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La Moisson des 16e Hunger Games.

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Logan N. Stark
Admin


♣ Nombre de message : 806
♣ Date d'inscription : 18/02/2012


MessageSujet: La Moisson des 16e Hunger Games. Dim 7 Juil - 20:38

Belle journée que celle-ci dans le district six ! Grande journée ensoleillée avec risque d'averses de sang durant les jours à venir. Ron se sentait d'humeur bien guillerette ce matin, tandis qu'il ajustait son nœud papillon d'un rouge écarlate devant son miroir, ou plutôt devant le miroir du maire du district six, une pièce bien loin d'égaler celle qu'il possédait dans son appartement du Capitole, mais il n'en avait cure, du temps que cela reflétait son visage de manière convenable, il aurait pu se coiffer et s'habiller en regardant son reflet dans de l'eau. Ron Grimm était un homme élégant qui aimait s'habiller de tout ce qui était le plus beau. Il passa une main dans ses cheveux coupés courts de couleur rouge sang. Nœud papillon et pilosité, tout y passait. Même sa barbe rasée à ras avait été teinte dans une subtile couleur de sang, comme si sa mise en était aspergée de façon barbare. C'était bien voulu, Ron n'était pas un idiot, il savait mettre en scène les symboles. Les Hunger Games en étaient truffés. Par ce rouge intense qu'il était de ce fait impossible de remarquer, il espérait rappeler à ces anciens rebelles le sort qui les attendait si jamais ils osaient encore défier le Capitole et ses lois soit-disant inégales. Les districts n'avaient eu que ce qu'ils méritaient et l'homme n'avait jamais cautionné les pleurs ou les regards butés des tirés au sort de son district, jamais. Il ne leur reconnaitrait rien, car son cœur était emplie d'une colère sans nom, et il prenait même parfois plaisir à traiter le maire du district, qu'il connaissait depuis longtemps, comme un chien. Ceci étant dit, Ron possédait un chien chez lui au Capitole, et jamais il ne l'avait traité de façon hautaine, il l'adorait. Tous ces gens étaient donc des moins que rien, c'était bien cela, des moins que rien. Des animaux justes bons à divertir par leur mort les gens qui leurs ont pardonné leur traitrise abjecte.

Ses ordres du gouvernement étaient cependant clairs : il devait se montrer agréable et avenant avec les population tant qu'il était filmé. La barbe ! Vivement le moment où il entrerait dans le train, qu'il puisse enfin mépriser les deux petites pourritures qui allaient le rejoindre, qu'il devrait prendre par les épaules devant les objectifs. Il maugréait depuis des années, espérant depuis se faire muter dans un meilleur district, un district de carrières en fait, comme le un ou le deux, voir même le quatre. Il savait qu'il apprécierait sans doute mieux la mentalité bien plus combative et hautaine des carrières, de vrais gladiateurs, éduqués dans le but de divertir le peuple exigeant de Panem. C'était comme voyager avec les divas des Hunger Games, qui allaient aux jeux comme si on leur lançait le défi de leur vie.

Vint alors le moment de rentrer sur scène. Il allait être sous les feux de la rampe, et il devait bien avouer qu'il adorait cela, il aimait toutes les occasions de se montrer comme tout bon Capitolien qui se respecte. Car une fois qu'on a l'argent, il faut se faire une place dans le gratin mondain qui constitue l'élite de Panem. Ron espérait bien y faire son entrée. Lui, fils de deux Pacificateurs du Capitole bien que très riches et habitué au luxe, il était en bas de l'échelle sociale à proprement parler. Il avait surmonté tout un tas de difficultés dans le but de se faire une place. Il avait tout fait et n'avait honte de rien, assumant chacun de ses actes. Ron Grimm savait aussi comment retourner une conversation à son avantage, il était intelligent, doué, et charismatique, c'était surtout un homme ambitieux. Il s'avança avec un sourire hypocrite, tapota le micro pour en vérifier la portée.

- Bienvenue à tous, chers concitoyens du district six ! Et joyeux Hunger Games !

Il savait pertinemment qu'aucune des personnes devant lui, et qui devaient probablement le détester, ne considérait cet évènement comme une fête. Pour eux, c'était un deuil, le deuil de deux familles qui allaient voir leur enfant mourir. Un deuil bien mérité selon Ron qui ne les voyait que comme de la chair à canon renouvelable à l'infini.

- Et puisse le sort vous être favorable !

Il adorait cette phrase Ô combien ironique. Elle chantait à son oreille comme une musique, une subtile marche funèbre.



[HJ] Je vous rappelle que la Moisson est obligatoire pour les tributs; notée tout du moins. C'est un rp libre, libre a vous donc de poster comme bon vous semble. Vous pouvez bien sur vous arrangez entre vous pour vous retrouver. Vous avez une semaine pour poster votre avant-moisson, soit jusqu'au Week-end prochain. Nous passerons ensuite a la deuxième partie de la Moisson qui sera le tirage au sort des tributs. Si l'un de vous souhaite se porter volontaire pour cette Edition, merci de vous manifester en l'ajoutant en spoiler dans l'avant moisson ou en m'envoyant un MP si vous souhaitez le garder secret. Bon jeu et Happy Hunger Games !
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http://the-hunger-games-rpg.frenchboard.com
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Sören E. Teniala
+ District Trois +


♣ Nombre de message : 1289
♣ Date d'inscription : 19/05/2013


MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Lun 8 Juil - 15:43


Le destin conduit celui qui consent et tire celui qui résiste. Il n'existe pas au sens propre du terme, si quelque chose arrive, c'est qu'elle devait arriver.

On provoque nous-même ce qui nous arrive et ensuite on appelle ça, le destin. Quoi de plus facile quand on choisit un chemin glissant que de prétendre qu'on y était destiné ? Non je ne suis pas d'accord avec tous ses préceptes, ses choses que l'on rejette sur la faute à pas de chance. Tout nous arrive parce qu'on le demande, inconsciemment. Puis il y a les bonnes étoiles, celles qui veillent sur nous, on les appelle nos anges gardiens parfois. Mais ils ne sont pas là pour nous protéger, ils sont là pour nous guider, nous dire quoi faire dans telle ou telle situation. Nos anges sont des conseillers. Ils nous dictent nos actes, non pas pour agir à notre place. Pourquoi toutes ces pensées ? C'est le jour de la moisson, bien que je vienne d'avoir dix-huit ans, je suis encore dans la tranche d'âge pour aller dans l'arène des terribles Jeux de la Faim. Ce serait un manque total de chance que je sois sélectionné comme c'est ma dernière année, mais je ne suis à l'abri à rien, surtout pas du Capitole. Pour une fois, j'ai tenu à être sobre hier soir, pour ne pas avoir la gueule de bois à mon réveil, dans un sens ça me réussit plutôt bien vu que je n'ai pas une tête de déterré. Les pieds posés sur le plancher froid de ma chambre, les coudes sur les genoux, j'ai du mal à me réveiller. Les yeux dans le vague, c'est un doux stress qui m'envahit au fur et à mesure des secondes qui passent et se dérident au bruit de l'horloge qui prône sur le mur dans mon dos. A quand le moment fatidique ? Neuf heures sonnent. Nous devons être à quatorze heures – moi et tous les autres enfants du district – sur la grande place afin d'assister au grand tirage au sort. Instinctivement mon cœur se sert, qui partira cette année ? Ambre arrivera-t-elle à en sauver un au prix de la vie de l'autre ? Je ne peux que l'espérer, même si je trouve ce système injuste. Pourquoi pas les deux représentants d'un district ? Pourquoi un seul ? Je sais que c'est pour créer un effet sanglant et impitoyable pour tous les gens du Capitole. En réalité cela les excite, et rien que pour ça, je les déteste tous autant qu'ils sont.  C'est vicieux et incroyablement dégueulasse.

J'hésite, dois-je y aller maintenant ? Je veux dire, me préparer et faire en sorte d'être le plus présentable possible ? Je ne pense pas, ce serait perdre du temps à rien. Pourtant, je me lève et me dirige vers la cuisine. Je n'habite pas une grande maison, il y a deux chambres, une salle de bain et une cuisine, le strict nécessaire. Et ça me convient parfaitement puisque je ne vis qu'avec ma sœur, mes parents étant décédés quand j'étais dans le coma à mes douze ans. Je ne me souviens pas d'eux, je n'ai rien à quoi me rattacher pour penser à une présence de mes géniteurs, si bien que pour moi, ma mère c'est ma sœur, un peu étrange comme concept, mais je m'y suis fait. Mes doigts hésitent, ils frôlent la poignée d'un placard, puis finalement l'empoignent afin de l'ouvrir. J'attrape la bouteille qui se trouve dedans, un alcool fort, juste ce qu'il me faut. Tant pis si je suis en état d'ébriété, au moins j'oublierai la boule que j'ai au ventre depuis mon réveil. Ce n'est pas raisonnable et si je me fais prendre, je suis mort les secondes qui suivront le fait que je me sois fait prendre en flagrant délit. Mais je n'ai jamais écouté les conseils et suivis les règlements, sûrement mon côté je-m'en-foutiste. Une longue rasade me provoque une vive brûlure dans l’œsophage, mais cela m'importe peu, j'ai l'habitude à force de boire. Alcoolique ? Probablement, mais qu'est-ce que ça change que je le sois ou non ? J'arrive à me contrôler et rester le même que je sois saoul ou non, donc autant en profiter. J'aime cette sensation de mal qui descend en moi, c'est apaisant mais en même temps énervant, pas dans le sens agaçant, mais plutôt qui me rend vif. Je me lève et décide de me diriger à nouveau vers ma chambre pour boire assis sur ma chaise de bureau à étudier de vieux bouquins sur les plantes médicinales. Hallucinant n'est-ce pas ? Moi lire. Oui ça m'arrive, et comme je veux travailler dans l'usine du district, j'ai intérêt à m'y connaître un minimum. Surtout que ma sœur a un petit jardin que j'aime bien utiliser lorsque je suis bourré pour m'allonger dans l'herbe. Le rapport ? Vous apprécierez de vous coucher dans des baies empoisonnées ou des orties ? Pas trop je pense.



