà pris leur marque. Et puis je vois la panique, l’angoisse, le stress, la peur sur les yeux des autres tributs. Et je m’en nourris. Je me nourris de leurs âmes faibles, de leurs craintes pour les éliminer. Un à un. C’est la peur qui les tuera, sans qu’il s’en rende compte. Et moi, je n’ai pas peur. Pourtant, je sens mon cœur se serrer et ma respiration devenir immense. Je suis devenu sans voix. J’ai presque l’impression de suffoquer. Disais-je vraiment que je n’avais pas peur ? Je n’ai pas peur de l’arène. Pas peur de mourir, non. J’ai peur d’échouer. De faillir à ma mission.

5

Ça arrive. A présent, j’ai la tête comme un feu. La corne d’abondance est devenu le seul centre de mes pensées. Vais-je arriver à exécuter le plan que j’ai prévu ?

4
3
2
1
0


Je veux être la. Je veux marquer les esprits. En un bond, je saute droit hors du socle et m’élance de toutes mes forces vers la corne. Je peux le faire, je vais le faire.

Ready to take
Ready to make
Ready to take out anyone, anywhere
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Shaé I. Lunario
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MessageSujet: Re: 60 secondes Mer 3 Déc - 20:50



soixante secondes
Elle est terrifiée, Shaé. Elle se demande ce qui lui est passé par la tête en gravissant les marches de l’estrade sur la place de la mairie. C’était cruel, de penser ainsi, mais là, à cette seconde précise, elle aurait presque préféré envoyer Lucy à la boucherie à sa place plutôt que mourir. Parce que c’était bien le compte à rebours avant sa mort qui s’écoulait, là. Elle crut que son cœur allait lui exploser les côtes à force de battre, au rythme de cette horloge interne parfaitement ajustée qu’elle aurait voulu voir. A quelques secondes de la fin, elle se serait couchée sur le côté et aurait fermé les yeux. Elle aurait attendu le néant comme on attend un vieil ami, en silence, dans sa propre tête.

Le styliste s’affaire autour d’elle, rajuste les derniers détails. Elle suit ses mouvements des yeux, sans un mot, se contentant de tourner sur elle-même, lever les bras, s’étirer un peu quand il le demande pour vérifier si tout lui va. Des mouvements pratiques, elle économise son souffle, son énergie, comme on en emmagasine pour les périodes de famine. Elle en aura besoin. Si les Jeux, elle les a déjà regardés maintes et maintes fois, rien sur un écran ne peut être comparé à l’horrifiante réalité, au tourbillon vertigineux dans lequel elle se sent tomber rien qu’en pensant à ce qui l’attend, là-haut. Lorsqu’enfin, c’est fini, son styliste lui tend la main. Derrière, une horloge indique encore soixante secondes pour monter sur le tube. soixante battements de son cœur affolé… Elle fixe la manchette noire aux boutons d’argent l’espace d’un instant, égarée, puis tend la sienne. La serre à peine le temps d’un électrochoc avant de tourner le dos et s’engouffrer dans le tube. Si elle doit couper avec la vie, qu’elle le fasse vite – vite et d’un coup.

Elle respire, se concentre sur ce qu’elle porte pour rassembler ses pensées. Un jean, un T-shirt blanc à motif imprimé, des chaussures un peu raide, mais au moins lui vont, un poncho jaune canari qu’elle devra dissimuler – c’est tout simplement la chose la plus voyante de ce bas-monde, selon elle. La plaque sous ses pieds, sur laquelle elle chancelle un peu. La peur qui l’étouffe doucement. Ou non, pas doucement. Un oreiller plaqué sur son nez, qui la fait suffoquer.

Cinquante. Elle se force à se reprendre, regarde autour d’elle, et le décor coloré ne fait que plus l’effrayer. Elle sait, pour l’avoir lu dans de vieux livres que des gens ont jeté, qu’on appelle ça un parc d’attractions. Si c’était pour s’amuser, dans les temps d’avant, le lieu ne lui inspirait qu’une peur sans nom, panique.

Quarante. Maintenant, les sacs, elle les distingue ; Ils sont entre les chevaux du manège. Elle se demande si elle doit les prendre, les laisser – mais le choix de les prendre la submerge. Elle ne veut pas mourir, quoi qu’elle dise, elle ne veut pas mourir. Autant vivre, vivre le plus longtemps possible, et avoir un de ces sacs pourra l’y aider.

Trente. Et après, elle aura juste à s’enfuir avec Romy, quelque part où elles seraient en relative sécurité. Très bien. Son esprit entra en pilotage automatiques. Courir, ramasser, s’enfuir. Elle avala sa salive, geste nerveux. Bon. Elle le ferait. Elle devait le faire.

Vingt. Elle a l’impression que son cœur ralentit, que son cerveau est enveloppé dans une épaisseur de coton moelleuse. Elle ne réfléchit plus. Il s’agit de courir, de survivre, de vivre tout simplement. Il n’y a plus que vingt battements de cœur avant que ça ne commence, avant que la première goutte de sang ne tombe du ciel et ne salisse les mains d’un enfant. Rien que vingt…

Dix. Elle plie légèrement les jambes, comme on lui a appris à faire. Elle bande ses muscles et se prépare à la course. Pour une fois, son ossature d’oiseau lui servira peut-être, son squelette plein d’air. Ses poumons s’en emplissent aussi, elle respire, elle prend chaque bouffée comme s’il s’agissait de la dernière. Ca pourrait. Dans quelques minutes, quelques secondes, elle pourrait être morte, elle aussi. Quelque part, cette pensée l’apaise.


Neuf. Elle respire.

Huit. Elle ferme les yeux.

Sept. Pardon, maman. Pardon de mourir comme tu es morte.

Six. Lucy, vis, s’il-te-plaît. Dis à ton fils qu’une fille qu’il ne connaissait pas est morte pour qu’il vive.

Cinq. Ne le laisse pas aller aux Jeux. Dis-lui aussi que je ne lui en veux pas.

Quatre. Elle rouvre les yeux.

Trois. Plus que trois respirations…

Deux. Que je repose en paix.

Un. Dernier instant.

Zéro. L’Oiseau s’élance.
FICHE ET CODES PAR BROADSWORD.

_________________
just close your eyes and wait for it to end.
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Maëlys V. Wilhemina
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MessageSujet: Re: 60 secondes Mer 3 Déc - 20:54

Ouvrir un œil, ça pique, on tente le second ça pique aussi, j’étais fatiguée, première fois depuis toute ma vie, je parle comme une petite vieille de cinquante huit ans. La veille je m’étais couchée comme d’habitude, mais je n’ai pas réussi à m’endormir, je pensais à ce jour, nous y étions, le premier jour des Jeux de la faim. Je ne pensais pas que tout se déroulerait comme ça. Je n’avais pas été aussi performante que je l’aurais désiré ; du coup je me sentais peut-être moins en confiance. Non je ne devais pas penser ça, pas du tout, pas après tout mes efforts, je n'avais pas tout montré de mes capacités, pour garder une part de secret. Je finis par bouger un peu, sortir de dessous cette couverture, poser les pieds sur le sol, m’étirer avant de me mettre debout. Je m’étais avancée vers la baie vitrée pour regarder une dernière fois le ciel tel qu’il était. Un magnifique soleil, il était venu montrer le bout de son nez pour notre dernière matinée de libre. Il était temps de se bouger je ne pouvais pas me permettre de faire attendre le Président.

