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Le Bâteau Pirate

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Camil Biwkort
+ District Onze +


♣ Nombre de message : 49
♣ Date d'inscription : 20/01/2014
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Sam 7 Fév - 12:58

June m'attaque. Sa distance de frappe n'est pas la bonne. Tout le monde devrait le remarquer. C'est évident. J'ai juste à glisser un peu sans faire d'effort pour esquiver. Elle s'épuise pour rien. Je ne fais que de reculer. Pourtant, je n'avais pas appris ça, mais elle est armée, et pas moi.
Maintenant, elle m'attaque avec sa hache. Bon Dieu ! June. Il faut être discret quand on veut toucher quelqu'un. Discret ! Je vois son coup arriver. Mais j'avais oublié que la portée était plus longue. Le tranchant passe à quelque centimètre de mon ventre.
On entend le bruit d'un coup de canon. Que se passe-t-il ? Il y a beaucoup trop de bagarres cette année. Mais June ne se laisse pas distraire et enchaîne un autre coup. Beaucoup plus furtif que le premier. Ou alors j'étais dans les airs. La hache réussit à déchirer mon pull, mais pas à me faire saigner.
Je regarde la fille. Droit dans les yeux. Un signe pour dire que je n'abandonnerai pas. Et elle non plus d'ailleurs. Mais elle... Elle pleure ? Pourquoi ? Pour m'amadouer ? Comme je l'ai fait ? En tout cas, ça ne marche pas. Je reste sur mes gardes. Elle saute sur moi. Poignard dans les mains. Quand on est entrain de tomber, je l'enchaîne d'uppercut qui ne font visiblement, aucun effet.
Son poignard se lève. Je ne peux rien faire, sa pote est là pour m'achever elle aussi. Il faut que je fasse quelque chose. Je ne vais pas aimer, mais c'est pour mon bien. Je vais devoir sacrifier mon œil. Son poignard s'enfonce légèrement dans mon œil. Je ne crierai pas. J'ai mal, mais je ne crierai pas.
Pendant que June me crevait l'œil gauche, j'ai réussi à faire ma jambe droite, sous la sienne. Je frappe sur son épaule et la fais tourner de mon côté gauche pour qu'elle me serve de bouclier quand Yeni frappe. Elle se prend, le coup de sabre à ma place. Je roule de côté et rampe à quatre pattes. Je ne veux plus rester ici. J'ai trop mal.

-Je pensais que tu en avais assez Yeni. Visiblement non. Maintenant culpabilise toi comme je me culpabilise !

Ça fait bizarre de ne voir qu'avec un œil. Je cligne des yeux, mais sa fait tellement mal ! Si je sors vivant de ce combat. J'aurais besoin de soin. Je rampe de l'autre côté. Par là où je me suis créé une sortie. J'abandonne et me laisse mourir où je reste ? Je veux juste rentrer chez moi.
Si je me casse. Je pense que les sponsors seront déçus... Si je reste et survie, j'aurais des sponsors assurés. J'ai reste et je meurs, Shaé sera le seul espoir du district onze. Elle sera le seul espoir du district onze.
Je commence à m'en vouloir. J'aurais dû me laisser faire, et mourir. À la place, j'ai fait le lâche et j'ai utilisé un bouclier humain. C'est dur. C'est très dur. J'ai envie de lever mes bras et leur dire « allez-y, tuez-moi. ». Mais la gentillesse ici, n'a pas sa place. Elles ont fait l'erreur de venir me tuer. Alors c'est trop tard. Si on avait était ensemble. On aurait été imbattable. Mais maintenant, c'est parti de tous les côtés.
Je m'ai du mur pour lever. J'ai tellement mal.
Il ne restera de toute façon qu'un survivant dans cet affrontement. Ou aucun...

donc:
 


Dernière édition par Camil Biwkort le Sam 7 Fév - 17:22, édité 1 fois
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Elias Leorios
+ District Trois +


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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Sam 7 Fév - 15:44


❝ New Death ❞
For Tributs



Un nouveau coup de tonnerre dans l'arène, un nouveau coup de canon, une nouvelle mort.


@Eques sur Never-Utopia
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Yeni Flores
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Sam 7 Fév - 16:59

Camil utilise June. Comme bouclier. Il la ramène vers lui.
Tu ralentis.
Mais c'est trop tard.
Tu frappes le milieu de son dos. Tu ne regardes pas. Pas June. Tu l'as blessée. Elle.

Tout se brise en toi. Tu ne veux plus l'avoir connue, tu ne veux pas regarder la blessure que tu lui as faite. Le sang afflue. Tu le sais. Et tu t'en veux.

Le petit borgne court comme un goret, cherchant ses armes. Tu as envie de pleurer.
Tu ne veux plus attaquer.

Tu t'assois dans ton coin, près des bouteilles de rhum.

"Désolée June". Tu ne sais plus ce que tu fais. Qui est Camil ? Pourquoi vouloir le tuer ?
Tout s'emmêle. Tout se perd. Confus.
"June..."

Tu attends un peu. Elle ne répond pas. L'as-tu tuée ?
Ne pas la regarder. Pleurer. Ressentir la douleur s'emparer à nouveau de tes muscles. De ta joue à vif.
De ta poitrine.

Tu regardes Camil. June voulait le tuer. June a toujours voulu le tuer. Mais tu n'en as plus la force.
Tu saisis une bouteille et la lances sur Camil. Tu vises la tête. C'est la seule chose que tu peux faire. Lever le bras tandis que les larmes coulent. Tu sais qu'au mieux, la bouteille se brisera sur lui et l'assommera un peu. Quelques coupures, plus de sang que de réel mal.
Tu en lances une deuxième.

Tu pleures, tu ne sais pas ce que fait June... Tu as peur pour elle. Si elle meurt, tu n'as plus qu'à mourir.
De toute manière, tu vas mourir. C'est sûr. Pas besoin de quelqu'un pour t'achever.

Tu lances une troisième bouteille.

C'est fini. Tu le sais.

Tu veux juste être tranquille encore un peu.
Alors tu rampes. Derrière un canon. Et tu pleures.
Encore.
Le sel se mêle au sang de ta joue. Mais ce n'est plus rien pour toi.
C'est loin.

June.
Et ta mort. En sanglots. Mais en paix.

C'est déjà assez à penser.

Spoiler:
 
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June R. Hammer
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♣ Age réel : 17


MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Sam 7 Fév - 19:48

« Même sans espoir, la lutte est encore un espoir. »
Juni vs Camil

Le globe oculaire percé. Je l’ai fais. Il doit souffrir, plus que tout. Le sang dégouline entre mes doigts, son sang, mon sang. Le sang de deux enfants en train de s’entre tuer, et à qui ça fait plaisir. Le sang de deux abominations, mais deux abominations pleinement satisfaites.
Le sang, si chaud, si rouge, si liquide qu’il en est presque beau à regarder, le sang qui coule le long de sa joue. Son œil crevé, son œil aveugle.
Et puis, la sensation de tourner, comme sans rien comprendre, sans rien contrôler. La sensation de tomber sur le sol, face contre le torse de celui qu’on vient de briser. Et, le coup. Prompt, imprévisible. La douleur fulgurante du fer qui transperce l’omoplate, et celle, encore plus forte, de la trahison.
Alors c’était prévu. Alors elle ne voulait pas le tuer. Elle voulait me tuer.
Yeni, celle qui a survécu avec moi, Yeni du Ranch, Yeni des quatre filles, Yeni des poules, et des pirates. Yeni, qui m’a sauvé la vie. Je ne comprends plus. Il n’y a plus aucun repère, plus aucune logique. Rien d’autre que la cabine, le monde, et lui.

Lui.

Il baragouine quelque chose, quelques mots que je n’entends pas. Je n’entends plus rien, rien d’autre que les pulsations du sang dans mes oreilles. Il doit mourir. Que je ne m’éteigne pas sans l’emporter avec moi. Il va crever. Il doit crever.
Des choses volent, en tous sens. Je ne comprends plus qui est avec qui, qui veut achever qui. J’ai perdu celle que je croyais mon alliée, mon amie. Elle ne voulait rien d’autre que me tuer. Et c’était prémédité.
Avec ce petit enfoiré. Ces petits enfoirés.

Je reprends mon poignard, imbibé du sang du stupide gamin. Ma hache est toujours armée, et mes deux armes sont prêtes à tuer. Oui, je vais tuer, ce soir. Oui, un énième canon va résonner dans l’Arène, et Camil va mourir. Quoi que ça me coûte.

Il s’éloigne, s’échappe. Je ne comprends pas où il se dirige, il ne peut sortir. La trappe est trop haute, et je l’achèverais avant qu’il ne trouve comment y grimper. Mais je le suit. Je le suit de près, et me place face à lui.

Maintenant, on arrête de jouer. Maintenant, il va crever, comme le sale bâtard qu’il est.

Mon poignard taille, deux fois, trois fois. Je vise la carotide, et me protège de ma hache. La douleur est fulgurante, sans doute. Mais je ne la sens pas. Je ne sens rien, rien d’autre que la haine. Rien d’autre que l’envie de meurtre qui me tenaille, plus forte que jamais. Et, si je ne la satisfait pas dès maintenant, je risque d’en crever.
Ma respiration est sifflante, mes yeux fous. S’il y a un gros plan sur mon visage en ce moment, je vais empêcher les enfants de dormir ce soir. Oui, la haine me transcende, et la seule chose dont je rêve est un cadavre plein de sang. Le cadavre d’un gamin qui se trouve en face de moi, les réflexes amoindris par l’œil que je viens de lui crever.