***



Lullaby s'est enfin réveillée, cela s'entend d'ailleurs. Elle m'aboie déjà dessus, en même temps, me trouver endormis la tête sur un livre avec une bouteille de whisky dans la main ne donne pas envie de faire des compliments à quelqu'un mais plutôt de crier dessus. Il est actuellement onze heures, il est grand temps pour moi de me préparer, et malheureusement, j'ai pas mal de choses à faire. J'ai dû me faire couler un bain, qu'il soit chaud ou froid, cela m'importait peu alors j'ai laissé ma sœur se laver en première et en attendant je me suis rasé la barbe de trois jours qui avait commencé à pousser grâce à mon rasoir à lame. Pour une fois je ne me suis pas coupé, sûrement le stress de la moisson. Non en fait j'en ai rien à foutre de la moisson. Puis finalement je suis partis dans la baignoire et me suis lavé en prenant bien mon temps. Une fois séché, il est déjà midi, mon dieu le temps passe trop vite. Pourquoi prendre soin de moi alors que je ne le fais jamais ? La moisson, voilà tout. Même si je m'en fiche d'être sélectionné – ce qui ne sera pas le cas de toute façon – je veux faire bonne impression et en mettre plein la vue à tout le monde histoire d'avoir quelques nouvelles conquêtes masculines et féminines. Bon, étape coiffure maintenant, et pour changer, un petit peu de gel pour les tenir en l'air et donner un effet décoiffé. Le problème actuel, c'est mes cernes, et oui, quand on boit on dort moins. Du coup, j'ai pas trop le choix, piquer les produits de ma sœur, elle va me trucider, mais c'est pas trop grave au fond, c'est pour la bonne cause. Une fois prêt, je me dirige vers ma chambre et ouvre mon placard, une tenue est déjà préparée, depuis une semaine, toute repassée et assez agréable à regarder, je ne fais pas gosse de riche, ni pouilleux avec si bien que je l'adore réellement. Une fois habillé je me dirige vers la cuisine et vais aider ma sœur à préparer le repas. Malgré l'alcool que j'ai dans le sang, j'arrive plutôt bien à me mouvoir, une aubaine, au moins elle ne me crie plus dessus. Le repas se déroule dans un silence de mort, si bien qu'à la fin, j'en ai ras le bol. « T'sais, on veille pas les morts là, enfin dans un sens si un peu, mais j'serais jamais emmené de toute façon. Donc maintenant t'arrête de faire ta tête de con et tu causes un peu. » Oui, j'ai l'habitude d'insulter ma sœur, de toute façon elle ne se gêne pas pour me le faire, donc je ne m'en prive pas non plus. Une famille de malade que nous sommes, du moins, nous sommes plus que deux, tout le reste est mort, vu que nos parents étaient fils et fille uniques. Les Thorne sont peut-être voué à l'extinction, genre comme une espèce d'animaux en danger. Oui en fait à Panem, les habitants des districts sont les animaux de compagnie du Capitole. Rien que cette idée me donne des envies de meurtre. Une fois le déjeuner servis et la table débarrassée, il est déjà temps d'y aller. Pourtant je n'ai pas envie, la seule chose que je désire faire c'est rester dans ma chambre et boire jusqu'à ne plus avoir une goutte d'alcool, mais je sais que si je fais ça, les pacificateurs vont se ramener et m'exécuter sur la grand place devant tout le monde.


***


Il me reste une heure avant de devoir me rendre sur la grande place. Je ne compte pas la passer à rester chez moi et me tourner les pouces comme j'en ai l'habitude. Pour une fois, je vais bouger. Je passe le perron de la porte et finit par déboucher à l'air libre. La petite brise fraîche ébouriffe les cheveux et les rayons du soleil se mettent à lécher ma peau de façon délicate. Que j'aimerais qu'il soit là avec moi, mais ce n'est possible et son absence me ronge de plus en plus. Moi le plus gros briseur de coeur du district six, a le mien pièce. Quelle ironie du sort. Je marche les mains dans les poches vers un endroit au hasard. Les yeux rivés sur le sol, je ne regarde pas où je vais. Si bien qu'à tout moment je risque de percuter un objet ou quelqu'un, mais non rien, la chance est-elle de mon côté ? Puis une fois que je vois de la verdure à mes pieds, je consens à lever la tête et l'endroit que je distingue me donne une énorme claque. Les ruines du district, je revois l'endroit précis où il était installé, je me remémore les moindres mots qu'il a prononcés. Je secoue la tête et me passe une main dans les cheveux. Je finis par aller m'installer précisément là où il était et attrape ma gourde d'alcool afin d'en boire une petite gorgée. En réalité la chose qui me fait le plus peur si je suis tiré au sort pour aller dans l'arène, c'est de ne pas pouvoir boire, je n'y arriverais pas, du moins pas sans l'aide du Capitole, il doit bien exister des cachets pour arrêter une dépendance ? Ou du moins occuper le cerveau suffisamment longtemps pour ne pas y penser ? Je regarde le ciel et finit par lâcher quelques larmes, je ne comprends même pas pourquoi. Tout ce que je parviens à savoir, c'est que cela m'agace d'être aussi faible face à un simple sentiment, même s'il n'est pas aussi simple que cela au fond.


***


Je ne sais pas comment faire pour m'en sortir dans cette marrée humaine. Les gens se bousculent sans se regarder, trop apeurés par les événements à suivre. Personnellement ce n'est pas du tout mon cas, je souris et tout le monde me prend pour un dérangé. J'arrive au niveau du pointage et tend mon doigt afin que les gens chargés de vérifier si tous les enfants sont présents ou non, fassent leurs examens pourris. Une fois tout cela organisé, je m'approche lentement de la ligne des garçons de dix-huit ans et me place en décalage par rapport aux autres garçons, je n'ai pas envie de m'énerver, pas tout de suite en tout cas. Mes yeux se posent sur des visages connus. Seirina, pourvu que rien ne lui arrive et que le sort lui soit favorable. Leopold, mon meilleur ami, celui qui me détestait mais qui maintenant me juge comme indispensable à sa vie, je crois que s'il partait aux jeux je ne m'en remettrai jamais. Seth … mon cœur loupe un battement, non, je ne dois pas céder à mes envies de le rejoindre, il ne m'a toujours pas pardonné, ce qui rend mon amour pour lui encore plus déchirant, je l'aime, et je m'en suis rendu compte la dernière fois pendant notre discussion aux ruines. Mais tout mon être le réclame, chaque minute passée sans sa présence m'est un supplice, pourvu que je puisse tout lui dire un jour et goûter à la luxure de ses lèvres une dernière fois avant de faire une croix sur lui en sachant qu'une histoire entre nous deux est impossible. Voilà une raison de plus à mon alcoolisme, je l'aime et j'essaye d'oublier cela en buvant, ça marche le temps d'une soirée, puis ça revient en plus fort, je déteste l'amour, j'en ai peur, oui moi j'ai peur d'une seule chose et cette chose c'est celle qui est primordiale à l'espèce humaine : l'amour. Le sort doit m'être favorable. En réalité j'en ai rien à faire, que j'aille dans l'arène, au moins j'éviterais de souffrir avec mon addiction. Puis dans un sens je veux rester, continuer à vivre et profiler ma vie parfaite, ou pas. Je n'en sais rien, tout ce que je sais c'est que le sort est une pute et que je sens que je ne vais pas y réchapper. De toute façon on finira tous par mourir, donc autant ne pas se préoccuper de la façon dont cela arrivera.

