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Libéré, délivré, je reste un oiseau mutilé

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Buck B. Black
+ District Douze +


♣ Nombre de message : 196
♣ Date d'inscription : 24/08/2013
♣ Age réel : 20


MessageSujet: Libéré, délivré, je reste un oiseau mutilé Sam 27 Sep - 19:34





















Je te vends mon âme




Je vois ton nom
Écrit en grand partout sur les murs
Sais-tu ce que j'endure ?
Je sens tes mains, sur mon corps qui brûle, je brûle


Seul. Je me sens seul. Plus que je ne l’ai jamais été. Vide. Je me sens vide. Plus qu’une bouteille percée. Sal. Je me sens sal. Plus que tous les assassins que la Terre ait hébergé. La plage est grande. La plage est déserte. La mer est vaste, la mer est bleue. Pas un crabe, pourtant. Pas un coquillage. Pas un poisson, pourtant. Pas un dauphin. Rien. Rien que des ressentiments et des regrets. Rien. Rien que de la haine et des tourments. Rien. Rien que mes membres qui tremblent. Rien. Rien que mon cœur qui tombe. Le soleil éclaire le monde d’une lumière rougeâtre. Les effluves champêtres, ballotées par le vent, parfument la plage d’une odeur nauséeuse. Ma planète est écarlate. Mon Univers est incarnat. Je sens des roses de sang, j’hume du chèvrefeuille de chair. Le vertige du mal-être me fait chanceler, chavirer. Le cocktail de la honte et du dégoût me donne envie de vomir. L’atmosphère se baigne de colère. L’idylle du paysage semble déverser son venin dans l’arène entière.

Et je rêve d'un courant d'air,
D'un espace clos avec vue sur la mer,
D’un silence radio, d'un océan solaire
Qui nous porte ensemble et qui nous enferme


La Nature te veut. La Nature t’aura. Buck. Tu ne peux ni te cacher, ni y échapper. Bientôt ce sera ton tour. Bientôt ce sera l’heure. Ton heure. Et si elle ne vient pas, la folie aura raison de toi. As-tu peur, Buck ? As-tu peur ? As-tu peur de cet état second ? As-tu peur de ne plus voir comme les autres voient, de ne plus vivre comme les autres vivent ? As-tu peur de ne plus penser comme avant ? As-tu peur de ne plus savoir d’où tu viens et qui tu es ? Non ? Tu es bien niais, mon pauvre. Buck, n’oublie jamais que la folie est cent fois pire que la mort. Jamais. Tu la sens, n’est-ce pas ? Tu la sens déjà prendre racine dans ton corps, éclore dans ton cœur. Tu la sens, n’est-ce pas ? Tu la sens circuler dans tes veines, tu la sens grignoter la moindre zone lucide de ton cerveau. Tu l’entends, n’est-ce pas ? Tu l’entends ma voix, susurrer dans ta peau, chantonner au creux de ton oreille. Tu l’entends, n’est-ce pas ? Tu l’entends mon refrain, qui t’hypnotise dans ton sommeil, qui te fait peur quand le soleil danse dans le ciel. Bien-sûr que je la sens, bien-sûr que je t’entends. Mais ma conscience est reliée à des serments. Tant que je serais coincé ici, Sun et Seb t’empêcheront de me posséder.

Je t'ai perdue
Depuis je ne m'aime plus
Depuis j'en suis sûr
Je peux fermer la blessure


Le sang s’arrête de couler. Le sang sèche et se noirci. Je le regarde sans pouvoir m’en détacher, sans pouvoir m’en aller. Ne plus bouger. Ne plus respirer. Ne plus penser. Je voudrais être une statue de pierre. Je voudrais ne pas avoir une peau qui brûle. Je voudrais pouvoir rester figé pour l’éternité. Je voudrais ne plus avoir l’obligation de tuer. Je voudrais ne plus être obligé d’avoir peur. Je voudrais pouvoir ne plus penser au bien et au mal. Je voudrais être de bois, je voudrais être de fer. Je voudrais être de glace, je voudrais être de bronze. D’argent et d’or. D’onyx ou de charbon. Je voudrais regarder la mer pour l’éternité. Je voudrais ne plus être habité par les sentiments et les ressentiments. Je voudrais ne plus avoir d’esprit. Je voudrais ne plus être humain. Humain. Quelle belle vie ce serait que d’avoir celle d’une statue !

