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La Moisson des 16e Hunger Games.

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Logan N. Stark
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♣ Nombre de message : 806
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MessageSujet: La Moisson des 16e Hunger Games. Dim 7 Juil - 20:49

« Suivant. »

Prendre le nom, aiguille dans le doigt, sang sur le registre.

« Suivant. »

Et rebelote.

Les enfants défilent. Ils me donnent tous leur nom, je fais la correspondance dans la base de données, mais sans même l’entendre. Je ne pourrais pas me souvenir d’un seul visage. Pas d’une seule voix. Pas d’un seul nom. Je suis certaine qu’ils trouveraient ça inhumain s’ils savaient. Oh mon dieu ! La méchante pacificatrice nous enregistre pour un jeu macabre et totalement injuste et n’a même pas la décence de montrer un peu d’intérêt pour nous, pauvres petits êtres sur le point de mourir sans raison ! Personnellement, je me considère juste pragmatique. Je suis en train de faire une tâche fastidieuse, je m’arrange pour qu’elle le soit le moins possible.

Mes « Suivant. » aigres rythment le temps. Je refais les mêmes gestes, encore une fois. Encore une fois. Encore une fois. Mon casque blanc brille à côté de moi. « Suivant. » Prendre le nom, aiguille dans le doigt, sang sur le registre. « Suivant. » Je remets rapidement une mèche derrière mon oreille. « Suivant. » Nom, aiguille, registre. « Suivant. »
Caius surgit soudain dans mon dos et aboie :

« On doit être prêts dans cinq minutes, dépêche.
- Je peux pas aller plus vite que la lumière, je rétorque méchamment sans daigner le regarder. Suivant. On sera prêt quand on sera prêt, et tu peux dire au maire d’aller se brosser s’il est pas content. Suivant. »

Prendre le nom, aiguille dans le doigt, sang sur le registre. « Suivant. » La file semble ne jamais vouloir se tarir. Il y a vraiment autant de gamin dans ce district ? Il faudra que je pense à demander une mutation pour l’année prochaine. Genre le Capitole. « Suivant. » Nom, aiguille, registre. « Suivant. »

« Je me fous de la vitesse de la lumière. T’as fini dans trois minutes ou ça va mal aller pour toi. »

Mais il est encore là, lui ? Qu’il prenne une chaise, un registre et une aiguille au lieu de gueuler ! « Suivant. » Je ne prends pas la peine de lui répondre, au cas où il serait déjà parti. « Suivant. » Nom, aiguille, registre. « Suivant. » Prendre le nom, aiguille dans le doigt, sang dans le registre. « Suivant. »



« Suivant. » Je tends l’aiguille mais aucune main ne vient à sa rencontre. Il n’y a plus personne en face de moi. J’ai enfin fini ! Enfin ! Je me laisse aller contre le dossier de ma chaise. Je suis dos à la scène, mais j’entends clairement l’hôtesse nous lancer avec un ton débile :

« Joyeux Hunger Games à tous et puisse le sort vous être favorable ! »





[HJ] Je vous rappelle que la Moisson est obligatoire pour les tributs; notée tout du moins. C'est un rp libre, libre a vous donc de poster comme bon vous semble. Vous pouvez bien sur vous arrangez entre vous pour vous retrouver. Vous avez une semaine pour poster votre avant-moisson, soit jusqu'au Week-end prochain. Nous passerons ensuite a la deuxième partie de la Moisson qui sera le tirage au sort des tributs. Si l'un de vous souhaite se porter volontaire pour cette Edition, merci de vous manifester en l'ajoutant en spoiler dans l'avant moisson ou en m'envoyant un MP si vous souhaitez le garder secret. Bon jeu et Happy Hunger Games !
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Mathys Krowey
+ District Huit +


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♣ Age réel : 25


MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Lun 8 Juil - 19:12



La lune s'éclipse sous les rayons trop lumineux de notre cher astre solaire. Voici le petit matin qui se lève avec ses bruits étranges, ses vies qui fourmillent tout près de nous, ses... ses ronflements ?!
Un regard émeraude s'ouvre sur un environnement tout de vert vêtu. Que fait-il là ? Ses yeux s'arrondissent de surprise avant de se refermer délicatement. Ce n'est pas encore l'heure. Pas encore... Il peut encore se reposer et dormir d'un sommeil paisible. Encore un peu...

« Putain de bordel de merde de... ! » Ma voix se perd dans le ciel où la cime des arbres s'arrêtent.

En retard, en retard, j'suis en retard ! Putain c'est étrange, ça me rappelle quelque chose, je vois pas quoi mais j'ai l'image d'un lapin avec une montre... Euh ok je déraille ! Le soleil ne tape pas si fort que ça pourtant... Je lève un instant les yeux au ciel tout en évitant une souche qui cherche à me faire tomber. Nan mais j'suis à la bourre alors la nature, tu me fous la paix ! J'esquive des arbres, des racines, des pierres, rapide autant que je le puis. Il faut dire, c'est assez ardu avec un seul œil, mais c'est faisable. Le village se profil à l'horizon tandis que les minutes s'égrènent et que je sens mon cœur battre à grand coup de tambour dans ma poitrine. Va-t-il tenir jusqu'à ce que j'arrive ? D'un côté, je souhaite que non. De l'autre, j'espère quand même un tout petit peu au fond de moi que je serai là à temps pour voir les moissonnés. Pas que les futurs tributs est une réelle importance à mes yeux, seulement pour bien me foutre de leur gueule et être un brin agacé de ne pas avoir été moissonné une énième fois. Mais chut, cette seconde partie est un secret, alors tenez vos langues bande d'indiscrets !

Je passe par chez moi, loin de m'attarder tant les échos de la foule au loin en disent long sur l'avancée de la cérémonie du jour, afin de passer un t-shirt qui me semble plus approprié pour la circonstance. Enfin, disons qu'il est propre, quoi ! Parce que dans l'originalité, on ne peut pas faire pire... Ah si ! Rectification, on peut : quand on voit celui du mec là, de l'an dernier. N'empêche qu'il avait dû se peindre dessus mais j'avais adoré ! Il avait la classe à mes yeux. Limite plus que Lukas ou l'autre débile d'Aryel. Alors, pourquoi – me demanderez-vous – mon tricot est-il si surprenant ? Propre mais troué si vous voulez savoir. En vrai, c'est celui que je portais le jour où j'ai perdu l'usage de mon œil gauche. Ouais je sais, point de vu fétichisme, on ne fait pas mieux.

Toujours est-il que quand j'arrive sur la grande place – la seule que ce pauvre petit district compte – la voix stressante, déplaisante mais risible de notre chère présentatrice aux couleurs tape à l'oeil et extravagantes est la première chose que j'entends. Sympa comme commencement. J'ai au moins la pensée risible de me dire que la mort vaut tout comparé à être un Capitoliens aux pensées arrêtées. Je la regarde se dandiner en prononçant ces maudites paroles qui sonnent comme le glas de la fin. Mes yeux se perdent finalement dans la foule d'enfants qui se confond à mes yeux. Couleur. Du gris, du noir et du blanc... Nous faisons bien pâle figure tous autant que nous sommes et pourtant j'ai toujours en tête cette pensée idiote. Je suis heureux, voyez-vous. Heureux de ne pas être un de ces foutus moutons. Heureux parce qu'aujourd'hui c'est LE jour que j'attends depuis une année entière. Parce qu'aujourd'hui, je le sens au fond de moi, c'est la bonne. Il faut y croire. Espérer. Mais pas trop, sinon la chute est plus que vertigineuse. Mais quand même suffisamment sinon ça peut ne pas se réaliser. Mamé et ses conseils à la noix. C'est comme l'histoire de goules et de zombies. Con, comme je suis naïf ! Mais c'est comme ces histoires qu'on vous racontait petit, bien lovés dans vos lits... Au fond de nous, on veut y croire. C'est tellement plus merveilleux que la réalité. Tellement plus magnifique. Tellement plus... Magique.

