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La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public]

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Logan N. Stark
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♣ Nombre de message : 806
♣ Date d'inscription : 18/02/2012


MessageSujet: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Lun 22 Juil - 0:36

Tous mes petits tributs sont enfin arrivés au Capitole ! Ils y ont découvert ce luxe et ce confort inégalable dans lequel nous vivons, tandis qu’eux sont pour la plupart réduits à leur misère quotidienne. Et ce soir, c’est le grand soir. Le soir de présenter officiellement au peuple ses tributs pour la seizième édition de mes jeux de la faim. Ils seront beaux, avec leurs somptueuses tenues crées spécialement pour l’occasion par mes talentueux stylistes, et une fois passés entre les mains de leurs équipes de préparation. Lavés, manucurés, épilés, ils n’auront plus rien à voir avec les tributs larmoyants aux yeux bouffis de la moisson.

Les places pour assister à la Cérémonie d’Ouverture se sont vendues mieux que des petits pains. Que ce soit tout devant, juste à côté de la piste où défileront les chars, ou tout en haut des gradins, en quelques heures à peine, il n’y en avait plus. Tous veulent voir leurs tributs en chair et en os, choisir leurs favoris, spéculer sur celui qui survivra ou non, sur celui qui tuera les faibles, sur les alliances qui vont se faire. Pour les sponsors, c’est une aubaine. Ils peuvent dès à présent repérer leurs futurs protégés et prendre contact avec les mentors. De plus, tout Panem sera rivé à son écran. Les Hunger Games, à leur façon, unissent en fait les districts. Tous regarderont sur les douze places de la mairie des douze districts la même émission. Tous verront les tributs défiler sur leur char dans le Cirque. Tous m’admireront pendant que je ferais mon discours d’ouverture.

Je regarde l’horloge digitale accrochée au mur. Elle indique 19 heures 30. Plus qu’une demie heure avant l’entrée des tributs dans le Cirque. Les gradins se remplissent peu à peu de toutes ces couleurs caractéristiques de la population de Capitole. Du rose, du bleu, du vert pomme, de l’orange … Un coup d’œil aux écrans de la salle de contrôle m’indique que dans les districts également la foule s’amasse devant l’écran de retransmission, prête à assister au spectacle. Le temps passe. 19 h 55. Dans une poignée de minutes, commencera le défilé. Les chars descendront le Cirque, majestueusement avant de venir se placer en arc de cercle à mes pieds. De chaque côté seront accrochés de grands écrans, pour que tous puissent épier les tributs sous toutes leurs coutures. L’excitation est à son comble ; tout Panem bouillonne d’impatience de découvrir les merveilleux tributs sur leurs chariots.

20 heures pétantes. L’hymne de Panem, plus puissante que jamais retentit dans tout le Capitole. Les portes s’ouvrent, et le premier chariot, celui du District un pointe le bout de son nez. A mes côtés, le présentateur prend la relève, détaillant avec enthousiasme chaque détail, chaque instant, chaque tribut. Que la Cérémonie commence !


HRP : Ce post est ouvert à tous les Capitoliens et mentors qui souhaitent réagir au défilé.
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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Mar 23 Juil - 9:17

~ LA CEREMONIE D'OUVERTURE ~

And I see no bravery,
No bravery in your eyes anymore.
Only sadness.




    Encore et toujours la foule, à croire que le Capitole n'existe que par cette foule compacte qui grouille à la moindre paillette qui jaillit d'en haut de la longue hiérarchie politique pour déployer leur roue de paon assoiffé de la moindre reconnaissance quelle qu'elle soit. Les billets dans les gradins s'étaient vendus à un telle vitesse que même Nate Braganza avait eu du mal à s'en procurer quatre. Il avait fait jouer certaines de ses connaissances parmi les juges des Hunger Games pour en obtenir, mais hélas, ce n'était pas quatre places côtes à côtes. Son billet indiquait qu'il était détenteur du siège numéro 852, sur la deuxième rangée, une des plus proches de la piste. A côté de lui, sa fille serrait bien fermement le billet lui donnant accès à la place numéro 853 dans un main et une magnifique rose blanche dans l'autre. Elle avait les yeux brillants et le sourire ravi, et Nate ne put s'empêcher de lui rendre son sourire, sa joie en cet instant se résumant à voir la chair de sa chair être heureuse. Pour sa part, il n'était pas un fan inconditionnel des Jeux, ou plutôt il aimait peu toutes les morts par trop sanglantes, mais adorait ces grandes parades organisées par le gouvernement où on se mettait toujours su son trente et un. Il apercevait sur les gradins opposés son épouse et son fils, très bien habillés, munis de lentilles grossissantes et de petite caméra pour remasteriser l'évènement une fois de retour à la maison. Lui n'avait même pas en sa possession le plus banal des appareils photos. Autant parce qu'il ne désirait pas filmer en détail le visage de chaque tribut, mais aussi parce qu'il sortait à peine du travail.

    En sa qualité de Créateur, la période des pré-jeux était la plus intense en matière de labeur. Il fallait finioler l'Arène, superviser sa construction auprès des ouvriers, décider de la place de chaque élément très précisément. Pour sa part, il écumait la zone qui lui avait été désignée en overcraft toute la journée pour vérifier le cadre, les pièges, bref, en bon superviseur il donnait des directives pour améliorer au mieux une Arène qui promettait d'être passionnante. Pour cela, lui et ses collègues travaillaient d’arrache-pied, échangeant des paris sur le temps de survie de certains tributs pour détendre une atmosphère bien trop tendue. Pour sa part, l'ivresse du vol suffisait à détendre Nate qui n'avait pas souvent l'occasion de faire ce genre de balades. Au soir venu, il rentrait chez lui vidé en règle générale, presque harcelé par sa mère et son épouse, parieuses et joueuses invétérées, qui voulaient en savoir plus sur une Arène encore secrète, et elles n'étaient pas les seules. Le peu de temps qu'il passait dans son bureau de la Braganza Agency, il devait répondre aux questions des clients par trop riches et de ses assistants qui auraient eux aussi aimé voir une avant première de la passionnante Arène qui se profilait. Inlassablement et avec une ironie parcimonieuse, il répondait qu'il n'avait pas le droit d'en parler, et quand bien même il le voudrait, il se pouvait que ceux qui étaient mis dans le secret seraient interdits de paris par le gouvernement. Il avait trouvé là un autre moyen de se détendre. Il riait dans son fort intérieur en racontant des histoires à dormir debout aux personnes un peu influençables sur les sanctions qui attendaient les tricheurs. Il y allait à grand renfort de métaphores, d’écartèlement barbares ou de trucidages d'animaux fétiches. C'était très amusant, surtout quand la victime se rendait compte qu'elle avait été menée en bateau par un affabulateur en manque de distraction et qui se gaussait de son émoi. Tout cela ne lui rendrait sans doute pas service par la suite, mais fidèle à lui même, il s'en moquait éperdument. Du moment qu'il n'avait pas les nerfs à vif, tout était bon à prendre.

    C'était un de ses soirs éreintants qu'il avait obtenu des billets pour sa famille. Sa mère, Kaja, avait déjà réservé un billet avec son groupe d'amies du spiritisme et se trouvait sûrement dans les gradins un peu plus loin, à lire dans les lignes de la main ou dans une boule de cristal de roche lumineuse amenée pour l'occasion. Elles espéraient sans doute voir quelque part le nom et le visage des futurs tributs. Très utiles dans la mesure où personne de les avait vu, c'était tout bonnement risible. Et avec leurs tenues à la Madame Soleil, faite de châles à perles, de vastes jupes à motifs étranges et de teintures de cheveux douteuses, elles auraient pu monter une agence de prédiction de paris pour les sponsors, histoire de rentabiliser leur argent. Fort heureusement, il avait hérité de Père un style plutôt sobre et élégant qui aux yeux des autres lui donnait l'air d'un endeuillé mais le protégeait des fautes des gouts fatales de ce monde huppé. Peut-être bien la seule chose, avec l'entreprise familiale, dont il ait été content d'hériter. Sa fille chérie était vêtue d'un magnifique robe rouge achetée le matin même et avait laissé ses cheveux voler au vent. Apparemment, ses deux enfants avaient tous deux hérités de son style épuré, au grand dam d'Olympe, qui aurait volontiers fait de ses enfants deux icônes de la mode Capitolienne. Soudain, parmi le brouhaha, il entendit sa fille lui dire quelque chose.

    - Dis moi Papa, quel district vas-tu sponsoriser cette année ? Moi, je n'ai pas vraiment d'idées...

    Ah mais oui ! Cela lui revenait. Maintenant qu'elle avait dix-neuf ans, elle avait économisé toute l'année pour pouvoir sponsoriser un tribut, voir même deux ! Sans doute recherchait-elle un peu d'inspiration auprès de son Père, hésitant peut-être.

    - Et bien, je vais attendre de voir ces fameux tributs ma chérie ! Tu te feras une meilleure idée ainsi. Si tu veux un conseil, essaie de repérer le tribut étant le mieux doté du sens du spectacle, c'est souvent très juste. Sinon, tu peux calquer ton choix sur celui de ta mère, qui est souvent très pertinent.

    Nate n'aurait jamais imaginé qu'un jour il donnerait des conseils de paris à sa fille. Il avait plutôt pensé qu'Olympe le faisait, bien qu'elle ne se sentit pas très bien ces temps derniers. Sa chère et tendre semblait malade et avait été chez le médecin quelques jours plus tôt. Elle avait voulu le rassurer mais il sentait toujours que quelque chose n'allait pas. Peut-être une perturbation féminine.

    - Au fait, lança t'il innocemment. Tu sais si ta mère va mieux ?