Yeni a disparu. Peut-être s’apprête-t-elle à me sauter dans le dos, pour m’achever, une bonne fois pour toute. J’aurais du la tuer, la première fois que je l’ai vue. J’aurais du abattre la pelle sur sa tête, et la décapiter.

Je change rapidement ma hache de main. On va passer aux choses sérieuses.
On va enfin en finir avec le tribut du District Onze.
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Camil Biwkort
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mar 10 Fév - 8:59

Je ne vois presque rien. Je ne vois qu'à moitié. Je me fis maintenant à mon ouïe. Je souffre. J'ai mal à l'œil et j'ai mal au bras. Ces deux douleurs-là sont justes insupportables. Les autres sont du pipi de chat à côté.
Malgré que je suis complètement ailleurs, j'entends des pas. Ceux de June sûrement. Elle est légère, mais c'est le bruit du vieux bois qui l'a trahi. Je me retourne lentement, fatigué, épuisé, souffrant. Elle arrive. Avec son poignard. Je ne veux pas souffrir. Je ne veux plus souffrir. J'en ai eu assez. Pourquoi elle veut encore m'amocher. Déjà que ne la voit pas très bien.
Je sens son poignard frapper se planter dans l'épaule qui était déjà endommagée. Quand elle le retire, c'est là que la douleur est la plus affreuse. Je ne crie plus. Je ne peux plus. Je n'ai plus assez de force pour rien. Le sang coule. J'y suis habitué maintenant. Beaucoup de sang à coulé. Trop.
Le deuxième coup poignard va je ne sais où, mais je lève mes mains par réflexe. Et là, c'est débile. Son poignard transperce ma main gauche. Je ne sais pas si c'est elle qui retire le poignard, ou si c'est moi qui enlève ma main à cause de la douleurs. La aussi. Le sang coule. C'est la routine à présent.
Je vois arriver son troisième coup. Non ! Avant qu'elle me tue, il faut que je dise tout ce que j'ai à dire. Son poignard descend sur moi. Je mets mains, en serrant les poings, en guise de bouclier. Son poignard revient frapper ma main et s'enfonce un peu dans l'autre.
Elle recule. Mais moi, j'avance. Elle envoie sa hache dans son autre main. Je saute sur elle comme elle l'a fait pour moi. Sauf que moi, je veux lui montrer que pour moi, c'est la fin.
Dans notre chute, je lui soulève la tête pour qu'elle ne se cogne pas, et mets mon bras autour de sa taille pour lui éviter une mauvaise chute.
Nous sommes au sol et je lui murmure de ne pas me tuer maintenant. Je suis sur elle, mais un peu plus décalé. Je commence à pleurer. Des vraies larmes. Des vrais pleurs. Je me fous des caméras ou de quoi que ce soit. Je les aimais. J'aime June. J'aime Yeni. Mais elles, non. Mais je m'en fous.

Je vous ai fait du mal parce que j'avais peur. J'ai peur de mourir June. Je ne veux pas mourir. Je veux revoir mon papa. Ma maman. Mes amis. Mais je sais que maintenant... C'est plus possible. Je ne t'en veux pas. Vous aussi... Vous avez peur. Vous voulez rentrer à la maison. Alors vous m'avez pris moi. Une proie facile mais vorace qui voyage tout seul. Je regrette tellement tout le mal que je vous ai fait. J'ai juste tellement peur de ne plus vivre.

Je me décale un peu et la regarde dans les yeux. Je suis en pleur total. Je commence à sourire et glisse ma main dans celle du June.

Si tu veux me tuer, n'attends pas que je souffre s'il te plaît. D'accord ? Si je m'endors, tu crois que je vais mourir ou pas ? Penses-tu que je vais ouvrir les yeux et retourner chez moi ? je rigole à cela. Il y a mon parachute dans un des canons. Prends-le. June ? As-tu froid toi aussi ? Il va faire nuit ? En tout cas, sache que tu restes mon ami, malgré ce que tu as fait. Et je t'en supplie, ne pleure pas pour moi.

Je me sens tellement léger. Je souffre encore. Mais peut-être pas pour longtemps. Non, c'est sûr. J'ai très froid. On dit souvent que c'est la mort qui approche dans ces moments-là.
Je regard toujours June en face de moi. Elle va sûrement m'achever. J'espère juste qu'elle ne va pas me faire souffrir.

donc:
 
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Eve Goodwin
+ District Trois +


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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mer 11 Fév - 10:20

Je regarde tour à tour le canard et Jonathan, mélangée entre la fierté d’avoir réussi à attraper le repas de midi – surtout en l’entendant admettre que je suis la meilleure – et le dégoût de voir un animal à moitié mort pendouillant dans la main de mon camarade de district. Un haut le cœur, puissant, m’assaille quand Jon fracasse la tête de l’animal et je me détourne pour ne pas voir ce spectacle sanguinolent.
« Bon, on va d’jà commencer par plumer ça. On verra après pour les tripes… » Ah oui, les tripes. C’est vrai que c’est un canard entier, avec tête – enfin, plus vraiment, actuellement – pattes, plumes et intestins. Tout ça quoi. Et qu’il va falloir s’en occuper si on veut le manger. Ou plutôt, il va falloir que Jon s’en occupe si on veut le manger car il n’est pas question que je touche à une plume de ce truc qui ne ressemble actuellement plus à rien. « J’te laisse t’amuser avec, » je lui annonce en m’asseyant quelques pas plus loin dans l’herbe. Chacun sa part du travail hein.

D’une main, je joue avec des brindilles tout en contemplant le feu qui brûle toujours un peu plus loin. « On pourrait presque allumer un feu ici pour cuire la viande, vu la fumée que ça – j’indique avec le menton – dégage, on sera couvert. Ou alors on pourra aller par là-bas pour faire notre barbecue, comme ça on a même pas besoin d’allumer le feu. » Dans ma tête, j’essaye de me remémorer toutes les étapes pour faire un bon feu, les gestes précis pour obtenir une étincelle. J’ai l’impression que j’ai appris ça il y a des années alors que ça ne fait même pas une semaine, que c’est un souvenir encore tout neuf. C’est comme cette impression qu’on est depuis beaucoup plus longtemps dans l’arène que ce qu’on y est réellement. Comme si chaque seconde comptait triple, comme si notre petit tour du lac était une routine déjà quotidienne alors qu’on a commencé ce matin. Comme ci toute ma notion du temps qui passe s’était brouillée au moment même où j’ai mis les pieds dans l’arène.

Un coup de canon. Je relève mes yeux, comme si je m’attendais à ce qu’on soit pris d’assaut. Mais non, ce n’est que pour annoncer une mort. Tirée de mes pensées, j’en profite pour observer le travail de Jon. Dans la mesure où je n’ai aucune idée de à quoi doit ressembler un canard plumé, je suis bien en peine de savoir s’il a fait du bon travail ou au contraire, si c’est une vraie boucherie. Je me contente d’une moue perplexe.
Nouveau coup de canon, nouvelle mort. Je joue encore un peu avec l’herbe du bout de l’index. « Je sais même plus combien y’en a eu, des coups. J’ai perdu le compte. Enfin, j’ai jamais compté. Tu sais toi ? Combien sont morts ? »


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June R. Hammer
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mer 11 Fév - 18:14

« Même sans espoir, la lutte est encore un espoir. »
Juni vs Camil

Je ne sens plus rien, rien d’autre que sa chaire qui s’écrase contre ma lame. Rien d’autre que ses mains, que je réduis, peu à peu, en lambeaux. Il doit mourir, et il va mourir. Le sang qui lui coule sur ses poignets, qui me dégouline, par le manche du couteau, sur les doigts, ce sang poisseux, et souillé, mais pourtant si beau, ne me suffit pas. Ne me suffit plus. Plus rien d’autre ne compte, rien d’autre que le sang, que sa fin, que nos fins.

Mon arme se lève de nouveau, mais je suis soudain déséquilibrée. J’étais trop confiante, trop sûre d’avoir l’avantage. Et, maintenant, je vais mourir, tuée par un pauvre gamin que je m’acharne depuis trop longtemps à traquer.
Pourtant, aucun choc. Il me protège. Camil, le tribut que je veux, depuis quelques jours, achever, me protège. Il m’empêche de me faire mal, et je ne comprends pas. Je ne comprends plus rien, plus rien n’a de sens. Ni les larmes du tribut, ni la trahison de celle que je croyais pouvoir croire, et encore moins les mots, entrecoupés de sanglots, de mon « ennemi ».

Il n’y a plus aucune limite entre le bien et le mal, plus de frontière entre la confiance et la trahison. Plus rien qui distingue l’amour de la haine. Rien d’autre qu’un esprit troublé, mis à nu par trop d’émotions. Plus rien à quoi se raccrocher. La haine mêlée à la honte, à la culpabilité.

Non. Je ne dois pas flancher. Je ne dois même pas hésiter. Il fait ça pour m’attendrir, rien d’autre. Je veux le voir souffrir, comme il m’a fait souffrir. Comme leur alliance en traître m’a fait souffrir. Je veux le voir hurler, pleurer, et mourir. Comme il le mérite. Souffrir comme ils m’ont achevée.
Souffrir comme le mérite un tribut tué de mes mains.

Et pourtant, ses mots, ses pleurs, m’atteignent. Il ne ment pas. Il n’essaie pas de me mentir, de m’amadouer. Il ne fait que dire ce qu’il a à dire, et, au fond, je me sens si proche de lui. Il crie sa haine contre les jeux, son dénaturalisme comme je l’ai hurlé quelques jours plus tôt, à peine. Au fond, nous ne sommes que deux enfants rongés par la peur, par la folie. Oui, l’oppression de l’Arène nous a rendus fous. Sa main se glisse dans la mienne, pendant qu’il continue ses paroles, douces, et pourtant si accusatrices.