Toujours le sourire au lèvres, mes yeux émeraudes se posent sur ceux de mon frère, aussi verts que les miens. Il me lance un de ces regards qui devraient me faire peur. Cependant, loin de m'effrayer, je sens mes lèvres s'étirer encore plus. Je le vois jouer des épaules comme s'il allait venir me filer la rouste de ma vie. Va-y, essaie juste ! Je lève mon menton en guise de défie, significatif d'un "ose" clairement visible. S'il savait comme j'attends que ce qui me sert de soeur soit tirée au sort ! S'il savait la délivrance qu'une telle nouvelle me ferait. S'il savait, il me bousillerait en moins de deux, juste pour me voir chuter. Juste pour le plaisir de me voir souffrir. Juste parce qu'il a toujours eu ce sadisme en lui, derrière ses petits airs de gentils garçons un peu benêt sur les bords.

Je détourne mon regard avec dédain, tout en évitant de frôler le moindre corps de cette foule plutôt compact. Oh les gens ! Bougez... Restez pas planter là comme des piquets attendant que le vent vous délogent ! Enfin, le vrai message sous entendu est plutôt : ne me touchez pas bandes de moutons attardés ! Eh oui, le contact physique et moi font toujours trois... Cherchez pas, je suis né ainsi, je mourrai ainsi. Point.

« Bordel... »

Le sourire que je présentais à la vue de tous se dissipe tandis que les deux mots que la présentatrice a prononcé pénètre dans ma tête avec force.

_________________



    ϟ La vie est un rêve ;
    c'est le réveil qui nous tue

    C'est le glas de la mort
    Qui sonne notre fin à tous
    Mourrons
    Mourrons
    Braves que nous étions
    Chanceux ou bien malchanceux
    Fous que nous deviendrons



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Lucas Dnierp
+ District Huit +


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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Ven 12 Juil - 13:59

Moisson. Ce mot qui possède une connotation si négative, si terrifiante et si sombre pour les districts. Moisson, mot contenant 7 petites lettres attachées entre elles et qui pourtant signifie généralement un jour particulièrement douloureux pour des millions de personnes, teintés d’angoisse et de crainte : serais-je pris cette année ? Mon petit frère a t-il ses chances ? Si ma fille est moissonnée, que vais-je bien pouvoir faire ? Autant de questions angoissantes que peuvent se poser les habitants d’un district en ce sombre jour. La question que je me suis posé l’an passé à la même époque est simple : ais-je vraiment mes chances d’être moissonné ? Je pensais que non, mais une main en a décidé autrement et c’est mon nom qui en est sorti. Pensais-je vraiment que c’était moi qui allais entrer dans l’arène ? Non, je ne le pensais pas, je m’étais préparé psychologiquement mais cela me paraissait impossible, ça n’arrive qu’aux autres, c’est toujours ce qu’on se dit, même inconsciemment, on n’imagine pas que la foudre pourrait s’abattre sur notre propre famille et détruire tout sur son passage. Jusqu’au jour ou ça arrive et ou on est bien obligé d’en assumer les conséquences. Je suis étendu sur mon lit comme l’année passée, même heure ; toujours le même cauchemar. Je m’imagine être de retour dans l’arène ou plutôt de ne l’avoir jamais quitté, en train de tuer tout le monde sur mon passage pour m’assurer une seconde victoire, sauf qu’au final, même en ayant gagné, je suis toujours enfermé et personne ne vient me chercher, pas un hovercraft, rien… je reste planté la, dans cette arène désertique, attendant désespérément un signe de vie, traquant pour un autre tribut à abattre… sauf que tout les tributs sont morts… et personne ne vient me libérer, personne. Jusqu’au moment où je décide de m’emparer d’un couteau et de me trancher la gorge, ne supportant plus cet étouffement et cet enfermement. Mon rêve se termine toujours comme ça car la réalité est simple : je suis toujours dans l’arène. Pour les gagnants, l’arène ne se termine pas réellement jamais et quand on pense qu’elle est derrière nous, que c’est du passé, les souvenirs reviennent à la charge et surtout il y a cette moisson ou deux autres enfants seront piochés, pour nous donner cette responsabilité en plus, ce poids sur nos épaules. Pourtant, j’ai comme un pressentiment, les gamins qui auront le malheur d’être piochés, ils ne survivront pas, dire que tout le district est en émoi et gratifié par l’espoir depuis ma victoire… il est vrai qu’Alea avait déjà gagné deux années auparavant mais cette année sera différente, les habitants vont vite tomber des nues et leur idéaux seront détruits.

Je me lève et m’habille rapidement, il est temps de me rendre au cimetière. J’habite maintenant dans une grande maison dans le village des vainqueurs, je suis voisin d’Alea qui elle, habite semble t-il avec ses parents. J’ai choisis de vivre seul, à 18 ans à peine car je ne voulais plus subir la constante angoisse de mes parents sur les dos. Remarquer, depuis que je n’habite plus avec eux, ils se rongent encore plus les sangs mais au moins je n’ai pas à subir leur stupides conseils de survie pour survivre dans une maison, surtout que je me débrouille sans problème. J’ai appris à gérer ma richesse, enfin maintenant, parce qu’avant… j’essaie de chasser de mon esprit les nombreuses conneries que j’ai pu faire après mon retour des jeux car des conneries, oh ça, j’en ai fait. Après ma tournée de victoire au capitole, j’ai déjà commencé à profiter de ma notoriété pour obtenir des plaisirs faciles, avec des filles d’ailleurs, qui n’ont pas pu résister à l’attrait du nouveau gagnant. Lorsque je suis revenu au District, j’ai cru que tout allait aller pour le mieux… grave erreur. J’ai mal vécu mon retour de l’arène, comme si je n’acceptais pas que la vie retourne à son cours normal…et puis il y a eu le suicide d’Aria et à partir de la tout a commencé à dégénérer, alors je me suis dit que la vie n’était qu’un jeu, un jeu macabre et qu’il était inutile de la prendre au sérieux alors autant profiter sans se soucier du regard des autres. A partir de ce moment, j’ai enchainé les séjours au capitole, pour le fun pour m’amuser, le capitole m’inspirait un profond dégout et paradoxalement, je ne pouvais m’empêcher de profiter de son immense richesse et de ses immenses possibilités. J’ai couché avec des filles, comme ça, puis je les ais jetées comme les dernières des merdes, ces filles… je les considère comme plus bas que terre, ce sont des capitoliennes idiotes et attirées uniquement par l’attrait de ma victoire. Du coup, j’ai en droit à une réputation salie par les médias, certaines de ces filles se sont manifestées pour salir mon nom, pour raconter à quel point je leur avais brisée le cœur… idiotes. On a aussi dit que j’étais alcoolique et drogué, ce qui est faux, ce qui est vrai c’est que j’ai abusé avec l’alcool et par moment, quelques substances illicites mais j’ai arrêté, quand je me suis rendu compte que c’était trop, qu’il était temps d’arrêter de déconner, enfin, disons que j’ai eu droit à un électrochoc en la présence parentale, or, je déteste qu’on me fasse la morale mais j’ai bien du reconnaitre qu’ils avaient raison en serrant les dents. Alors j’ai arrêter de me rendre au capitole pour des virées nocturnes et je suis retourné au district, avec l’intention de ne plus jamais retourner dans cet endroit de malheur qui avait finis par me révulser au plus haut point. Après m’être laisser égarer dans mes pensées, je m’habille et sors dehors, tout en profitant pour fumer une cigarette, je sais c’est mauvais pour la santé mais je m’en fous. Voila une mauvaise habitude que je n’ai pas perdue… fumer, c’est devenu une addiction que je n’ai pas envie d’arrêter, les cigarettes proviennent du capitole donc sont de qualités suffisantes que pour être profondément addictives. Ce matin, c’est le matin de la moisson qui commence à 14H, je m’étais promis d’aller au cimetière ce jour-la, c’est important. J’appelle un taxi et m’y rend de suite.