    Sa fille haussa les épaules, signe qu'elle n'en savait manifestement rien. Cela clôturait la conversation. Au bon moment en tous cas. La foule s'était levée, en ovation, tandis que le char du district un s'élançait sur la piste, mené par deux étalons fringuants. Nate et sa fille imitèrent ce geste et applaudirent à tous rompre, au moins pour saluer le travail des stylistes qui travaillaient dûr pour permettre aux tributs un début de popularité. Souvent il s'agissait d'un travail remarquable, de temps à autres, on pouvait croire innocemment que le styliste en question avait voulu faire de l'humour et on plaignait les tributs portant ces créations contestées. Il était de coutume que les costumes revêtent un symbole du district dont venaient les tributs, et pas besoin d'être un génie pour deviner la spécialité de chaque district en général. Enfin, en général, parce que des fois.
    La tenue du district un convenait parfaitement au lieu et aux jeunes gens qui les portaient. De l'or des pierres précieuses, parfait, de superbes carrières rutilants comme des joyaux. Et des rubis... pour le sang sans doute ? En tous cas, c'était en accord avec la chevelure claire des deux tributs. Quand ils aperçurent les carrières du deux, le père et sa fille échangèrent un regard incrédule. Nate se demanda si on pouvait y voir une nouvelle humillation de Chleo Sullivan. Détestait-elle encore ses tributs ? Sûrement que oui, vu leur dégaine. Leur tenue en peau de bête et leur masque était hideux, même pour lui qui n'y connaissait rien à la mode. Cela voulait-il dire que le district deux était un lieu peuplé de barbares limités intellectuellement ? En tous cas, leur styliste avait plutôt intérêt à engager des gardes du corps. Pas mal pour des tributs de carrière, souvent les plus attendus. Le district quatre détonnait pas mal également, sur le thème de la mer, c'était superbe ! Ce bleu était sublime ! Dans la même veine, le district des énergies, avec l'idée originale d'un masque couvrant la moitié du visage. Cela donnait un côté mystérieux indéniable, très bon travail du styliste ! Et le district six arrivait juste derrière ! On aurait dit des guerriers antiques, et l'un et l'autre, la fille comme le garçon, avaient des allures altières de dieux antiques. Cela allait leur ramener des sponsors sans aucun doute. Nate sentit sa fille lui donner un coup de coude. De toute évidence, elle aimait beaucoup la fille du six, avec sa chevelure flamboyante qui lui donnait un air de guerrière farouche, comme la déesse Artémis. Les tributs qui suivirent marquèrent moins son esprit, autant parce que les tenues étaient très semblables, mais aussi parce que la virilité était exacerbée à outrance, en tous cas bien trop au goût de Nate, et les filles ressemblaient à des faiblardes à côté de ces champions de la gent masculine. Cela plairait sans doute aux jeunes filles. Il porta un regard furtif à sa fille, qui semblait fort heureusement peu attirée par ces démonstrations. Elle avait toujours les yeux fixés sur le char du six, auquel elle lança sa rose quand il passa devant elle.

    - Très bon choix, souffla Nate à la jeune fille avec un regard attendri.

    Elle lui répondit par un sourire satisfait et regarda la suite de la parade. L'hymne du Capitole était diffusé avec une puissance décuplée, impressionnante, à tel point qu'il lui semblait que ses propres oreilles étaient des enceintes de basse à volume plafonné. Par delà cet hymne, Nate percevait les commentaires de Noah Laurenson, un de ses meilleurs amis et présentateur des Jeux, qui commentait avec entrain chaque fournée de chars, par des propos qu'il jugeait quelque peu hypocrites, mais du coup politiquement correct, comme cela se devait de l'être. Cet hymne, malgré ce qu'il représentait émettait des sonorités et des notes agréables à l'oreille, idéales pour une parade héroïque. Mais Nate ne voyait aucun héroïsme dans ces attitudes, ces postures diverses. Bien sûr, ils essayaient de faire bonne figure tous ses tributs sélectionnés, hormis les carrières bien sûr qui avaient choisi ce destin. Aucune bravoure, de la tristesse peut-être même, car c'était plus de vingt vies qui s'éteindraient d'ici quelques jours. Cela faisait à Nate une bien curieuse impression, comme des fourmis dans le ventre qui nichaient leur fourmilière dans ses intestins. Tous ces jeunes n'auraient plus que très rarement l'occasion de rire et de sourire. Pour la gloire du Capitole, ils allaient mourir, tous sauf un, qui reviendrait amoindri par ce qu'il avait vécut, de n'importe quelle manière que ce soit. Nate se dit qu'il lui faudrait peut-être rencontrer un de ses tributs pour en apprendre plus. C'était une sorte de curiosité morbide qui le prenait, ou alors une pitié certaine pour ces vies qui allaient cesser d'être, mais il voulait comprendre, ne pas mourir avant d'être sorti de la caverne où son mental s'acharnait à la garder enchaîné.

    La parade finit par étirer sa file indienne jusqu'à la loge du président Stark, un homme que Nate avait souvent admiré à la fois pour ses tenues sobres, mais aussi pour sa main de fer glissée dans un gant de soie douce qui maintenait Panem sur les rails du correct fonctionnement. Le Créateur ne connaissait presque rien de cet homme, si ce n'était son charme qui séduisait pas mal de femmes au Capitole. Mais en avait-il conscience ? Chaque char était à présent un part d'un arc de cercle qui faisait face à Monsieur Stark, attendant ses mots de bienvenue, et tout le blabla, même Nate connaissait ce discours par coeur, c'était dire. Il songea que le président pourrait personnaliser un peu le tout, histoire de tenir le public encore plus en haleine. Mais peut-être était-ce simplement une tradition de ne jamais rien changer... Allez savoir ? Il attendait que Noah ait fini de parler en lui donnant officiellement la parole. Cela arriva bien vite et le discours, répétitif et peu crédible pour des tributs (mais si émouvant pour le Capitole !), résonna dans un silence religieux observé par tous ses chers concitoyens. Sans plus un bruit, tous les chars s'ébranlèrent à la fin du discours pour rentrer dans l'écurie jouxtant la résidence des tributs. Le spectacle était fini !

    Les capitoliens quittèrent les gradins, créant un flot dans lequel Nate tint la main de sa fille pour ne pas la perdre. Il était tard et ils devaient rentrer à la maison pour prendre un repos plus que mérité. Finalement, sa fille avait décidé de demeurer encore quelques années à la maison plutôt que de déménager tout de suite, l'attachement à la famille... Sur le place, ils retrouvèrent Olympe, le petit frère et Kaja, qui tremblaient encore d'excitation et décrivaient avec animation toutes leurs impressions. Nate s'amusa de constater que la tenue du district deux avait fait des émus. Il prit la main de son épouse, tendrement et ensemble, ils prirent le chemin de la maison. Olympe avait un étrange regard.

    - Je retourne chez le médecin demain, annonca t'elle.

    - C'est bon signe ? demanda Nate, un peu inquiet.

    - Je ne sais pas, ajouta t'elle d'une voix blanche.

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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Mar 23 Juil - 13:55

La Cérémonie d'Ouverture



« Non. Non, non, non, non ! » Je ferme les yeux de toutes mes forces. C'est un cauchemar. Je vais ouvrir les yeux, et tout sera rentré dans l'ordre. C'est ça, hein ? C'est une farce ? Les larmes coulent sur mes joues sans que je puisse les arrêter. Ma Muette entre dans la pièce, paniquée, et reste un instant à me dévisager sans savoir quoi faire. Mes sanglots se font bruyants. Je me fous bien de ce qu'elle peut penser. Je vis un cauchemar éveillé. Elle semble revenir à elle et fouille dans sa poche. Elle en sort un mouchoir, que je lui arrache des mains sans plus de cérémonies. Je me lève du canapé et saute à plat ventre sur mon lit. Je reste ainsi immobile, la tête enterrée dans mon oreiller. J'ai envie de crier, de jeter des vases par terre, et d'arracher la tête de mon médecin. Vous auriez dû voir avec quel flegme il m'a annoncé que j'étais enceinte. Enceinte ! La bonne blague ! Moi, Cassia Rivers, avec le ventre en profiterolle ! Et un rejeton ! Vous me voyez m'occuper d'un petit humain braillard ? Pas moi. Je suis à mille lieux de ce genre de truc. Je sens ma Muette, Hazelle, entourer mes épaules de ses bras pour me redresser. Je me dégage vivement de son étreinte. J'ai justement envie de me morfondre et de manger un pot de glace au chocolat devant un film à l'eau de rose. Alors qu'on ne vienne pas essayer de me sortir de chez moi. Pourtant, il y a la Cérémonie ce soir. Tous les Grands seront là, et je me dois d'en être. Que ma vie soit foutue en l'air ou pas, je dois absolument y aller. Je lève la tête de mon oreiller. Mon visage est cramoisi, mes yeux sont barbouillés de larmes salées, et je suis sûrement très comique à regarder. Je me lève d'un bond et me retrouve face au miroir qui orne l'un de mes murs. Je soulève mon T-shirt. C'est vrai qu'un petit renflement est déjà apparu. Je prends brusquement mon visage dans mes mains. Mes ongles s'enfoncent dans mon cuir chevelu et un sanglot secoue ma cage thorassique. Un enfant ! Je vais avoir un enfant ! C'est ridicule. Je ne suis pas une mère, moi, je n'ai pas que ça à faire. Et puis d'abord, les enfants m'exaspèrent. Je n'y connais rien, à l'éducation, moi ! Je me suis pratiquement élevée toute seule ! Et puis, que vont dire les gens ? Il est hors de question que je prévienne le père de l'enfant. Si je vais jusqu'au bout de cette grossesse, il ne verra pas une fossette de mon bébé. Tiens, voilà que je l'appelle déjà "mon bébé". Je vais le faire adopter, de toutes façons. Je renifle bruyamment et me tourne vers ma Muette, qui me dévisage comme si j'étais sur le point d'exploser. « Va me chercher mes habits. Vite. Et fais-moi couler un bain. » Trop contente d'échapper à ma furie, elle s'éclipse et j'entends l'eau couler dans la salle de bains. J'essuie mes larmes d'un revers de manche et m'assieds au bord de mon lit. Il faut que je me calme. Ce genre de crise ne me ressemble pas. Inspire, expire. Ca y est, je suis calmée. Hazelle entre de nouveau dans ma chambre, portant ma tenue sous le bras. Ma styliste a fait du beau travail, sous mes ordres bien sûr. Je vais briller ce soir ! Elle m'a créé une tenue sublime, à la fois romantique et trendy. Il s'agit d'une jolie robe bustier blanche. Le haut est en simple soie blanche, et sur le bas de la robe, qui se termine au-dessus de mon genoux, on a tortillé la soie de manière à créer des dizaines et des dizaines de roses. Quelques feuilles en argent ornent ces fleurs improvisées et leurs épines sont un collier en argent autour de mon cou, fait de clous en forme de piques.  Ajoutez à cela de hauts talons noirs faits d'arabesques de velours moulant mon pied à la pédicure impeccable, et vous aurez un bon aperçu de ma tenue. J'oubliais le petit gilet d'angora rose pâle qui viendra me protéger du froid une partie de la soirée. Contrairement à mes compatriotes, je ne fais jamais faute de goût. Je suis mes propres instincts sans tomber dans leur délire insensé. Après avoir barboté dans mon bain pendant une petite demi-heure, je demande à Hazelle d'entamer mon maquillage et ma coiffure. Un peu de fard, beaucoup de noir sur les yeux, un joli rouge à lèvres, et voilà mes larmes oubliées. Hazelle réunit mes cheveux bruns dans un gros chignon perché au sommet de ma tête, sur le coté duquel elle pique une grosse rouge et fraîche. Après avoir enfilé ma tenue et mes bijoux, je me sens revivre. Un petit tour devant le miroir...Je suis magnifique. Et fin prête pour toutes les festivités qui s'annoncent.