Le contact de la peau humain me fait réagir violemment. Mes yeux s’exorbitent, mes mains se resserrent sur mon arme, et, d’un bond, je me redresse. Camil me regarde, et je vois qu’il est déterminé, prêt à mourir. Son regard et droit, ses larmes s’assèchent peu à peu.
Je lève ma hache, prête à le faire souffrir. Souffrir comme j’ai du souffrir pour arriver à ce moment. Souffrir comme il le mérite.

Un regard. Celui d’un enfant, qui comprend. Le bras qui s’abaisse, la hache qui s’abat. Et, juste avant, un regard. Un souffle. Un murmure.

« Désolée. »


Puis, tout redevient flou. Je dois trouver Yeni.
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Jonathan Templebar
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Ven 13 Fév - 20:47

« J’te laisse t’amuser avec, » fait Eve.

En voilà une nouvelle renversante. Heureusement que je suis assis un rocher émergeant…

Pendant un instant, je me demande s’il y a une technique particulière pour plumer un canard. Si ça se trouve, c’est différent de plumer un poulet à cause du machin hydrophobe sur les plumes du canard. Même si, certes, il est un peu inutile de débattre la question puisque je ne connais pas de technique particulière pour plumer un poulet non plus. Pour ma défense, je suis serveur, pas garçon de ferme. Et Lawrence reçoit ses canards et ses poulets déjà plumés et vidés (bien que je suis certain qu’il sait parfaitement comment plumer n’importe quelle volaille. eh, l’homme serait capable de plumer un mouton que ça ne m’étonnerait pas). Sans plus d’instruction, je pince tout bêtement une plume et tire. Et tire. Et tire. Et finalement, la plume doit reconnaître que c’est moi le maître.

A la suivante maintenant !

Et pendant que mes mains sont occupées à ne pas glisser sur ces plumes hydrophobes (j’adore faire genre j’utilise des termes techniques), j’ai tout le loisir d’écouter Eve disserter sur le meilleur moyen de faire cuir notre pitance.

« On pourrait presque allumer un feu ici pour cuire la viande, elle raconte, vu la fumée que ça dégage, on sera couvert. »

Je suis son mouvement de tête vers l’incendie. Sûr, elle a raison, c’est stratégique. Mais ça perd un peu de son intérêt aussi. Ce qui est fun avec les feux de camp, c’est accueillir tous les sans-abris du coin attirés par la lumière et la chaleur et d’échanger leur gnôle contre la nôtre. Et oui, sûr, c’est pas une bonne idée d’attirer tous les adolescents du coin parce qu’ils veulent nous tuer mais là, j’ai envie de dire : et s’ils ont un pack de bière ?

« Ou alors on pourra aller par là-bas pour faire notre barbecue, comme ça on a même pas besoin d’allumer le feu. »

Ouais, bah on verra comment ça brûle d’ici une heure, parce que je pense que c’est à peu près le temps qu’il me faudra pour plumer canarticho.

« ‘faut aussi voir comment ça évolue là-d’dans, » je rappelle en pointant du pouce le bateau.

On ne sait jamais. Si une furie en sort et que le seul moyen de la calmer c’est de lui offrir du canard cru ?

Et tadaa ! Une aile de plumée. On continue sur cette lancée.

Un coup de canon. Cette fois-ci, je ne regarde pas le ciel. Je me contente de déployer ma longue-vue et de scruter le pont du bateau une petite minute, dans l’espoir d’y voir Hammer ou Flores. Mais rien.

Un deuxième coup de canon. Toujours pas de mouvement. Ce qui m’arrange pour l’instant, parce que je n’ai pas fini de plumer le canard. Peut-être que ça vient du côté de l'incendie...

« Je sais même plus combien y’en a eu, des coups. J’ai perdu le compte. Enfin, j’ai jamais compté. Tu sais toi ? Combien sont morts ? »

Je lève les yeux vers Eve qui est assise sur la berge ; fait rare, elle a vraiment l’air d’avoir treize ans. Les chiffres, ça n’a jamais été mon truc. Les noms et les visages, par contre… Si je ne me souviens pas des coups de canon, je ne peux en revanche pas oublier la nécrologie lumineuse de la nuit dernière. Il y avait Asmodeus, Greyhack, Collins, Elderleaf, Bird, Oven, Athamy et Damned. Ça fait donc… cinq, six, sept, huit.

« ‘y a eu huit morts hier. Et aujourd’hui… quatre, cinq. Cinq ? »

On vient d’en avoir quatre, ça c’est sûr, c’est récent dans la mémoire. Mais est-ce qu’il n’y en avait pas eu un autre ce matin ? Ou je l’ai rêvé ? Non, j’ai rêvé de vaisselle, ça je m’en souviens bien.

« En tout cas quatre, peut-être cinq, je dis finalement en continuant mon plumage. J’compte pas vraiment non plus, c’déprimant. »

Et puis ça ne sert à rien. Ce ne sera pas à moi de me souvenir des adolescents morts dans ce parc.

Tiens d’ailleurs… C’est bien que je pense à ça, parce qu’il y a quelque chose qu’il faut que je demande à Eve, ça pourrait influencer mes actions futures. Je fais une pause dans mon plumage et je la regarde bien, alors qu’elle joue avec l’herbe. Elle a treize ans, des parents, un frère. Elle est intelligente, elle pourrait certainement devenir quelqu’un d’important. Certes, elle est amère et peste parfois, mais c’est une princesse, elle a le droit de faire des caprices.

Je pince une plume et l’arrache.

« Au fait, je lance avec une savante nonchalance, j’ai oublié de t’demander plus tôt mais… t’comptes rentrer au Trois ? J’veux dire, vraiment ? »


Comité de la caisse des jeux de la faim:
 

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Trois roses de ma n'Ambrouille adorée  coeur  -très mauvais pour l'environnement le commerce de roses-
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Logan N. Stark
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Lun 16 Fév - 22:29


❝ Next Day ❞
For Tributs



Dans l'Arène, le temps passe lentement pour les tributs qui doivent lutter pour la survie, mais dehors, quand on observe les Jeux, le temps semble plus rapide, comme pour nous faire découvrir la suite de ce petit plaisir. Lorsque la seconde journée touche à sa fin et que la nuit tombe, l'hymne du Capitole se fait entendre et dans le ciel, le visage des tributs morts s'affiche dans l'ordre suivant :

Sven Schwartzenberg - District Un
Ella S. Wight - District Deux
Seamus Enryel - District Deux
Yeni Flores - District Cinq
Romy Weverell - District Six
Shaé I. Lunario - District Onze
Camil Biwkort - District Onze
Barbara Pettigrew - District Douze

L'hymne se termine, le dernier visage se dissipe et le calme regagne l'arène. Alors les gens quittent leurs écrans, les tributs ne demandent qu'à en faire de même... pourtant, eux sont piégés. A la vie, à la mort. Cette nuit, le temps se rafraîchit beaucoup et il ne fait alors pas plus de dix degrés.

/i\ Nous passons donc au jour trois, veuillez dans vos rp faire en sorte d'arriver à l'aube de ce jour dans la mesure du possible, merci, certains des tributs ne sont pas encore morts en rp, mais puisqu'ils le seront avant la J3 ils sont présents dans la liste, merci /i\


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June R. Hammer
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mar 17 Fév - 13:26

« Goodbye, my friend »
June.

Je tombe sur le dos. Les larmes coulent encore un peu de mes yeux, mais pour le reste, c’est le trou noir. Je ne me rappelle que du combat, avec Camil. Les mots. Et nous sommes rentrés ici, tous les trois. Après, plus rien. Je regarde autour de moi. La cale est pleine de sang, tapissée de ce rouge vermeil.
Je regarde par le hublot. La nuit est tombée, déjà. Et, même si je suis à l’abri ici, le temps ne va pas tarder à se rafraichir.
Je regarde ensuite la cale dans ses moindres détails. Et y découvre… Deux cadavres. Celui du garçon du Onze, la tête entièrement détachée de son corps, et celui de… Non…

« Yeni ! Non, non, Yeni ! »

Je me jette à genoux. Si seulement je me souvenais ! S’est-elle donné la mort ou bien… Non, je n’aurais pas fait ça ! A moins que… Je ne sais pas. Les larmes redoublent, tandis que je serre la main, ensanglanté, du cadavre de la jeune fille du Cinq. De mon alliée. De mon amie. Pourquoi ? Sans elle, je ne serais pas là. Alors, pourquoi ne peut-elle pas être là, à mes côtés ? Pourquoi ne peut-elle pas être en vie, rouvrir les yeux, et respirer, une dernière fois ?
Je regarde le hublot. Je ne me sens pas de force à passer la nuit ici, au milieu des cadavres. Et pourtant, j’ai encore moins la force de bouger. Les corps devraient passer. Et finir, paisible, sur l’eau, c’est une belle fin, non ?
Je m’arme de tout mon courage pour empoigner le corps de Camil. Je ne sais même pas comment je vais faire pour attraper sa tête. Ce serait… Trop dur. Mais, au fond, je dois le faire. J’entrouvre le hublot. Juste assez pour pouvoir faire passer le corps, en le manipulant avec précaution. Je glisse le cou sectionné en premier, pour ne pas avoir à contempler le spectacle, et attrape ensuite, du bout des doigts, réprimant la bile qui me brûle l’estomac, la tête sectionnée, que je balance le plus loin possible, fermant presque les yeux. Bien. Maintenant…
Je me dirige vers mon alliée. Effleure sa joue du bout des doigts. Une larme, qui a roulé sur mes cils, sur mon nez, s’écrase sur sa joue. Je lui retire, délicatement, la keyblade qu’elle tient encore, et traîne son corps jusqu’au hublot. Je le balance, murmurant :