Je pénètre dans le cimetière du District 8, un immense cimetière entouré par des barrières, il n’est pas si peu courant de voir des gens mourir de faim dans le district. Un enclot du cimetière est réservé pour les tributs morts, en tout, 28 tributs ne sont jamais revenus vivants des jeux. Parfois, certains membres de leur famille sont enterrés avec eux, c’est le cas pour Aryel et sa sœur jumelle, Aria. Arrivé à l’enclot, je contemple avec tristesse le nombre de tombes qui s’y trouvent… voila tout ce que le capitole à tuer grâce aux Hunger Games… sans oublier tout ceux qui sont morts de faim, de soif ou qui se sont fait exécuter sur la place publique. Je m’approche des tombes, l’ambiance est morose, je vois le nom de tous ces tributs qui n’ont pas survécus, je vois aussi celui du cousin d’Alea, qui est mort mais aussi la tombe de Jon et Mary, les deux tributs de la 14e, décédés eux aussi. Enfin, je rejoins la tombe d’Aryel et d’Aria qui sont couvertes de fleurs. Aria était la sœur jumelle d’Aryel, elle la protégeait et assurait sa survie, leur survie, elle était le roc sur lequel elle pouvait se reposer… jusqu’à sa mort. Je suis venu la voir, Aria, alors que je ne la connaissais pas et puis petit à petit, on a appris à se connaître et je pense que j’ai développé une sorte de sentiment de protection pour elle, c’était une fille fragile et attachante mais elle ne parvenait pas à surmonter la perte de sa sœur, elle ne parvenait plus à survivre. J’ai essayé de l’aider mais comme d’habitude j’ai gardé mes distances… à tort ? Probablement, puisque elle s’est suicidée deux mois après, pendue dans sa chambre… je vous laisse imaginer l’horreur lorsque j’ai appris la nouvelle, ma colère contre le capitole est ressortie plus profondément, encore plus vivace. C’est la que j’ai commencé à déconner, son suicide aura été la goutte d’eau qui a fait déborder le vase. Maintenant, je me suis promis que non seulement je garderai les barrières rapprochées mais qu’en plus, je ne deviendrai plus une espèce de déchet qui passe son temps à errer sans but. Et tant pis si quelqu’un d’autre meurt, tout le monde meurt de toute façon dans ce pays pourris, Aria n’était rien d’autre qu’une énième victime du joug de notre gouvernement, comme sa soeur. Au milieu de morts, je commence doucement à ne pas me sentir à ma place et je décide de rentrer, avant de me rendre à la moisson.

Après m’être préparé, c’est l’heure de s’y rendre. Des milliers de familles font de même, en route pour le purgatoire. La Grand-Place est bondée et moi je dois contourner la foule pour m’installer au cœur de l’hôte de ville ou j’aurai une vue d’ensemble sur la foule. Le maire n’est pas encore la, tout comme le nouvel hôte. Par contre, je croise Alea a qui je fais un signe de main. Cette chère Néophyne ayant démissionnée de ses fonctions, on peut me remercier pour ça, je me suis montré tellement odieux et humiliant à son égard après ma victoire que je pense l’avoir achevé. Je n’en suis pas fier mais elle représentait tout ce que je méprisais alors ça me faisait du bien de me défouler. Petit à petit, l’immense place se remplit en divers rangs, je peux voir les visages inquiets de ces gosses qui espèrent tant ne pas partir dans l’arène, pourtant, quand ils me voient, surplombant la place, ils sourient pleins d’espoirs. Je voudrais leur crier qu’ils se bercent d’illusions mais cela est inutile… les retardataires prennent place et la moisson peut commencer. Alors, qui seront les deux malheureux à mourir cette année ?

Au moins je peux me dire que je suis sain et sauf cette fois.

pas terible :/:
 

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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Dim 14 Juil - 10:31

« Joyeux Hunger Games à tous et puisse le sort vous être favorable ! » Voilà, je viens officiellement de lancer la Moisson du District Huit de la seizième édition des célèbres Jeux de la faim. Me voilà officiellement hôte de mon cher District natal. Pour ma première édition des Jeux en temps qu’hôte, je me suis laissé tenter pour un violet plutôt pâle. Pour mes cheveux, mon rouge à lèvres, mon maquillage. La foule est silencieuse, morose. Pourtant, il devrait avoir un peu d’espoir. Lucas Dnierp est bien revenu vainqueur de la dernière édition. Et moi, moi, je dois refléter tout le contraire de ce qu’ils sont. Enjoué, impatient, excité, souriant. Ce n’était pas très dur. C’est tout ce que j’ai fais. Par mon sourire, par ma démarche, par ma voix, par mon allure. Je sais que je vais sacrifier au moins un jeune garçon ou une jeune fille en tirant au sort deux prénoms. Parce que, même si les conseils de Lucas leurs seront très utiles, un seul ne pourra revenir vainqueur. C’est la règle. Au pire des cas, un seul reviendra en plusieurs morceau, méconnaissable dans une boite en bois. Et au meilleur des cas, l’un des deux tributs de cette année reviendra vainqueur, couvert de gloire et connu de tous, traumatisé par les fantômes de ses victimes. Au fond, quelle est le mieux ? Mourir dans l’Arène ou mourir meurtrier ? Je n’en sais rien et je n’ai pas à me posé cette question. Je ne dois pas penser ainsi. Au contraire. Je dois penser aux festivités, au luxe et tout ce qui s’en suit grâce aux Jeux. Je me suis préparé un petit texte cette nuit dans le train. Un petit quelque chose à lire. Pour les motivés, leur rappeler que tout le monde a sa chance. Surtout eux, grâce aux précieux conseils que pourra leur donner Lucas Dnierp étant le plus récent vainqueur. J’ai eu du mal à écrire tout ça, avec les bons mots. Mais ne pouvant pas dormir, trop excité, j’ai eu le temps de le faire. Je leur lance alors, toujours avec un ton enjoué, en souriant :
 
« Chers habitants du District Huit ! Avant de procéder au tirage au sort, je voudrais vous rappelais que tout le monde à ses chances. Vous encore plus que les futurs tributs des autres Districts ! Et oui, vous aurez droit aux précieux conseils du plus récent vainqueur… Lucas Dnierp ! » Je laisse un petit silence s’installait. Puis je retourne m’asseoir pendant que l’équipe technique venu du Capitole diffuse un filme qui lui aussi vient du Capitole, rappelant aux habitants pourquoi on lieu ces Jeux, etc… Puis vient le tour du discours du maire qui me servira simplement de fond sonore sachant qu’il ne change presque pas à travers les années, je pourrais presque le réciter. La foule ne semble pas vraiment me croire. Pas plus motivé après ces quelques mots. Je détaille la foule du regard, en reconnaissant quelques uns, parsemé de silhouettes blanches ; les pacificateurs. Tous plus sérieux les uns que les autres. Prêt à tout pour calmer n’importe qu’elle soucis avec la foule. Ce qui ne risque pas d’arriver. Je reprends de moi voix claire, avec un ton un peu plus sérieux cette fois-ci après être revenu face aux habitants du District Huit, à eux et au micro. « Et comme le veut la tradition, honneur aux dames !  Découvrons sans plus attendre la courageuse jeune fille qui aura l’honneur de représenter notre District. »
 
Je me dirige en silence vers la sphère transparente ou se trouve le nom de centaines de jeunes filles. D’ailleurs, j’espère ne pas reconnaître le nom que je vais tirer. Ayant vécu ici, je connais bien sûr pas mal de monde. Je plonge ma main dans le bocal géant, cherche la ‘minis-enveloppe’ idéale et en ressort une de ma main droite. Je me remets une nouvelles fois face à la foule et au micro. J’ouvre le petit bout de papier et je lance à la foule, cherchant la jeune fille qui va devoir me rejoindre : « Emily Scarlet ! Rejoins-moi sur l’estrade. »
Pendant que les Pacificateurs l’escortent jusqu’à l’estrade, je demande si quelqu’un veut se porter volontaire. Personne. J’annonce alors que je vais tirer au sort le nom du vaillant garçon qui aura l’honneur de représenter (comme je le répète depuis le début) son District aux cotés d’Emily Scarlet. Je me dirige vers le deuxième bocal et en ressort une autre petite enveloppe et la lis à voix haute : « Glass Krowey ! Montre-toi. » A peine après avoir demandé si quelqu’un voulait se porter volontaire quelqu’un s’écrie. Un jeune garçon, bien sûr. Il l’escorte vers l’estrade pendant que Glass retourne se cacher dans la foule.
 « Quel retournement de situation ! Comment t’appelles-tu ?
-       Mathys Krowey.
C’est pour ton frère que tu viens de te porter volontaire, n’est-ce pas ? »
Il hoche la tête. Il sert la main à Emily et je leur lance des petits regards que j’essaye de faire paraître le plus rassurant possible en souriant légèrement.
 