L'hôte du district six arrive finalement sur scène, à la vue de sa manière grotesque de s'habiller, je suis pris d'un rire que je suis obligé d'étouffer en me mordant l'intérieur de la joue à sang. Notre hôte est vraiment d'un ridicule, mais heureusement que ce dernier ne tue pas, parce qu'il serait mort depuis longtemps. Il ressemble à un clown, tout habillé et teinté de rouge, il me fait penser à un clown sadique loupé. Un bon vieux déguisement raté. Je tourne la tête vers Seirina et voit qu'elle n'en mène pas plus large. Bon sang que les Capitoliens peuvent être ridicules à nos yeux. Il s'approche du microphone avec un air sûr de lui et méprisant au visage, heureusement que je n'ai pas de projectiles, je lui aurais bien lancé dessus, mais avec l'alcool que j'ai ingéré ce matin ce n'est pas sûr que je sache le toucher. Il tapote le micro avant d'entamer de sa voix stridente du Capitole :  « Bienvenue à tous, chers concitoyens du district six ! Et joyeux Hunger Games ! » Comment ces jeux de la faim pouvaient être joyeux ? Ils marquent déjà la tristesse de vingt-quatre familles, dont une seule sera heureuse – ou peut-être pas – à la fin. Dans quelques secondes va venir sa seconde phrase, je l'attends, elle va arriver. « Et puisse le sort vous être favorable ! » Le sort n'a rien à voir la-dedans, c'est soit ton nom est inscrit plusieurs fois, soit il ne l'est pas, ce n'est que de la statistique. Je n'ai jamais pris de tesserra, ce qui fait que mon nom est marqué sur six papiers dans cette boule en verre. En pensant à cela je suis pris d'une furieuse envie de lui crier une insulte parce qu'il m'agace, mais ça ne sera pas bien vu et je risquerai d'avoir des ennuis si je le fais. Je vais donc devoir me contenter de rester là sans rien dire ni rien faire, ça me changera par rapport à d'habitude.

_________________

boum boum dans ta tête
ça cogne dur quand je me bas, ta tête valse dans les graves. quand tu me touches ça m'fait même pas mal, la douleur ça m'connait j'me bas chaque jour pour qu'elle s'en aille. boum boum dans ta tête mon poing fait, boum boum dans ton plexus mon genoux décolle. et là boum boum t'es mort.
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Mar 9 Juil - 17:35



Aujourd'hui, l'avenir et le destin de chacun se jouera durant une seconde. Mais puis je réellement parler d'avenir lorsque je parle de destin, de destinée ? L'on dit souvent d'une personne qui réussis que c’était son destin, beaucoup de carrière vont en pensant que le sort leur est favorable et que les dieux tout là haut avaient prédit, pré décidé de leur victoire dans les jeux barbares de notre monde impie. Pourtant l'on ne vivre et exister sans parler d'avenir. L'avenir personnel, l'avenir de l'humanité, l'avenir de toute chose. Cela aurait il rapport avec l'espoir d'un lendemain meilleur sous les chaumières des pauvres âmes de panem ?
Lorsque je parle de la destinée du monde et de chacun je pense obligatoirement à cette roue qui est tourné par les parques, déesses du temps et de la destinée qui file le temps et la vie de chacun comme si elle était déjà pré établie, comme si nous n'étions que les acteurs d'un scénario écrit depuis des années. Mais cela n'est il pas du plus dérangeant ? Si l'on prend en compte l'idée d'un destin pré établie, cela nous enlève toute liberté d'action et de pensée. Le garçon que j'ai décidé de choisir pour compagnon, est ce un choix de mon cœur ou simplement la réalisation de quelque chose de bien plus grand que nous ? Nos morts et nos souffrances, nos pleurs et nos cris lors des moissons et des jeux, sont il écrit dans le grand livre de la vie ou ne sont ils que pur hasard d'une main leste tombant sur une vie au prémisse de son existence réelle ?
Si l'on pense à la liberté nous pourrions dire que nous sommes libres de par nos droits, mais prisonnier de nos devoirs. Je suis libre en cet instant de fuir le district pour échapper aux horreurs de l'arène, mais je suis obligée de rester pour ma famille qui subirait la vengeance active d'un parti politique enragé de par la disparition d'une personne. C'est ici que se pose la limite de ma liberté. Ma mère m'as appris lors de mes premiers cours avec elle que notre liberté s’arrêter là ou commencée celle des autres, mais sous un régime dictatoriale et totalitaire comme le notre, quelle part de liberté avons nous ? Sommes nous seulement libre de nos vies quand on sais que chaque jour, chaque tache, chaque action de notre part est régie, commander par une autorité supérieur qui nous tiens en laisse et nous rappelle son pouvoir par la pire des façons ?
A cela se rapprochera donc l'idée d'un avenir. Quel avenir avons nous lorsqu'aucune de nos décisions ne nous est acquise. L'avenir viens souvent du souhait d'un métier, d'une vie, d'un déplacements, or quel choix avons nous dans ces districts voués à la misère sociale et au labeur meurtrier des usines ? Nous ne sommes que fourmis formée pour devenir les ouvrières des usines respectives à nos ruches et seul quelques élues de moyenne extraction auront la chance d'y échapper. Malheureusement cette chance est fait de droit d’aînesse et ne parviendra jamais aux main des pauvres ouvrier croulant sous le travail. La seule possibilité de survie, d'évolution, serait le reniement de sois même et de ses conviction, l'abdication totale de sa dignité pour se mettre au service du tortionnaire. Syndrome de Stockholm ? Certainement oui, car qui d'autre qu'une victime traumatisé, formaté, manipulée, pourrait se mettre à aimer cette dictature au point de vouloir en devenir le soldat de plein gré ?
L'avenir donc est chose éphémère, mirage incandescent nous permettant de croire en une liberté que nous n'avons que l'illusion de posséder. En ce sens, que penser du destin, de la destinée. Si nous en toute logique et réflexion des choses nous en arrivons à la conclusion que ni notre avenir, ni notre liberté extérieur ne nous appartiens, peut on admettre que nous en plus de tout prisonnier des chaînes de notre destinée, animaux en cage soumis au bon vouloir d'une entité mystérieuse et invisible ? Certain disent que notre destin n'est qu'un fil conducteur, une route tracée sur laquelle il faut faire son propre chemin. Les rênes de notre vie sont censés nous appartenir alors...pourquoi mes paupières se sont elles ouverte au creux d'une chambre baigné par la lumière rosé du jour naissant, le ventre enserré par un étau d'angoisse ... ?


L'aube perce au travers de mes rideaux et laisse entrer en ma chambre des nuances d'orange et de pourpre, de magenta et de carmin qui donne à la pièce une allure chaude est suave. L'aube, jeune sœur de l'aurore qui étend en cet instant  les voiles de sa cape sur le monde, peut elle seulement comprendre que par ce geste si simple qu'elle accomplit chaque jour, elle condamne aujourd'hui vingt quatre enfants au traumatisme de la mort ? Le temps s'évapore, le temps coule et glisse sur le monde jusqu'à disparaître dans la poussière des souvenirs. Et en cette matinée d'été, je me laisse aller à la gourmandise de mon lit, laissant mes membres danser et s’étirer dans les draps, mes cheveux défait ondulés et entremêlés dans un enchevêtrement de mèche rousses se reflétant dans les rayons du soleil. L'aurore arrive, la matinée commence réellement en cet instant et comme depuis quatre année déjà, je sais que sous peu la porte de bois qui sépare ma modeste chambre du reste de notre petit appartement s'ouvrira sur les traits tirés de ma mère, qui de son meilleur sourire tentera de me réconforter, de me dire que ce jour n'est ni plus ni moins qu'un jour comme un autre et que jamais je ne serai tiré au sort pour les jeux. Pourtant, au fil des années, j'ai vu son regard s'alourdir au nombre des tesseraes que j'ai du prendre.  Toi Clotho voit tu dans les méandres de ton fil, la destinée qui m'attend ? Qui sais, qui peux le dire ? Et tel un automate réglé sur l'année, ma porte de bois se met à grincer, laissant apparaître une femme aux chignon quelque peu décoiffé et au sourire tiré...je dois me préparer.

Tic...tac...tic....

Le bain est chaud lorsque je me laisse glisser dans la bassine de bois poser dans une petite pièce de notre appartement qui en plus de nous servir de salle de bain, sert également à entreposer bien des choses. Après tout, je me lave en cet instant dans le bac qui sert à ma mère à faire la lessive. Quand on est une famille comme la notre il faut savoir s'accommoder de ce genre de choses. Mais je m'y suis plutôt bien fait et commence à me frotter et me savonner de partout, utilisant jusqu'à la brosse pour nettoyer mes pieds et mes ongles, utilisant deux œufs frais pour me faire un shampoing qui fera des mes cheveux un tapis de soie à l'odeur enivrante. Oui, je dois être parfaite aujourd'hui bien plus que le reste de l'année, et malgré cette boule d'anxiété qui s'enroule autour de mes intestins, je tente de garder courage et sourire en toute circonstance.
Parfaitement propre et lavée, je m'en vais me sécher, enroulant une serviette autour de la poitrine, dans ma chambre. Nous sommes encore trois à devoir nous préparer et il faut gagner autant de temps que possible. Lorsque je sors de notre salle de bain de fortune, je croise le visage nerveux de Jared. Il n'a pas beaucoup dormi cette nuit et je ne peux que le comprendre. Je me souviens de ma premiers moisson, je n'avais pas dormi de la nuit et tremblée tel une feuille lors du tirage au sort des jeunes filles. Quelle chance une enfant de douze aurait elle eu parmi ces monstres de l’arène...quelle jeune fille de seize aurait une chance de survivre à l’arène...