« Adieu… »


Puis, alors que je vais fermer le hublot, l’hymne de Panem explose dans mes oreilles. Alors, je me penche légèrement, évitant tout regard vers les eaux troubles où, je le sais, reposent deux corps, et lève les yeux. Les morts se sont enchaînées aujourd’hui. Combien sommes nous, encore ? Combien sont morts, et qui ? Secrètement, je prie pour que mes deux anciennes alliées soient toujours en vie. Que l’Arène ne soit pas peuplée de fous furieux. Oui, qu’elles vivent. Par pitié.
Et pourtant, les visages se succèdent, dans le ciel. Visages de Carrières, visages d’innocents. Le jour Deux a été terrible. Bien trop dur pour nous tous, pauvres gamins coincés ici.
Et, après le visage de celui qui en voulait à ma vie, se succèdent les visages les plus durs à contempler. Yeni. Romy. Shaé.
Je suis la dernière survivante de notre alliance. Je dois y faire honneur. Vraiment. Je dois survivre, pour tous ces visages qui ont disparus, dans la brume du soir. Pour toutes celles qui, le temps d’un instant, si court soit-il, m’ont aidé à survivre. A supporter l’Arène.

Et, évidemment, juste après le dernier visage de l’alliance, celui que j’ai achevé de mes mains. Camil. Je suis désolée. Pour tout.
Je ferme, comme un zombie, le hublot, et rafistole la chaîne de la trappe comme je le peux. Si on veut entrer, ça risque d’être dur.
Je passe ensuite du mercurochrome sur mes plaies, laissant la piqure acide du désinfectant agir sur mes blessures. Ensuite, avec de la toile du parachute, à l’intention de Camil, découvert sur le sol, que je découpe avec mon couteau, que je replie, et une lanière du poncho que mon alliée avait retiré avant de mourir, et que je découpe aussi, je me fais un bandage très précaire. Difficile de voir où si situe la blessure, sur mon omoplate, mais, pour le moment, ça devrait suffire. Puis, je sors mon sac de couchage (que j’ai, la dernière fois, partagé avec Yeni, pensé-je, à regret), et m’enroule dedans. Poupée de chiffons vide d’esprit, vide de sentiments. Vide de tout. Surtout d’espoir. Mes yeux se ferment, comme d’eux même, et je me prends à espérer que cette nuit, si courte soit-elle, me suffise. Qu’elle me suffise à oublier cette journée. Cette journée si dévastatrice.

J’ai un sommeil lourd, calme, sans rêves. Un sommeil profond, pour une fois. Un sommeil noir, et vide. Comme si même mon subconscient était fatigué de tout ça. Fatigué de la souffrance.
Je me réveille quelques heures plus tard, alors que le soleil commence à montrer le bout de son nez. Le paysage serait presque beau, si le sang qui tâche la cabine ne se rappelait pas à moi à chaque instant. Mon ventre crie grâce, aussi je me force à avaler une moitié de poule, réchauffée grâce à un réchaud, envoyé à Camil, et, pour me remettre définitivement en forme, avale quelques 3 cachets, dénichés dans le sac de Yeni. Ce sont les mêmes que j’avais eu, et ils m’ont déjà bien remise sur pied, alors pourquoi pas cette fois-ci ?

Puis, je tire nos deux sacs à mes pieds, ainsi que les affaires dénichées dans le parachute de Camil, et fais l’inventaire. J’ai donc en ma possession une arbalète cassée, une casserole, un réchaud et dix biscuits secs. J’ai aussi une moitié de poule, donc je vais devoir me débarrasser, et six plantes fantômes. Yeni a laissé une keyblade, ses lunettes, sept pommes bien rouges, une bouteille de deux litres de soda, presque pleine (il doit en rester, à vue de nez, plus d’un litre et demi), 3 cachets contre les maux divers, et du chewing gum. Quand à moi, j’avais en ma possession ma hache, un couteau, une fourchette, 10 tranches de pain de mie, une tasse, une bouteille de boisson si réconfortante pleine, et une presque au trois quarts vide. Le bilan s’annonce bon, au final. Je fourre tout dans les sacs, les vivres et autre dans l'un, et les armes dans l'autre.

Il ne me reste plus qu’à reprendre des forces. Et à oublier.
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Eve Goodwin
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mer 18 Fév - 20:33

« Au fait, j’ai oublié de t’demander plus tôt mais… t’comptes rentrer au Trois ? J’veux dire, vraiment ? » Il pose des questions existentielles en plumant des canards lui. Je jette un coup d’œil vers le tas de plumes au sol, me demandant si on pourrait garder les plumes pour faire un oreiller. Comme celui que j’ai à la maison. Au Trois. Comme là où je n’ai pas prévu de revenir. « Rentrer je sais pas. J’aimerais bien y retourner. Je t’ai déjà raconté que je bosse sur une machine à voyager dans le temps à la maison ? J’essaye, j’expérimente, je suis sûre de finir par trouver un truc. Sauf qu’ici, faut que je reprenne tout à zéro et j’ai pas le matériel nécessaire. Du coup, je sais pas si y’aura assez de canards dans la marre le temps que je réussisse à refaire tout ce que j’ai déjà créé au Trois. Alors de là à concrétiser la machine … Nan, je crois que c’est compromis pour rentrer vraiment au Trois. » Je ne lui retourne pas la question. Je m’en fiche. Qu’il plume le canard au lieu de parler.

***

D’un commun accord, on a décidé que, comme ça avait pas vraiment évolué du côté du bateau – du moins, personne n’était ressorti sur le pont – on allait camper là. Il faut dire qu’on a notre temps pour faire le tour du proprio, alors pourquoi pas profiter du couvert des roseaux, de l’eau fraîche du lac – parce que oui, on a finit le peu qu’il restait dans ma bouteille dans la journée – et de la vue passionnante sur un bateau où il ne se passe rien. Heureusement, allumer le feu pour faire cuire le canard m’a valu une bonne partie de l’après midi, le temps de trouver des bouts de buissons assez secs et gros pour faire un feu qui ressemble à quelque chose d’autres que des brindilles braisées. Je tiens à préciser que je n’ai pas mis le feu à toute la plaine.

On a mangé la moitié du canard (parce qu’il était gros, et que j’ai un petit estomac, même si celui de Jon compte double, du coup ça compense) pour en avoir un reste au petit déjeuner. Parce que du canard sans riz et sans sauce, c’est fade de toute façon, et pas très ragoutant – surtout quand il est à moitié cramé. Aussi parce que ça m’évite d’avoir à retourner chasser dès l’aube pour qu’on ait de quoi se sustenter.

J’ai sorti ma couette de mon sac à dos avant de me rouler dedans comme une crêpe, pour être sûre d’être bien au chaud. Le sac de couchage servira à son propriétaire ce soir, parce que j’ai décidé qu’on allait alterner, une nuit sur deux. Garde partagée. De toute façon, je crois qu’il ne fait pas trop froid la nuit, alors ça ira.

Malgré le fait qu’on ai pas fait grand chose de la journée, je me suis vite endormie, espérant seulement que, à découvert comme on l’est actuellement, la personne qui nous trouve s’arrange pour nous finir vite notre compte sans que j’ai à agoniser pendant une heure. Si possible. Ce serait gentil. En attendant, je dors toujours comme une marmotte.

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Yeni Flores
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Dim 22 Fév - 13:03


La mort c'est bien. C'est doux. Calme.
Tu profites de cet instant douloureux comme s'il était idyllique et parfait. Car c'est le dernier.

C'est du coton qui emplie tes veines. Des pieds à la tête.
Pendant un instant, plus aucune douleur.
Le temps que le coton s'imbibe du sang de tes moindres vaisseaux, de tes moindres capillaires. Puis qu'il les fasse imploser, pour aspirer les dernières petites traces de vie.

Ça pourrait faire mal. Ça doit faire mal. Mais finalement, pour toi, ce n'est que du coton.
Alors c'est bien. C'est doux. Calme.

Tu n'entends rien. Il n'y a plus rien à entendre.
Tu ne vois rien. Il n'y a plus rien à voir.
Tu n'es rien. Comme toujours.
À jamais.

Oui, pour toi, la mort c'est bien. C'est doux. Calme.

Vraiment.

▲▼▲

Y'a plus personne ; que du noir, des pierres et des épitaphes.
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Romy Weverell
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Dim 22 Fév - 16:36



Elle n'est pas encore partie, Romy. Elle attend Shaé pour s'en aller, pour pouvoir serrer ces petits doigts blancs dans les siens avant de disparaître tout à fait, de se fondre dans l'inconnu. Elle est partout et nulle part à la fois. Sa peau est lisse et blanche, il n'y a plus trace de ses brûlures, de ses plaies. Bien qu'immobile, sa poitrine est intacte. Ses cheveux sont d'un blond aussi pur que celui de la petite fille insouciante qu'elle fut un temps, ses joues aussi roses, ses yeux aussi brillants. Et elle avance. Elle enjambe un cadavre inconnu, trop âbimé pour lui évoquer quoi que ce soit à part un vague dégoût. Elle n'est plus touchée par la terre et ses coeurs palpitants. Le cordon a été coupé. Mais il en reste un, un unique battement de coeur qui résonne dans son crâne et l'attire. Elle n'entend que ça. Ce battement un peu timide, engourdi par la mort. Lourd, plus lourd que tous les autres battements qui résonnent faiblement au second plan. Romy n'entend que ce battement là, et chacun de ses pas l'en rapproche. Elle porte une longue robe blanche de laquelle sortent deux jolis petits pieds nus qui se posent sur la terre sans se presser.