Je décide d'oublier la petite créature qui grandit dans mon ventre le temps de cette soirée. Et quelle soirée ! La Cérémonie d'Ouverture des 16èmes Hunger Games ! Un évènement que j'attends depuis...Depuis la fin des 15èmes Hunger Games, en fait. J'adore toutes ces festivités autour des Jeux. Nous autres Créateurs sommes toujours mis en avant et je fais toujours des rencontres avantageuses. Sans compter que toutes ces fêtes ne me déplaisent pas ! Et puis, depuis que je suis sponsor, j'aime choisir précautionneusement le tribut qui semble le plus prometteur, ou le plus intéressant. Toutes ces couleurs, ces rencontres, cette musique, toutes ces distractions ! Et puis, durant ce mois d'amusement, j'ai peu de travail avec les Créateurs. Nous profitons du spectacle offert par une année de notre travail. L'arène de cette année promet des sensations fortes...Et c'est ce soir que nous verrons les tributs pour la première fois. C'est donc excitée comme une enfant que je sors de chez moi. Les rues sont bondées. Je hèle un taxi, qui m'emmène directement au Cirque. Je sors mon ticket de ma poche. Le siège numéro 83 m'appartient. Une place de choix, que j'ai eu du mal à me procurer, et qui se situe au premier rang, vers la fin de la piste. J'échange quelques mots avec de vagues connaissances, j'envoie des sourires ravageurs à d'autres, puis j'attends sagement le début de la parade. J'ai hâte de voir ce que les stylistes nous ont réservé, et surtout qui sont les 24 courageux tributs qui se battront pour leur vie dans l'arène. Beaucoup se joue ce soir. Soudain, l'hymne de Panem éclate et le char du district 1 s'élance sur la piste.



Des cris et des applaudissements accueillent les jeunes gens. Ils sont resplendissants dans une tenue dorée incrustée de pierres précieuses rappelant l'industrie de leur district. J'adopte moi aussi la folie ambiante. Cette édition s'annonce grandiose ! Un bruit de sabots introduit les tributs du district Deux et je ne peux m'empêcher de glousser. Leur styliste est un vicieux...Il les a habillés comme des hommes préhistoriques...Et il est même allé jusqu'à les affubler d'un masque. Les sponsors ne verront pas leur visages. Les pauvres...J'aurais presque pitié d'eux. Mon attention se dirige bien vite sur le char du Trois, puis celui du Quatre, qui m'arrache une exclamation émerveillée. Leurs tenues sont sublimes: bleues et argent, rappelant l'océan qui borde leur district. La robe de la fille du cinq attire mon attention: elle semble vivante, car des ondes d'électricité la traversent. Ingénieux procédé ! Et qui flatte grandement la demoiselle. Les tributs du Six sont accueillis par des hurlements hystériques. Apparemment, ils gagnent déjà les faveurs des Capitoliens. C'est vrai que la jeune fille est ravissante, avec sa chevelure flamboyante. Et le jeune homme ne laisse personne de marbre non plus...Leur tenue est splendide. Je vois des roses voler de leur coté. D'ailleurs, les roses fusent de tous cotés. Les chars finissent par se positionner géométriquement sous la loge du président Stark, qui nous sort le même discours que l'année précédente, et celle d'avant. Et celle d'encore avant. L'excitation est à son comble. Les Capitoliens ne cachent pas leur excitation, et j'imagine que les tributs doivent être morts de peur face à ces être hystériques en perruque rose retouchés de partout. Ca fait partie du show. Bientôt, la Cérémonie touche à sa fin. J'ai ma petite idée sur les tributs les plus prometteurs, mais tout se jouera dans les prochains jours. Je suivrai leur activité de près. Je me fond dans la masse pour sortir du Cirque. Les festivités ne font que commencer...

FICHE PAR STILLNOTGINGER.
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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Mar 23 Juil - 17:54




La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition
C'était le grand soir, celui que tout le monde attendait, la présentation des Tributs au public du Capitole, le soir où le public allait pouvoir faire son choix quant à l'enfant qu'il souhaitera sponsoriser durant l’aventure et pourquoi pas tenter de le faire gagner. Il était important que le public puisse soutenir un tribut, pour lui envoyer des cadeau et tout ce qui pouvait les aider en plus de l'aide qu'on allait leur apporter nous les mentors. Je n'avais pas encore découvert les tenues que mes jeunes allaient porter, j'avais malgré tout hâte de les voir rayonnants avec les fameuses et splendides tenues des stylistes. Même si le stress de monter sur le char et de défiler devant des milliers de personnes devait être très présent en eux, je ne doutais pas de leur réussite.  Ce soir c'était le soir où il fallait vraiment faire bonne impression, sinon c'était fichu pour eux, à moins qu'ils remontent la barre grâce aux notes du passage devant les juges pour leurs talents personnels ou aux interviews. La popularité était vraiment très importante pour les Hunger Games, un tribut peut populaire attire moins les sponsors, il fallait donc qu'ils fassent bonne impression, leur vie en découlait. Avec eux, je commençais doucement à établir un bon contact, ils étaient tous les deux de bonnes petites personnes, c'était même presque triste qu'ils se retrouvent là sans savoir lequel pouvait peut être s'en sortir. Je n'ai jamais réussis à ramener un seul tribut vivant au district, mais cette année j’espérais que cela sera possible.

J'étais à l'extérieur, j'avais encore environ trente minutes pour me détendre avant d'aller enfiler mon costume pour la soirée. C'était tout ce que je n'aimais pas, devoir ressembler à un pingouin pour toute une soirée. Mon costard me grattait et j'avais l'impression de m'étrangler avec ma cravate. Le pire c'est que j'ai toujours trouvé que le noir ne m'allait pas si bien que cela. Je m'étais posé avec une cigarette, je pouvais en profiter, vu qu'ici tout était permis et celles qu'on vendait au Capitole était les meilleures de tout le territoire. Je pouvais donc me permettre d'en profiter et surtout d'en fasse un stock pour à la maison histoire que je puisse avoir du bon tabac. Celui du district cinq n'a aucun goût, du coup j'en fume plus pour dire d'avoir ma dose quotidienne. Mais ce n'était pas le plus important, je venais de me laisser avoir par mes pensées. Entendre les gens déjà dans la salle de notre étage s'agiter, le bruit de la foule dans les rues, venait de me faire replonger quelques années auparavant, quand j'étais à place de mes tributs. Finalement j'étais revenu rapidement avec eux, afin me changer et de prendre le temps de leur parler un peu, j'avais envie de partager mon expérience, pour tenter de leur prouver qu'on peut être apprécié du public même si l'on est pas parti du bon pied. Je venais d'enfiler mon costume, cette année je me trouvais particulièrement beau, bien que les précédentes également, mais cette fois-ci, ce costume me mettait en valeur ; j'allais devoir remercier le styliste qui m'avait crée cette pièce splendide, bien évidemment. Je me dirigeais vers la pièce où Llevana et Mikhael devaient se préparer avec la ferme intention de leur parler. Malheureusement je ne les voyais pas ils étaient encore derrière les paravents, donc il allait falloir que j'attende. je n'avais pas encore pu découvrir leurs costumes mais je faisais confiance au styliste, ça devait être quelque chose de fabuleux, quelque chose de tape à l’œil pour bien les mettre en valeur. Je m'étais posé sur un tabouret près d'eux avec un verre d'eau et ce silence me mettant un peu mal à l'aise. Puis une fois sortis je me levais et les regarder avec un œil pétillant.