Je te vends mon âme,
Fais de moi, ce que tu veux
En retour donne-moi la chance d'être mieux
Je te vend mon âme
Prends ma vie et mon paysage
En échange je veux voler ton visage


Seul. Je me sens seul. Plus que je ne l’ai jamais été. Vide. Je me sens vide. Plus qu’une bouteille percée. Sal. Je me sens sal. Plus que tous les assassins que la Terre ait hébergé. Le sang est à mes pieds. Le rouge est sur mes yeux. Mais je me baisse. Je me baisse. J’attrape le sac de la fille. De la fille. La fille. La fille. La fille. Quel terme sinistre pour désigner une victime – sa victime. Quel terme horrible, quel terme odieux ! Je laisse les armes sur le corps. Le corps. Le corps. Le corps. Quel terme froid, quel terme mécanique, robotique. Quel terme indigne d’être prononcé. Et je me retourne. Et je m’en vais.
Sombre marionnette à la poitrine sanglante.

Je te cherche ma sœur d'âme, mon identité, ma Vénus fatale
A l'unanimité ce qu'il y a de mal
Je l'ai mis de côté, je serais sage


Que faut-il faire ? Que faut-il que je fasse ? Rien. Rien. Le temps s’est arrêté. La Vie n’existe plus. N’a jamais existé. Je n’y crois plus. Je ne crois plus au bonheur, à la douce caresse des sentiments. Je ne crois plus en l’humanité, en l’amitié. En l’amour. Je ne crois plus en rien. Je ne suis plus rien. Je n’ai jamais rien été. Je tombe au sol, sous le couvert des arbres. Je veux disparaître. Je regarde mes mains trop pâles. J’ai peur. Peur de tout ce qui me constitue. Pourquoi ? Pourquoi ? Pourquoi la vie et pourquoi la mort ? Pourquoi l’arène et pourquoi moi ? Pourquoi Seb ? Pourquoi Seb et pourquoi n’importe qui d’autre ? Pourquoi ? Pourquoi les cœurs et pourquoi les âmes ? Pourquoi la haine et pourquoi les larmes ?
Je tremble. Ma tête tremble. Tout tremble. Je tremble. Machinalement, j’ouvre le sac de la victime. Ma victime. Victime. Victime. Victime. J’en sors une bouteille. De l’eau ? Non. Une boisson chimique, quelque chose qui vient certainement du Capitol. Je bois. Pour oublier. Pour m’occuper. Je bois. Je jette la bouteille vide loin dans la forêt.
« Pollueur. Pollueur. Pollueur.
- Et alors ? Je vais mourir de toute manière. Enfin, non. Je ne vais pas mourir, puisque la vie et la mort n’existe pas.
- Tu es sûr ?
- Oh t’es toi. Parler à mon esprit ne m’intéresse pas. Laisse-moi.
- Comme tu voudras. Seigneur.
»

Et je rêve de former un arc
En chair et en osmose avec la terre
Plus de larmes synthèse seulement du vrai et du chère
Seulement du fragile et du nécessaire


Je m’enroule dans ma couverture de survie. J’irai à la corne plus tard. J’ai besoin de… Je ne sais pas. De me reposer, voilà. De me reposer.
Je me sens… je me sens…
« Avoue-Buck. Tu te sens différent. Tu te sens changer. Tu te sens toi sans être toi. Tu n’es plus toi. Tu n’as plus confiance en toi. Tu te crains plus que personne. Tu te vis comme un déchet. Un déchet. »
Non, ce n’est pas vrai. Je sais qui je suis… Je sais qui je suis. Ne me dis pas que je ne sais pas qui je suis. Je sais qui je suis.
« Non, tu ne sais pas, Buck. Non tu ne sais pas. »
Sans doute. C’est pour cela que je me mets à parler à voix haute. J’essaie de me retrouver. J’ai vu trop de choses ici. J’ai vécu trop de choses. De mauvaises choses. Je baigne dans le sang depuis trop longtemps.
« Tu as peur de ne jamais sortir. »
Oh, mais je ne sortirai pas. Je suis déjà mort.

Je t'ai perdue
Depuis je ne m'aime plus
Depuis j'en suis sur
Je peux fermer la blessure


Sebastian. J’aimerai que tu sois avec moi.

Je te vends mon âme
Fais de moi ce que tu veux
En retour donne-moi la chance d'être mieux
Je te vends mon âme
prends ma vie et mon paysage
en échange je veux voler ton visage.


Sebastian. Ne me laisse pas. La solitude me monte à la tête. Je voudrai mourir.
Sebastian. Tue-moi. Tue-moi.
Sebastian. Reste avec moi.

Avec moi.

Je ferme les yeux et m’endors.

Sebastian. Ne pars pas.

Ne me quitte pas.

Sebastian.
Sebastian.

[paroles de "je te vends mon âme", de Kyo]

Spoiler:
 





© Code de Phoenix O'Connell pour Never-Utopia

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