Je m’étais glissée sous la douche, ça aussi j’en profitais car ça serait sans doute la dernière, sauf si j’avais une réelle chance de m’en sortir, mais je n’étais pas du genre à m’avouer gagnante comme ça, je me devais de rester les pieds sur terre, et il y avait des tributs bien plus forts que moi, je les avais vu de mes propres yeux aux différents entraînements. J’avais décidé pour une fois d’être sympa, oui ce n’était pas tous les jours la fête comme j’aimais le dire. Seulement je sais très bien que je ne démérite pas ma place et que s'il le fallait, je les tuerais tous un à un. Je sortais de la chambre avec un grand sourire, je m’étais maquillée, il n’y avait plus aucune trace de fatigue sur mon visage. J'avançais dans la salle commune où étaient déjà tous les autres. “Bonjour tout le monde, bien dormi ?” Je souriais oui, cela m’arrivait. J'arborais un très grand sourire même, le genre sincère. “J’ai une faim de loup autant en profiter aujourd’hui je crois.” Je pris de quoi bien me caler l’estomac, même si j’avais une boule qui me donnait presque la nausée, mais je me devais de manger, sinon je risquais déjà gros si je gardais l’estomac vide dès le premier jour.


Le temps passait si vite, nous étions déjà entrain de nous faire emmener vers notre dernière demeure si je pouvais le dire comme ça, je regardais autour de moi, tous dans le même véhicule, limite on n’hésitait pas à se fixer, comme si nous tentions de nous déstabiliser : une ruse bien évidemment. Une fois arrivé, chacun d’entre nous était pris en charge, aucun moyen de se dire au revoir ou autre chose, j’aurais bien aimé pouvoir discuter avec Errol mais j’aurais du le faire hier soir, tant pis. Je savais que dans l’arène nous devions nous retrouver ainsi que les autres carrières, une belle alliance, mais il fallait que je continue à ne faire confiance qu’en moi-même malgré tout. Les autres n'hésiteraient pas à me planter un poignard dans le dos et moi non plus je n'hésiterai pas.
J’entrais dans la petite pièce où se trouvait cette bulle en verre, je n’avais plus aucun moyen de revenir en arrière. J’avais malgré tout une pensée pour ma famille, j’allais passer à la télévision enfin sur les grands écrans ce n’était pas non plus très valorisant pour eux. Je finis par me poser sur une petite chaise qui traînait là, j’avais cette envie de faire le vide dans ma tête. Mais impossible, je sursautais à l’arrivée de notre styliste qui m’apportait une petite boîte m’expliquant que ce qu’il déclinait toute responsabilité vis à vis de l’intérieur. Je levais un sourcil et d’accord effectivement “C’est assez original comme tenue...” Je me demandais pourquoi seul le jeans était uni, tout le reste était customisé avec une souris, personnellement je la trouvais très stressante voir même psychopathe. D’après mes souvenirs des autres arènes, il n’y avait jamais eu ce genre d’horreur. Bon mais je n’avais pas le choix, je fus obligée de tout enfiler, seulement le poncho jaune canari je ne savais quoi en faire, le mettre sur moi allait sans doute me gêner durant la course, mais aucune solution je devais l'enfiler mais je m’étais débrouillée pour caler le bas dans mon jeans, la capuche accrochée à l'élastique de mon chignon, ça devait être bon.

Il était temps pour moi de prendre place dans ce tube en verre, mais rapidement j’ai embrassé sur la joue mon styliste tout en le serrant fort contre moi pour le remercier de m’avoir faire vivre comme une princesse ces derniers jours. Je n’eus le temps de rien dire ou faire que le tube s’était refermé et montait déjà. Je m’étais collée contre la vitre, c’était fini, mon ancienne vie, les bons moments au Capitole. Je finis par me retourner, regardant tout autour de moi, les autres tubes étaient déjà en place en arc de cercle.

60 secondes…

Non mais une minute et quoi, j’ai juste envie de courir loin, mon premier regard, se posait sur les sacs et les armes, il fallait absolument que je cours le plus rapidement possible pour prendre ce que je voulais, mais il fallait rester concentrée.

45 secondes...

Bon et si je jetais un œil autour de moi. mince où était Errol, Seamus et Ella ? Nous étions bien éparpillés comme je le constatais. Comment allions nous faire pour nous rejoindre et surtout quelle direction prendre ?

30 secondes…

L’angoisse, le stress, ça y est je sais ce que c’est, c’est humain d’avoir peur, c’est humain non ? Je frotte mes bras, mes mains entre elles, j’ai un poids à l’estomac, je ferme les yeux essayant de me détendre rapidement.

20 secondes…

Bon ce coup d’angoisse venait de passer, mais j’en avais marre d’attendre, je me sentais de plus en plus mal sur ce piédestal, je posais les mains sur mes hanches, tout en restant concentrée sur mon premier objectif.

10 secondes…

Allez bientôt l’air libre, concentration, juste le temps de fermer les yeux et de souffler une bonne fois.

5 secondes…

Je dois être la fierté de mon district, je dois tout donner pour eux ; je donnerai tout pour eux.

0 seconde…

C’est le grand gong, l’air libre, les pieds qui foulent le sol, l’odeur de la mort.

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you'll see that i'm not a liar, i can kill you.
La confiance est un combat de chaque instant que ce soit pour trouver des personnes en qui on peut avoir confiance ou faire confiance à des personnes qui feront de mauvaises choses. Mais faire confiance à son cœur est la chose la plus risquée. À la fin, la seule personne en qui on peut avoir confiance, c’est soi-même.
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June R. Hammer
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MessageSujet: Re: 60 secondes Jeu 4 Déc - 11:26

Les Soixantes Secondes
La renaissance
Ma styliste agrafe mon collier, et le pendentif vient se placer pile dans le creux sous ma gorge. Gorge nouée par la peur. Ma tenue est finie. Le jean me tombe sur les hanches, mais est bien différent des slims que j’ai l’habitude de porter. Un jean confortable, qu’on ne sent même pas. Mon tee-shirt, et mon poncho rouge sont ornés d’un personnage que je ne crois pas connaître. Une sorte de souris, étrange.
Ma styliste a sourit, en la voyant, mais ne m’a pas précisé ce qu’elle représentait. C’aurait pu être un indice pour l’Arène, pourtant.
Ma nuit a été agitée. J’ai dormi le plus que j’ai pu, mais les questions tournaient, en boucle dans ma tête. Où ? Quelle Arène ? Et surtout, comment en sortir ?
Oui, j’ai peu dormi, cette nuit-là.
Je passe mon bras, encore bandé, devant mes yeux, prends une grande inspiration, et, sous le regard froid et calculateur de ma styliste, je fais un pas vers le tube. Mes émotions ne se sont pas envolées, pas cette fois-ci (le temps merveilleux du pilot automatique est révolu), mais je les contrôles, à peu près.
Une voix métallique m’indique que je vais devoir y aller. Je lance un froid au revoir, que ma styliste, qui semblait pourtant m’apprécier un peu, au début, ne me rends même pas. Elle se contente de me fixer, et d’hocher la tête. Un adieu comme un autre, après tout.