« Alors, mes enfants, je sais que ce soir, est un soir important, c'est le soir où tout le Capitole va découvrir les tributs du district cinq et c'est ce soir qu'il faut absolument faire bonne impression. Je crois que je suis un brin nostalgique et j'ai envie de partager mon expérience avec vous. » Je bus un peu d'eau, j'espérais que ça ne les dérangerait pas que j'en parle de toute façon peut-être que ça les aiderait à s'en sortir : « Alors j'étais assez jeune , j'avais quinze ans quand j'ai été sélectionné pour les jeux, au départ, on pense qu'on est dans un rêve mais non. C'est un véritable cauchemar. Mais ça je vous en ai déjà un peu parlé il me semble. Le soir où nous étions tous présentés au Capitole, est un soir que je n'ai pas oublié. Malgré le stress et la grosse angoisse de devoir défiler devant tout le monde, j'avais l'impression qu'une bête me dévorait de l'intérieur, heureusement mon accompagnateur de l'époque me soutenait, en disant que j'avais tout à gagner ce soir. Il m'a même dit que l'on devait profiter à fond de cette soirée, vu que le Capitole ce n'est pas rien tout de même... Je me revois comme vous derrière ce paravent entrain d'enfiler mon costume qui était noir et or, avec comme des ailes accrochés dessus, c'était le genre de tenue qu'on n'avait pas l'habitude de voir... Il fonctionnait avec des l'énergie et on pouvait voir des petits éclairs parcourir la membranes de ces dernières. Ce que je veux vous dire, c'est que ce soir, vous ne devez penser à rien d'autre qu'à vous faire apprécier par le public, grâce à eux vous pourrez être sponsorisés et c'est important une fois dans les jeux. Sentez vous beaux même si vous ne le pensez pas forcément, soyez fiers d'être du district cinq et surtout amusez vous ! Là je vais vous attendre dans la pièce à côté pour vous permettre de terminer votre préparation et surtout profitez de moi, de mon savoir à mon époque j'ai du me débrouiller tout seul quasiment. »

Je regardais ma montre en sortant de la pièce, il était dix-neuf heures trente, c'était le début d'une longue soirée, les tributs commencèrent à arriver dans leurs magnifiques costumes, c'était vraiment une soirée un peu émouvante aussi, moi qui était nostalgique de cette atrocité. La blague hein ? J'avais hâte de découvrir les tributs sur leur char et surtout de pouvoir un peu plus les observer, car je ne connaissais que leur prénom pour l'instant, rien d'autre mais l'ensemble était assez important, pour les entraînements. L’hymne de Panem se fit entendre, je pouvais alors déclarer que la soirée au Capitole était donc ouverte. Voilà donc que les chars commencèrent à partir dans l'ordre des districts, j'étais installé dans la loge des mentors et regardait attentivement chacun d'entre eux, la tenue des tributs du district deux me fit sourire tandis que d'autre me firent grimacer tant elles étaient bien faites et ingénieuses. Bon sang, finalement c'est peut-être pas aussi bien parti que cela. Cette année promet des choses hautes en couleur. En plus ce que je ne savais pas c'est que j'allais avoir une bonne surprise ce soir.

© charney

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Jonathan Templebar
+ District Trois +


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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Mer 31 Juil - 20:07

Je regarde incrédule le carton. Papier épais, doré, glacé, parfumé, lettres en relief, ce n’est pas une invitation de bas-étage. Je le tourne dans mes mains, cherchant quelque chose décrédibilisant le fait mais le recto comme le verso me déçoivent dans cette entreprise. En désespoir de cause, je lève les yeux vers mon responsable, une question muette dans le regard. ‘Mais qu’est-ce que c’est que ce cirque ?’ Il me sourit comme si la situation était la plus anodine du monde.

« Ne vous inquiétez pas, si vous avez déjà acheté une place, vous la revendrez facilement.

- Ce… ce n’est pas le problème, je balbutie faiblement –mais quelle idiote je fais !- Mais… pourquoi je suis invitée dans la… la…

- La loge présidentielle, finit-il sans une once d’agacement dans le ton, comme si ma réaction l’amusait au plus au point. Vous êtes Haut-Juge, il n’y a pas de place plus appropriée pour votre fonction. »

Je baisse les yeux et marmonne un ‘merci’ poli, en totale contradiction avec mes états d’âme. Mais quoi ? Je ne vais pas dire à mon responsable qu’il peut aller au diable avec sa place privilégiée. Je ne vais pas lui lancer le carton à la face en refusant tout net de me montrer à la Cérémonie. Je ne vais pas me mettre en colère et lui hurler que je ne suis une personne avant d’être une fonction. Surtout que ce dernier avis est sans doute erronée ; pour lui je ne suis que ça, de même que pour moi il n’est que mon responsable. Et puis, même si je n’étais pas Haut-Juge, je ne serais même pas quelqu’un. Tout juste personne. Alors que mon supérieur quitte mon bureau, je tiens le carton bien en avant, loin de moi. Je le regarde sans savoir quoi faire. Je vais être obligée de me présenter à la Cérémonie d’ouverture maintenant. Je vais être obligée de m’y présenter dans la loge d’honneur. Alors que comptais initialement la regarder chez moi avec tout le confort nécessaire pour prendre des notes sur les tributs.

L’envie d’abandonner ce travail de cinglés est la plus forte dans ces moments là. Dans ces moments où me reviennent en pleine face ma position, ce qu’elle implique et l’illogisme de toute l’histoire. Moi, invitée dans la loge présidentielle pour un événement officiel ? Pire qu’officiel même, la Cérémonie d’ouverture des Jeux de la Faim ! Je vais me réveiller c’est ça ? Je vais me réveiller et je serais de nouveau Lanthane l’anonyme. Je ne veux pas ça. Je veux juste prouver à mon père que je suis capable de survivre par moi-même, je ne veux pas me pavaner aux côtés de Logan Nolan Stark et de toute sa clique. Je ne veux pas être vue. Je ne veux pas de reconnaissance. Je veux que le monde entier me fiche la paix. Pas seulement les gens, mais toute la réalité avec. Qu’ils s’évaporent, je veux rester seule avec moi-même.

Je me réveille. Je suis toujours là, dans mon bureau en son bazar, à tenir l’invitation à bout de bras. La Cérémonie, c’est ce soir. Le monde est encore plus cinglé que moi.

***

Le bus est bondé. Je suis pourtant deux heures et demie en avance bon sang ! Oui, je suis deux heures en avance alors que je n’aurais même pas à affronter la cohue grâce à ma magnifique invitation, mais qu’y puis-je ? J’ai toujours eu affreusement peur d’être en retard. Une crainte sans fondement qui me poursuit depuis ma plus tendre enfance. En proie à un stress bien trop fort pour mes fragiles nerfs, je triture compulsivement mon pendentif d’une main tandis que l’autre s’agrippe à une barre verticale. Il y a un homme énorme à côté de moi et j’ai une très désagréable vue sur les boutons de sa chemise fuchsia trop petite qui menacent de craquer à tout instant. Je souffle un coup. Il faut que j’arrive à me défaire de ma peur bleue de ne pas être à la hauteur.

J’espère que ma tenue convient. C’est que qui m’angoisse le plus. Comment suis-je sensée me présenter dans la loge présidentielle ? A la pointe de la mode –que je ne connais pas du tout- ? Sobre et classe ? Alors que ‘classe’ est un des adjectifs qui s’accorde le moins bien à moi ? Je me suis donc rabattue sur la sobriété toute simple. Une robe blanche à volant, avec un col carré pas trop décolleté et des bretelles, avec une fine ceinture rouge en cuir tressé. J’ai osé de petits talons et j’ai relevé mes cheveux avec un nœud carmin. Avec cela, il y mon pendentif, plutôt grand, en bois brut taillé par un obscur artisan de la rue Claire. C’est juste un gri-gri mais l’idiote que je suis y trouve un certain réconfort.

Enfin, le bus s’arrête et la voix synthétique annonce que nous sommes arrivés au Cirque. Les portes sont à peine ouvertes qu’un flot de personnes se précipite hors de la rame. Je reste tranquillement à ma place jusqu’à ce que la cohue se soit calmée et je sors la dernière. Après tout, je suis deux heures et demie en avance, non ?

C’est une horreur ! Je n’arrive pas à rendre mon pas assuré, même en retournant dans tous les sens mon pendentif. Je m’accroche à mon invitation alors que je me fraie un chemin au milieu de la foule bien trop dense à mon goût. Voilà pourquoi je préfère rester chez moi, il n’y a pas de gens dans la sûreté de mon appartement. Je cherche l’entrée de la loge présidentielle. Et comme je m’y attendais, je ne la trouve pas. La deuxième raison qui m’a faite partir deux heures et demie en avance. J’ai beau me hisser sur la pointe des pieds pour pouvoir voir au-dessus des coiffures des échalas qui m’entourent et faire des voltes-faces toutes les quinze secondes, pas moyen de mettre la main sur cette damnée entrée. Pour dire à quel point je désespère de la trouver, je suis même sur le point de demander mon chemin à quelqu’un ! J’avise un pacificateur, son costume blanc détonnant entre les tenues colorés des spectateurs, et je le rejoins en m’excusant un nombre incalculable de fois pour avoir coupé le chemin de quelqu’un.