Ébouriffant d'un geste tendre sa chevelure emmêlée, je me dirigeai d'un pas rapide vers ma chambre essuyant avec soin chacune des parcelles de mon anatomie avant d'enrouler la dite serviette autour de mes cheveux. Je devais me préparer, avant de penser à me coiffer et pour cela ma mère avait tout prévue. Je passais ainsi une robe bleu pale assez simple en coton léger qui tombait en de jolie petits pli au dessus de mes genoux, ma poitrine était mise en avant mais en restant toujours dans bienséance par un col en V qui laissait entrapercevoir la naissance de mes seins.  Quant à ma taille, elle était relevée par un magnifique ruban de satin bleu saphir noué en un jolie nœud dans le dos qui me donnait un air de jeune fille douce et candide. Bien sur cela faisait naître en moi une dualité sans précédent. J'admirais ma robe avec l'excitation d'une petite fille et pourtant je ne pouvais oublier le pourquoi de ma tenue si raffinée...je devais être sur mon trente et un si je venais à monter sur l'estrade...

Ma tenue passée, je passais dans la cuisine, ma serviette toujours autour de la tète pour aider mes frères et sœurs à se vêtir. Jared passa une chemise à carreau simple qui lui donnait un air habillé tout en restant simple, mes petites sœurs elles avaient passé des robes de mon enfance qui leur allait très bien. Bien sur, elles étaient trop jeune pour la moisson, mais quitte à bien s'habiller autant qu'elles le soit aussi, cela leur fait tant plaisir... La fratrie habillée, je laissais tout le monde déjeuner quelques tranches de pain, malgré le peu d’appétit que nous avions avant que ma mère ne vienne à devenir ma tortionnaire. Oui, j'ai bien dit tortionnaire. Rien ne lui fait plus plaisir que de pouvoir nous coiffé mes sœurs et moi et c'était toujours long...long...et parfois douloureux. Passant devant la coiffeuse ancienne de sa chambre, je la laissais m'enlever ma serviette, mes long cheveux d'un roux flamboyant glissant sur mes épaules alors qu'elle finissait de les sécher puis entreprit de les brosser me faisant pousser quelques cris de douleurs plutôt important. Ensuite commençât la torture. Je la vis prendre l'une de mes mèches et l'arroser de laquer avant de la ramener en arrière et de la faire tournoyer sur elle et de re commencer et de tirer et brosser et de je ne sais quoi d'autre qui me firent arracher bien des grimaces et des gémissements jusqu'à ce que le résultat finale apparaisse, une magnifique jeune fille aux cheveux bouclés tombant délicatement dans sa nuque avec deux mèches frontales tressés sur vers l’arrière du crane, il ne manquait plus que quelques touches de gloss pour me rendre sublime et je cru voir un ange dans mon miroir.

Enlaçant ma mère avec douceur, je sentis en cette étreinte de l'amour et un adieu, comme si pour une raison quelconque, nous redoutions toutes deux, un malheur en ce jour funeste. Puis vint la dernière touche de cette tenue, un pendentif argenté qui appartiens à ma mère ou se trouve les mèches de chacun des membres de la famille. Je sais qu'elle en a fait faire un second pour mon frère au cas ou...

Mais le temps n'est pas à l’apitoiement ni à la crainte, il nous fallait toute deux finir de préparer les enfants et ce fut a grand cris que mon frère se fit dompter la chevelure par ma mère tandis que je tressais les cheveux des jumelles en de jolies nattes se finissant par de petits rubans assortis à leur robes. 

La cloche sonne au loin, signale du commencement de la moisson de cette année. Les rues s'emplissent lentement et je ne deviens plus qu'un point parmi tant d'autres dans cette foule disparate de garçons et de filles dans la fleur de leur jeune age aux allure de vieillard allant quérir le repos. L'allée est remontée et les bureaux sont ouvert. Lentement nous avançons, un par un, garçon d'un coté, filles de l'autre. Et je vois Jared se faire piquer le doigt avant de prendre place. Tout comme j'aperçois Emrys, Seth, puis Emma et finalement Léopold...pourvu qu'il ne soit pas tirer au sort... Toutes ces personnes que je connais, que ce soit de vue ou d'amitié risquent de disparaître à jamais. Mon tour est venue, j'avance lentement la pacificatrice qui me pique le doigt pour y faire perler une goutte à la couleur de rubis. Je porte la blessure à mes lèvres alors que je rejoins les jeunes filles de mon age dans la foule pensant à ce compte pour enfant que ma mère nous conter il n'y a pas si longtemps. L'histoire d'une jeune fille princesse de son État qui maudit par un être maléfique était destinée à se piquer le doigt sur une quenouille et à en mourir. Bien heureusement, une fée était venu à son secours et lui avait simplement promis le sommeil et le baiser d'un jeune homme qui l'aimerais pour dissiper la malédiction... Malheureusement, je ne voyais ici aucune douce fée. Pourtant je voyais au loin l'affreux et hypocrite Ron Grimms, homme détestable qui malgré son faciès somme toute agréable, était pour moi l'incarnation du mal et de l'abjecte. Ambre m'avais parler de son goût pour l'humiliation des tributs et la méchanceté, je n’espérais qu'une chose, qu'il meurs dans les pires souffrance. C'était ce clown absurde aux cheveux aussi rouge que le blanc et à la peau aussi blanche que la neige qui allait décider de celui et celle qui auraient le malheur de devenir les tributs de cette année. Le blanc de la neige et le rouge du sang...cela me rappeler une fois encore un conte parlant d'une princesse dormant le temps que son prince vienne à la sauver.

« Joyeux Hunger Games et que le sort vous soit favorable »

Le recensement était maintenant terminé, et il étaient pour lui temps de commencer. Il nous souhaita à tous la bienvenue pour cette moisson et nous passa un film du capitole. Je le regardais, comme je l'avais déjà observé des dizaines de fois, parler de la guerre et des jeux, me demandant si un jour, une fée viendrais nous sauver. Mais il n'était plus temps d'y penser car déjà la mort s’avance vers les boules de verres ou nos noms étaient renfermés. Les dames d'abord, galanterie si inapproprié en cet instant ou elle plonge la main dans les petits papiers ou nos noms sont figés... que le sort nous soit favorable... 
le sort, voilà bien une chose a laquelle je ne croyais pas. En quoi le sort, la chance ou je ne sais comment l'ont pourrait l’appeler pourrait m’être favorable et me sauver ? Je me doute bien que pour le capitole, la faveur du sort et d’être le nouveau tribut de son district, d'aller en arène combattre et qui sais, revenir vainqueur, mais je ne l'ai jamais vu ainsi . Pour moi, pour nous, le sort est défavorable à celui qui est tiré au sort. Au familles qui doivent affronter cette télé-réalité mortuaire, ou chaque jour est un sursis ou chaque jour est une torture. Mes yeux se ferment l'espace de cette seconde ou l'homme aux cheveux de sang plonge sa main dans la boule de verre, je revois en quelques millièmes de secondes toutes les morts dont je peux me rappeler à commencer par celle de cette petite fille décapitée par une abomination...qu'a dû ressentir sa famille ?
La main de l'homme sort lentement un nom au bout de la main, une vie accroché à ses doigts monstrueux. Mon cœur cesse de battre, il me semble que l'homme est devenue la mort elle même et que de ses doigts osseux il va nommé sa fiancée.

Je n'ai plus qu'a prié...que je sort me soit favorable...que la fée sur moi ai posé son baiser...que la mort ne m'invitera pas en cette journée à devenir sa future bien-aimée...



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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Jeu 11 Juil - 21:56

Vivre, c'est jouer à la roulette russe.



L'aube teintait les cieux de lumière. Les étoiles attardées palissaient face à la lueur de l'astre solaire, qui déjà émergeait de son long sommeil. L'horizon se paraient d'or tandis que tel un phoenix, Hélios jaillît du néant et engagea sa course effrénée vers le zénith. Sa lumière pure et chaleureuse pénétra dans chaque foyer, chassant inexorablement les ténèbres. De ses doigts de feu, il effleura la Terre, réveillant ainsi les êtres assoupis. C'était une belle journée, comme chaque été nous en offre. Une journée où idéale qui ne devrait être le théâtre d'aucune peine. Pourtant, en ce jour, le destin allait frapper 23 enfants. 23 innocents dont le crime était d'être né dans un District et non au Capitole. Des jeunes qui allaient payer de leurs sangs et de leurs chairs les erreurs du passé. Des agneaux sacrifiés sur l'autel de la cruauté humaine.