« Mesdames et messieurs, Emily Scarlet et Mathys Krowey, les deux tributs du District Huit pour la seizième édition des Hunger Games ! Applaudissez-les comme il le mérite. » Voilà, ce fut mes dernières paroles avant de rentrer dans l’hôtel de ville aux cotés de ces deux jeunes sacrifices et de Lucas Dnierp. Les portes se ferment derrière nous. Nous laissons les deux jeunes moissonnés. Je crois qu’ils vont devoir faire leurs adieux à leurs familles, leurs amis ou quelques choses de ce genre.
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Mathys Krowey
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Dim 14 Juil - 17:33



Je jubile. Je sautille presque sur place tant le bonheur que je ressens s'amplifie en moi. Bordel de merde ! Glass a été tiré au sort ! Mon connard de frère ne se donne même pas la peine d'avancer, malgré tout les regards vrillés sur lui. Oui, c'est bon, tu fais le beau. Mais c'est pas toi qui s'écrie un "Je me porte volontaire !" bouillonnant et qui s'élance vers notre cher hôte du Capitole. Arrivé sur l'estrade aux côtés d'une dénommée Emily dont j'ignore tout jusqu'à son existence, je n'ai pas le temps de redescendre de mon petit nuage. Voilà, c'est fait : les dés sont lancés ! Qui vivra verra et j'ose espérer ne pas vivre trop longtemps. Ahah nan je blague ! Enfin... Disons juste que ma joie est telle que le reste n'a qu'une importance moindre. Pourquoi suis-je heureux alors que je viens de me porter volontaire pour mourir dans d'atroces souffrances ? Question facile ! Voyez-vous, ma famille et moi, nous ne sommes pas en de très bons termes. Ils se foutent de moi et c'est juste réciproque. Alors tant mieux : mon calvaire est enfin terminé dans le district 8 ; commence celui d'être tribut. Enjoy.

Le présentateur me pose une question qui reste sourde à mes oreilles. C'est à moi qu'il parle, là ? Visiblement, sinon il n'attendrait pas une réponse. Je me présente, espérant de tout coeur que ma réponse coïncide avec sa question, sinon je n'aurais pas l'air con ! J'attends sur son visage une trace d’acquiescement que je reçois quand il me demande si c'est pour mon frère que je viens d'agir de la sorte. Il est vrai que dans le D8, les volontaires se font rares... Mais sérieusement, qui ici ne savait pas que je me porterai volontaire si mon frère se faisait tirer au sort ? Tout le monde le savait. Tout le monde. Est-ce qu'on m'en a empêché ? Bien au contraire, on m'y a poussé un peu plus chaque jour. Et, sincèrement, c'est une très bonne chose ! Toujours est-il que je ne réponds pas à sa dernière interrogation. Ça le regarde ? Non. Et ce qu'ils peuvent tous penser, ça m'est bien égal ! Alors, j'hoche juste la tête pour qu'il soit content et qu'il se la ferme et je sers la main à la fille que je connais pas parce que je crois que ça se fait. Mais bon, je me crispe un peu car avouons-le, le contact physique et moi ça fait trois ! Je zyeute vers Lucas qui sera notre mentor. J'espère qu'il sera bon en conseil et pas inutile, avant de suivre la marche vers l’hôtel de ville. La porte se referme derrière nous dans un soubresaut qui me glace sur place. Serait-ce le glas de ma fin ?  Haussant les épaules, je suis le pacificateur qui m'indique une porte différente de celle de ma partenaire. Sans un regard en arrière, je m'y engouffre, me sentant légèrement rassuré seulement quand la porte se ferme en un "clac" apprécié et d'un certain réconfort. Mains dans mes poches, mes doigts rencontrent une boite rectangulaire. Interloqué et surpris, j'en sors le jeu de Loup-Garou trouvé dans le fameux coffre dans les bois... Je songe à Lisa et un instant je prie pour qu'elle n'ai pas a assister à ça... La porte s'ouvre tandis que ma main glisse l'objet de mes pensées là où il se trouvait avant que je ne le prenne. Ma famille... Youpi !

"Vous foutez quoi là ?" je demande, un brin agacé.

Sérieusement, ils s'en tapent de moi et voilà que mes parents sont face à moi, accompagné de Glass et de Tia. Super ! Réunion de famille avant qu'on ne m'enterre... Ils auraient pu patienter que je sois six pieds sous terre, mais apparemment c'est trop demandé !

"Mathys... Oh mon petit Maty !" s'écrie ce qui me sert de mère avant de faire mine de s'avancer vers moi pour me serrer fort dans ses bras.  

Je recule d'instinct, me cognant le dos contre le mur derrière moi. Je ne pensais pas que la pièce était aussi minuscule... Et pourtant. Bref, je reporte mon regard sur ma mère, la foudroyant du regard avant de cracher :

"N'approchez pas !"

Ce qui a pour effet immédiat de tous les arrêter. Bien. Je me redresse quelque peu, en ébouriffant mes cheveux de façon désobligeante. Je sais qu'ils détestent ça aors j'en ai fait mon petit plaisir personnel pour les irriter au plus haut point.

"Vous m'expliquez ce que vous foutez ici ?" je siffle en leur direction. "C'est maintenant que je vais à la Mort que vous vous souciez de moi ? Sérieusement, vous vous foutez de ma gueule, là ?!"

Mon ton est froid mais il augmente dans les octaves. Je perds mon sang-froid. Pourquoi sont-ils venus ? Pourquoi font-ils comme si j'étais de la famille ? Pourquoi...?!

"Je vous l'avais dit qu'il le prendrait mal."

Je regarde Glass d'un oeil irrité. Il se croit malin ?

"Mal quoi ? Que vous rameniez votre fraise ici comme si de rien n'était ? Oui je le prends mal. Que vous jouiez votre rôle de famille affective et j'en passe devant tout Panem est une chose. Mais devant moi, c'en est une autre ! Et vous savez quoi ? J'en ai RIEN à foutre de vous ! Vous, TOUS AUTANT QUE VOUS ÊTES !"

C'est bon, j'ai craqué. Ma haine, mon renfermement, je le leur dois... Et là, je leur claque tout dans la figure, me fichant complètement de leurs sentiments. J'ai juste envie de crier et de frapper ! Me défouler sur quelque chose de dur, alors je frappe de toute ma rage, de toutes mes forces le mur de mon poing serré tout en hurlant à chaque coup :

"DÉGAGEZ !"

Glass ouvre la porte par laquelle ils sont arrivés, tout en me jetant un dernier regard remplie d'indifférence. Il est sitôt suivi par ma demie-soeur puis par son père et enfin ma mère, qui me jette un dernier regard embué de larmes. Je ne cherche pas à comprendre ce qu'elle tente de me dire à travers son regard, lui tournant ostensiblement le dos. La porte se referme et sans crier garde je m'effondre, les larmes traçant des sillons de peines, de rancoeur et de colère sur mes joues rougies. Voilà. Je suis seul. Seul et définitivement seul. Il est temps pour moi d'affronter mon destin, de mourir avec fierté et honneur. Il est temps de mettre fin à une existence qui n'aurait jamais dû naître.  

_________________



    ϟ La vie est un rêve ;
    c'est le réveil qui nous tue

    C'est le glas de la mort
    Qui sonne notre fin à tous
    Mourrons
    Mourrons
    Braves que nous étions
    Chanceux ou bien malchanceux
    Fous que nous deviendrons



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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Dim 14 Juil - 20:51

Le feu. Cette chose intouchable, brûlante. Alimentée par l'air et le bois. Sur la place.
Ils sont deux. C'est un couple. Un homme et une femme, une brune et un blond. Il y a une petite fille, aussi, qui pousse la foule pour hurler. Ses mots ? Papa. Maman. Des larmes coulent le long de ses joues. Elle ressemble beaucoup à l'homme.
Le couple la regarde. Des Pacificateurs sans aucune autre expression que de la rigueur sur le visage s'emparent des bras du couple, qui se tient la main. Toujours.
Tout est flou. L'enfant sanglote. Elle tente de se débattre. Une vieille femme l'attrape par l'épaule et lui cache les yeux. Elle tente de se libérer. La femme âgée la laisse glisser entre ses doigts, par inattention. Des caméras sont présentes et filment la scène. Le spectacle doit être retransmis dans tout Panem. Le Président s'est déplacé en personne, lui aussi. Il observe avec un rictus sadique la scène, du haut de son siège incrusté de pierres si précieuses qu'une seule pourrait nourrir une famille de six durant dix ans.
Ils se lâchent la main. Ils y sont forcés. Je les vois. Ils se regardent une dernière fois. Deux larmes tombent entre les deux bûchers. Celle du père, et celle de la mère. Elles s'entrelacent, puis s'écrasent  violemment contre le sol. On les entend, leurs hurlements. La petite fille crie. Elle prie pour qu'on les sorte de cet enfer, mais non. Personne ne semble vouloir entendre sa détresse. Elle est seule, seule au monde. Même la vieille femme la regarde sans aucune compassion dans les yeux. Ce n'est rien qu'une gamine qui a perdu ses parents, après tout, ce n'est pas si grave.