La plaque monte, peu à peu, et mes yeux s’abîment. Je me suis toujours demandé ce qu’il y avait entre l’Arène et les endroits où les tributs se préparaient. Maintenant, je sais. Il n’y a rien. Rien d’autre que du noir, du béton, et la mort. La mort qui va venir me cueillir, nous cueillir. Ou, au moins, vingt-trois d’entre nous.
La plaque s’immobilise dans un petit déclic angoissant. Le déclic qui signe mon arrêt de mort imminent. Ca y est, chacun de nous doit oublier son humanité, pour devenir une bête sauvage. Ca y est, chacun de nous est voué à tuer, tuer pour ne pas être tuer.

« Si j’allais aux Hunger Games, je ne tuerai pas. Jamais. Je ne veux pas tuer, c’est mal.
- Mais tu serais tué !
- C’est le risque à prendre. »


Mon frère m’avait serré dans ses bras, comme pour m’assurer que, quoi qu’il arrive, il ne partirait pas, rien de tout ça n’arriverai, et on resterait ici, tous les deux, à tout jamais. J’y avais cru. Et c’est ce qui serait arrivé, sans doute, d’ailleurs.

Mes yeux s’habituent peu à peu à la lumière ambiante, qui a remplacé le noir total dans lequel j’étais plongée. Et me laissent admirer un manège. Un putain de carroussel. Et, au loin, entre les chevaux de bois qui composent ce sinistre manège, les sacs. Si précieux pour survivre.

60.

J’observe les tributs qui m’entourent. A ma gauche, Yeni. A ma droite, un carrière, du Quatre, il me semble. J’inspire une grande bouffée d’air frais, et me concentre. Je ne dois plus penser. Je dois me focaliser sur cette corne, là bas, si prometteuse. Sur les sacs, qui jonchent le sol, et que j’entends presque me parle, me murmurer à l’oreille. Avec eux, si j’arrive à en avoir un, je pourrai. Je pourrais survivre, je pourrais m’en sortir. Je peux le faire.

40.

Le temps file. Le temps. Il m’en reste si peu. 40 secondes avant que le gong ne retentisse, 40 secondes avant que je n’ai besoin de courir, courir de toutes mes forces, courir pour survivre, courir pour réussir à rester en vie.

30.

Je sens peu à peu, au prix de mains efforts, mon humanité me quitter. Je ne veux pas, il ne faut pas que ce soit elle qui me guide. Je dois m’en sortir, et, pour ça, je vais devoir tuer. Ce ne sera pas possible autrement. Je serre les poings, les dents. Mon regard me fait mal, car je ne cille pas. Pourtant, mes yeux ne sont pas envahis de larmes, comme ils devraient l’être. Je vois net. Je vois parfaitement net. Bien trop net. Je ne ressens plus aucune émotion. Ni peur, ni stress. Rien de ce que je devrais ressentir.

25.

Je ne ressens rien d’autre que l’envie de sang, l’envie de tuer, tuer, pour ne pas être tuée. L’instinct de survie, un instinct bien trop familier, bien que décuplé. Un instinct animal

20.

Le temps file, mais je le ressens au ralenti. Je sens chacune de mes respirations, entend chacun de mes battements de cœur. Les mouvements des tributs sont rapides, mais je les vois. Tous. Comme dans un état second, mais si différent. Comme une proie aux abois. Non. Pas une proie. Comme le prédateur qui chasse cette proie.

10.

La dernière partie humaine de mon cerveau pense un instant à mon frère. Je murmure, dans un souffle à peine audible :

« Désolée, Loris. Pour tout ce que je vais faire. »

Puis, toute mon humanité disparait, comme emportée par le vent que j’entends souffler. Ne reste que l’envie de survivre. Quel qu’en soit le prix.

5.

Mes muscles se tendent.

4.

Un souffle. Ma bouche s’entrouvre, compte avec le présentateur, et le chronomètre devant moi.

3.
2.
1.
BONG.
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Die.
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Sara L. Collins
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MessageSujet: Re: 60 secondes Jeu 4 Déc - 16:26





Chapitre V
I'm gonna fly like a bird through the night, feel my tears as they dry

Song (no obligatory)


''Les enfants vont mourir...
Ils vont tous mourir...
Dis leurs adieu... ''

Je sens un poids me soulever. Je regarde le ciel. Je suis prête. Du moins... On est prêt. La lumière m'aveugle. Je sens une lumière, près de moi. Mon ami, ne me quitte pas. Dans l'arène, on ne se parlera peut être pas. Jusqu'à la fin, on sera tout les deux. Il me parlera. Quelques signes de têtes suffisent pour que l'on se comprenne. Maman aura probablement une bouche en moins à nourrir. Oui, ma tête est perdue et je suis bientôt qu'une disparue du monde. J'espère qu'elle me pardonnera. Tout le monde souhaite ma mort, y compris moi. Je ne sais plus où j'en suis. Je suis juste sur un socle me soulevant dans l'affreuse arène. Il n'y a plus d'enfants pour une branche des Collins.

Je ferme les yeux.

Clac.

Le socle s'arrête. J'ouvre les yeux. Je vois les rayons de la Corne me taper dans l'oeil.

60.
Déjà. Je respire profondément, tentant de garder mon calme. Me voilà, Sara Leslie Collins, je suis dans l'arène. L'oiseau va bientôt s'élancer pour sa survie... Le silence règne. Sauf dans ma tête, où ça devient la panique. Je ne peux pas dire ce que je ressens. Je ressens de la peur. De la panique. De la colère et de la tristesse. Que pensait mon frère, lui? Ce pauvre enfant, déjà balancé dans l'arène du haut de ses 12 ans? Je dois être forte. Il l'a été. Pourquoi pas moi?

50.
« Sara. On se reverra, je te le promets. Tu sais comment marches le tirage au sort... C'est au hasard. Ce n'est pas de ta faute. » Je vais te rejoindre Alexander. Bientôt. Je risque de n'avoir aucune chance. Je ne suis rien. Mais je le sais. Il est près de moi, à chaque instant, il me regarde, il me sourit. Je le sens. Lui et son odeur de frère.


40.
Le garçon est partit. combat faisait rage. Du sang giclé de partout, des bruits d’épées et d’autres armes se faisaient entendre. Il y avait des cris aussi. Surtout des cris. Des tributs vont crier. Les Juges vont savourer. Mon cri, lui va raisonner dans l'arène. Il sera puissant. Le public va adorer. Je vais mourir. Tout le monde va mourir. Je sais que je vais mourir.

30.
Que pouvait-il faire ? Il devait fuir cette endroit en vitesse. S’enfuir le plus rapidement pour ne pas être tué à son tour par l’un des autres adolescents. Il aimerait ne pas partir les mains vides, c’est alors qu’il s’avance rapidement et discrètement près de la Corne de l’Abondance. C'est évidant. Je n'ai pas la moindre chance. Je cherche quand même un endroit où m'enfuir. Aucune idée. L'endroit semble étrange. Dangereux et étrange à la fois.

20.
Il récupère un sac au hasard et lorsqu’il relève la tête, l’ombre d’un tribut se reflétait contre le métal de la Corne. Je regarde mes voisins par côté. Plus que 18 secondes et ils bondiront sur les moindres armes. Parmi eux, probablement un allié ou une. Des gens qui vont mourir aussi. Comme moi. Comme tous.