Ce fût avec cette lugubre pensée que Léopold s'éveilla. De profondes cernes violacées soulignaient son regard, témoins d'une nuit des plus agitées. Comme chaque année, le jeune homme n'était  parvenu à trouver le sommeil qu'à une heure très avancée. Mais comment pourrait-il dormir alors que sa vie et celle de ses proches se trouvaient menacées ? Comment oublier que la vie de son frère avait basculée en un jour semblable ? En dépit de tout ses efforts, Léo ne pouvait occulter que son existence allait peut-être basculer dans une poignée d'heures. L'ombre de la Moisson planait au-dessus de son lit comme une épée de Damoclès. La Moisson, ce terme décrivait à lui tout seule cette mascarade. Une cérémonie durant laquelle on fauchait des vies comme des gerbes de blés. Passant la main dans ses cheveux en bataille, le jeune homme se força à se lever malgré toute la répulsion que cela lui inspirait. Mais il n'y pouvait rien changer. Comme chaque année, il allait se trouver face à cette maudite estrade, écouter le monologue d'un hôte narcissique et inhumain et voir la vie de deux enfants basculer. Peut-être même celle d'une de ses sœurs, d'Emma, d'Emrys ou de Seirina... Non, il ne voulait pas y penser. La moindre évocation de cette possibilité le rendait nauséeux. Il ne pourrait supporter de les voir partir. Il ne pouvait se faire à cette idée. Et puis, se souvînt-il, les jeunes ne manquaient pas au sein du District et nombreux étaient ceux qui atteignaient l'âge limite sans encombres. *Tout ira bien* se répétait-il tandis qu'il descendait lentement l'escalier en bois usé. Dans la cuisine, il trouva sa mère, les traits tirés et le teint pâle. Un élan de compassion envahît le jeune homme lorsqu'il posa les yeux sur cette pauvre femme qui avait déjà perdu un fils et qui, chaque année, vivait la peur de perdre un autre enfant. En silence il s'avança vers elle et posa une main réconfortante sur son épaule. Bientôt, il sentît une paume douce et maternelle la recouvrir. Les démonstrations d'affection étaient rare chez les Blake, mais le jour de la Moisson, rien n'était pareil. Ils restèrent un long moment ainsi, et seuls leurs souffles brisaient leurs immobilité statuaire.  Une cavalcade mit fin à ce moment privilégié. En se retournant, Léo vît sans surprise apparaître ses deux jeunes sœurs. Un sourire triste se dessina sur ses lèvres en voyant débouler Eglantine et Violette. Les jumelles avaient à peine douze ans et en paraissaient dix tant elles étaient frêles. De vrais cristaux que la moindre bourrasque briserait en milles éclats. Comment imaginer l'une de ses petites fées combattre dans cette arène de malheur ? Rien que d'y songer, Léo sentît sa gorge se nouer.

C'est en silence qu'ils déjeunèrent, en dépit d'un manque d'appétit flagrant. Léo, en grand frère attentionné, faisait de son mieux pour rassurer ses jeunes sœurs. Brisant de temps à autre le silence pour un compliment, ou une remarque moqueuse. Mais même son humour légendaire ne parvenait à les dérider. Et comment leur en vouloir quand lui-même était au bord du vomissement ? Abandonnant la bataille, le jeune homme laissa son regard divaguer sur la chaise vide de leur père, qui travaillait déjà à la boulangerie . Chaque année, cet homme rude et froid évoquait de nombreuses commandes pour s'enfermer dans l'arrière boutique. Mais tous savait qu'il ne faisait que cacher ses pleurs derrière cette porte à la peinture écaillée. Il était bien trop fier pour montrer ses larmes, même à ses propres enfants. D'ailleurs, Léo ne l'avait vu pleurer qu'une seule fois. A la mort de Judi... Non, il ne devait pas y penser. Ou jamais il n'aurait la force de retenir ses propres sanglots. Et il ne pouvait se permettre de se laisser aller. Pas devant ses sœurs. Pas aujourd'hui en tout cas.

Une fois le déjeuner achevé, vînt l'heure de la toilette. Tandis que sa mère s'occupait de ses sœurs, le jeune homme remonta dans sa chambre, située sous les combles, et entreprit d'y mettre un peu d'ordre. Il ne voulait pas laisser derrière lui une chambre en désordre. C'était bête, mais c'était ainsi. Et puis, cela l'empêchait de penser à l'épreuve qui l'attendait. Une fois la pièce parfaitement ordonnée, il se rendit à son tour dans la salle de bain. Tandis qu'il faisait couler dans le bain une eau brûlante, le jeune homme entreprit de se raser de près. Il tenait à être à son avantage en ce jour fatidique. S'il devait partir, autant laisser aux siens l'image la plus positive possible. Enfin, il se glissa dans l'eau bouillante et laissa sa tension s'apaiser peu à peu. Les bains étaient un luxe rare, et malgré son anxiété, Léo voulait le savourer pleinement. Le jeune homme se savonna longuement, se laissant enivrer par l'odeur de verveine qui emplit bientôt la pièce et se massa longuement contentieusement  le cuir chevelu afin d'éliminer la moindre saleté. Il resta longtemps dans l'eau, jusqu'à ce que la peau de  ses doigts soit totalement fripée. Ce n'est qu'alors qu'il se décida  à quitter cette chrysalide aqueuse qui lui apportait un peu de réconfort au milieu cette marée détresse. Après s'être séché intégralement, il acheva sa préparation en se brossant les dents et en tentant de domestiquer sa chevelure rebelle, et ce sans grand succès. Le jeune homme rejoignit ensuite l'univers rassurant de sa chambre et trouva sur son lit la tenue que sa mère lui avait préparé. Cette attention, pourtant banale, ému le garçon qui sentit sa vue se troubler. Fermant les paupière, il respira profondément afin de se calmer. Il avait toujours été à fleur de peau et la Moisson était toujours source de vives émotions qui menaçaient de le submerger à chaque instants. Il avait crû que cela s'apaiserai aux fil des années, qu'il s'habituerait à la pression. Mais rien à faire, chaque moisson lui semblait aussi atroce que la précédente. Une fois apaisé, il enfila lentement ses vêtements sans y porter la moindre attention, comme un automate. Puis il jeta un bref coup d'oeil au cadran de sa montre « 11h30 ». Plus que quelques heures... A cette pensée, son cœur manqua un battement. Déglutissant avec peine, il sortit à nouveau de sa chambre. En passant devant la chambre des jumelles, il aperçut sa mère coiffer magnifiquement les cheveux d'or de Violette tandis qu'Eglantine regardait rêveusement par la fenêtre. Passant sa tête par l'entrebâillement, il déclara «  Maman, je sors ». Surprise, sa mère se retourna vers lui et prît un air peinée «  Mais enfin Léo tu n'y penses pas..." Il lui répondit brusquement " Ne m'attendez pas pour déjeuner, je passerais prendre les filles toute à l'heure" " Léo !!! » Sans plus, attendre, il dévala les deux étages et sortit en pleine lumière.

Il faisait un temps superbe. Le ciel était radieux, son azur pigmenté de nuages rêveurs. Un douce brise atténuait la chaleur de ses rayons ardents. Le chant mélodieux des oiseaux résonnait dans tout le district, faisant écho aux rires cristallins de jeunes enfants. Un temps splendide pour une journée infernale songea-t-il sombrement. Comme chaque année, Leopold fît le tour du District. Une tournée des adieux, en quelques sortes. Il en était ainsi à chaque Moisson, il ne pouvait s'empêcher de passer devant les lieux et bâtiments qui avaient rythmés son existence jusqu'alors. Les ruines, où résonnait encore l'écho de ses rires d'enfant, l'école où il avait passé tant de temps et où il avait formenté ses rêves les plus fous. Ses pas le menèrent ensuite au centre-ville où il s'était déclaré à Seirina il n'y avait pas si longtemps. Naturellement, il arriva devant son immeuble et leva automatiquement les yeux vers sa fenêtre. Il se l'imagina se préparer fébrilement, enfilant prestement une ravissante robe qui mettrait sa silhouette parfaite en valeur. A nouveau, il sentit sa gorge se nouer et préféra passer son chemin. Puis vînt le tour de la demeure d'Emrys d'où s'échappaient les cris de Lullaby, ce qui provoqua le rire de Leo, malgré sa tension . Puis un petit détour par le village des vainqueurs où il aperçut la maison d'Ambre. Il passa ensuite devant la bicoque qu'occupait Emma et son cœur se serra lorsqu'il songea aux malheurs que son amie avait déjà traversé et qui l'attendaient peut-être. Enfin, il finit sa course au cimetière, au pied de la tombe de son frère. Il resta un long moment assis face à la stèle austère, conversant silencieusement avec cet être dont la vie avait été fauchée sans état-d 'âme. Ce n'est que lorsque les cloches sonnèrent au loin que Léo daigna se relever. Pas pressé le moins du monde, il retourna paisiblement chez lui, le cœur un peu plus léger.

Il y avait foule. Doux euphémisme pour caractériser la marée humaine qui noircissait la Grande Place. Tenant chacune de ses sœurs par la main, le jeune homme s'avança vers l'une des  personne chargée de pointer les jeunes.  Un frémissement lorsqu'une aiguille préleva un goûte écarlate, puis il s'avança de quelques pas avant de se retourner et d'offrir un sourire d'encouragement aux jumelles, qui n'en menaient pas large. Il les regarda ensuite s'avancer vers le groupe des filles de douze ans avant de rejoindre son propre groupe. En jetant un coup d'oeil aux alentours, il croisa le regard de Seth auquel il offrît un mince sourire, en dépit de son animosité à son égard. Le jour de la Moisson, toute les tensions, toute les rancunes disparaissaient, remplacées par une solidarité fraternelle. Ils avaient tous à y perdre, autant mettre de côté leurs différents et se soutenir, ne serait-ce qu'une journée. Il aperçut ensuite la silhouette d'Emrys, qui ne paraissait pas affecter le moins du monde par la situation, comme à son habitude. Le jeune homme tenta en vain d'apercevoir Emma, mais son ombre demeurait noyée dans la foule. Son regard fût alors attiré par un reflet ambré. Le cœur de Léo se serra lorsqu'il aperçut Seirina, plus belle que jamais dans sa robe bleuté qui sublimait sa beauté naturelle. Comment pouvait-il ne serait-ce qu'envisager de la perdre alors qu'elle était là, à quelques mètres de lui seulement, auréolée de toute sa fraîcheur, de toute sa jeunesse ? Il ne pouvait y songer.