Je frissonne en pensant que je pourrais être à sa place. Papa. Maman. Sur le bûcher. En train de brûler vifs, devant les yeux de tous les habitants de Panem. Je suis sans cœur, je le sais. Mais pas à ce point. Pas au point de la laisser regarder le spectacle de ses parents qui crament par la simple volonté de cet abruti de Président. Et puisque personne ne s'en occupe, je vais lui cacher la fin de cette macabre scène.
Je m'avance, poussant sans la moindre excuse la population du district Huit qui refuse de regarder ailleurs, par peur de finir brûlée elle aussi. Et je m'empare du bras de la petite fille, la tirant hors de tout ça. J'aurais aimé qu'on fasse la même chose avec moi lorsque je me suis approchée des frontières du district, alors je le fais. Pour elle.
Un Pacificateur m'arrête. Un autre lui dit de me laisser passer. Il m'a reconnue. A force, ils devraient m'identifier plus rapidement. L'assassin du Huit. La sans cœur qui tue pour la survie de ses parents.

~ ~ ~

Cela va faire un an. Un an de plus. Qu'est-ce que ça change, après tout ? Rien. Les années passent, elles se ressemblent, à quelques détails près. Le détail de cette année, c'est qu'une miche de pain en plus est posée sur la table. Il est cinq heures du matin, personne n'est réveillé. Sauf moi. J'ai pris l'habitude. Je me couche tard, je me lève tôt. C'est un rythme si habituel que je n'ai plus de cernes au réveil.
Je pousse machinalement la couverture sur le côté, m'asseyant ensuite sur le bord du lit usé jusqu'à la moelle. Le sol est rugueux. Lui aussi, il est abîmé.
Aujourd'hui, devinez quel jour on est. Le jour de Moisson. Je sais que ce n'est pas une journée comme les autres. Ce n'est pas parce que je suis employée par le Capitole que je n'en reste pas une potentielle tribute. Alors tous les soirs depuis que je connais l'existence de ces Jeux, je répète mon rôle. Sourire agaçant. Pas agacé. Agaçant. Un ton joueur. Je connais mon rôle par cœur, mais je ne veux pas être prise au dépourvu si je suis piochée. Alors je me répète que ce sera moi. Comme ça, je n'aurais pas de surprise, et au lieu de tenter d'assimiler que je vais crever comme une merde dans l'arène je peux commencer à m'entraîner et à me battre.
Il fait encore nuit, même si le ciel s'éclaircit peu à peu. Je me lève et refais immédiatement mon lit.

Hier, ma mère a réussi à me persuader de mettre une robe. Ce n'est pas tellement que je n'aime pas en mettre, après tout, ça peut être sympathique d'être féminine de temps en temps, mais ce n'est pas très pratique. Et puis, si je ne suis pas tirée au sort, elle n'aura servi à rien, mais si c'est ce qu'elle veut, je peux bien faire ça pour elle.
Je l'enfile rapidement, ne voulant pas non plus perdre trop de temps. Elle est jolie, certes...Mais je ne m'habitue vraiment pas au fait de porter une robe.
Ce que ma mère ne réussira pas à négocier avec moi, ce sont les talons. Je mets des ballerines, point à la ligne. C'est déjà assez bizarre de mettre ce genre de vêtements...
Je m'approche doucement du petit miroir de ma chambre, qui a pris la poussière depuis le temps.
Le tissu noir m'arrive juste au-dessus des genoux. Un ruban vert émeraude est attaché de sorte à former une ceinture juste en dessous de ma poitrine, et le drapé de la robe forme comme plusieurs plis. Les manches sont comme de simples bretelles. En vérité...Elle ne me va peut être pas si mal...Enfin, j'ai pas le temps de penser à ça. Je me trouve déjà bien joyeuse pour une journée comme celle-ci, faudrait pas non plus que je me mette à sourire. Ca en deviendrait ridicule, risible, horrible.

Je me rends à la salle de bain, histoire de me débarbouiller un minimum. Pendant que je trempe un gant dans quelques gouttes d'eau à peine, j'entends un cri. Un long cri, aigu et perçant. Le même que lors de la mort de ses parents.
On a décidé de l'adopter. Enfin, on...Mes parents, surtout. Ce n'est pas que je n'étais pas d'accord, disons plutôt que je suis sans avis. En tout cas, je n'espère pas que le Président la tuera elle aussi si jamais je ne remplis pas mon contrat. Une vie de plus sur mes épaules, encore une.
J'en aurais presque l'habitude. La mort de ses parents la fait cauchemarder, et ça ne s'arrange pas avec la Moisson. Elle n'a que douze ans. Elle est faible. Elle est fragile. Il faut la protéger, mais je ne suis pas la grande sœur qu'il lui faudrait, souriante, aimable, à l'écoute...En plus, elle ne sait même pas pourquoi ses parents ont été brûlés vifs. Moi, j'ai ma petite idée. Le Président m'a regardée avec une certaine arrogance dans les yeux. Pour me rappeler que ça pourrait m'arriver à moi aussi. Comme si ce n'était pas la première chose à laquelle je pensais en me réveillant. La seule chose qui hante mes rêves. Et comme si c'était une raison valable pour assassiner un couple qui s'aime.

Elle est assise dans son lit, en sueurs. Son regard. Ses yeux innocents vont à la rencontre des miens. Je ne peux pas fuir, et c'est ça qui m'agace. Je ne peux plus faire mon cœur de pierre, lui demander simplement si tout va bien et repartir. Je suis obligée de compatir. Ma barrière s'effondre. A cause de ce regard si...doux, si fragile, qui la représente si bien.
Je m'assois près d'elle. Sans sourire, sans geste trop affectueux. Juste...Un échange. On se scrute, se dévisage. Elle pleure. Elle a peur.
En vérité, le regard ne dit pas tout. Je n'ai pas été trop étonnée quand elle s'est logée dans mes bras, à la recherche de réconfort et de chaleur humaine. Personne ne peut vivre sans amour. Elle a besoin de se sentir exister, et pour exister on doit être aimé ou détesté de quelqu'un. Si l'on est ignoré, on cesse d'être. Tout simplement.

Elle se rendort, peu à peu. Je la replace correctement dans son lit et m'en vais en refermant doucement la porte derrière moi. Cette petite est très étrange...Elle ne parle pas beaucoup mais est très affective. Ca me perturbe, qu'elle me considère comme sa grande sœur. J'ai pas l'habitude.
Je redescends et sors, pour me rafraîchir un peu. L'air est fraîs. Il me reste une personne sur ma liste. Il faut que je la tue. Si jamais je me fais tirer au sort, je n'aurais pas rempli mon contrat, et je risque d'avoir une mauvaise surprise en rentrant.
L'hypothèse que je ne gagne pas, j'y réfléchis en marchant. J'ai de la chance, le dernier rebelle est dans le district. Je ne peux pas me permettre de perdre et de voir ma famille me rejoindre. Ils ont le droit à une longue vie.