15.
Le tribut du district sept se retourna brusquement pendant qu'un tribut brandissait son épée. Je tourne la tête. J'ai peur. Maman. Ne regardes pas les Jeux s'il te plait. Tes enfants sont déjà morts. On est mort Maman. Je suis tellement désolé. Adieu Maman.

10.
Malchance pour lui. Mon ami imaginaire me verra mourir. Même moi, qui est déjà morte. 10 secondes...

8.
Le jeune garçon regrette alors de s’être approché de la Corne, son heure était arrivé, se disait il. Sara. Regardes la Corne, elle est si proche... Je vais devoir courir. Un grand sprint, prendre un sac et m'enfuir.

4.
Il allait sûrement mourir sous le regard de sa sœur jumelle. Je ne mourrais pas.

2.
« Non, pensait-il, pas maintenant. » Il parvint à s'enfuir. Pas maintenant.

0.
« Cours. Ne t’arrêtes pas. » Cours.


"Adieu, adieu...
Monde cruel...
Adieu, adieu... ''




Spoiler:
 

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Camil Biwkort
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MessageSujet: Re: 60 secondes Sam 6 Déc - 19:27

J'entre dans cette salle bien illuminé, il ne faut pas être fragile de l'œil. La lumière est forte. Trop forte. Enfin... Ce n'est pas vraiment ça qui me préoccupe. Je suis complètement terrorisé. J'ai peur ! Vraiment très peur ! Les questions se bousculent dans ma tête. Elles glissent les unes après les autres et moi j'en cherche une qui pourrait me servir une fois en haut... Dans cette arène. Je regarde le tube. Il est ouvert. Il m'attend, comme ceux qui seront en haut, les tributs.
Il y a un cintre, avec dessus un poncho. Je ne le mets pas sur moi. Je fais un bon nœud au niveau de ma cheville. En le regardant bien, je remarque qu'il est vraiment moche ! D'ailleurs, l'ensemble de la tenue est assez laid. Mais je ne pense pas que ma tenue pourra me sauver une fois dans l'arène.
Je me dirige vers le tube. Je mets un pied dedans et une larme coule le long de mon visage en synchronisation. Pourquoi je suis ici et pas un autre ? Qu'est-ce que j'ai fait ?
Je fais entrer mon deuxième pied dans le tube. Et tout devient trouble dans mon esprit. Les souvenirs reviennent. Les pires comme les bons. Mon estomac se sert. Non par faim, mais par stress. C'est la pire chose qui à pus m'arriver dans toute ma vie !
Je me retourne. Le tube se referme. Je commence à m'élever. Je frappe contre la paroi en verre. Peut-être que quelqu'un entrera et réussira à me faire sortir de là ! Mais non... Ce n'est que de l'espoir. J'ai beaucoup trop d'espoir. Du moins, j'en avais. Il est mort maintenant.
Ma tête est dehors. Je ne vois rien. Trop de lumière d'un coup. Je vois de mieux en mieux.

Ce n'est pas vrai... dis-je à voix basse d'un regard choqué.

Un carrousel ?! Je tourne sur moi-même pour regarder les alentours. Sommes-nous dans un parc d'attractions ?

60

NON ! Non... Ce n'est pas sensé arrivé. Il faut que je me concentre et que je réfléchisse. Il faut que je pense. Inspire, expire, toujours comme ça. J'ai l'impression d'être tout ramollo tellement la peur m'envahit.

50

Je regarde bien autour de moi. Les tributs, les sacs, les armes. Rien de doit m'échapper. Il faut que j'improvise intérieurement. Mes pensées se bousculent à nouveau. Penser n'est une bonne idée.
40

Mon cœur bat de plus en plus fort. Mes muscles se contractent tout seul. Je n'ai plus aucun contrôle sur moi-même. Il faut que je sache quoi faire.

30

J'ai plus temps maintenant ! Je réfléchis en quelque seconde. C'est bon ! Je sais quoi faire ! Enfin, je crois. C'est dur de faire des choix.

20

Je me prépare à courir. Mon regard à l'air moins effrayé. J'ai l'air plus méchant. Je suis déterminé. Je sais ce que j'ai à faire.

10

Je sais me défendre. Je suis assez rapide. J'ai des capacités que certains n'ont pas. Je regarde une dernière les autres tributs avant le grand saut. Je peux y arriver. Camil, tu peux y arriver !

5

Je suis dans les Jeux de la Faim.

4

Joyeux Hunger Games...

3

...et puisse le sort vous être favorable.

2

Il y a juste un problème.

1

C'est que...

0

Le sort n'est jamais favorable à personne !
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Eve Goodwin
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MessageSujet: Re: 60 secondes Sam 6 Déc - 21:43

Note aux juges: Je ne vais pas récupérer de sac, pas besoin de se casser la tête pour moi.

Un petit pas pour l’homme, un grand pas pour Eve.

La semelle de ma tennis vient se poser sur le métal du socle qui va m’élever au rang de tribut dans l’arène. Sans un regard derrière moi, je laisse le verre m’emprisonner comme un oignon dans un bocal – mais sans vinaigre. A quoi ça servirait de toute façon ? De regarder une dernière fois deux personnes sans aucune signification pour moi ? Une styliste incapable de concevoir un truc regardable et qui, par dessus, m’affuble de plein de petites choses vaguement animales à oreilles disproportionnées. Moi qui croyait toucher le fond avec ma robe rose de l’interview, je me plantais le doigt dans l’œil jusqu’au coude. Et l’autre, soi-disant mon mentor, celui qui est sensé sauver ma vie une fois dans l’arène, l’adulte responsable qui a décidé de m’accompagner jusqu’ici surement parce que je suis la petite blondinette trop jeune – ou simplement parce qu’ils voulaient savourer ce moment où il est enfin débarrassé de moi. Deux personnes qui sont rayées aussitôt de ma mémoire quand le socle décolle enfin.

Devant moi, un carrousel se dessine une poignée de mètres devant moi, tandis que des tributs apparaissent à mes côtés. Une fille à ma gauche, une autre à ma droite ; impossible pour moi de replacer un prénom ou un district dessus. Ce n’est pas comme si je leur avais adressé la parole de toute façon. Chose importante numéro un : Jonathan n’est pas dans mon champ de vision, ce qui veut dire que, petit a, soit il est mort entre le moment où on est montés dans l’hovercraft et celui où les tubes sont sortis de l’arène ou, petit b, il est simplement de l’autre côté de ce qui doit être … la corne d’abondance. Le manège devant est donc là où aura lieu le bain de sang. Des enfants qui s’entretuent sur leur terrain de jeux pour se disputer des sacs de bonbons. Mignon.

Une rotation à trois-cent-soixante degré me permet une rapide analyse de la situation. Chose importante numéro deux : Je suis coincée dans ce qui semble être un parc d’attraction ou quelque chose dans le genre, lieu plutôt répandu dans le temps où les familles venaient pour s’amuser. Celui-ci semble plutôt délabré, mais je ne doute pas une seconde que la belle famille de tributs que nous somme va bien s’amuser quoi qu’il arrive.