« Excusez-moi, je cherche l’entrée de la loge présidentielle… »

Malgré son casque et sa visière abaissée, je me remarque bien qu’il me dévisage de haut en bas. Et je remarque même qu’il porte la main à l’étui qui pend à sa ceinture et qui contient sans grand doute son arme. Et le fait que j’arrive à le remarquer prouve bien qu’il n’a pas du tout jugé utile d’être subtil. Je ne ressemble donc pas à quelqu’un invité aux côtés du grand Logan Nolan Stark. Raté Lanthane, essaie encore. Sur le coup, j’ai envie de prendre mes jambes à mon cou et de rentrer chez moi pour y pleurer en paix, loin de tous ceux qui pourraient me juger. Alors pourquoi je reste ? Hein ? Pourquoi ?

« Qu’est-ce que vous voulez y faire, dans la loge présidentielle ? »

Ses mots fusent comme des balles de revolver. Et chacune m’atteint en plein dans le front. Je rassemble tout ce qui me reste de courage et d’amour-propre pour empêcher ma voix de trembler.

« J’y suis invitée. »

Pour contrer à toute question supplémentaire, à laquelle je ne suis pas sûre de résister, je montre mon invitation au cerbère. Il l’inspecte sous toutes les coutures pendant vingt bonnes secondes avant de me la rendre avec… Non, mais je n’ai pas rêvé là ? C’est bien de déférence dont il vient de faire preuve ?

« Excusez mon comportement, Mademoiselle la Haute-Juge, mais il y a tant de gens qui pourraient vouloir menacer la sécurité des hautes instances que la plus grande rigueur est toujours de mise. Laissez-moi vous accompagnez jusqu’à la loge. »

C’est… c’est quoi ce ton doucereux et soumis qu’il me sert maintenant ? Où est passée l’animosité de tout à l’heure ? Le monstrueux molosse des enfers s’est transformé en un gentil chien d’aveugle. C’est… Ça fait peur. Comment une telle hypocrisie est-elle possible ? Non. Non, non, non ! Je ne veux pas faire partie de ce monde !

***

Je ne veux pas faire partie de ce monde. Hors de question que j’affiche le même sourire qui est tout sauf sincère que les gens qui m’entourent. Hors de question de que je mette autant de miel dans mes phrases que tous ces gens qui m’adressent la parole comme s’ils m’aimaient et m’admiraient depuis toujours. Faire mon travail, je veux bien. Faire la potiche, je refuse. Ils me dégoûtent tous ces gens, je ne veux pas leur ressembler. Mais pour combler l’heure d’attente qui reste, je n’ai pas vraiment d’autre choix que de converser avec eux. Au moins de répondre à leurs salutations, parce que je montre ostensiblement mon absence d’envie pour la discussion.

« Je suis ravie de vous rencontrer Madame la Haute-Juge. » Mademoiselle pitié, même le cerbère a eu cette délicatesse. « Je suis Constantin Fastduck, responsable des échanges de biens et services avec les districts. C’est un grand honneur pour moi de me retrouver en votre présence, j’en rêve depuis une année. »

Cet homme est plus petit que moi. Et mes minuscules talons n’y sont pour rien. D’ailleurs, je suis presque certaine qu’il en porte aussi. Mais à part ça, il pourrait dégager un certain charisme s’il renonçait à ses intonations affreusement douces et glissantes.

« Pas moi. »

Par l’espace ! Qu’est-ce que je viens de dire ? Oui, qu’est-ce que tu viens de dire Lanthane ? Je… Je porte ma main à ma bouche. Je n’ai pas réfléchi avant de parler… C’est… Je… Je suis la plus grande quiche de l’univers. Je confirme. Je suis nulle, nulle et encore plus que ça ! Mon interlocuteur a des yeux exorbités, et il a même ouvert la bouche sous le coup de la surprise.

« Je suis désolée, ce n’est pas ça que j’entendais. … C’est simplement que… Que… » Je commence à remettre des mèches imaginaires derrière mes oreilles. C’est très mauvais signe. « C’est simplement que je n’avais encore jamais entendu parler de vous, Monsieur… » Monsieur quoi ? Mince, monsieur quoi ? Il l’a dit à l’instant ! « … Monsieur Fastduck, je ne pouvais donc pas rêver de vous rencontrer. » C’est de pire en pire. Autant arrêter le massacre. « Je suis désolée. »

Je baisse les yeux, m’attendant à une averse de mépris. Il n’y a pas à dire, je ne devrais pas être ici. Ils ont fait une sacrée erreur en me donnant ce poste et j’en ai fait une monumentale en l’acceptant sans même tenter de refuser. Et là, ledit Constantin Fastduck se met à rire. Je ne peux m’empêcher de relever la tête sous le coup de la surprise. Ce n’est même pas un rire sardonique, histoire de dire ‘tu t’aventures sur un terrain dangereux pauvre et naïve brebis’, non, c’est exactement le même rire qu’échangent ma mère et ses amies lorsqu’elles discutent des amourettes de l’absente du jour autour d’un thé et de petits fours. Un gloussement d’autruche en chaleur. Oui, bon, je n’ai jamais entendu une autruche en chaleur glousser, mais je l’imagine exactement comme ça.

« Vous êtes adorable. »

Pardon ? Adorable ? Il… Il a prit des amphétamines ? Ou alors j’ai raté un épisode ? Est-il fou à lier ? Ou… ou…

« Vous apportez la fraîcheur et la candeur qu’il manque aux gens comme nous. »

Je confirme, ils manquent de fraîcheur et de candeur, mais je n’irais pas jusqu’à dire que j’en suis pourvue, ni que ce soit quelque chose de positif. Heureusement, l’arrivée du président m’évite de réagir, parce que je ne sais vraiment pas comment j’aurais pu réagir à ça. Tous les regards se tournent donc vers Logan Nolan Stark et j’en profite pour m’éloigner avec une discrétion toute relative de mon précédent interlocuteur.

L’homme le plus important de Panem récite un petit discours d’accueil que je n’écoute qu’à moitié. De toute façon, je suis sans doute celle ici à qui cette tirade s’adresse le moins. Je fais juste semblant d’être captivée en regardant l’orateur, tout en remuant ma gaffe d’il y a quelques instants. Et heureusement que je faisais semblant, parce que les yeux glacials de Logan Nolan Stark se sont posés sur moi l’espace d’un instant. Ce n’était sans doute même pas volontaire, mais je me suis figée, ayant la sale –et sans doute fausse- impression que ce coup d’œil lui avait suffit pour me cerner de A à Z. Puis il s’est rapidement détourné et j’ai recommencé à respirer. Idiote et intimidable.

Apparemment, il nous a invités à nous installer parce que tous les autres invités se dirigent vers les sièges sur le devant de la loge. Je suis le mouvement, priant pour ne pas me retrouver à côté de Constantin Fastduck. Prière exaucée. Pour une fois que les choses se déroulent comme ça m’arrange… Par contre, la femme à ma droite m’a tout l’air d’être une bavarde. Pour la dissuader de m’adresser la parole, je fixe intensément l’endroit d’où arriveront les chars. Elle comprend le message et me fiche la paix, préférant babiller avec son autre voisin. Je commence à franchement m’ennuyer à regarder rien de toute mes pupilles, quand enfin l’hymne explose dans le Cirque. Et si je n’étais pas assise, je serais sans doute tombée à la renverse en voyant tous les gradins se soulever comme une gigantesque masse hurlante. Mêmes certaines personnes dans la tribune d’honneur ont suivi le mouvement. Tous ces gens sont réunis dans le même élan d’adoration et d’enthousiasme. Ça me… perturbe. Parce que je ne suis pas du tout dans la même ambiance et parce que je ne les comprends pas. Et là, je les vois, je suis à la meilleure place pour voir tous les capitoliens se lever pour vingt-quatre personnes qu’ils méprisaient encore quelques jours plus tôt. Inconsciemment, je jette un regard au président ; il n’a pas bougé, et il n’a pas ouvert la bouche. Euhm… Est-ce que j’espérais en tirer une conclusion ?

Je reporte immédiatement mon regard sur la piste. Le premier char y est déjà, et le deuxième s’y engage. Certains tributs sont beaux, d’autres sont ridicules, mais je m’en fiche. Les statistiques de popularité me sont livrées toutes faites, je n’ai pas besoin de m’encombrer de ça. Je ne sens pas l’aura qu’ils peuvent bien dégager, je les regarde simplement. Je note mentalement qui se contente de jouer son rôle, qui en rajoute, qui essaie de s’y soustraire. J’ai déjà beaucoup d’informations sur eux, mais il m’en faut plus. Qui aime la foule ? Qui la déteste ? Qui va poser problème ? Qui va suivre gentiment les directives ? Qui va devenir fou ? Qui l’est déjà ? Qui va vite mourir et qui va se battre ? C’est mon travail. Les juger et prononcer la sentence.