Je crois qu'il travaille...Ici. Une usine. La numéro 19. Problème, c'est fermé. Logique. Même si les ouvriers commencent tôt habituellement, on est un jour de Moisson. J'espérais juste le trouver ici. Pourquoi ? Car on m'a informée que ce n'était qu'un pas doué, or les pas doués viennent au travail les jours fériés, non ?
Une voix m'interpelle. Elle provient de derrière l'usine. La main sur mes dagues, je m'approche, méfiante. Il est en train de boire, une bière d'après ce que je peux voir. J'aimerais bien savoir où il a acheté ça, juste par...Curiosité.
Il me parle. Je le coupe dans son élan en lui demandant son nom. Georges Kyllai. D'après mes informations, on l'appelle le Suicidaire. Il a déjà fait plusieurs tentatives, qui ne se comptent plus sur les doigts des mains, et qui ne l'ont jamais amené à mourir. Il continue à me raconter sa vie, alors qu'il sait éperdument que j'en ai juste rien à foutre. Je suis là pour le buter une bonne fois pour toutes.
Alors qu'il continue son récit en regardant dans le vague, je sors ma lame de son fourreau et la plante sans hésitation dans le cœur de ce dépressif. Un peu comme un médecin qui effectuerait pour la énième fois une opération, je l'ai soulagé du poids de la vie. Plus sérieusement, il devait bien jouer son rôle de suicidaire, pour pouvoir être tranquille avec ses attitudes rebelles à côté. Il ne peut plus faire de mal à une mouche, c'est déjà ça.

J'ai même pas de sang sur les mains, si c'est pas de l'art ça. Un mouchoir suffit à essuyer ma dague, que je laverai plus tard. Elle rentre dans sa poche de cuir et moi je rentre à la maison, pour petit-déjeuner. Mine de rien, j'ai la dalle, même s'il n'est que six heures.
Quelques personnes un peu lève tôt comme moi sortent et me saluent avec un petit sourire. Je me contente de leur répondre, le sourire, ce sera pour quand je serai vraiment heureuse.
Après avoir mangé la miche de pain qui m'était destinée, je me rends simplement dans ma chambre et m'allonge, me rendormant après avoir posé mes dagues au sol. Oui, j'ai dis avoir l'habitude de me réveiller à cinq heures du matin, je n'ai jamais assuré pouvoir tenir la journée sans sieste !

Quand je me réveille, il est déjà onze heures. Je me relève, bien réveillée. Quand je descends, tout le monde est dans la cuisine. Ca me fait penser que c'est la première Moisson de Holly. Oui, Holly. C'est son prénom, à la petite de douze ans. J'allais pas l'appeler par des synonymes indéfiniment, fallait bien se renseigner un minimum.
Ce sera donc sa première Moisson. Je serais pas là pour la rassurer, et de toute façon je comptais pas la consoler, alors qu'elle prenne un peu sur elle, comme tout le monde. Oui, elle est fragile, et justement. Il faut qu'elle devienne plus forte, ou alors elle crèvera dans ce monde. Elle ne pourra pas se faire défendre indéfiniment par les autres.

Ils sont tous en train de manger, le regard dans le vague. Moi, j'observe surtout l'horloge. Tic, tac. Le temps passe pendant que je m'ennuie. Je pourrais réviser mon rôle, un peu comme au théâtre, mais je le connais déjà. Quelques phrases arrogante, un sourire joueur. Des attitudes malicieuses.
Je fais pianoter mes doigts sur la table en bois. L'heure tourne. Il est temps d'y aller.
Je retourne dans ma chambre et attache ma ceinture de cuir, là où sont mes trois couteaux, en dessous de ma robe, puis sors de la maison avec les autres.
Le temps est doux, ni trop chaud, ni trop froid. Tout le contraire de cette Moisson qui, comme d'habitude, va être glaciale côté district et chaleureuse vers le Capitole. J'ai l'habitude, après tout.
J'arrive à peine que la foule est déjà là. Très peu sont installés dans les rang, si bien que je ne vois pas l'organisation. Mais je suppose que ça va être comme d'habitude, à gauche les garçons, à droite les filles, et un rang par âge. Ils pourraient faire plus original, tout de même.

La file d'attente est longue, très longue. Ce qui me fait le plus marrer ? Je ne reconnais pas les jeunes parmi les autres car ce sont des copains, des amis ou des voisins, mais parce que je les ai croisés en allant chasser du rebelle. Si c'est pas de l'ironie, ça ! J'en reconnais même une à qui j'ai tué la mère, tiens. Autant prendre ça à la légère, c'est pas tous les jours qu'on nous permet de tuer des gens.
Vient enfin mon tour. Holly est déjà installée dans son rang, avec les filles de douze ans. Je crois qu'elle est avec une amie à elle, vu qu'elles ont l'air de discuter assez joyeusement.
Je tends mon doigt, me fais tamponner, et j'y vais. Aussi simple que ça. Cette année, je suis chez les dix sept ans. L'ambiance a l'air d'être tournée vers la dépression, en ce moment, je me trompe ?
Enfin. Les minutes passent, je m'emmerde. Allez, tirez mon nom, un petit sourire, je vais dans l'hôtel et on n'en parle plus ! Sérieusement, j'ai pas que ça à foutre moi.

« Joyeux Hunger Games à tous, et puisse le sort vous être favorable ! »

Allez, il est temps. L'hôte prononce quelques phrases que je ne prends pas la peine d'écouter, attendant qu'il pioche un nom.Un film passe et je n'y prête pas plus attention qu'aux paroles de cet inconnu qui nous sert de tireur au sort. Puis vient le discours du Président, toujours plus assommant.
Et voilà. Je me prépare. Si c'est moi, je saurais quoi faire. Sinon, tant mieux.
Il se dirige lentement vers la boule emplie de petits papiers et y tourne la main. J'ai l'impression que cela dure plus longtemps que tout le reste...
Il sort enfin sa main. Je serre les poings. En stress ? Non, absolument pas...Enfin, j'ai de la chance, je commence à peine à m'angoisser tandis que d'autres jeunes filles ont eu peur depuis une bonne semaine.
L'hôte revient vers le micro et lit le nom.

« Emily Scarlet ! Rejoins-moi sur l'estrade. »

Il fallait le prévoir. Les caméras se tournent vers moi, comme tous les adolescents. Je fais un grand sourire moqueur et m'avance vers l'estrade, les yeux pétillants. C'est mon rôle. Ils doivent y croire dès le début.
Avant de monter, je défais nonchalamment la ceinture maintenant mes dagues, la lève pour que la foule la remarque et la laisse tomber au sol, la poussant du pied vers un Pacificateur. Quelques mots sortent de ma bouche avec arrogance.

« Et puisse le sort m'être favorable... »

Une fois en hauteur, j'attends le reste du tirage. Il y a un volontaire ? Porté volontaire pour son frère. Bah, c'est courageux de sa part.
Je lui serre la main et entre dans l'hôtel, le sourire aux lèvres. J'ai été tiré. Putain...Mais dans quelle merde je me suis foutue ?
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Lucas Dnierp
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Mar 16 Juil - 14:07

C’est alors que surgit l’hôte, un grand sourire aux lèvres. C’est un homme cette année, un jeunot bronzé avec les cheveux colorés en violet, les capitoliens sont connus pour leur gout de l’excentricité burlesque c’est bien connu. Il regarde la foule avec un sourire, encore un que je vais avoir du mal à supporter.

« Joyeux Hunger Games à tous et puisse le sort vous être favorable ! »

Voila la phrase qui lance les 16e Hunger Games. Cette phrase maudite que les hôtes s’amusent à répéter avec délectation, elle n’a d’ailleurs aucun sens, comment les Hunger Games peuvent-ils être joyeux ? De plus, il y en aura forcément pour lequel le sort ne sera pas favorable… bref, je m’égare. Je regarde la foule qui semble retenir son souffle, l’angoisse est revenue. Au loin, on voit les familles des enfants prier silencieusement pour que leurs enfants soient épargnés une année de plus. Devant, se trouve tout ces gosses de 12 à 18 ans qui tentent de se préparer mentalement à être pioché, une expression de peur teintée d’espoir se lit sur leur visage. Alors, aurais-je affaire à des pleurnichards sans chances ou à des féroces carnassiers ? Je souris pathétiquement, qui qu’ils soient, ils ne survivront pas aux horreurs de l’arène. L’hôte, au lieu de piocher le nom des heureux élus, continue de faire son discours dont personne n’en à a foutre.