Plus qu’une poignée de secondes. Je capture mentalement tous les détails que je peux emmagasiner, l’emplacement de la tour en ruine, par là-bas, 10, la distance qui me sépare des tributs sur les côtés, 8, le temps qu’il va me falloir pour m’éloigner de la corne d’abondance, 5, les bouts de verre brisés au pied des vitrines, 3, je suis en face du plus haut point de l’arène. L’arbre. Repéré au premier coup d’œil, sans hésitation. Notre point de rendez-vous. C’est dans cette direction que je m’élance quand retentit le zéro, tournant le dos aux chevaux en piteux état pour retrouver au plus vite celui qui a toujours le sourire aux lèvres et une blague nulle à faire.

Au diable les sacs, au diable le bain de sang, si je meurs, ce ne sera en tout cas pas de mon plein gré.


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Errol F. E. F-Wicklow
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MessageSujet: Re: 60 secondes Sam 6 Déc - 21:54


Jour 7
“Life is but a day:
A fragile dewdrop on its perilious way
From a tree's summit” (John Keats)
Nous y voilà. L'arène de la dix-huitième édition des Jeux. Cette dernière me semble inédite. Un parc d'attractions désert. Quelle douce ironie. Nous allons bien nous amuser n'est-ce pas ? C'est désespéré que j'avais enfilé t-shirt, tennis et poncho jaune à l'effigie de la petite sourie créée par un grand monsieur du cinéma dans les années vingt. De nos jours, celle-ci est rétro. Vintage. Peu la connaissent. Quelques cinéphiles. C'est tout. Je me sens ridicule sur ma stèle, ainsi habillé, autour d'un vieux carrousel, près de la Corne d'Abondance sur laquelle se trouve un écran gigantesque faisant le décompte des soixante secondes.

- Œil pour œil ! Dent pour dent ! Tête pour tête ! A mort ! 
Justice ! L'échafaud vaut mieux que le remord. 
Talion ! talion !

- Silence aux cris sauvages !
Non ! assez de malheur, de meurtre et de ravages !
Assez d'égorgements ! assez de deuil ! assez
De fantômes sans tête et d'affreux trépassés !
Assez de visions funèbres dans la brume !
Assez de doigts hideux ; montrant le sang qui fume,
Noirs, et comptant les trous des linceuls dans la nuit !
Pas de suppliciés dont le cri nous poursuit !
Pas de spectres jetant leur ombre sur nos têtes !
Nous sommes ruisselants de toutes les tempêtes ;


Mon interview s'était bien passée, hier soir. Du moins c'est ce que je pense. Je m'étais senti beau, si beau dans le costume cousu spécialement par notre styliste dont je n'ai toujours pas retenu le nom (en même temps trop d'originalité ... comment pourrais-je retenir ?). J'espère bien que cela me rapportera de nombreux sponsors. J'en ai bien besoin si je veux rentrer chez moi et serrer à nouveau ma précieuse Minami dans mes bras. Par ailleurs, je suis convaincu que celle-ci serait heureuse d'être à ma place dans un autre contexte. Un parc d'attraction. Cela fait rêver, n'est-ce pas ? Quel dommage que nous soyons là pour de morbides raisons. Cinquante secondes avant de bondir vers un des sacs portant le chiffre quatre.

Il n'est plus qu'un devoir et qu'une vérité,
C'est, après tant d'angoisse et de calamité,
Homme, d'ouvrir son cœur, oiseau, d'ouvrir son aile
Vers ce ciel que remplit la grande âme éternelle !
Le peuple, que les rois broyaient sous leurs talons,
Est la pierre promise au temple, et nous voulons
Que la pierre bâtisse et non qu'elle lapide !
Pas de sang ! pas de mort ! C'est un reflux stupide
Que la férocité sur la férocité. 
Un pilier d'échafaud soutient mal la cité. 
Tu veux faire mourir ! Moi je veux faire naître !
Je mure le sépulcre et j'ouvre la fenêtre. 
Dieu n'a pas fait le sang, à l'amour réservé, 
Pour qu'on le donne à boire aux fentes du pavé.
S'agit-il d'égorger ? Peuples, il s'agit d'être. 
Quoi ! tu veux te venger, passant ? de qui ? du maître ?
Si tu ne vaux pas mieux, que viens-tu faire ici ?


Minami doit être en train de me regarder en ce moment même. Il est encore tôt. Je l'imagine sur le canapé face à la télévision, blottie contre l'une de ses sœurs, regroupée avec une partie de famille, une tasse avec du thé encore chaud entre ses mains, les yeux luisants, la respiration presque coupée. Je suis désolé Minami d'avoir eu un rêve si égoïste. Pardon. Tu me manques aussi tu sais. Ton bracelet doré n'a pas quitté mon poignet. Et j'ai toujours celui plus masculin que tu m'as offert à mon anniversaire en janvier dernier. Je suis content qu'on m'ait permis de les garder. C'est comme si tu étais à mes côtés. Sauf que tu ne risques rien. Je suis déterminé à gagner. Pour toi. Quarante secondes encore avant de courir à la Corne d'Abondance.

Tout mystère où l'on jette un meurtre est obscurci ;
L'énigme ensanglantée est plus âpre à résoudre ; 
L'ombre s'ouvre terrible après le coup de foudre ; 
Tuer n'est pas créer, et l'on se tromperait 
Si fon croyait que tout finit au couperet ; 
C'est là qu'inattendue, impénétrable, immense,
Pleine d'éclairs subits, la question commence ;
C'est du bien et du mal ; mais le mal est plus grand. 
Satan rit à travers l'échafaud transparent. 


Mon piédestal est situé entre June, la fille qui a eu dix à l'évaluation des Juges, et Cook, un garçon très discret. Je ne peux pas voir Maëlys. Je suppose qu'elle doit être de l'autre côté. Litchi est hors de ma vue de la même façon. Par contre, je distingue Seamus, le type du Deux. Nos regards se croisent. Signe de tête. Un mince sourire s'esquisse sur mes lèvres. Trente secondes avant de serrer la main d'Enryel.

Le bourreau, quel qu'il soit, a le pied dans l'abîme ; 
Quoi qu'elle fasse, hélas ! la hache fait un crime ; 
Une lugubre nuit fume sur ce tranchant ;
Quand il vient de tuer, comme, en s'en approchant, 
On frémit de le voir tout ruisselant, et comme 
On sent qu'il a frappé dans l'ombre plus qu'un homme ! 
Sitôt qu'a disparu le coupable immolé, 
Hors du panier tragique où la tête a roulé, 
Le principe innocent, divin, inviolable, 
Avec son regard d'astre à l'aurore semblable, 
Se dresse, spectre auguste, un cercle rouge au cou. 


Cette année, le District Quatre ne sera pas humilié. Cette année, il sera dans la prestigieuse alliance carrière qui ne se laissera pas écrasée par des Hammer et des Flores. Cette année, le nom Farraige redeviendra illustre, recouvrera sa gloire ; le vieux schnock devrait en être bien déconfit. Cette année, onze maires, Stark et autres invités de marque devront se préparer à manger du poisson. Cette année, le District Quatre aura un nouveau mentor. Cette année, Jones et Kallaghan ramèneront un de leurs deux tributs. Vingt secondes avant que je ne tienne une arme entre mes mains.