Le silence de mort qui régnait sur la place fût rompu par la voix nasillarde d'un pantin grotesque au teint cadavérique. Comme à son habitude, le bouffon du Capitole leurs fît son discours sans jamais se départir de son air joviale. Quel bel hypocrite il faisait ! Un plis amer déforma le visage du jeune homme tandis que le singe savant continuait sa litanie. « Et puisse le sort vous être favorable ! » Voilà, le monologue était enfin achevé, venait à présent le moment que tous redoutait. Nerveux, Leo fixa intensément l'urne vers laquelle s'avança le chien du Capitole.

Vivre, c'est jouer à la roulette russe. On risque sa peau à chaque instant et l'on ne sait jamais sur quoi l'on va tomber. On se croit fort, on se pense maître de sa destinée, mais à chaque instant tout nos rêves, tout nos espoirs peuvent voler en éclat. Combien de balles nous reste-t-il à encaisser avant le coup fatidique ? Nul ne le sait. Mais tout ce que Léo espérait, c'est que cette fois-ci, la balle soit blanche.
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Logan N. Stark
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Lun 15 Juil - 19:19


Ron considéra un instant la foule après sa déclaration. De façon très étonnante, cela faisait un choc à tous les spectateurs, bien que cette phrase, il l'aient entendue chaque année depuis de nombreuses saisons. Il s'amusa lui même en se disant que c'était tout pile la seizième fois depuis le lancement des jeux, un petit sourire lui échappa. Trente et un tributs de ce district qui était morts de façon plus ou moins impressionante depuis l'instauration des jeux. Une seule avait survécu : la charmante Ambre, très belle femme, autant être honnête il avait apprécié qu'elle gagne. Ron aimait les jolies femmes, dommage que celle-ci soit issue du camp des traitres. Plus de trente morts, les districts avaient morflés, et il en était heureux, très heureux. Plus les tributs perdaient la vie, plus sa vengeance s'accomplissait, et elle ne cesserait de s'accomplir d'ici le jour de sa propre mort. Il ne fallait pas sous-estimer la colère d'un homme, et c'était bien pour cette raison qu'il était devenu hôte du district six : il était aux premières loges pour assister au malheur des familles de traitres. La traitrise étant génétique, il n'éprouvait pas le moindre remord. Il attendait ce jour avec impatience depuis plus de dix ans, en fait il se délectait de ces instants tous les ans, comme si sa vie se résumait à ces brefs instants de vengeance. Comme un petit fruit au sommet d'une crème glacée, qui a tellement de goût, plus que la glace, aussi savoureuse soit-elle. Ron Grimm croisa ses mains sur sa poitrine, décidant se savourer chaque seconde et en faire des souvenirs impérissables, il prit même le temps de dévisager chaque enfant de l'assitance, de les regarder dans les yeux et de se demander quels yeux s'agrandiraient de peur et d'effroi à l'annonce du tirage au sort.

Il ne perdit d'ailleurs pas de temps et se dirigea vers l'urne des filles.

- Mesdemoiselles, c'est à vous de commencer !

Il ne prit aucune pause et attrapa le premier papier qui lui tomba sous la main. Il se demanda à qui était le nom qu'il avait tiré. Il espérait que la jeune fille serait belle, car dans tous les cas, elle ferait une jolie gagnante ou un sublime machabé. Il l'ouvrit sans plus de cérémonie, y mettant tout son mépris.

- Seirina Galway ! Viens donc me rejoindre jeune fille !

Et comme chaque année, il ne repéra pas tout de suite l'heureuse élue, car toutes les autres filles s'étaient figées elles aussi, comme horrifiées, mais aussi soulagées qu'un délai de vie leur soit accordé. Seirina, quel beau nom, si mélodieux, les sponsors allaient adorer. Car il existait des gens qui sélectionnent leurs favoris sur des critères bien étrange : le prénom, mais aussi parfois la couleur des yeux ou des cheveux qui leurs plaisaient. Tandis que la jeune fille la rejoignait, il lui adressa un sourire féroce et se dirigea vers l'urne de la gent masculine, qui retenait son souffle à son tour.

- Jared Galway ! Félicitations mon jeune ami !


Ron exultait. De toute évidence, il s'agissait d'une soeur et de son frère. Sublime, géniallissime, Ron n'aurait jamais pu rêver mieux en ce beau jour. Il ne pouvait en rester qu'un, ils souffriraient atrocement quel que soit le dénouement. Fabuleux ! Il appuya son regard avide sur le jeune garçon qui arrivait. Cela lui rappela la mort de son frère. Le frère de Ron Grimm était Pacificateurs, et il était mort. Pendant la rebellion des districts. Dans le district six. Cette merveilleuse offrande contribuerait à le venger.


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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Lun 15 Juil - 19:23



Qui en ce monde n'as jamais connu cette expérience d'un instant qui au grès des événement ou des émotions semble accélèrer ou ralentir sa course ? Cette impression artificiel et insaissible du temps ou toute durée semble dépendre des émotions ressenties par la personne qui l'observe. Ainsi, seconde peuvent paraîtres heures alors que fasse moi cet inconnu vois les heures tel des secondes.
Ma mère me disait que c'était le temps subjectif. Il ne dépendait que de nous, de notre subconscient et ne peux s'écouler de façon égale entre tous. D'ailleurs l'on peut voir sans problème aucun que selon notre ages, les durées varie, mais surtout, que l'intensivité des évènements se développe en nous. Aujourd'hui, alors que les souvenirs de mon enfance ne semble plus qu'un film passé depuis longtemps, une empreinte inscrite dans ma mémoire sans même que je ne sache plus si cela à réellement existé ou non, je vois le temps se ralentir le temps d'un cours, s'accélerait le temps d'un baiser, disparaitre le temps qu'un nom sorte d'une boule de verre. Le temps est donc tel un élastique, que l'on peut à son grés étirer selon l'instant, selon son humeur.

Enfant, les jours au lac duraient toute la vie. Arrivé à l’âge adulte, voilà que les années filent comme du sable. Pourtant, le temps est ie même pour tous. Alors, pourquoi cette impression ? Parce que nous sommes des êtres humains emplie d'émotions contradictoir et que rien ne peux etre pré définis en nous : le temps peut se contenter, comme la lumière, d’aller d’un point A à un point B à vitesse constante. Il s’accélère globalement, mais, en son sein, nous percevons des durées variables : nous vivons, par exemple, conjointement, le temps d'une vie, nos cheveux blanchissent, notre peau vieillit – et le temps suspendu d’un événement important. Ainsi suis je absorbée par la nomination du prochain tribut, tout entière plongée dans l’instant, cependant que mon corps, lui, poursuit sa course biologique. D’où vient une telle subjectivité de notre perception de la durée ? Tout passe d’abord par notre cerveau. Cela viens de la concentration que l'on donne, qu’il s’agisse de regarder un film ou de faire un devoir. Durant ce moment, le temps semble rétréci, suspendu. Je peux revenir à la réalité sans avoir pris conscience du temps qui vient de s’écouler. Dans ces moments-là, la partie de mon cervau qui siège aux émotions, à la perceptions, à l’affectivité, se met en veille. Nous ne percevons plus le monde extérieur. Notre concentration prend le pas : un filtre se met en place, laissant passer les seuls signaux vitaux . À l’inverse, lors d’une émotion forte, le temps se bloque. Les amoureux connaissent cela par coeur. Si j’attends celui que j’aime sur le pas de mon immeuble, les minutes n’en finissent pas de s’écouler. Dès qu’il arrive, je l’embrasse et, là, je ne suis plus que sensations, émotions, entièrement dévoué au toucher et au gout, je ne sens plus le temps passer. La faute, encore, au cerveau li, qui prend la main, déversant d’énormes quantités d'hormones, nous shootant véritablement. Bien sûr, les hormones ne peuvent suffire à décrire et à expliquer cette altération du temps, mais elle permet d’en percevoir la complexité. Et, biologiquement comme philosophiquement, le seul moyen de ralentir sa course réside dans notre capacité à en prendre conscience. Qu’il s’agisse de la méditation, de la réflexion, de la psychanalyse ou de la création, se repositionner dans l’instant nous ouvre au monde qui nous entoure.
La conscience du temps qui nous entoure se construit au cours de la croissance. L’acquisition de la langue est un reflet de cette maturité qui s'installe en nous, Les enfants apprennent les différents temps du verbe, le passé et le présent, l'imparfait et le futur, et lalors, e présent se réduit. Il y a un effet de condensation du présent. Pourtant, à l’adolescence se produit un phénomène essentiel : la déception existentielle face aux promesses de l’enfance. Je ne serai jamais une fée ou une princesse… Le temps commence à s’accélérer. Les espoirs passent définitivement du côté du passé. C’est une expérience de la mort. Plus on avance en âge, plus le passé s’alourdit, plus le présent nous précipite en avant. C’est une précipitation imaginaire, bien sûr, mais réelle. Le paradoxe, c’est que nous aimerions arrêter le temps. Cela se produit quand il ne se passe rien, quand nous sommes dans un état de bien-être. Nous sommes,  dans un état de plénitude.