Elle s'est arrêtée. À ses pieds, il y a une tête humaine. Elle s'agenouille d'un air presque scientifique et observe les traits de cette malheureuse tête. C'est le tribut du Onze. Elle le reconnaît. Elle incline légèrement son visage angélique, qui lui est bien fixé sur ses épaules. Puis elle se relève avec grâce. Il y un autre corps, pas trop loin. Yeni. Elle l'observe de haut cette fois, sans s'agenouiller. Son regard est froid sans être méprisant. Et puis sa jambe se pose sur le parquet du Bâteau, et elle se hisse sans peine à l'intérieur. Le battement est plus fort que jamais, il emplit tout. June est là. Elle dort. Romy s'agenouille auprès de la jeune fille. Les échardes du parquet rentrent dans ses genoux et pourtant pas une goutte de sang ne s'échappe, et pas une pointe de douleur ne se fait savoir. Romy l'observe un instant. Elle dégage une mèche blonde de son visage. Ses tâches de rousseur sont cachées par une couche de crasse, mais Romy sait qu'elles sont là. Elle cueille le visage de June entre ses mains comme une fleur délicate et se penche pour déposer un baiser sur son front. Il lui semble bien que le coeur rate un battement. « N'aie pas peur, June. Tu as fait ce que tu pouvais, et tu l'as fait sans te perdre. N'aie pas peur. Tout ira bien. Que tu meures maintenant, demain, ou dans quatre-vingts ans. Tout ira bien, je te le promets. » Le corps de la tribut du Neuf remue légèrement. Elle va se réveiller. Romy sourit. Elle se relève. Elle regarde ses mains qui commencent déjà à s'évaporer et ferme les yeux. « Bonne chance. » Une bourrasque de vent pénètre dans le bâteau par le hublot et amène une désagréable odeur de mort. Il n'y a plus personne d'autre que June, et son coeur qui bat, encore et encore.


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Jonathan Templebar
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Dim 22 Fév - 21:07

La réponse d’Eve est assassine (donc bien dans le personnage) :

« Rentrer je sais pas. J’aimerais bien y retourner. Je t’ai déjà raconté que je bosse sur une machine à voyager dans le temps à la maison ? J’essaye, j’expérimente, je suis sûre de finir par trouver un truc. Sauf qu’ici, faut que je reprenne tout à zéro et j’ai pas le matériel nécessaire. Du coup, je sais pas si y’aura assez de canards dans la marre le temps que je réussisse à refaire tout ce que j’ai déjà créé au Trois. Alors de là à concrétiser la machine … Nan, je crois que c’est compromis pour rentrer vraiment au Trois. »

Un simple « mêle-toi de tes affaires » aurait suffit, quand bien même il m’aurait un peu vexé. Nous sommes des personnes proches quand même, non ? Je veux dire, l’un de nous va probablement devoir abandonner le cadavre de l’autre derrière lui, ce genre d’événement créé des liens importants que diable ! Même si, oui, on avait décidé d’arrêter avec les images macabres. Et puis Eve fait ce qu’elle veut, c’est une grande fille, je me dois de respecter son jardin secret.

Je vais partir du principe qu’elle veut rentrer, na. Ça lui fera les pieds.

Il me faut un long moment pour finir de plumer le canard. Il faut également un long moment avant que deux coups de canon s’ajoutent à notre compte incertain, sans que rien ne bouge sur le pont du bateau. Du coup, nous avons plus ou moins décidé (pour moi parce que j’ai la flemme de bouger) que nous allons rester par là. Après tout, nous n’avons rendez-vous nulle part.

Eve a pris la corvée feu, me laissant avec la joyeuse tâche de vider le canard et de le débarrasser définitivement du lambeau informe qui lui servait de tête. Joyeuse et sanglante. Comme je n’avais aucun objet tranchant sous la main, j’y suis allé avec un couteau qui coupe mal, une fourchette, et les doigts. Et je ne veux pas me souvenir, ni de l’odeur, ni du toucher, ni de la vue. Disons seulement que laborieux est l’euphémisme du siècle et que j’étais bien heureux d’avoir beaucoup d’eau à proximité pour pouvoir me laver les mains.

Par contre, le jeu en vaut la chandelle. Une aile de canard rôtie à la broche accompagné d’eau du lac avec une pointe de sirop de violette, c’est divin. Ce n’est de loin pas la meilleure chose que j’ai mangé dans ma vie, c’est plutôt terne et la cuisson n’est même pas bonne, mais le yaourt et les bonbons de ce matin sont tellement loin que j’aurais mangé du rat sans problème. Et puis le cadre est sympathique aussi, même si Eve pourrait être un peu plus causante et souriante.

Comme elle m’a bien fait comprendre que je ne devais pas compter sur elle pour la conversation, j’ai passé l’après-midi à étoffer mon film sur le cartel de la nouille en chantonnant des airs paillards. Le raton-laveur s’appelle Apollo.

Et ainsi, nous sommes arrivés à la nuit. Eve m’a refilé le sac de couchage (une histoire de « garde partagée », je me demande où elle va cherche ça), et ma couverture m’a servi d’oreiller. La belle étoile m’a donné toute l’occasion d’assister à l’affichage de huit adolescents (ce qui veut dire que je suis planté avec le compte de coups de canon), avant que la place soit laissée aux étoiles. Je ne suis pas un grand fan d’astronomie, ni de lyrisme, mais rester là à les regarder, serré dans mon sac de couchage, alors que les alentours sont tranquilles et les roseaux bruissent doucement… et ben c’était sympa. Et c’est comme ça que je me suis endormi, apaisé comme je n’aurais pas cru l’être dans les circonstances.

Par contre, va savoir pourquoi, je me suis réveillé aux aurores. Frais comme un gardon, prêt à courir un marathon. Et j’ai savouré cette forme impromptue : je suis resté allongé, à rien faire à part regarder le ciel s’éclaircir, tout content de cette petit victoire sur le monde.

Je ne m’appelle pas Eve moi, je n’arrache pas les autres à leur bienfaisant sommeil juste parce que je suis réveillé.

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June R. Hammer
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Lun 23 Fév - 13:04

« Goodbye, my friend »
June.

Alors que je suis affalée contre le mur, semi endormie, je me rappelle. Je me rappelle d’une présence, d’un souffle. Je me rappelle de ce qui m’a éveillée aussi tôt. Je me rappelle du souffle frais sur mon front, je me rappelle des chuchotements. De la quiétude. Je me rappelle de la sensation qu’elle était là. Que mon ancienne alliée était là. Non, pas Yeni. Pas la timide et discrète Shaé. Plutôt la blonde et pétillante Romy.
Mais c’est impossible. Elle est morte, elle, comme les autres. Elles comme les trois autres. Et Camil, que j’ai finalement pu tuer. Au prix de la vie de Yeni.
Je me demande si la mort fait mal. Je me demande quand je vais mourir. Et comment. Je me demande si je vais les revoir, un jour. Je me demande ce qu’il se passe, en ce moment au district. Je me demande bien trop de choses. J’ai fait trop d’erreurs jusqu’ici. Je ne peux plus me le permettre. Je ne dois plus me le permettre. Je dois rester concentrée, et réussir à me calmer.
Et puis, je dois gagner. Pour Thomas, et mon frère. Pour ma famille, même s’ils ne me semblent être qu’un lointain souvenir. Mais, surtout, je dois gagner pour elles.
Je dois gagner pour celles qui m’ont aidées à survivre, et à en arriver là. Je dois gagner pour celles qui ne peuvent plus. Si je gagne, elles gagneront avec moi. Si je gagne, Shaé gagnera, Romy gagnera. Si je gagne… Yeni gagnera.

Ma main glisse, entre les taches de sang. Je ne sais pas comment vont mes blessures, mais j’évite de bouger. Il me semble que le sang a cessé de couler, alors ça va aller. Ca doit aller. Mais, pour le moment, je dois me reposer. Je dois reprendre des forces.
Je me demande comment ça se passe dehors. Je me demande s’ils s’entretuent. Je me demande s’ils vont bien, les derniers survivants, ou s’ils agonisent. Je me demande s’il y a des combats, ou si tout le monde reprend son calme. Vu les massacres de la veille, ça me paraît probable. Mais peut-être s’attaquent-ils. Ou peut-être vont-ils m’attaquer, bientôt. Peut-être vais-je mourir, au final. Et tout ça n’aura servi à rien.
Mais, pour le moment je dois me reposer. Je dois oublier, et faire confiance aux chuchotements de Romy.
Tout ira bien.
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Ven 27 Fév - 10:21

Paresser dans mon lit a toujours été une de mes activités favorites. Surtout quand il y a tant d’autres choses à faire (comme trouver à manger, découvrir ce qui s’est passé sur ce bateau, se faire tuer, ce genre de choses) une fois levé.

Mais paresser hors de mon lit a aussi toujours été une de mes activités favorites. Ainsi, quand j’entends Eve bouger un peu plus loin, je sors de mon sac de couchage et m’étire consciencieusement. Puis je me jette (dignement) sur les restes froid de canard. Ce n’est pas le meilleur plat pour un petit-déjeuner mais, franchement, c’est mieux que du rat. Et c’est mieux que rien du tout. Donc, comme j’ai le choix entre canard froid et rien du tout, je prends le volatile mal cuit. Et je me fais violence pour laisser la moitié à Eve.