L'homme est impitoyable, hélas, sans savoir où. 
Comment ne voit-il pas qu'il vit dans un problème,
Que l'homme est solidaire avec ses monstres même, 
Et qu'il ne peut tuer autre chose qu'Abel ! 
Lorsqu'une tête tombe, on sent trembler le ciel. 
Décapitez Néron, cette hyène insensée, 
La vie universelle est dans Néron blessée ; 
Faites monter Tibère à l'échafaud demain, 
Tibère saignera le sang du genre humain. 
Nous sommes tous mêlés à ce que fait la Grève ; 
Quand un homme, en public, nous voyant comme un rêve,


Les voilà. Les dernières secondes fatidiques. Celles où la respiration de la petite Minami devient plus saccadée. Celles où se renforce ma détermination. Celles où je laisse l'adrénaline m'envahir de plus en plus. Celles où mes poings se serrent. Celles où je sens mes tympans vibrer et mon cœur s'exciter. Dix secondes avant que le sang ne commence à couler.

Meurt, implorant en vain nos lâches abandons,
Ce meurtre est notre meurtre et nous en répondons ; 
C'est avec un morceau de notre insouciance, 
C'est avec un haillon de notre conscience, 
Avec notre âme à tous, que l'exécuteur las 
Essuie en s'en allant son hideux coutelas. 


Minami, ferme les yeux s'il-te-plaît. Je sais que tu ne veux pas voir ça. Lors de nos soirées frères et sœurs où nous regardons un film d'horreur pourtant gentillet, tu es toujours à te cacher dans mes bras. Tu ne veux pas voir ton frère tuer un être humain. Ne regarde pas. Je ne t'en voudrais pas.

Zéro.

« Loup y-es-tu ? M'entends-tu ?
- J'arrive! »

(c) AMIANTE


Poème (c) Victor Hugo

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Une rose d'Iris, une rose d'Elina et une rose de Hel ma carotide ♥️








Dernière édition par Errol F. E. F-Wicklow le Dim 7 Déc - 21:46, édité 2 fois
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Ella.S.Wight
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MessageSujet: Re: 60 secondes Dim 7 Déc - 15:32

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« 60 Secondes »


LLes heures suivant l'interview s'étaient passées comme dans un brouillard. Elle avait simplement suivi ce qu'on lui disait e faire sans broncher, ni protester comme une petit automate. Elle voulait se rebeller, crier, rendre la vie impossible à, c'est Capitoliens qui se plairont à la voir mourir de toutes les manières, mais elle ne pouvait pas. Ses gestes ne passaient pas les barrières de son système nerveux et ses cris restaient coincés dans sa gorge. Elle ne pouvait se contenter que de regarder les différentes scènes se passer comme dans un rêve ou le reflet d'un cours d'eau, tu pourras faire ce qu'il te plaît, se serra toujours le même reflet, qui te regardera. Calme et limpide de la même manière que si tu n'avais rien tenté. Alors au bout d'un moment, j'avais simplement arrêté de se battre, se contentant d'observer. Elle se préserver pour ce qui allait arriver. Elle savait ce qu'elle avait à faire et ça ne lui plaisait pas du tout. Dans quelques heures maintenant elle allait devoir tuer. Pour survivre, elle allait devoir prendre elle-même la vit de quelqu'un d'autre. Et ça, elle ne sent ne sentait pas du tout capable. Peut-être que si elle se cachait dan l'arène, elle pourrait... Non c'était stupide,elle ne passerait pas entre les mailles du filer, elle était une carrière et les Capitoliens s'attendaient à voir du sang. Ils ne la laisseraient pas se cacher sans rien faire. Aller, tu peux le faire Ella. Tu vas y arriver. Tu as étaient entrainé pour ça. Tu l'avais déjà fait. T'as propre mère, tu l'as tué, c'est ta faute si elle est morte. Mais je ne l'avais pas vue mourir, je n'avais pas vu son regard se voiler, ni son corps devenir raide et encore moins la lueur de peur dans ses yeux juste avant de mourir. Rien que d'y penser ça me faisait froid dans le dos et je me demandais ce qu'on ressentît à cet instant. De la colère ? Peut-être. Les tributs, devaient être en colère a leurs mort. Contre eux, pour n'avoir pas réussi à survivre. Contre les autres, pour au contraire avoir réussi. Et contre le Capitol, pour les avoir mis dans cet enfer qui n'est pour eux qu'une farce, un Jeux destiné à les divertirent. De la peur aussi ? Peur de ce qu'il y a de l'autre côté. Je me suis prise un instant à me demander s'il y avait un paradis spécialement pour tous les tributs. Mais ses pensées furent vite chassées lorsque Scipio la prit dans ses bras. Il lui chuchota quelques paroles d'encouragement à l'oreille et la blonde sourit comme si elle croyait ce qu'il disait, mais il savait bien tous les deux la triste vérité. Elle ne sortirait surement pas vivante de cette arène. Mais elle pouvait toujours essayait, elle savait ce qu'elle avait à faire : Courire, attrapé ce qu''elle pouvait, attraper Josh au vol et s'enfuir avec lui. À partir de là, ils pourraient réussir à survivre. La suite lui importait peut pour l'instant. Elle inventerait quelque chose sur le tas. C'était ce qu'elle faisait toujours.
60 secondes
La plateforme se stoppa, la sortant de sa transe du même coup, elle regarda de tous les côtés, un peu déroutée et en même temps excités par le thème de l'arène. Un parc d'attractions. Malheureusement, elle n'avait pas le temps de s'extasier. Le temps s'écouler, dans moins d'une minute, elle serait dans la fosse.
55 secondes[center]
Josh ! Il fallait qu'elle le trouve, elle regardait frénétiquement tous les visages autour d'elle. Son sang battant dans ses tempes, alors qu'elle ne parvenait à la trouver. Elle reconnut quelques visages malgré tout comme Seamus ou les autres enfants qui lui avaient bien plus. Enfin ! Elle le retrouva, trois place plus loin.
[center]50 secondes
Parfait, elle pourrait l'attraper au vol, elle jeta un rapide coup d'œil à ça tenue, un jean, Tee-shirt, chaussures de ville ainsi qu'un poncho immonde, tout cela assortis d'une souris, qu'elle ne connaissait pas. Elle haussa les épaules, surement une nouvelle lubie des Capitoliens.
45 secondes
Mais elle n'avait pas le temps de s'attardait là-dessus, le temps passé et il lui était malheureusement compté. Elle savait ce qu'elle avait à faire. Courir, arriver dans les premiers à la corne et prendre tout ce qu'elle pouvait.Facile!
40 secondes
Facile à dire surtout ! Il y avait deux douzaines de jeunes avec le même objectifs à côté. Mais elle pouvait le faire, elle le savait, c'était comme fuir les pacificateurs. Toutes ces années, elle avait réussi à leur échapper.
35 secondes.
Elle pouvait arriver avant eux, le problème serait plutôt de ressortir. Son regard se porta sur la Corne, est-ce qu'elle pourrait tuer au bain de sang ? Elle n'en avait pas envie. Mais ...
30 secondes
Il allait surement la forcer, d'une manière ou d'une autre, elle devrait le faire. Elle regarda encore une fois les visages se demandent si elle pouvait les tuer.
25 secondes
À ce moment-là, ce n'était plus la question. Elle allait devoir le faire, d'une façon ou d'une autre. Volontairement ou non.
20 secondes
Elle secoua la tête. Elle ne voulait plus y penser. Tout ce qu'elle avait à faire était de courir.
15 secondes
Le reste viendrait sur le tas comme habituellement. Elle fixa son regard sur la corne.
10 secondes
Banda ses muscles, se prépara à courir comme jamais auparavant.
5 secondes
C'est le compte finale
5 secondes plus tards, la jeune blonde s'élançait vers la Corne.