»Chers habitants du District Huit ! Avant de procéder au tirage au sort, je voudrais vous rappelais que tout le monde à ses chances. Vous encore plus que les futurs tributs des autres Districts ! Et oui, vous aurez droit aux précieux conseils du plus récent vainqueur… Lucas Dnierp ! »

Bien sûr il fallait qu’il me cite… abrutis. La populace commence alors à me regarder en souriant, ils sont content de savoir que leur district a gagné deux fois, que n’importe qui peut gagner puisque je n’avais pas plus de chances qu’un autre, moi, je me contente de sourire à la foule mais ce sourire s’efface… si ils croient vraiment que le fait d’avoir gagné la précédente édition va les précipiter vers la victoire, ils se trompent. L’hôte diffuse le film inintéressant qu’on diffuse chaque année et je feins un bâillement, je ne fais même pas semblent de m’intéresser à cette propagande dégoutante. Une fois le film terminé, notre nouvel hôte se lève, gardant à nouveau son stupide sourire en bouche et semble vouloir continuer son discours. Coco, et si tu arrêtais purement de tourner en rond et que tu passais directement au tirage au sort ? Ca évitera à tout le monde de nous faire perdre notre temps. Ah, en fait il annonce qu’il va passer au tirage au sort, les gens ne le quittent plus des yeux, beaucoup se serrent la main. L’hôte s’avance et s’empare de l’immense bocal des filles, c’est elle qui ont l’honneur en premier. Je ne peux m’empêcher de ressentir une curiosité, j’ai envie de savoir qui seront les deux malchanceux qui représenterons le District Huit cette année… il plnge sa main dans le bocal et en sort rapidement un papier.

« Emily Scarlet ! Rejoins-moi sur l’estrade. »

Nom totalement inconnu. Au départ, on ne voit pas précisément la jeune fille car la masse de population est immense puis une silhouette à la chevelure rousse se dégage, une jeune fille s’avance, cheveux roux, yeux verts, une lueur moqueuse sur son visage, elle ne semble pas réellement prendre au sérieux son tirage au sort, elle a peut-être compris que ça ne servait à rien de s’apitoyer sur son sort. Le regard moqueur et souriant, elle s’avance vers l’estrade puis s’arrête, je regarde la scène stupéfait… elle laisse tomber ses… dagues ? Elle laisse tomber des armes qu’elle possédait et se place sur l’estrade. Elle me parait un peu arrogante, on verra bien comment ça se passera mais elle semble avoir un semblant de potentiel cette fille, surtout si elle a déjà utilisé des armes. L’hôte passe au garçon et tire le nom d’un certains « Glass Krowey », un prénom qui ne présage rien de bon… mais immédiatement alors que le nom a retenti, un volontaire surgit et s’élance vers l’estrade d’un pas précipité, un jeune mec d’une quinzaine d’année qui semble impatient avec un regard qui doit sûrement en faire fondre plus d’une. Lui, je ne le sens pas… il est le frère de celui qui a été pioché, un volontaire, tiens donc, ce n’est pas courant dans le Huit. Je sens que je vais avoir du fil à retordre avec ces deux la car ils n’ont pas vraiment le profil type des deux faiblards à mourir au bain de sang, ce qui signifie que je vais devoir supporter leur existence et user mon argent pour eux… Ils n’auraient pas pu simplement être des gamins sans défense non ?

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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Mer 17 Juil - 9:35


    Alea se réveilla sans problèmes ce matin là, comme si on corps connaissait le passage du temps aussi bien que son réveil. Etrange sans doute, diraient les autres, mais pour la jeune fille, ce n'était pas vraiment une surprise. L'angoisse la tenait au ventre depuis plus d'une semaine, mais sans qu'elle ose en parler. C'était comme une ombre qui flottait dans sa poitrine et qui menaçait d'étreindre son coeur avec une telle puissance qu'elle risquait d'en mourir. Pour Alea, c'était comme si un noeud coulant s'attardait autour de sa gorge sans qu'elle sache à quel moment il allait serrer et le pendre. Il arrivait que des fois, elle se rende compte que c'était elle qui tenait l'extrémité, mais pas en ce jour. Pas au jour de la moisson, l'éternelle moisson, celle qui durerait encore et encore et qui durait depuis si longtemps qu'on aurait dit l'éternité. Alea avait peur tout simplement, mais pas pour elle. Elle se demandait ce qu'elle ferait si jamais Jacen était tiré au sort.

    Elle se leva lentement, regardant avec une lenteur calculée par la fenêtre de sa chambre. Une très belle chambre, bien meublée, et sans doute plus ornée que la maison familiale entière, faute d'argent. Les Stones étaient loin d'êtres les habitants les plus pauvres du district huit, mais jamais ils n'auraient pu s'offrir le quart de ce qu'elle possédait maintenant sans sa victoire, enfin, ce que elle appelait sa chance. Par sa fenêtre, elle pouvait voir une autre maison du village des vainqueurs, celle de Lucas, le seul à part elle à être revenu en vie de l'Arène. Pour autant qu'elle sache, il y vivait seul. Elle avait deviné, il ne voulait voir personne. Ce qu'elle avait soupçonné dans cette chambre d’hôpital était donc loin d'être infondé, bien au contraire. La culpabilité du survivant, le mal être qui en résulte, enfin on pouvait appeler cela comme bon nous semble, elle n'en restait pas moins aussi nocive qu'une épine qui s'était plantée dans le coeur : assez petite pour nous garder en vie et assez blessante pour nous torturer au moindre bruissement de la pensée. Au bout de trois longue années, cette épine était toujours plantée dans le coeur d'Alea. A croire qu'elle ne changerait jamais. Physiquement, seuls ses cheveux avaient poussé, s'arrêtant désormais au bas de ses épaules. Elle était toujours aussi petite, sa croissance s'étant stoppé à son retour des jeux. Etait-ce une coïncidence ? Le Capitole pouvait-il avoir fait ça rien que pour garder leur héroïne enfant à jamais ? Ils en étaient bien capables, technologiquement parlant, après, restait à savoir si ils l'avaient vraiment fait, ce qu'elle ne saurait jamais. Au contraire, Jacen ne cessait de grandir. Il poussait et poussait encore, à tel point qu'on aurait dit que c'était lui le grand frère et elle la petite soeur. Quand il la taquinait sur le sujet, elle lui rappelait avec un mince sourire que c'était elle qui avait quelques minutes d'avance. Une poignée de minutes que Jacen avait de toute évidence rattrapé depuis le temps, atteignant facilement les un mètres quatre-vingt-dix. Elle ne doutait pas qu'il soit un jour haut de deux mettre, soit plus de quarante centimètres de plus qu'elle. Après tout, ils n'avaient tous les deux que quinze ans, presque seize.

    Le lever avait été facile pour Alea. Elle était la seule levée au contact de l'aurore. Ses parents avaient pris des cachets pour dormir et son frère avait souhaité coucher sur un lit de camp à côté de celui de sa soeur, nostalgique du temps où le frère et la soeur dormaient dans la même chambre. Il fallait dire qu'il avait insisté, et elle devinait que malgré son calme apparent, l'imminence de la moisson l'inquiétait, il n'était pas sûr d'en revenir vivant. Si elle avait pu, elle se serait portée volontaire pour lui, comme lui avait voulu le faire pour elle, mais il n'avait pas pu, il était un garçon et ne pouvait être éligible pour une fille, et vice versa. Alea avait même songé à payer quelqu'un pour se porter volontaire si jamais Jacen était choisi, mais elle n'avait pas pu, elle répugnait à détruire la vie d'un autre par simple scrupule. Elle secoua son frère, étalé de tout son long sans plus de cérémonie sur son lit de camp. Il ouvrit les yeux, mais ne sit rien. Ils entraient dans un de ces dialogues où il n'y avait rien à dire, juste des regards à échanger. L'un comme l'autre voyait la peur dans les yeux qu'il regardaient. Ils s'étreignirent longtemps avant de commencer le travail de débroussaillage. Cela consistait à se faire le plus beau possible pour la moisson. Alea avait à présent une garde robe bien fournie, cadeau de l'hôte de l'année passée. Elle retrouva avec amertume sa petite robe bleue qui lui allait toujours et qui avait vu la victoire de Lucas. Elle choisit une robe noire, très élégante, très sombre, pareille à sa réputation de coeur de pierre. Jacen, quand à lui, opta pour la sobriété avec un pantalon noir de bonne facture et une chemise blanche. Pour une fois, les jumeaux étaient très bien assortis.