Ensuite, je vérifie qu’il ne se passe rien sur le pont du bateau ; comme hier, pas un chat ne bouge. Si ça se trouve, Hammer, Flores et le potentiel troisième tributs se sont entretués. Sauf qu’Hammer n’est pas apparue hier soir, donc elle est encore vivante. Mon estomac se tord bizarrement à la pensée que, peut-être, nous sommes en train de la laisser se vider de son sang seule dans un coin crasseux de la calle. Ou alors je digère mal le canard, dur à dire.

Ma prochaine action est de profiter du petit lac pour faire un brin de toilette. En fait, à la réflexion, je vais carrément me baigner, ça sera plus sympa. Je me débarrasse vite fait de mes vêtements, les roule en boule à l’abri sur la rive et me dépêche de m’enfoncer dans l’eau. Elle est fraîche (froide) et c’est juste parfait.

Je sais que je n’ai rien fichu des deux derniers jours, et que je ne devrais donc pas avoir l’impression d’être fourbu et que l’onde est une délivrance et bla et bla et bla (surtout que c’est vraiment trop niais de penser des choses comme ça) mais ça reste fraking agréable de barboter. Et de ne pas avoir cette affreuse mascotte sur le torse. Je plonge la tête sous l’eau, essaie vaguement de battre un record d’apnée (échoue lamentablement) et refais surface avec un soupire de contentement. Avec un peu de chance, mes cheveux pueront moins la fumée.

Je me gratte distraitement le menton et réalise avec joie que ma pilosité faciale commence doucement à reprendre ses droits. Pour toutes ses qualités, Minerve n’a jamais voulu entendre que j’aime porter une barbe de quelques jours et il est impossible de dire non à son si joli visage quand elle te tend un rasoir. Cependant, tout mon amour pour ma charmante styliste n’empêche pas le fait que je préfère ne pas mourir glabre. Comme si faire un mètre soixante n’était déjà pas assez gamin…

« J’ai rencontré l’amour à l’usine à gaz, fais un rêve, sur le vieux canal, embrassé une fille, sous les murs d’l’usine. Une ville vieille et sale. Une ville vielle et sale. »

Au final, c’est Eve qui veut savoir ce qu’on fait de la journée qui me tire de mon moment béni de détente. Elle ne doit jamais savoir que, tout occupé à savourer ma baignade, j’avais carrément oublié son existence. Je me rhabille donc en moins de deux, trempant légèrement mes vêtements au passage et, après un simulacre de salut militaire à l’intention de la princesse, rassemble mes quelques affaires.

Plier le sac de couchage n’est pas plus facile qu’hier.

Heureusement que je sais déjà commencer agencer les affaires pour que tout rentre dans mes deux sacs, Eve grognera moins.

« On fait quoi maint’nant ? je demande à ma partenaire en tassant tout mon barda. On explore l’bateau pour voir s’qui s’est passé ? »


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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Sam 28 Fév - 16:09

Je ne sais pas ce qui me tire du sommeil. Peut-être mon estomac qui gargouille. Ou bien l’air matinal qui vient chatouiller ma peau là où j’ai éjecté la couverture loin de moi.

J’ai la bouche pâteuse, envie de bailler et les yeux lourds. La journée commence bien. Je n’aurais pas dit non à un bon matelas et une dizaine d’heures de repos en plus. Mais je crois que ce n’est pas au programme du jour.

Je me redresse et avise le sac de couchage vide de Jonathan. Soit il a été assez con pour me fausser compagnie en laissant toutes ses affaires ici, soit … un tribut l’a tué. En prenant soin de laisser ses vêtements sur la rive pour ne pas les tâcher de sang. Peu probable donc. Je me dirige vers le tas d’habits que je viens de repérer et ne mets que quelques secondes avant de voir une forme connue barboter dans l’eau. Je trempe un de mes orteils nus dans le lac pour voir si elle a miraculeusement gagné dix degré depuis hier, mais constate que ce n’est pas le cas. Visiblement, Jon n’a pas peur de choper la crève.

Le temps qu’il sorte et se rhabille, je mange le reste du canard. Je crois que c’est meilleur froid. Même si je donnerai cher pour un verre de lait qui puisse accompagner ça. Je remplis aussi ma bouteille avec l’eau du lac, emballe mes affaires et fais les cent pas le temps que mon partenaire finisse d’empaqueter son propre matériel. Je crois qu’il a été un peu plus rapide qu’hier ; c’est déjà ça.

« On fait quoi maint’nant ? On explore l’bateau pour voir s’qui s’est passé ? » J’avoue que l’idée de m’aventurer là dessus et de croiser des cadavres ne me tente que très moyennement, mais avec un peu de chance, on pourra trouver de quoi manger dans les cales du bateau. De toute façon, je n’ai pas d’autres propositions à faire. « Après toi dans ce cas ! » Nos sacs sur les épaules, on contourne les roseaux pour s’approcher de l’imposante frégate. Ou épave, je ne sais pas quel est le mot qui correspond le mieux. Si le bateau est impressionnant, autant par sa taille que par sa beauté, je ne suis pas sûre qu’il soit encore en état de flotter. Et j’ai encore plus de doutes à ce sujet quand on se hisse finalement sur le pont, dont le sol m’évoque celui du grand Arbre. Prudence donc, en avançant dessus.
« Tiens, s’tu veux agrandir ta collection » je lance à Jon en pointant du menton divers objets qui devaient servir à la navigation qui jonchent le sol. Puis je jette un coup d’œil global au navire ; au lac qui s’étend devant nous ; aux mats qui s’élancent de travers dans le ciel ; à la porte qui semble s’engouffrer à l’intérieur de l’engin. « Je suppose que c’est par ici la suite de la visite. » A nouveau, je le laisse passer devant. Au cas où.
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June R. Hammer
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Sam 28 Fév - 17:30

You thought it was over, but it was only the beginning
June vs le Trois

Des pas. Je suis sûre d’entendre des pas, réguliers, et qui tapent, comme des pieds qui marchent sur le bateau. Aussitôt, mon esprit s’affole, je bondis sur mes pieds. Les Carrières restants ? L’inconnu qui les décime, un à un ? Si j’ai bien compté, nous ne sommes vraiment plus beaucoup. Mais qui reste-t-il ? Si j’avais été attentive, je l’aurais su, mais seuls quelques visages s’affichent dans mes yeux. Mes alliées. Mes victimes, et les Carrières. Tout le reste de l’Arène n’est que flou. Je ne sais même pas s’il reste les coéquipiers de mes anciennes alliées (sauf pour Shaé, évidemment), ni même si le mien est encore en vie. Ca m’étonnerait fort, il a du se faire tuer au bain de sang. Je ne l’aurais pas aidé. Je ne l’aurais pas protégé, même si j’avais pu. Je ne protège personne, je ne fais que tuer. Oui, maintenant, j’en suis sûre, j’ai tué Yeni. C’est moi qui ai tué la seule fille qui me rattachait à la vie. Mais pourtant, je les entends. Trois voix, à l’unisson. Gagne, June. Pour nous. Gagne, pour ne pas qu’on nous oublie. Gagne, pour qu’on reste dans les mémoires.
On oublie trop vite les morts. On dit qu’on les aimes, qu’ils resteront à jamais dans nos cœurs, mais c’est faux. Dans quelques mois, plus personne ne se rappellera de nous. Personne ne viendra visiter nos tombes. Ce sera trop douloureux. Mais c’est normal, au fond. Oui, c’est naturel.

J’attrape ma hache, dans une main, et me prépare à accueillir, s’ils viennent ici, mes visiteurs. Je les entends approcher, mais s’ils veulent repartir, ils sont les bienvenus. Je n’ai aucune envie de me battre une nouvelle fois dans cette cabine trop sombre, trop étroite. Aucune envie de devoir tuer, à nouveau, aucune envie que cet endroit ne vois ma mort. Mais je ne dois pas sortir. Si je veux profiter de l’effet de surprise, il est hors de question d’aller respirer une grande bouffée d’air frais dehors. Si je veux profiter de l’effet de surprise… Je ferme les deux sacs, et les cache dans un canon. J’entends une voix. De fille, encore jeune. Ce ne sont pas des Carrières. Tant mieux. Je vais peut-être pouvoir… Non. Je ne dois pas penser comme ça.
Je me hisse sur la pointe des pied, sors de la trappe, hache en main, et couteau accroché tant bien que mal à la ceinture. Je referme la trappe de manière à pouvoir l’ouvrir rapidement, en cas d’urgence, et me place derrière la porte. Je retiens mon souffle. J’attends.

Soudain, une main, qui ouvre la porte. Un rayon de lumière. Mon arme s’abat automatiquement sur la main, sur le poignet, puis je recule vivement. Au cas où. Je ne sais pas ce qu’ils font, je ne le vois pas, mais je profite de leur instant de panique, ou du moins de stress pour assener un deuxième coup, vers la silhouette la plus grande. Je crois reconnaître, à la lueur du soleil qui tape, en contrejour, les deux tributs du Trois. Ils n’ont pas forcément l’air dangereux… Si ? Je ne sais pas. J’ai peur. Je veux vivre. Pour moi, pour eux, à la maison. Et pour elles. Pour elle.
Oui, pour Yeni.
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Jonathan Templebar
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mar 3 Mar - 0:10

Pour ne pas déstabiliser les téléspectateurs en chamboulant nos bonnes vieilles habitudes, je passe devant, bravement, mon sac à dos bien callé sur mes épaules, la tête droite, le pas décidé, l’œil alerte, bref, vous avez compris le tableau.