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Jake Felden
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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Ven 2 Aoû - 7:53

La grande cérémonie d’ouverture commence enfin. Cela va faire environ 12 ans que j’assiste à la cérémonie d’Ouverture. Cette parade majestueuse ou les tributs s’exhibe dans des tenues loufoques, excentriques mais parfois magnifiques. Dès mes 10 ans, je m’exaltais devant ces impressionnants chers et ces costumes en tissu ou les tributs tentaient tant bien que mal de faire bonne impression. Je me souviens d’avoir été frappé par la lueur de peur dans leur visage, de leur parfois vaine tentative de plaire au public. Ils avaient peur, ils avaient peur ces tributs et ça me… plaisait. C’est pervers ainsi mais ça me plaisait de les voir ressentir l’anxiété mêlée à l’excitation. Non, non et non je ne suis pas un psychopathe. Quand j’étais petit, j’avais aussi des envies morbides d’aller dans l’arène… je voulais savoir ce que ça faisait de se battre pour sa survie, j’enviais les tributs, je pensais que ça devait être terriblement excitant. Je suppose que eux ne le voit pas de cette manière. Même encore maintenant, l’envie me prend parfois. Si je pouvais être tribut puis ressusciter à ma mort… je me laisse guider dans des envies de psychopathes. Je m’apprête à rentrer dans les places VIP, c’est ça qui est super quand on est juge, on entre dans le monde des privilégiés. J’aime ça. Je vais avoir une vue magnifique sur les tributs et leur costume… je me réjouis. La foule est immense mais les VIP’s sont moins nombreux, j’ai la douce occasion d’apercevoir plusieurs mentors tel que Ambre Noth, Lucia Eldereth ou encore la sexy Chleo Sullivan ; il y a aussi Lucas Dnierp, l’air ronchon comme d’habitude. Si seulement il n’avait pas gagné, on aurait pas eu un gagnant aussi désespérément plat. Les voir en réalité me frappe mais je dois me rappeler que je suis juge est que mon statut est parfaitement enviable. Je me place confortablement, tentant de me montrer digne et chaleureux. L’image que je donne en public est importante pour moi. Je ne supporterai pas que ma réputation et celle de ma famille par la même occasion, soit salie ; et puis je n’imagine pas la tête de mon père… Je pousse un soupir de contentement, j’ai vraiment hâte de voir les tributs se battre dans une arène sanglante. En attendant, il faut les vendre pour qu’ils plaisent aux capitoliens. Ce soir je ne suis plus le juge la tête dans les papiers qui doit preuve d’une neutralité à toute épreuve, je ne dois plus subir les remarques de Percilla ou les nombreux dossiers de Lanthane. Non, ce soir, je suis libre, je suis moi, Jake Felden, l’adorateur des Jeux de la Faim. Toute la foule est presque en émoi, impatiente de voir ces tributs s’exhiber à la vue du public. Moi plus que tout. Certains tributs m’ont tapé dans l’œil à la moisson, comme la tribut du Trois ou celle du Cinq mais la petite du Onze est pas mal non plus, surtout quand on sait son lien avec Seed, le tribut de l’année passée. Ça rend les choses encore plus intéressantes pour cette jeune fille, c’est d’ailleurs un apport bénéfique du métier de juge : on peut en apprendre sur la vie des tributs. J’aime en savoir plus sur eux et ne pas les considérer simplement comme de la chair a pâté. La parade va bientôt commencer et le public n’attend qu’une chose : de voir les tributs et les costumes excentriques que les stylistes leur ont fait. La population hurle alors qu’une espèce de petite musique nous met en haleine, laissant penser que la parade va commencer d’un moment à l’autre. De ma position de VIP, j’ai une vue idéale. Un immense écran est situé au dessus pour la vue ainsi que plusieurs petits du même genre.

C’est alors que l’hymne de note belle nation s’entend et que un premier char, qu’on ne voyait pas avant, apparaît. Le char du District 1, les applaudissements et hurlements se transforment en un vacarme assourdissant en les voyants, c’est eux qui ouvrent le bal. Je suis subjugué par la beauté de la fille, elle est ravissante dans sa robe ornée de rubis. Le District 2 arrive à son tour et la je manque d’éclater de rire. Nombre sont ceux qui rigolent ou lâchent un son de stupéfaction. Qui est donc le styliste qui a réalisé cette œuvre d’art ? Les tributs du District 2 sont habillés en homme de cro-magnon, avec un simple pagne et un masque ridicule de tête de mort. La fille possède même un soutien-gorge laid comme tout. Ils sont également munis d’une massue qu’ils brandissent l’air menaçant et avec un regard agressif. Les tributs du Deux, si arrogants d’habitude, doivent être tombés de haut cette année ; mais qui a bien pu réaliser cette tenue ? Les District 3 et 4 ne détonnent pas, le Trois est à moitié à poil, le district 4 a une très belle tenue mais sans plus, pas d’originalité. Notez que je ne refuse pas de voir Selena Neiva dénudée. Je manque de sauter sur le plafond lorsque le District 5 défile, leur tenue est magnifique, elles brillent magnifiquement pour faire échos à la lumière et l’énergie. Llevana Bidane, le tribut féminin, est une fois de plus ravissante et semble émerveillée d’être ici. Au tour du District 6, le haut de la tenue est laid puisqu’il forme des espèces de tentacules mais celles-ci s’activent pour dessiner des contours sur le torse. Intéressant. Emrys Thorne et Seirina Galway semblent boudeur au début avant d’être satisfait du résultat, le District 6 sortira t-il de la tombe cette année ? La tenue du District 7 est magnifique, une très belle surprise puisque le styliste innove en proposant une tenue d’elfe des bois. Ca fait du bien de ne plus les voir habiller en arbre. Leur tenue est vraiment réussie, même si les tributs ne m’intéressent pas plus que ça. Le District 8 a eu le gros lot cette année, si le garçon est boudeur, la fille, elle, monte carrément sur le char. Quelle petite sotte ! Cette fille du Huit est décidemment bien effrontée. La tenue du District 9… bof. La fille semble indifférente et le garçon est craintif. Le District 10… une tenue de gardiens de vache, pas très original mais je souris en voyant le sourire niais de la fille du Dix. Le District 10, c’est le nid des simples d’esprits à ce qui parait. Je suis déçu de la tenue du Onze, c’est un empilage de fruits, c’est original certes mais à quoi ça sert ? Trishteh tente de sourire mais on la sent stressée et non naturelle. Le District 12 conclut la parade sans trop d’éclats bien que leur tenue n’est pas trop mal et les Douze Districts défilent au même moment, donnant une communion réussie. La plupart des tributs sont impressionnés par la grandeur de l’endroit, par les feux d’artifice et le pouvoir d’attraction du public. Nous les attirons. Nous sommes ce qu’ils n’ont jamais pu obtenir ou voir de leurs yeux. Je ressens un instinct de fierté d’être capitolien, j’ai de la chance et pourtant… je n’en suis pas toujours satisfait.

Le Discours du Président Stark me passe à travers les oreilles pendant que je regarde les Douze chars placés au même endroit. Oh… j’aimerais tellement être à leur place en ce moment.
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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Mer 7 Aoû - 1:35

« Qu'est-ce que je fous là ? »
Cette question, j’ai dû me la poser une bonne centaine de fois depuis quelques temps. Je ne suis pas sociable, et je dirais même plus… je suis asociale ! Quand je vois une perds de jambe, quand j’aperçois un corps, quand je regarde une perds de pupilles, j’ai soit l’envie de vomir, soit une irrésistible pulsion d’harceler quelqu’un. De le harceler jusqu’à ce que ses nerfs craquent. Le ridiculiser. Lui faire du mal aussi.
C’est une vengeance muette. Une vengeance muette contre cette vie qui me fait souffrir alors que les autres sourient.
Et me revoilà à nouveau parmi une foule en délire. Une foule bruyante, impatiente. Et ces gens, que sont-ils venus fabriqués à une heure si tardive ? Bah voyons… regarder une bande de freluquets déguisés. Si ce n’est pas touchant… Et vous voulait savoir ce qui est encore plus mignon ? Ces gamins que tous ces gens sont venus admirer, ils vont tous crever. Enfin, il y en a bien un qui va survivre, mais étant donné qu’il sera juste démoli psychologiquement, ça revient au même, non ?
Le défilé va bientôt commencer, je le sens dans l’air. Aussitôt, je me retourne. Pas question que je regarde cette absurdité. J’ai beau avoir participé à « l’embellissement » (permettez-moi de rire) de deux d’entre eux, ça ne m’intéresse pas.
Moi, j’ai juste envie d’une bonne bière et d’une clope. De m’enfuir, courir dans la nuit, aussi. Plonger dans cette solitude dont j’ai tant besoin et que je n’arrive (et n’arriverai) jamais à trouver. M’éloigner de cet esprit trop matérialiste qu’est celui de l’homme. Je ne veux plus entendre parler de beauté. Je ne veux plus entendre parler de défiler ou d’apparence. Je veux oublier. Juste oublier.
Oublier la vie et oublier le monde.
Paf. Des rires retentissent. Un flot de rire. Ils viennent de la droite, ils viennent de la gauche, ils viennent de partout. C’est une vague, c’est une mer, c’est un océan d’hilarité qui est entrain de m’engloutir. Je ne me pose même pas de questions. Je sais déjà. Je devine. Mes tributs viennent de passer, j’en mettrais ma main à couper.
Une fois de plus, j’ai obtenu le résultat escompté… J’ai encore produit mon effet. Ridicules, ils ont été parfaitement ridicules. Même moi, j’ai la soudaine envie de rire à gorge déployée. Personne ne connait leur visage. Ce sont des inconnus. Ils vont devenir des Oubliés avant de crever tout seul, dans une arène, sans amis et sans gloires. Quel comble pour des barbares du District Deux qui participent à ces jeux dans le seul but de devenir riches et célèbres…