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It's wake you up .
I'm ttryin to hope with nothing to hold. Just my mind
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Yeni Flores
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MessageSujet: Re: 60 secondes Dim 7 Déc - 16:08

60 secondes des 18ème Hunger Games



Tu t’habilles seule. Tu as ordonné à tes préparateurs et à ta styliste de te laisser. Jamais tu ne voudrais entendre leurs tons sucrés et faussement désolés. Tu veux méditer toute seule. Toute seule.

C’est la tempête. C’est la rage.
Les mots se perdent. Pas de logique. Juste des mots. Des indices sur ce que l’on ressent. Sur ce que l’on veut. Un trop plein d’émotions. Qui s’expriment brutalement. Mentalement. Des mots-clés. La recherche d’une solution. Finale. Un raisonnement par les sentiments. Mauvais. Pitoyable. Puéril. Plus de raisonnable. Plus de contrôle. Plus de barrière. Plus de discernement.
Douleur. Angoisse. Colère. Haine. Rancœur. Vengeance…
Te venger d’eux. De ces êtres surfaits et méchants, paradoxalement distingués dans le sadisme.
Ils sont si irresponsables. Si répugnants. Si dégoûtants.
Ils n’ont aucune morale, aucune autre loi que celle de la consommation. La consommation de la superficialité. La consommation de la bêtise. La consommation de la souffrance. Souffrance des autres, bien sûr.

Capitole.
C’est maintenant le mot qui hante ton crâne, qui résonne à tes oreilles, qui brûle tes yeux, qui enfle tes orbites.
Tu veux qu’il cesse de se pourvoir d’un sens si malsain, tu veux le faire sortir de ton être, le cracher, le vomir.
Mais tu ne peux pas, parce que ce n’est qu’un mot. Rien qu’un ensemble de lettres. Qui ne veulent rien dire en soi. Qui ne sont pas responsables des images qui s’imposent à toi.
Rien que quelques lettres. Rien qu’un mot. Innocent et futile.
Ce n’est pas à lui que tu dois en vouloir. C’est à ce qu’il représente

Tu t’apaises enfin. Plus calme. Plus détendue. Plus douce, aussi. Tu sais qui détester. Tu sais à qui faire payer ton mal-être. Tu sais qui tire les ficelles.
Ce ne sont ni les mots, ni les Capitoliens, ni les Juges, ni les stylistes, les préparateurs, les hôtes ou les présentateurs.
C’est cette poignée de dirigeants, pas tout à fait adultes, pas tout à fait enfants.
L’apparence et l’intelligence d’êtres totalement finis, mais les mêmes envies et les mêmes plaisirs qu’un nourrisson. Car les nourrissons sont dotés des facultés primaires : instinct de survie et recherche de pouvoir.
À cause du premier, ils veulent contrôler la mort. Mais très tôt, ils se rendent compte qu’ils ne peuvent que très modestement s’en protéger. Le pouvoir prend donc le monopole des désirs.
Et quand ils l’ont eu, ils se rappellent leur grand rêve d’antan : que mourrir ne soit plus une fatalité pour eux.
Malheureusement, l’immortalité est toujours inaccessible…
Dans ce cas pourquoi ne pas tuer les autres, à défaut de s’octroyer l’éternité ? Prouver qu’on est le plus fort, quelle ambition dévorante ! Prouver qu’on est plus fort que la mort elle même, quelle glorieuse consécration !
Alors ils tuent, pour assouvir leurs aspirations. Et ils y prennent goût.
Il ne reste plus qu’à enrober le tout d’une épaisse couche d’autorité arbitraire, de soumettre quelques personnes à une morale désarticulée et grotesque, et le tour est joué. Le président de Panem est né.

***


Tu sais maintenant quoi faire. Et ça tient en huit lettres. Joli chiffre. Joli mot.
Survivre.
Pour pouvoir être l’unique rescapée d’un massacre méticuleusement orchestré pour détruire. Pas seulement pour te détruire, mais pour détruire tout espoir de révolte, tout espoir de victoire. Tout espoir de renouveau.
Tu seras l’exception qui permet d’entrevoir, au loin, l’ombre des prémices d’un changement. Un tout petit rien. Un tout petit souffle.
Juste un des êtres qui portent l’espoir. Qui sont l’espoir.
Car ce sont des vainqueurs.

***


Tu jettes un rapide coup d’œil à tes vêtements. Ils ont l’air aussi simples que confortables, mais sont ornés d’un personnage assez inquiétant : une sorte de souris humanoïde semblant fomenter un complot machiavélique. Sa posture enfantine n’arrive pas à contrebalancer son regard lubrique et ses mains invisibles derrière son dos, qui lui confèrent une apparence sadique.
Tu les enfiles sans grande conviction, sans doute cette mascotte est-elle une référence capitolienne de mauvais goût. À moins qu’elle contienne un précieux indice quant à l’Arène.
Tu t’affubles de la dernière pièce vestimentaires : un poncho à la couleur aussi vive que déshonorante, et tu t’assieds par terre, toute recroquevillée. Tu te loves dans tes nombreuses couches d’habits, tu rentres tes mains dans ton haut, pour les réchauffer, et tu attends.
Tu n’as plus vraiment la notion du temps, tu ne sais pas combien de minutes se sont écoulées entre ton entrée dans la pièce, et l’instant présent.
Mais surtout, quand va commencer l’édition ?

Après tout, aucune importance.
Personne n’est jamais en retard aux Jeux de la Faim.

***


Et puis soudain, tu pleures.
Pourquoi ?
Pour rien.
Tu ne comprends pas d’où viennent ces larmes, mais tu sanglotes. Tu as l’impression que quelque chose se rompt, se brise, se casse. Ou plutôt que quelque chose saigne abondamment, quelque chose qui ferait des cicatrices très laides, quelque chose de douloureux.

C’est précisément ce moment que choisit une de tes préparatrices pour entrer dans la pièce.
Pas un regard pour toi, pas l’ombre d’un encouragement.
Pas un soupçon de compassion, d’empathie, de pitié même.
Elle semble à la fois pressée et craintive, comme si elle avait oublié quelque chose, et que cet oubli lui causerait des remontrances, voire pire.
Elle te pousse violemment sur une plaque encerclée par un cylindre de verre. Elle te donne un élastique, et s’en va.
Rien. Tout s’est passé vite, simplement.
Un minimum de gestes, pour un maximum de rapidité.
Alors que tu t’attaches les cheveux en une queue de cheval, béate, tu te rends compte que ta préparatrice vient de te donner une leçon. Une leçon pour l’Arène. Une leçon pour toute la vie.

Pas d’empathie. Aucune compassion.
De l’efficacité.

Le tube commence son ascension.