Rien à signaler sur la centaine de mètres qui nous séparent du quai. C’est après que les choses se compliquent. D’abord, le ponton en lui-même : ce sont très certainement les mêmes baltringues qui se sont occupés de traiter ces planches de bois et celles du campement de l’arbre contre les termites et la vermoulure. Heureusement, passer à travers ici ne signifie qu’un petit plongeon dans l’eau fraîche (froide) et pas une chute de vingt mètres de haut. Donc, l’un dans l’autre, on est plutôt en bonne position.

Deuxième obstacle, la passerelle censée permettre de passer du quai au pont du bateau sans jouer l’acrobate est aux abonnés absents. Qu’à cela ne tienne, j’ai été acrobate dans une autre vie ! (peut-être) J’informe gentiment Eve d’attendre là un instant et recule de cinq pas pour prendre de l’élan avant de faire montre d’une performance exceptionnelle, digne des plus grands athlètes en saut en longueur. (ce n’est pas vrai en fait, je me suis ramassé à l’appontage, mais chut) La bonne nouvelle, c’est que je n’ai pas traversé le plancher. Je ne me suis même pas fait mal. D’accord, la cheville tire un peu, et l’épaule aussi va savoir pourquoi, mais rien que je ne peux ignorer.

En gros cliché que je suis, je m’époussette le pantalon en évaluant les alentours. La passerelle est juste là, comme si quelqu’un l’avait délibérément retirée. Ce qui est sans doute le cas à la réflexion. Je la remets en place pour que notre princesse nationale n’ait pas à s’essouffler puis, une fois qu’elle est à bord, commence l’exploration. En musique s’il-vous-plait.

« C’est un fameux trois mâts, fin comme un oiseau, hisse et ho ! Santiano. Dix-huit nœuds, quatre cents tonneaux, je suis fier d’y être matelots ! »

Imaginez un peu ! Grimpez les cordages par temps d’orage, tirer sur les voiles gonflées de vent, s’attacher au pont pour ne pas être emporté par une vague, guetter l’horizon jour après jour et ne voir que l’océan immense, impitoyable. Ça c’est une aventure que j’ai envie de vivre dans ma prochaine vie. Bureau des réincarnations, enregistrez ma requête.

Eve attire mon attention sur de vieilles cartes et objets de navigations brisés étalés par terre. En moins de deux, je suis à côté et manipule les papiers jaunis comme s’il s’agissait de trésors. Avec ça, je n’aurais pas besoin de vieillir artificiellement une carte au café pour exposer dans la bibliothèque avec les objets récupérés au campement de l’arbre.

« Je suppose que c’est par ici la suite de la visite. » fait Eve en désignant une porte.

Ah oui, c’est vrai. On cherche ce qu’il advenu d’Hammer. Je pourrais revenir aux cartes après.

Comme ma partenaire attend plantée devant l’entrée, je suppose qu’elle veut que je fasse une détection des pièges. Et comme le meilleur moyen de détecter les pièges, c’est de les déclencher, je pousse simplement la porte. Pas de boules de feu, pas de trappes qui s’ouvre sous les pieds, pas de…

.

.

.

Vous savez, le moment où vous vous prenez une hache dans le poignet, où il irradie soudainement de douleur à vous faire oublier de jurer, où vous vous rendez finalement compte que vous avez des veines et des nerfs et des os parce qu’ils sont brusquement en feu, … vous voyez, ce moment là ? Et bien ça vient de m’arriver.

Un instant j’ouvre une porte en pensant à de stupides pièges de fantasy et l’instant d’après mon poignet est ouvert jusqu’à l’os et je ne peux rien faire d’autre que reculer aussi loin que possible et attraper les deux morceaux plus qu’à moitié reliés avec l’autre main. Et avoir mal.

Ce n’est pas une blague, sérieux. Ça fait mal. Ça fait pas mal comme un coup de poing dans la face, ça fait pas mal comme un orteil cassé, ça fait pas mal comme du thé brûlant sur les mains. Ça fait mal comme… Comme un poignet un moitié coupé en deux je suppose.

Et comme si ce n’était pas suffisant, je vois la hache impie terminer un arc de cercle juste devant moi. Si je ne m’étais pas éloigné immédiatement, je l’aurais pris en plein dans le torse.

« Nan mais ça va bien ? » je gueule.

Oui, c’est les jeux de la faim, oui, nous sommes censés nous entretuer, donc oui, c’est sans doute une réaction normale de taper d’abord et de ne pas poser de questions plus tard, mais j’ai un peu d’autres choses dans la tête en ce moment. Comme de la douleur.

Ça fait. Fraking. Mal.

Et ça pisse le sang en plus ! J’en fous partout !

« S’tu veux m’tuer, tu m’tueras, c’pas la peine de m’découper en morceau avant ! » je continue, essayant de me concentrer sur regarder l’assaillant.

C’est Hammer, bien sûr. Autant pour le sentiment de culpabilité à l’idée d’elle se vidant de son sang.

« Imagine un peu si j’étais un troll des collines armé d’une double mortensen ! je débite vite et fort. M’attaquer comme ça t’aurais conduite droit dans la tombe ! Là, bien sûr, j’ai pas un lance-pierre, c’est Eve qu’a l’lance-pierre, mais quand même ! Faut pas être inconsciente comme ça ! »

Honnêtement, je ne sais absolument pas si ce que je raconte veux dire quelque chose. Je suis juste complètement obnubilé par ce fraking poignet qui saigne comme un porc qu’on égorge et qui fait tout aussi mal.

Frak, frak, frak. Et encore frak tiens.

Il faut que je me concentre. Juste un peu, ça va plus durer très longtemps. Juste faire abstraction de mon demi-poignet droit une petite minute. Respire. Respire. Tranquille. Respire. Je me masserais bien l’arrête du nez si mes deux mains n’étaient pas prises.

« Hammer, j’vais pas m’battre, » je dis plus calmement.

Puis je regarde Eve. Je ne sais pas du tout si elle va se battre, elle. Je ne sais pas du tout si elle veut fuir, non plus. J’ai bien essayé de lui poser la question, mais elle a fait sa mauvaise tête, alors j’en sais rien. Mais elle est intelligente. Elle sait qu’elle aura un créneau pour faire l’un ou l’autre, je n’ai pas besoin de lui préciser. Oui, Eve peut s’en sortir si elle veut.

Je lui filerais bien mon sac, mais là, je ne retire pas ma main de mon poignet. Pas envie d’un nouveau geyser de sang. Alors tant pis pour le sac à dos et le sac de couchage à l’intérieur.

Je souris à ma partenaire (et je vous jure, ça demande de la volonté. j’ai carrément plus envie d’hurler et de grimacer que de sourire) puis fixe mon regard sur notre amie du Neuf.

« J’vais pas m’battre et j’vais pas bouger, j’articule, toujours luttant pour occulter la douleur. Alors vise bien. Le cou ou l’cœur, pour qu’j’meurs d’un coup. »

Et je fais un pas en avant pour me mettre bien en face d’elle et abaisse mes deux bras liés pour dégager tout mon torse.

Parce que mourir c’est déjà pas mal, je pense que ce n’est pas trop capricieux de ma part de ne pas vouloir souffrir en plus. Du moins, pas souffrir plus que je ne le fais déjà.



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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mer 4 Mar - 18:14

La porte s’ouvre et le temps s’arrête.


Ou plutôt, tout va très vite. Il y a un mouvement, brusque, Jon recule, un autre mouvement vers nous, une hache je crois, et il y a du sang, partout, ça coule et ça sent, cette odeur caractéristique, métallique et mon cœur bat trop vite et mes pensées décousues. Jonathan crie quelque chose à quelqu’un, mais ses paroles ne forment aucun son dans ma tête. Tout ce que je vois, c’est le sang qui goutte au sol, celui que mon partenaire de district essaie de retenir prisonnier avec son autre main. A moins que le poignet n’ai été coupé net et qu’il essaye seulement de garder les deux bouts ensemble pour qu’on puisse lui les recoudre. Cette idée me donne la nausée. Je vois aussi le danger, l’arme qui attend de s’abattre à nouveau, de couper un autre bras, peut-être un pied, peut-être se planter dans un cœur. Cette arme que cette jeune fille tient, avec laquelle elle nous menace. C’est le jeu bien sur. Mais non pas maintenant pas tout de suite on doit vivre encore ce n’est pas fini pourquoi Jon avance d’un pas vers elle comme ça qu’est ce qui ne va pas dans sa tête ? Non je ne veux pas. Je n’ai jamais eu d’amis alors la seule personne qui me supporte comme je suis depuis plusieurs jours ne va pas crever comme ça aussi bêtement. Non je ne veux pas. Mais il faut agir, vite. Je crois que mon partenaire me jette un regard, le coin des lèvres relevé, mais moi je ne vois que son poignet et l’arme en face et je cherche comment on va faire pour partir d’ici.

Le temps fait une nouvelle pause. Jonathan s’est tu, il a parlé de mourir et il esquisse un pas en avant.
Je ne lui laisse pas le temps de faire d’autres conneries.