J’en ai marre. Marre de ces « OOOH » émerveillés et marre de ces « AAAH » déçus. Mais je ne peux rien faire, pas encore. Avec toute cette foule, il m’est impossible de me retirer. Oh, bien sûr, je pourrais provoquer un peu de remue-ménage, pousser quelques personnes, cracher sur les visages de deux, trois gosses et prendre la poudre d’escampette juste après. Mais franchement, il fait si chaud que même moi, Sham Butterfly, la pire des salopes, n’en n’ai pas la force. Et pourtant, Dieu sait à quel point j’en meurs d’envie.
J’ai envie d’hurler à plein poumon. De dire à tous ces gens qu’ils sont bien bavards et bien inutiles. Puériles. Stupides.
Jouir sur place à cause de quatre morceaux de tissus pailletés, ou bien crever de déception à cause d’un sac poubelle mal camouflé… Non mais les gars, revoyez vos listes de priorités…
Et après, on dit que la petite Shamy est folle et paranoïaque. Mais franchement, regardez-moi ces bandes de zouaves, capable de s’extasier pour si peu. Qu’on ne soit pas étonnés, si après, j’ai juste envie de me foutre une balle dans la tête. Sérieusement.
J’ai quand même une raison de me réjouir. Ces sales gamins hypocrites doivent sans doute passer un moment encore plus désagréable que le mien. Ça me rassure.
Ouais, hypocrites, vous avez bien lu. Oh, je sais bien que certains d’entre vous vont être ulcérés en lisant ces quelques lignes pendant que vos esprits crieront :
« Elle ose traiter des enfants d’hypocrites, alors qu’ils s’en vont vers une mort certaines et de grosses tortures psychologiques ! »
Mais mes amis… Des marmots non-hypocrites qui se plaignent sans cesse de la nouvelle réforme, à savoir les Hunger Games, se porterait-ils volontaires ? Seraient-ils capables de tuer l’un de leur semblable pour amasser fortune et reconnaissance éternelle ? Non. Heureusement, ils ne sont pas tous dans ce cas. Mais ils tuent tous. Tous, sans exceptions, à part ceux qui n’en ont pas le temps. S’ils étaient vraiment révoltés par leur sort, croyez-moi, ils se rebelleraient, quitte à mourir. Mais pas un seul n’en a le cran. Pas un seul. Ils ont tous étaient fait à l’image de parfait moutons.
J’ai l’irrésistible envie de me retourner, simplement pour les entendre bêler… ces esclaves de la société.

Tiens, les gamins du Douze sont passés ; je le sais, je l’ai entendu. Ce n’est pas trop tôt. Je n’en peux plus. Quelle chaleur aussi. Quel monde ! Pas étonnant que je sois au bord de l’évanouissement… Et encore, je n’ai même pas regardé le défilé.
Mais maintenant, c’est fini. Fini. Enfin !
J’essaie de me frayer un passage dans la foule, il est inutile pour moi de rester. Je me faufile. Je pousse. Je pince, parfois. J’essaie, en vain, de m’éloigner de ces immenses vagues humaines.
C’est une erreur. Car à chaque fois, quelqu’un me reconnait, m’interpelle. Au diable toutes ces personnes qui ont adoré mon sens de l’humour. Je veux me barrer de là, vous ne l’avez pas encore compris bande d’idiots ? Laissez-moi passer !
Je me démène. Je lutte. Je fais tout mon possible. Et la sueur coule. Et j’ai soif. Et une chaleur folle émane de ma peau douce.
« Oh mais voilà Mlle Butterfly. Excellente votre petite blague, vraiment. Pourrais-je avoir un autographe ? »
Je me retourne et fixe le vieil homme qui vient de m’aborder. Il s’est teint les cheveux en doré, a le visage constellé de diamant et de rubis. Il me dégoutte. Comment ose-t-il me parler ? Comment ose-t-il me retenir ? Je me mets à sourire.
« Crève vieux con ! »
Je me jette sur lui. Comme une lionne, j’hurle, je griffe. Je sens les regards sur moi, mais quelle importance ? Je veux juste être seule, est-ce si difficile à comprendre ? Non. Je relève la tête. Beaucoup de personnes restent immobiles, complétement paralysées, comme si, en réalité, la folie était une vertu qu’elles ne connaissaient pas. Très bien, continuez à faire les statues, ça me va très bien. Je me retire d’un pas rapide et tourne enfin à l’angle d’une rue.
C’est une rue sombre. Une rue déserte aussi. Dans ce dédale de mur, résonne ce silence que je cherchais. Je respire un bon coup. Une fois. Deux fois. Trois fois. Je retire mes sandales, les jettes sur un trottoir et m’élance sur la chaussée au pas de course. Je cours seule, pieds nus, dans une rue dont je ne connais pas le nom. Je cours dans la nuit. Une nuit noire et silencieuse. Et j’aime ça. Je revis. J’essaie d’oublier. D’oublier cette foule, d’oublier ces gens. D’oublier l’être humain.

Je cours depuis un bon moment déjà. Mais cette chaleur de tout à l’heure, ne me quitte pas. Elle me colle à la peau. Semble me suivre à la trace. Mes yeux se lèvent vers le ciel. On ne voit pas d’étoiles. La ville est bien trop lumineuse, bien trop flamboyante pour ça. Et c’est bien dommage. Les étoiles font naître le rêve, renforcent l’imagination. Sans étoiles pour nous contempler, comment pouvons-nous faire pour nous évader ?
Je ne sais pas.
Tout ce que je sais pour le moment, c’est que mes pas semblent me guider petit à petit vers l’extérieur de la ville.
Et peut-être que de là-bas, je pourrais enfin respirer.
Respirer et voir les étoiles.
Les étoiles.
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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Mer 7 Aoû - 18:00



la cérémonie d'ouverture

19h45. Je maugrée contre moi-même. Je savais bien que j'aurais dû arriver plus tôt. C'était évident que tout le Capitole allait affluer vers le cirque pour voir la cérémonie, le défilé des tributs. Tous voulaient les meilleurs places, pour avoir la meilleure vue et être le plus proche des tributs. Ils ne me feraient pas de cadeaux. Et moi, sombre idiot que je suis, coincé dans une foule agitée, je n'ai même pas eu la présence d'esprit d'acheter une place. Je l'ai simplement réservée. Je joue des coudes pour parvenir au guichet sans succès. On me pousse, me pince, me marche sur les pieds ... un vrai calvaire. Je soupire, et essaie de garder mon calme. Patience est le maître mot. Je parviens enfin au guichet, et décroche une place. Je présente le billet au pacificateur, qui me laisse entrer sans prendre la peine de le regarder. Sécurité maximale comme on dit. Je m'engouffre sans réfléchir dans les longs couloirs du cirque, et arrive enfin aux gradins. Je me démène pour trouver ma place, et m'installe éreinté sur le siège qui m'est destiné. La soirée aurait pu être parfaite si je n'avais pas une vue sur mes géniteurs. Je les avais oubliés. Ça fait tellement longtemps que je ne les ai pas vu..
19h57. J'essaie d'oublier la présence de mes "parents" et me concentrent sur les portes massives par lesquelles vont sortir les chariots. Chose qui se révèle compliquée, étant donné les excités que j'ai devant moi. Non seulement ils ne cessent de bouger, mais en plus, ils portent des perruques qui mesurent trois mètres de haut. Je ne suis vraiment pas chanceux ce soir.
20h pétantes, l'hymne de Panem explose et retentit dans tout le pays. Est venue le temps de l'ouverture des portes, très attendu. Apparaissent une paire de chevaux puis le premier char. Le district un étant celui des bijoux et du luxe, il est comme toujours largement favorisé par rapport aux autres districts dans ce genre de parade. Certes les tenues son réussies, mais je trouve qu'elles ne changent pas vraiment des anciennes, et ne sont pas très originales. Le garçon est en costume orné de quelques pierres précieuses, la fille brille de mille feux dans sa robe dorée et argentée parsemée de rubis. Souriante, elle nous lance des petits clins d'oeil. Son partenaire fait de même. Mais je n'ai pas le temps de m'attarder sur leurs chars car j'entends venir des rires moqueurs. Je me retourne et là, je ne puis m'empêcher de rire. Le district deux n' pas eu de chance cette année! Les larmes aux yeux, j'arrive quand même à distinguer deux personnes vêtues de peau d'animaux, massues à la main, casques en têtes de morts vissés sur le crâne. J'ai une once de pitié pour eux, mais elle disparaît immédiatement après avoir reçu le regard noir de la jeune fille à l'horrible soutien-gorge. Les chars du trois et du quatre passent sans que je ne m'en rende compte. Le deux n'est certes pas à son avantage, mais au moins il aura retenu l'attention de pas mal de gens. Le cinq fait son apparition illuminé dans du bleu électrique. La fille est mignonne, certes, mais ce n'est pas elle qui m'intéresse. Arrive le district six, et mon favori avec: Emrys. Je ne saurais dire si j'apprécie ou non ces tenues. En tout cas, on ne peut nier que ce sont les plus originales. Leurs bas étaient bouffants, et sur le haut de leurs corps étaient dessinés de grandes arabesques majestueuses. On ne pouvait que saluer l’imagination du styliste après tout. Mon attention se portait seulement sur Emrys, que j'avais vu hier soir. Malgré la foule, il m'aperçut, léger sourire aux lèvres, ce qui me rendit très heureux. Le Char suivant, celui du district sept avait des tenues impressionnantes. On aurait dit des guerriers elfiques. Les tenues du huit ne me transcendent pas, je me rappelle juste de l'expression du garçon, qui n'arrêtait pas de grimacer. Des épis de blés pour le district neuf, des gardiens de vaches pour le dix, puis des fruits pour le onze et enfin le douze en noir et en diamants. Les chars se placèrent en arc de cercle face à la loge présidentielle. Puis le président fit son discours, mais comme chaque année je ne l'écoutais pas. Puis vint la fin de la cérémonie, et le départ des chars, sous les regards émus de nombre de jeunes filles qui avaient trouvé là des tributs à leurs goûts. Exaspéré, j'empruntais le chemin de sortie. J'envisageais de rentrer chez moi, avant qu'une autre idée ne me vienne en tête. Nous étions au capitole, la fête était de mise, et pour tout bon capitolien, il est toujours intéressant de parler des jeux qui allaient suivre.

La nuit ne fait que commencer.