***


60. Les chiffres flottent dans l’air, insaisissables, lourds de sens.
59. Le temps défile devant toi.
58. La valeur d’une seconde…
57. Est-ce court ?
56. Ou long ?
55. Cinq secondes.
54. Les Hunger Games.
53. L’Arène.
52. Un carrousel.
51. Une rue pavée.
50. Une ville ?
49. Une flore variée…
48. Trop variée…
47. Des arbres tropicaux à côté de buissons desséchés…
46. Ce n’est pas une ville.
45. Pourquoi est-ce qu’il y a tant d’environnements différents ?
44. Une transposition des districts ?
43. Non, pas assez vaste.
42. Pourquoi un carrousel ?
41. Pourquoi un château au loin ?
40. « La légende du Roi Arthur » ?
39. Une légende ?
38. Un conte ?
37. Pourquoi lit-on des contes ?
36. Pour les enfants…
35. Que font les enfants ?
34. Ils jouent…
33. Où ?
32. Chez eux…
31. Ou dans des jardins.
30. Des parcs.
29. Un parc d’attractions.
28. Avec des zones variées.
27. Courir.
26. Seule.
25. Seule ?
24. Un allié.
23. Qui ?
22. Qui connais-tu ?
21. June.
20. À côté de toi.
19. Beau hasard.
18. Courir.
17. Partir.
16. Vers où ?
15. Le carrousel ?
14. Pourquoi y a-t-il des sacs ?
13. La Corne d’Abondance.
12. Le Bain de sang.
11. Courir.
10. Suivre June.
9. Essayer de prendre un sac.
8. S’enfuir.
7. Se cacher.
6. Prépare-toi.
5. Fléchis tes jambes.
4. Plus de compassion.
3. Plus d’hésitation.
2. Plus d’humanité.
1. Plus de temps.
Plus rien.

Cours.
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Barbara Pettigrew
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MessageSujet: Re: 60 secondes Dim 7 Déc - 18:12



entre dans la danse.

Le tube émet un vrombissement inquiétant, étonnamment silencieux. Il se referme. Il se referme autour de moi. Sur moi. Comme un prédateur sur sa proie. Il se referme sur moi. Et doucement je suffoque. Opprimée, oppressée, sûrement la peur de crever. D'abord ma mâchoire tremble, un peu, un peu, puis beaucoup. Mes dents claquent, malgré la température convenable, supportable. Et puis tout tremble. Mon corps, mon âme, et le tube. Le tube, il tremble. Un peu, un peu. Beaucoup. Il monte. Doucement. Sans précipitation, sans accélération. Mon cœur panique, s'affole telle une boussole défectueuse. Respire. Je me revois à ma moisson. Mes yeux écarquillés, mon visage crispé. L'animal. La proie. Victime anonyme. Expire. La lumière éblouit, m'éblouit. Je plisse mes paupières, je dois y voir plus clair. Mais trop tard. Trop tard, trop de retard. J'y suis, j'y entre. Il fait jour, grand jour et je sombre dans l'ombre. Calme-toi. Je dois me calmer. J'y suis, j'y entre. L'arène est là, elle là devant moi. Une rue. Grande, et puis petite à la fois. Un manège, je crois. La corne ? Possible. Pas impossible. Inspire. Je ne serais plus jamais libre.

59.

Je ravale mes larmes. T'es grande maintenant, arrête d'être sensible, arrête d'être fragile. Je veille à garder mon équilibre. Ne pas basculer est ma première préoccupation. Ce serait une mort bien stupide, tomber, et puis exploser. Les mines. Je ne dois pas tomber, je ne dois pas chuter. Des mines. Je soupire. Vraiment des sadiques. Mais ils sont prudents, prévoyants, surtout méfiants. Ils ont tous une peur, cette même frayeur. Peur que nous partions, que nous fuyions. Fuir où ? On ne fuit pas l'invisible, on ne fuit pas les machines. Peur de nous perdre. Personne n'aime perdre un jouet. Personne. Pas même le capitole. Surtout pas le capitole.

46.

Ma respiration reprend un rythme plus régulier. Je cherche un visage familier. Probablement pour me rassurer. Un point de repère auquel m'accrocher. Désespérément. J'analyse, étudie, mémorise tout ce qui m'entoure. Je ne connais pas les deux tributs à mes côtés. Tant mieux. Je cherche James, le garçon de mon district. Je fronce les sourcils. Il n'est pas là, sûrement caché derrière le manège. Aucun visage auquel me rattraper. La vérité me fait l'effet d'une gifle. Je suis seule. Tristement, terriblement, inévitablement seule. Je n'ai rien. Juste l'espoir de vivre. Je souris tristement. C'est naïf.

32.

Papa. Papa t'inquiètes pas. Pleures pas. Ne pleures pas s'il te plaît. Je déteste ça. Alors calmes-toi. Je sais que c'est pas facile. T'as pas eu une vie facile toi. D'abord ta femme, ta complice, ton amie, ta seule amie. Et puis aujourd'hui moi. Ta fille, ton trésor comme t'aimait dire, ton sang. T'es probablement en train de te dire que nous as perdu. Toute les deux. T'égares souvent les choses. Tu nous perds aujourd'hui, mais probablement qu'on se retrouvera un jour ou l'autre. Je crois pas franchement aux conneries de ce genre, mais il y a bien cette chose dont je suis sûre. Certaine même. On se reverra. Tous les trois. Où ? Je l'ignore. Ailleurs. Quelque part de mieux. Un truc plus beau. Un truc plus joyeux. Un truc de fou. Un truc pour nous.

20.

Courir. Courir, m'enfuir. Courir, partir. Mon instinct me souffle de fuir. Mais je ne peux pas me résigner. Je ne peux pas accepter de le fait de partir sans sac. Autant sauter de ma plaque immédiatement. Mais je suis incertaine, indécise. Faut-il que je prenne le risque de me faire tuer par d'autre tributs pour un sac ? Oui. Oui, il le faut. Un élément me rebute. La corne d'abondance. Ce manège ne m'inspire pas confiance. D'abord, me faufiler entre ses petits chevaux en bois risque de me faire perdre du temps. Et le temps, c'est ce qui me manque. Et puis il m'a l'air si... vieux. Abîmé, sur le point de s'écrouler. Un piège. C'est peut-être un piège des créateurs. C'est machiavélique. Et le nombre de victimes serait vraiment élevé. Je me mords la joue jusqu'au sang. Un goût métallique envahit ma bouche. Réfléchis Barbara.

15.

Aucun intérêt. Je ne vois pas quel intérêt auraient-ils de tuer si simplement au moins une dizaine de tributs. Rien de très divertissant pour le public. Je dois miser sur cette explication. Je n'ai que celle-ci. Et il me faut ce sac. Il me faut un sac pour survivre. Une arme. J'ai besoin d'une arme. Ce n'est pas avec un corps frêle comme le le mien que je ferais du mal à quelqu'un. Du moins gravement. Qu'est-ce que je raconte ? Reprends-toi. Depuis quand j'envisage le fait de blesser jusqu'à la mort un être humain ? Je me dégoûte. Cette pensée me dégoûte.

8.


J'ai peur de changer. Peur d'être celle que je ne suis pas.

7.

Courir. Arrêter de penser. Je dois simplement courir, prendre un sac, fuir.

6.


Les battements de mon cœur ne cessent d'accélérer, mon envie de pleurer m'est passée.

5.

Qu'est-ce que je fais là ? Bordel, dites-moi ce que je fais là !

4.

Inspire.

3.

Expire.

2.

Une légère brise souffle sur mon visage, souffle à mon oreille. Viens. Entre.

1.

Entre. Entre dans la danse.

0.

J'y viens. J'y entre.

© charney


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