Je me jette sur lui, le pousse sur le côté de toutes mes forces au cas où la fille soit très réactive, l’attrape par le bras sans faire attention à si c’est le bon ou pas et l’entraine avec moi à travers le pont. Je cours et je ne m’arrête pas devant le rebord celui qui nous protège de l’eau, je cours et je pousse Jon par dessus avant de rouler à sa suite et de tomber, quelques mètres, l’espace de quelques secondes. Deux bruits sourds dans l’eau, nos deux corps habillés dans le lac. Mon cœur bat trop vite et j’espère que Jon sait nager.
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Dernière édition par Eve Goodwin le Jeu 12 Mar - 21:19, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Ven 6 Mar - 18:20

You thought it was over, but it was only the beginning
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Mon bras finit sa course dans le vide, m’arrachant un petit cri douloureux tandis que ma blessure se rappelle à moi. Bordel. Il a esquivé ce débile. En même temps, j’aurais du m’y attendre. Je n’ai pas à faire à des imbéciles, et même s’ils ne paraissent pas très dangereux, il est possible que…
Mais le garçon m’interrompt dans mes pensées, me lançant un :

« Nan mais ça va bien ? »

Je ne comprends pas. Nous sommes aux Jeux. Ils sont venus, et ils devraient vouloir me tuer, pas réagir comme ça. Ils devraient déjà avoir sorti leurs armes, s’être mis à la tâche. Ils sont deux, et je suis seule. Je ne comprends pas. Désemparée, je baisse mon arme, et les regarde. Le désespoir m’a repris, il m’étreint de nouveau, comme un vieil ami. Je ne sortirais pas. Jamais. Il n’y aura pas de vainqueur au neuf, cette année encore. Il y a eu trop de morts. On ne devrait pas s’attacher, et pourtant je n’ai pu m’en empêcher.

« S’tu veux m’tuer, tu m’tueras, c’pas la peine de m’découper en morceau avant ! »

Je… Je vais le tuer ? Encore un qui va m’offrir sa vie, même si je n’aurais pas à lui crever un œil avant ? Encore un qui va abandonner, qui va laisser tomber, et me laisser la culpabilité en plus du poids du meurtre ?

« Imagine un peu si j’étais un troll des collines armé d’une double mortensen ! M’attaquer comme ça t’aurais conduite droit dans la tombe ! Là, bien sûr, j’ai pas un lance-pierre, c’est Eve qu’a l’lance-pierre, mais quand même ! Faut pas être inconsciente comme ça ! »

Un double mortensen. Ces mots, que je ne saisis pas résonnent dans ma tête. Il me semble que… Une histoire. Une espèce de disque, sur lequel des personnages parlent… D’une quête ? Je ne sais plus. Mais, quoi qu’il en soit, son discours est stupide, et étrange. Est-il même réel ? Est-ce un piège des Juges ? Tout ça n’a aucun sens. Plus aucun sens..

Il continue de parler, sans bouger, planté là, face à moi, dans un regard indéchiffrable. Puis, je vois, comme en rêve, la petite l’attraper, le pousser, et fuir sur le pont. Je les suis, avec un temps de retard, comme au ralenti.
Je me jette presque dans le trou, avant de me rappeler qu’il y en a un, et de me stopper brutalement. Ils sont tombés. Je rassemble mes dernières forces pour me pencher par-dessus bord, et les voir s’éloigner, nageant vers la rive. Je les suis quelques minutes du regard. Je ne vais pas rester ici éternellement. Je devrais… Je devrais les suivre, je devrais…

***

Quand je me réveille, le soleil est déjà plus haut dans le ciel. J’ai du rester inconsciente plusieurs heures, mais au moins, je me sens mieux, maintenant. Il est temps, maintenant. Je me pose quelques instants, avant de me rappeler de où j’ai mis mes affaires. Je retourne les chercher, même la petite bouteille cachée. J’en avale quelques gorgées, laisse les dernières. Les vraies dernières. Le temps a filé tellement vite, et pourtant si lentement. J’ai l’impression d’être arrivé il y a des années, mais que tout s’est déroulé bien trop vite pour que je ne comprenne. Je n’ai plus aucun repère, aucun autre que ce soleil brûlant.
Je soigne encore un peu mes plaies, et constate que le mercurochrome s’épuise, lentement mais sûrement. Je refais mes bandages, les serrant du mieux que je peux, mais le sang coagulé est le meilleur pansement qu’il soit. J’avale une plante fantôme à moi seule, et lance la poule dans l’eau. Elle doit être périmée.
Puis, je fourre toutes mes affaires dans un seul sac, la keyblade de Yeni sur le dessus, et attrape mes deux armes. Je suis prête. On ne doit plus être beaucoup…
Je sors sur le pont, traverse précautionneusement le ponton, que je casse définitivement, avant d'en lancer les différentes parties de part et d'autre du bateau. Plus personne ne passera par là avec facilité. Personne.
Et, je descends du bateau, avant de me mettre en route dans la direction où j’ai vu les deux tributs s’enfuir, il y a déjà plusieurs heures. Malheureusement.
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MessageSujet: Re: Le Bâteau Pirate Mer 11 Mar - 16:45

Hammer darde sur moi de grands yeux incrédules. Si je n’avais pas aussi mal, je lèverais les yeux au ciel. Franchement, c’est moi qui me fais à moitié couper la main sans avertissement et c’est elle qui est incrédule ? En temps normal, ça ne me dérangerait pas qu’elle prenne son temps mais là, je suis un peu en train de gentiment et douloureusement me vider de mon sang en attendant qu’elle se décide à m’achever. Donc, j’ai une excellente excuse d’être de mauvaise humeur.

Et puis soudain Eve me fonce dessus. Ne me demandez surtout pas pourquoi. Immédiatement après, elle m’attrape par le bras et me tire en arrière. Ne me demandez surtout pas pourquoi.

Je ne résiste pas. D’abord, parce que c’est Eve, et qu’en tant que princesse, elle obtiendra toujours ce qu’elle veut. Ensuite parce que, honnêtement, j’étais un peu sur le point de mourir. Etre entraîné en arrière, c’est une bagatelle facilement supportable en comparaison. Et finalement parce que je suis trop occupé à gémir, à sentir le sang couler entre mes doigts et à jurer intérieurement contre la douleur. Par les bernard-l’ermite de la tunique d’apparat de Poséidon.

L’instant d’après, ma partenaire me balance par-dessus bord. Exactement, elle me balance par-dessus bord. Est-il besoin de préciser que je ne m’y attendais pas du tout, et que par conséquent je bois la tasse bien comme il faut ? Le point positif c’est que l’eau froide m’éclaircit un peu les idées. Un peu.

Eve vient de me sauver la vie.

Heureusement pour la crédibilité de son acte d'héroïsme, je sais nager. Une nage très sophistiquée couramment appelée la nage du chien qui se noie. En plus, avec mes deux mains prises, c’est encore plus fun.

Je bas donc des jambes comme un beau diable, serrant mon poignet avec une force toute également tirée du désespoir. Cela n’empêche pourtant pas le sang de se diluer dans l’eau à vitesse grand V et de la teinter de rouge plus vite que du sirop à la grenadine (ah, ce que j’aimerais être capable de d’imaginer que c’est du sirop à la grenadine…). Et pour parfaire ce ravissant tableau, la tête commence à me tourner.

Très vite, j’ai l’impression que les bords de ma vision deviennent flous et que mes membres s’engourdissent. Par contre, la douleur qui émane de ma blessure ne diminue pas d’un iota, au contraire. Ça aurait été trop beau. J’espère juste que je ne vais pas m’évanouir avant d’avoir atteint la rive. Ou alors j’espère que je vais m’évanouir et que je n’aurais plus à dépenser une énergie que je n’ai pas, à polluer le lac avec mon sang et à souffrir, souffrir, souffrir ?

Je me force à me concentrer sur Eve qui ouvre la voie juste devant moi et à la suivre. Il a toujours été aussi grand ce lac ? Ce matin encore, il me semblait tellement petit…

Et mes jambes deviennent gourdes. Et mon sac à dos devient du plomb qui tire mes épaules vers le fond. Et il m’est de plus en plus difficile de maintenir la pression autour de mon poignet ouvert. Et j’oublie peu à peu où je suis et ce que j’y fais. Et je voudrais m’arrêter et dormir (et boire une bonne bière). Sauf que j’ai mal. Sauf que mon sang s’échappe. Sauf que j’ai mal.

Sauf que j’ai mal.

Je ne me rends même pas tout de suite compte que j’ai pied. C’est seulement quand je m’effondre sur la berge que la réalisation « j’y suis arrivé » s’allume faiblement quelque part. L’envie de ne pas bouger et forte mais, maintenant que je suis hors de l’eau, je sens d’autant mieux le sang qui glisse entre mes doigts. C’est vraiment affreux comme sensation.

Mon sang qui s’en va. Mon sang qui s’en va et qui va me tuer.

Non, non, non. Etre tué par quelqu’un, c’est une chose à laquelle je me suis préparé, mourir bêtement parce que soudainement mon hémoglobine décide d’aller voir ailleurs, ce n’était pas dans le contrat. Pas dans le contrat.

Je me redresse. Je m’assois. Je commence à remonter mon t-shirt, d’abord en essayant de ne pas lâcher mon poignet, mais la tâche s’avérant impossible, je suis obligé de laisser mes chairs s’écarter quelques instants avant de pouvoir les serrer ensemble dans cet affreux t-shirt que je noue fort, aussi fort que je peux, avec ma main libre et mes dents.

Ça ne fait rien contre la douleur. Et ce n’est même pas très efficace pour colmater la brèche, vu que le tissu est gorgé d’eau. Mais là, je ne peux pas faire mieux.

Alors je me laisse tomber en arrière et je ferme les yeux.

« Je vais m’trouver une hache bien tranchante, je chantonne faiblement d’une voix tremblante et tendue. D’l’acier brillant, forgé dans le feu. Je vais t’abattre comme un vieil arbre mort. Une ville vielle et sale. Une ville vielle et sale. »


L'agonie de Jon se poursuit par-là...


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Le Bâteau Pirate

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