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Angel Del Nero
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MessageSujet: Re: La Cérémonie d'Ouverture ~ 16 ème édition [Public] Dim 11 Aoû - 21:54


“Les animaux d'une même espèce ne luttent jamais à mort ; le vainqueur épargne le vaincu. L'espèce humaine est privée de cette protection.”



La moisson. Cet instant même où la vie de chaque enfant ne tenait qu'à un fil. Cette année, Angel avait échappé aux Districts. Heureusement d'ailleurs. Les regards que lui jetaient la plupart des parents, des amis, voire des mentors avaient fini par la faire exploser. Comme si elle y était pour quelque chose ! Et s'ils ne bougeaient pas leur cul, la situation risquait d'aller en s'aggravant ! Mais bon, il ne faut pas trop leur en vouloir. Ils ne vont quand même pas mourir pour leurs chers progénitures. Ce serait trop demandé. La pacificatrice envoya valser la bouteille de vodka vide qu'elle tenait dans la main. Une de moins. La moisson … Pourquoi y repensait-elle ? Ah oui, les tributs venaient d'arriver. Les trains les avaient déposés près de la Résidence, où chacun avait pris ses quartiers, avait dévoré des repas fournies, bien plus que ce qu'ils devaient manger dans leurs pauvres Districts pour la plupart. Et cela avait fait remonter les souvenirs de la moisson. Ces gamins qui, parfois, s'étaient portés volontaires pour mourir. D'autres fois, leur sort était scellé à l'avance, comme si seul leur nom était écrit en de multiples exemplaires dans l'urne. L'une des filles était une tueuse, une folle. Du District Huit bien sûr. Et une autre avait été condamnée par les hautes instances des Pacificateurs. Était-elle au courant ? Probablement. Et une dernière était, selon les registres et les enquêtes, enceinte. Voilà qui promettait des Jeux mouvementés ! Pourtant, il ne fallait pas oublier les jeunes hommes. Entre le gamin de Quatorze ans et l'alcoolo-drogué du Un, ils étaient vernis aussi ! Un sourire se dessina sur le visage d'Angel. Le Capitole s'était surpassé pour ouvrir un spectacle digne de ce nom à ses habitants …

On toqua à sa porte. Brutalement. Elle laissa faire. A quoi bon bouger ses fesses ? Aucun intérêt, d'autant plus qu'elle était parvenue à refiler sa garde à Phoenix, ce pauvre andouille qui lui servait de collègue à l'occasion. Il devait s'occuper de surveiller le défilé des chers tributs qui auraient certainement lieu dans quelques heures. Enfin, si Angel ne se trompait pas de jour. Depuis combien de temps n'avait-elle pas mis un pied dehors ? Assez pour que son frigo soit vide et les bouteilles d'alcool renversées et brisées un peu partout dans la pièce. Les bruits se firent de plus en plus insistants à sa porte. Pourtant, elle laissa courir. Ses doigts attrapèrent le paquet de cigarettes et le briquet posés sur la table basse. La tueuse s'apprêtait à en allumer une quand la porte explosa littéralement dans son dos. Elle sursauta, se redressa brutalement et jeta un regard noir à l'arrivant. Tranquille ! Elle voulait être tranquille ! Pourquoi était-ce impossible ? Juste une fois …

« Désolé pour ta porte. Mais bon, je pensais qu'il t'était arrivé quelque chose de grave pour que tu ne répondes ni aux appels, ni aux coups à ta porte ».


Angel hocha la tête très doucement. Comme s'il en avait réellement quelque chose à faire. Elle resta pourtant silencieuse. Il allait se lasser et partir. Du moins, elle l'espérait. Parce qu'elle avait beau être sa supérieure directe, le jeune homme avait l'habitude de jouer avec ses nerfs. De la titiller. Heureusement qu'il savait s'arrêter à temps … Il jeta un regard critique à la pièce et fit un signe à quelqu'un resté sur le palier. Une petite dame au visage ridé mais bienveillant entra. Une mine horrifiée détruisit ses traits si doux. Angel baissa les yeux, comme une enfant prise en faute. Evidemment, la pièce n'était pas très propre. Cela ne l'avait jamais gêné vu le peu de temps qu'elle y passait. Pourtant, aujourd'hui, elle se sentait honteuse.

« Le chef t'attend et il n'a pas l'air de bonne humeur. Certainement parce que tu as refilé au chouchou des hauts gradés ta garde pour surveiller le défilé. Le Président l'aurait préféré à ses côtés. »

« Je n'y suis pour rien. On a parié, il a perdu. Un point c'est tout. Et puis il était temps qu'il revienne parmi les petits pacificateurs dans notre genre ! »


Agacée, Angel se releva et alla s'enfermer dans sa salle de bain. Ses affaires étaient déjà prêtes. Elle se souvenait … Au travers de la brume. Le matin même, elle avait sorti des habits passe-partout au cas où elle veuille aller admirer les tributs … Bien lui en avait pris on dirait ! Une douche rapide suffit à enlever traces et odeurs de sa journée … Mouvementée. Lorsqu'elle sortit, habillée et séchée, la vieille dame avait déjà arrangé tout son petit salon. La jeune femme resta bouche bée. Elle la remercia d'un marmonnement avant d'attraper son téléphone portable et de quitter les lieux, suivie du Deuxième. Son portable vibra entre ses doigts. Elle observa le message, et un sourire se dessina sur ses lèvres. Le jeune homme affichait un air étonné en regardant sa propre technologie et secoua la tête en désespoir de cause. Angel le planta là. Elle hésita longuement sur la marche à suivre. Devait-elle vaguer à droite et à gauche ? Ou quand même aller voir les petits ? Son esprit pencha pour la deuxième option. Cette année reviendra à sponsoriser de nouveau. Autant voir la tête de ses futurs chouchous …

Elle arriva en avance. Pas mal en avance. Pour une fois. La pacificatrice s'installa au premier rang, au milieu de la grande artère dans laquelle défilaient les condamnés. Des places réservées habituellement aux VIP. Very Idiot Person surtout ! Ses collègues ne lui avaient pourtant fait aucune remarque. Peut-être était-ce à cause de l'épée qui lui barrait le dos, des pistolets accrochés à sa ceinture. La foule arriva alors. Par vagues. La plupart se place loin d'elle. Puis les arrivants sont obligés de s'approcher. A contrecœur. La peur se lisait dans leurs yeux, elle luisait à la lumière des réverbères multicolores. Au bout de ce qu'il lui semblait être des journées entières, le Président apparut. Dans sa loge toute décorée de pierres précieuses et de couleurs vives. Beaucoup paierait pour être à ses côtés. Angel s'y tenait le plus loin possible. Il était son supérieur et son employeur. C'était largement suffisant comme ça.

Logan Stark se lança dans un magnifique discours, la jeune femme n'en doutait pas. Mais elle n'y prêta aucune attention. Ses yeux étaient fixés sur la sortie des chars. Ils s'avancèrent dès le dernier mot du Président, comme si tout était calculé au millième de secondes près. Ce qui était le cas. La tueuse observa le char du Un passé devant son regard, puis celui du Deux. Evidemment, leur tenue était splendide. Tous les stylistes rêvaient d'habiller les carrières. Sauf pour le Deux cette année, mais elle ne s'en formalisa pas. Angel s'en détourna rapidement. Elle ne leur trouvait aucun intérêt. Ils faisaient simplement partie intégrante du spectacle. Dans l'arène, ils tuaient. Ils étaient nés pour ça. Leur existence même s'articulait autour des Jeux et de leur victoire à ceux-ci. Pourtant, l'année dernière, ils avaient péri. Et la jeune femme avait beau ne pas apprécier Dnierp, elle ne pouvait s'empêcher de jubiler de la défaite des Districts-Rois.

Les chars défilèrent devant ses yeux. Son esprit jugeait chacun des tributs. Elle analysait d'un regard leurs postures, leur aisance. Certains s'attiraient les faveurs des futurs sponsors d'un seul coup d’œil. Angel passait alors rapidement dessus, les ranger dans un coin de sa tête. Elle cherchait la perle rare. Celle à qui on ne prêtait pas forcément attention. Dont le potentiel était caché. Mais qui était là. Plusieurs l'attirèrent comme un papillon va se brûler les ailes dans la lumière. Pourtant, ce n'était que des petites pierres. Elle souhaitait trouver le diamant brut qu'elle mènerait à la victoire. Qui se réveillerait au milieu de l'arène, puis se battrait jusqu'au bout. Peut-être que ce sera cela, la victoire … Pas la gloire ou le fait de rester en vie … Juste ne jamais abandonner … Angel secoua la tête et se reconcentra sur le défilé. Juste à temps pour voir passer le char du Onze. Et la jeune fille, pas forcément à l'aise dans son costume fruité. Mais qui pourrait se déchaîner dans l'arène, faire preuve d'une intelligence que d'autres n'ont pas. Une ingéniosité. Pour tuer sans toucher. Pour jouer avec les gens. Voilà qui allait être bien plus intéressant …

La tueuse se leva et s'éclipsa, le visage de sa favorite en tête. La voix du Président lui parvenait, de plus en plus lointaine. Elle savait que les chars n'allaient pas tarder à disparaître, les tributs allaient rentrer dormir la boule au ventre, s'interrogeant sur le bain de sang qu'ils ont si souvent vu sur les écrans géants de leur District. Puis les entraînements commenceront. Angel entendait les éclats de joie des Capitoliens dans son dos. Un soupir quitta ses lèvres tandis qu'elle rentrait chez elle. Une bonne nuit de repos et elle serait prête à attaquer la journée du lendemain pour chercher la petite perle du Onze ...

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But never forget that if you don't stand for something, you'll fall for anything ..."
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