Pourtant en cet instant précis, point immuable dans notre espace temps, l'impression que le monde viens de stopper sa douce ronde autour du soleil m'envahis à mesure que mon esprit semble acquérir les informations, les déductions, les immuabilité de l'annonce qui viens de se faire. Le temps se détourne de sa course, le souvenir de ce jour se grave en mon esprit taillant en ma chair et mon cœur. Qu'il se détourne de mon esprit, bien triste souvenir dont j'abandonne déjà l'idée même de la poursuite. Et te temps s’arrête, oui, le temps s’arrête en cet instant que je vis tel une mourante voyant en ce ciel bleu qui nous surplombe les derniers instants d'une vie.

« Seirina Galway ! Viens donc me rejoindre jeune fille !
»


Voici les mots qui venaient de s'envoler en l'air, retombant avec la lourdeur du plomb et de l'acier, cette fois, le destin en était jeté et l'épée qui surplombait la tête de chacun des enfants de ce district venait de tomber sur le fil de ma destinée, le coupant d'un trait net.  Ma respiration était lente et pourtant je me sentais affolé intérieurement. Avais je bien compris ce qui venait de se dire ou n'était ce que la peur et l'angoisse qui avait fait entendre à mes oreilles des mots qui n'avaient jamais existaient qu'en mon esprit ?Non je pouvais y croire cela était impossible et pourtant...

Le temps repris sont cours, doucement, lentement. Les ailes des oiseaux recommencèrent à se déployer, les nuages, voyageur perpétuelles reprenaient leur course observant du haut des cieux le spectacle de nos vies et de nos destinées et sans réellement comprendre pourquoi je les vis. Femelles disparate au corps immonde, hideuses créatures aux yeux globuleux et exacerber aux coiffures étranges faites de cheveux ressemblant à la paille et à la terre. Elle n'était que les jeunes filles de mon district. Elles n’étaient que les dénonciatrices, les meurtrières qui pour sauver leurs âmes me jeter en pâture au démon.
Je les voyais tourner leur regard vers moi, moi frêle enfant, moi pauvre jeune fille qui malgré ses tesserae n'avait jamais pu se résoudre à ne serais ce que songer devenir tribut pour son district.
C'est alors que je compris ce qui se passait et que sans même un mouvement, une réaction ou un mot, je sentis ma vue se brouiller, le monde devenir flou gaussien tel un tableau de Van Gogh tournoyant dans des couleurs et des formes étranges. Puis vint la sensation d'humidité et de chaleur. Mes doigts allèrent chercher mes joues ce que pouvait bien être ce liquide qui arrivant à la commissure de mes lèvres me laissait touché du bout de la langue son gout salé. Des larmes, voila ce qui coulait le long de mes joues, les larmes d'une vie qui plus jamais ne serait la même. Toutes autour de moi s'étaient reculées au point que j'apparaissais clairement au milieu de la foule, enfant dénudée et délaissée offert aux dieux impie de la mort. On me fit signe d'approcher, d'avancer et tel un automate, je sentis mon corps se mouvoir, ce fut d'abord ma jambe droite qui fit un mouvement, puis la gauche et ainsi de suite, dans une lenteur tel que j'aurai pue devenir vieille femme avant d'arriver à l'estrade et pourtant qu'elle était proche cette estrade.
Ma démarche lente et mesurée finis malheureusement par me mener au coté de cet homme que je hais, ce clown ce monstre, cet abomination à la tête ensanglantée qui me donne envie de vomir, de me révolter, de lui cracher ma haine et ma rancœur au visage. Et pourtant je ne peux rien faire. Je ne suis capable de rien sinon de laisser couler les larmes le long de mes joues, tel des perles roulant le long d'une pente de soie.
Notre hôte demande à ce que l'on m'applaudisse et je ne sais pas pour quelle raison cela n'arriva pas. Le district six venait de plonger dans l'un des plus grands moments de silence qu'il n'avait jamais connu. Et tel un papillon de soie s'envolant à jamais vers le lointain de sa vie éphémère, je laissais mon glissais sur le monde face à moi. Je vis en premier lieux Emma. Son regard en disait long, je savais qu'elle était soulagée de ne pas être tirée au sort et pourtant je voyais à la moue que faisait son visage toute la douleur que ma nomination évoquée pour elle. Emma, mon amie d'enfance, jeune fille sans chance qui s'était battu contre la vie au prix de sa dignité afin d'offrir une vie un tant soit peu agréable à son jeune frère. Emma, courageuse jeune fille qui s'abimer les mains à la lessive et que j'allais aider par certain jours d'été. Tu me manqueras...
Puis mon regard glissa vers le fond de la place là ou le monde semblait se déchirer, là ou je dû faire force de moi même pour ne pas m'écrouler sur place à la vision dévastatrice d'une famille plongée dans la peine, de deux petites filles s'accrochant à la robe de leur mère au point de la déchirer, de cette même femme au visage livide et déformé en une grimace immonde par les cris aphones d'une mère perdant sa fille, par le regard perdu d'un homme qui ne peux rien faire de plus que d'être fort pour elles, que de tenter de ne pas laisser les larmes lui monter aux yeux a la vue de son ainée sur l'échafaud des jeux. Je détournais le visage vers les garçons alors que notre hôte s'avançait vers la boule qui contenait leurs noms. Je priais pour qu'aucun de mes proches amis ne soit tiré au sort, je ne voulais pas être en arène avec eux, je ne voulais pas savoir qu'ils pourraient mourir avec moi. Et en un instant je passais de visage en visage.
Je vis en premier lieu Emrys qui semblait troublé malgré son air éméché, l'alcool est de bonne compagnie en ces jours de moissons pour le jeune homme et il vaux peut être mieux qu'il ne comprenne pas de suite la dur réalité des choses. Seth qui semble estomaqué par la nouvelle me donne envie de pleurer d'autant plus, que dire à cet ami dont j'ai piétiné les sentiments au profit d'un autre et qui malgré cela pleurera ma perte ? Léopold...mon Léopold, ami d'enfance qui devint bien plus du genre lendemain, ami de toujours qui dans l'ombre à souffert mille supplice avant d'être délivré de tes tourments et qui se retrouve aujourd'hui encore au tableau des suppliciés. Nos regard se croisent, s'attachent ne se quittent plus l'espace d'un instant,Demain, verrai-je dans tes yeux, ces larmes qui voilent timides, me laissent entrevoir n monde où dansent les sylphides, où le ciel chante pour nous deux  un bonheur qui semble échappe à nos doigts entrelacé ?  Puis viens le dernier d'entre tous, cette petite tête rousse au fond de la foule des garçons dont les épaules sont prises de soubresaut. La tête basse je sais qu'il pleure, poings serrés. Je ne serai plus là pour lui, j'ai si peu de chance de survivre, si peu de chance de les revoir un jour. Mon esprit était si divaguant, tellement obnubilé par la fin précoce de ma vie, que je n'avais pas vu la main s'avancer de nouveau vers la seconde boule de verre et en sortir un petit papier  ou etait ecrit le seul nom que jamais, oh grand jamais, notre hote n'aurait du prononcer.

"Jared Galway!"

Je sentis en cet instant mon sang  se glacer, ma tête se vider, mes os me semblent n’être plus que coton alors que je ressens la douleur de mes genoux s’écrasant sur le bois de l'estrade, que j’entends au loin, la voix suraiguë d'une jeune fille hurlant à la mort un non qui fit sursauter notre monstre de sang.  Non...ce n'est pas possible, c'était sa première moisson, Il n'avais jamais pris de tesserae....il devait être sauf...Je me sens comme sur un nuage, je ne comprend plus trop ce qui se passe alors que je vois sa petite silhouette s'avancer lentement sur l'estrade. Ses épaules sont prises de soubresaut. Il pleure toutes les larmes de son corps alors que cette figure de cirque de présentateur  l'invite à s'avancer malgré mes mains qui se sont saisis de sa jambes, mes ongles s'enfonçant dans sa chair alors que mon visage prend la tête de la colère et de la haine, je sens mes yeux brûlaient d'un feu nouveau, mes mains, griffes acérés tenter d'arracher le vêtement et la chair que je sens sous mes doigts. Ils peuvent m'avoir, il peuvent me détruire et m’anéantir, mais jamais, je dit bien JAMAIS, ils n'auront ma famille.

Ce fut en cet instant quelque peu embarrassant pour notre hôte que je l'entendis, haut et fort, puissant et raisonné, ange gardien et sauveur qui pour toujours avait gagné mon amour et ma reconnaissance...