    Avant de se rendre à la mairie du district huit, ils décidèrent de faire un tour dans le village des vainqueurs, comme chaque année, comme une peut-être dernière promenade avant la fin. Celle-ci fut très courte, Alea ne souhaitant pas prolonger un instant aussi plaisant que douloureux. La perspective de la dernière fois était toujours effrayante. Ils rejoignirent la place du district. Elle était déjà bondée de jeune gens en tenue du dimanche venus se mettre en rang et assister à la traditionnelle cérémonie de la moisson orchestrée par un hurluberlu trop fardé du Capitole. Les adultes étaient un peu plus loin. Les mentors avaient une place sur l'estrade pour que tout le monde puisse admirer les ancien vainqueurs comme des modèles à suivre. Alea prend place sans un mot à côté de Lucas. Elle est satisfaite de voir qu'il est le faire valoir de l'année, et non plus elle, car avoir tous les gens du district le regard braqué sur soi est un peu déstabilisant. Elle jette un regard dans la foule pour y chercher Jacen. Celui-ci est en train de se faire prélever du sang pour mettre sur le registre. Une bouffée d'angoisse prend Alea aux tripes. Mais elle se calme bien vite, consciente qu'elle doit jouer son rôle de fille sans émotions tant que les caméras sont là. Elle se demande alors comment elle fera si Jacen est sélectionné, si elle arrivera à garder son calme. Rien n'est moins sûr, mais elle attend, et le frère et la soeur ne se quittent pas des yeux, pour se soutenir mutuellement en cas de l'avènement du pire à venir.

    Le silence se fit. L'hôte était monté sur scène pour prendre la parole. On pouvait distinguer tr-s nettement les deux grandes urnes remplies de bulletins sur lesquels étaient inscrits les noms de chaque enfant résident au district huit. Parmi eux, quatre appartenaient à Jacen Stones. Un léger frisson parcourut la nuque d'Alea qui se revoyait, plusieurs années auparavant, au milieu des jeunes filles de son âge, attendant le moment fatidique. Elle ne laissa rien paraître de son trouble et se contenta de plonger son regard dans celui de son frère tandis que l'hôte déblatérait le discours habituel de la moisson et passait le film de propagande qui montrait à quel point le Capitole était généreux avec les districts réduits en esclavage. Un film équivoque qu'elle connaissait par coeur, sur fond d'hymne de Panem qu'elle avait du entendre ressasser pendant de longues années, la main sur le coeur, à l'école. Alea avait cessé d'aller à l'école. Elle ne pouvait plus supporter le regard de ses camarades qu'elle sentait sur sa nuque à chaque instant alors qu'elle se sentait si mal. C'était sa mère qui complétait ses leçons tandis que Jacen allait en classe et lui prêtait ses cahiers. Une vie presque paisible, si ce n'était la moisson chaque année qui lui donnait l'impression que la pendaison mettrait fin à ses souffrances. Elle allait encore avoir entre ses mains le destin de deux enfants, peut-être plus âgés qu'elle, conjointement avec Lucas, qu'elle devrait faire en sorte de garder en vie sous le regard pesant des familles qui en attendaient tant. Personne ne savait ce qui allait se passer aujourd'hui, et Alea avait fait plusieurs cauchemars où elle voyait son frère rejoindre l'hôte sur l'estrade.

    Elle sentit comme un bourdonnement tandis que le billet des filles était tiré. Sincèrement, elle s'en fichait presque sur le moment, ou presque. Ses cousines étaient dans l'assemblée, mais elle avait davantage peur pour Jacen. Il était son frère jumeau, ils étaient venus au monde ensemble, lui enlever son frère, ce serai lui arracher le peu de coeur qu'il lui restait. Le verdict tomba, une certaine Emily monta, en proie au regard de tous. Alea aurait pu la plaindre si un sourire effronté ne s'était pas peint sur le visage de la jeune rousse. Elle réalisait ? Pas sûr. Mais bon, elle avait vu les jeux à la télévision comme tout le monde, c'était obligatoire de toute façon, peut-être qu'elle savait ce qui l'attendait en fin de compte. Alea espérait qu'elle soit forte pour résister, mais elle ne se faisait pas beaucoup de soucis pour elle, la rousse semblait avoir de la détermination à revendre. La peur était cependant toujours là, elle la sentait dans les rangs des garçons qui voulaient jouer les durs. Les plus jeunes surtout semblaient fébriles, normal pour leur première moisson. L'hôte se dirigea alors vers l'urne des garçons et le coeur de la jeune mentor s'arrêta de battre quelques secondes, au rythme des bruits de pas clairement distincts. Les yeux de Jacen semblaient s'être agrandis de peur en cet instant. Elle tenta d'afficher une mine calme et lui lança un regard réconfortant. Le bruissement des papiers dans l'urne lui semblait résonner puissance mille dans ses tympans et les secondes s’égrenaient, aussi longues que des années entières. Alea restait calme mais pensait avec une détermination croissante. Pas lui, pas lui, pas lui, pas lui, pas lui... Elle aurait même volontiers croisé les doigts si cela avait pu changer les choses, elle aurait même pu sauter du toit de la mairie si ça avait pu sauver son frère de la moisson. Mais ce n'était pas le cas, et le mieux qu'elle pouvait faire pour encore l'aider, c'était rester en vie et le protéger de toute sa petite personne. Alea retint un tressaillement quand le papier en question fut retiré de l'urne. Elle retint son souffle un long instant et... le relâcha sans un bruit. Le nom qui était sorti était celui de Glass Krowey, pas celui de Jacen Stones. Alea était grandement soulagée tandis que le visage de son jumeau voyait ses traits s'apaiser enfin. Il n'avait jamais apprit à maîtriser ses émotions comme sa soeur, il était infiniment plus sensible.

    Une clameur s'éleva de la foule tandis que le dénommé Glass s'avançait. Un volontaire émergeait du groupe des garçons. Un jeune, à peine plus vieux que le tiré au sort. Il y avait une ressemblance, ce devait être le frère aîné qui se portait volontaire à la place du cadet. Une grande preuve de courage, jugea Alea, celui n'allait pas se laisser faire pour un sou, il allait se battre jusqu'au dernier souffle pour ce frère qu'il semblait aimer au point de le sauver de l'Arène. Il avait quelque chose de féroce dans l'attitude, un peu comme la fille, Emily. Alea n'était pas joyeuse, mais elle était si heureuse que Jacen ait une fois encore échappé à la fatalité qu'elle devait se forcer de ne pas le montrer. Les deux tributs du district huit seraient cette année Mathis Krowey et Emily Scarlet, deux durs à cuirs. Alea jeta un regard à Lucas, qui semblait lui aussi complètement hermétique, quoi que cette fois, elle aurait bien aimé savoir ce qu'il pensait des deux nouveaux tributs. Avec la morgue qu'elle croyait déceler, elle espérait qu'ils passent le bain de sang et tentent de survivre coûte que coûte.

    Elle entra à la suite des tributs dans l’hôtel de ville. Elle avait dit au revoir à Jacen et à ses parents le matin même, pour ne pas les obliger à revenir par la suite. Au moins, plus jamais ils n'auraient l'angoisse de ne pas la voir revenir. Sa mère surtout, qui, les premiers mois, ne supportait pas de la quitter des yeux des fois qu'elle trouve le moyen de mourir quand elle regardait ailleurs. Son père était plus discret, du genre à surveiller ses allés et venues et de s'assurer qu'elle ne faisait rien de dangereux. Jacen quand à lui, l'accompagnait quand c'était possible, et loin de le trouver collant, Alea appréciait cette complicité qu'elle avait bien cru perdre dans l'Arène, mais qui s'était même renforcée après, pour profiter cette chance d'être toujours ensemble malgré tout. Ils parlaient de moins en moins, se comprenant étrangement du regard. La jeune fille se demanda si les scientifiques du Capitole, avec toute leur technologie, seraient capables d'analyser et de comprendre le phénomène. Bah, au fond elle s'en fichait. Elle se demanda plutôt si il était normal que cet endroit sente autant la poussière ou si c'était pour renforcer l'air sinistre. Quoi qu'il en soit, elle désirait échanger quelques mots avec Lucas avant de monter dans le train et de se retrouver confrontée aux tributs. Elle se demanda si il lui avait pardonné, et quand bien même, il allait devoir la supporter un moment. Elle comptait bien élaborer avec lui une stratégie pour sauver ces deux jeunes gens là où ils seraient impuissants : dans le dôme des sponsors.
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games.

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La Moisson des 16e Hunger Games.

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