« JE ME PORTE VOLONTAIRE ! »

De nouveau, le temps semblant stopper sa course l'espace d'un instant. Chacun autour de lui, le regardait avec incompréhension. Emrys n'avait rien a voir avec notre famille. Ce n'était ni mon petit ami, ni même mon frère ou mon cousin. Il n'était que le meilleur et le plus aimant de tous les amis que jeu pu avoir en ce monde, même plus attentionné que Léopold qui encore choqué de ma nomination, ne semble pas s’être rendu compte du drame qui se tramer autour de lui. Ron sembla des plus heureux de ce dénouement qui met un peu de piment dans notre district trop morne à ses yeux . Et alors que je vois la silhouette en larme de celui que j'aime attraper mon cadet pour le jeter sur son épaule et l'amener à ma mère, j'observe Emrys grimper sur l'estrade.  Contrairement à moi , il avance d'un pas long et rapide, montant sur l'estrade à tout allure pour venir me prendre dans ses bras me serrant au plus fort, comme si cela me protégerait de l’arène. Au loin, je vois mes parents en pleurs tous les deux...le drame est évité....je serai la seule a partir...

Nous fumes alors présentés comme les grand chanceux de l'année, les tributs du district six pour la seizième édition de hunger games. Gloire à nous, gloire à notre district. Et surtout...que le sort nous sois favorable alors que déjà les portes du hall de justice se referme sur nous et notre hôte boitant quelque peu...

Les portes à peine fermée derrière nous, Emrys et moi fument séparé l'un de l'autre. Je poussais des cris de désaccord, mais  il fallait que nous fassions nos adieu à nos parents, c'était ainsi que cela devait se passer.  Deux pacificateurs me conduisirent tout comme mon compagnon de district à l'étage du bâtiment avant de me laisser seul dans une pièce dont ils gardaient la porte. Pour la première fois de ma vie, je me retrouvais dans ce que j'appellerai le luxe. Le sol était recouvert de tapis ou mes pieds s'enfoncer  tant ils étaient moelleux, un canapé d'un tissus assez doux et duveteux dans les tons rouge ou bordeaux peut être, les murs sont recouvert d'immense bibliothèques emplie de livre poussiéreux. Dans un coin de la pièce un vieux bureau de bois sur  lequel est posé une pile de papier, une plume et un petit pot d'encre. Sans chercher plus loin, je m'installe devant ce secrétaire et empoigne la plume d'un geste vif. Je n'ai jamais eu une belle écriture vous savaient, aussi m'appliquais je dans l'écriture de chacun de mes mots. Je savais que je n'aurai qu'une heure pour faire mes adieux à ma famille, mais j'avais besoin d’écrire ces quelques mots. Rapidement la porte s'ouvrit sur un homme massif, au corps svelte et aux yeux emplis de larmes suivit de prêt par une femme au visage rougeaud et couvert de larme dont la jupe était tiraillé par trois enfants aux cheveux roux qui se jetèrent littéralement sur moi, pleurant, couinant, hurlant à la mort et aux dieux leur désespoir..

Je voyais au regard de mes parents qu'ils ne savaient si il étaient en colère contre le capitole, inquiet ou triste.  D'un geste instinctif je me levé de ma chaise et me dirigeais vers eux pour les serrer dans mes bras, avoir une dernière fois ce contact humain avec ceux qui m'avais tant appris,  je sentais de nouveaux les larmes me monter aux yeux à l'instant ou nos corps se rencontrèrent. Je sentais au picotement de la barbe naissante de mon père contre ma peau qu'il était pris d'un sanglot. Je n'avais plus vue mon père pleurait depuis l'enterrement de ma grand mère, sa mère avec qui il avait toujours été très lié. Ma mère laissait ses doigts parcourir mon visage, mes cheveux, comme si elle cherchait à capturer de ses mains, de ses yeux, de tout son etre à m'attacher à elle, à graver en elle chaque sensation, chaque ondulation de mon corps et de ma chevelure en son cœur.En cet instant, les mots étaient inutiles. Je savais qu'ils m'aimaient. Ils savaient que j'éprouvais le même sentiment d'amour intense pour eux...autant ne pas gâcher cet instant par des mots. Pourtant, ils me lâchèrent lentement, les yeux d'un gris de roche de mon père se posant sur moi alors qu'il sortait doucement un objet de sa poche. Quand je le vis, je ne pue retenir un sanglot de plus. C'était le collier qu'il avait acheter il y a quatre année de cela. C'était un médaillon s'ouvrant sur un petit creux ou se trouvait une meche de cheveux de chacun des membres de la famille. C'était pourtant un collier assez simple, une chaînette dorée avec un pendentif ovale argenté sur lequel était une rose gravée.

« Porte le dans l’arène...Il vous protégera toi et...Emrys »

ils auraient voulu en dire plus, mais déjà notre temps était écoulé et les pacificateurs les pressait pour les faire sortir de la pièce. Jeu a peine le temps de leur répéter que je les aimaient avant que la porte ne se referme me laissant à ma solitude...Je n'avais pas le temps de m'apitoyer sur mon sort. D'autres devaient encore venir me faire un dernier au revoir. Alors que mes parents allaient remercier Emrys de son sacrifice...



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Sören E. Teniala
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Lun 15 Juil - 21:43


Le destin conduit celui qui consent et tire celui qui résiste. Il n'existe pas au sens propre du terme, si quelque chose arrive, c'est qu'elle devait arriver.

Lorsque l'on commence quelque chose, on se doit de le terminer. C'est ce que l'on ma toujours répété. Je ne suis pas de ces gens à avoir pleins d'ambitions et qui finalement une fois la réussite à la portée de main, abandonnent par soucis de sécurité ou parce qu'ils doutent. Je préfère foncer, aller jusqu'au bout et voir ce qui arrivera après. Même si le résultat est néfaste pour moi, cela ne me fait pas peur, j'agirai toujours en conséquence, puis ce n'est pas comme si je risquais vraiment quelque chose. Ayant un passé plutôt chargé et un actif d'assuétude à l'alcool, on met tout cela sur le compte d'une maladie quelconque que je ne possède pas. De même lorsque l'on fait un plan : il se doit être parfait, sinon ce n'en est pas un, même s'il y a toujours des éléments perturbateurs on ne doit pas perdre son objectif de vue. Voilà pourquoi il faut avoir des issues de secours, de quoi se protéger instantanément. Pour jouer dans la cours des grands, il faut en avoir les raisons, si l'on s'engage dans quelque chose de tel, il ne faut pas avoir peur des conséquences, ni de se salir les mains. Se venger est quelque chose de malsain, on doit fouiller dans les plus noirs secrets des gens, trouver des choses compromettantes et s'en servir pour les achever comme si ce n'était que des bêtes envoyées à l’abattoir. Je vous le répète, la vengeance est un plan qui se mange congelé, il ne faut pas avoir peur des représailles, jamais, parce qu'un jour où l'autre, tout acte se payera. On peut aussi appliquer cela pour les Hunger Games, si l'on est y envoyé, c'est parce que c'est une vengeance du Capitole envers les districts. Et tous les tributs doivent commencer à se battre et terminer ainsi, c'est l'obligation. Si on entre dans l'arène, c'est un piège qui se referme sur nous, on parle encore de cette fameuse boucherie. C'est toujours la même chose, on entre et on doit terminer que ce soit par la mort, ou par la vie.

Le tirage au sort des noms des tributs est dû au hasard, normalement, chaque année, les enfants âgés de douze à dix-huit ans voient leur nom chaque année être ajouté, si bien qu'à treize ans, votre nom est inscrit deux fois dans la boule et ainsi de suite jusqu'à dix-huit ans. Oui à ce niveau-là, on peut sûrement appeler cela du hasard. Seulement pour certains c'est plus compliqué que cela, dans les districts pauvres, les enfants peuvent prendre un tessera, une ration de blé et d'autres aliments basiques en échange d'un « ticket » pour les jeux. A partir de ce moment-là, on découvre que les Hunger Games sont tout sauf dû au hasard, ils privilégient les enfants pauvres et dans les districts aisés, comme le un ou le deux, se porter volontaire est un signe de puissance, ils adulent ce système affreux juste pour devenir célèbres, ce qui est complètement absurde, autant se satisfaire de ce que l'on a. J'ai l'impression de revoir le maire ainsi que les deux gagnantes me parler à la fête de l'année dernière, rien que l'idée de les revoir, si mon nom est tiré de la boule, me donne la nausée.

Maintenant que la moisson est réellement commencée, on peut dire que les choses sérieuses commenceront dans quelques instants pour vingt-quatre jeunes enfants de Panem. Tout ce que je sais que c'est que cette année encore, il y aura vingt-trois morts et un seul gagnant. Ou plutôt c'est la même chose depuis quinze ans déjà. Oh puis je ne sais plus à force, puis réfléchir me donne mal au cœur et envie de vomir à cause de l'alcool que j'ai ingéré. J'aimerais bien avoir de quoi faire passer l'affreux mal de crâne qui monte en moi, mais ce n'est pas le cas, il faut donc que je me calme moi-même et attende que le temps fasse effet. L'hôte de notre district entame donc un petit discours touchant - ironique quand tu nous tiens - à propos du district six. A travers ses mots il souhaite nous brosser dans le sens du poil, j'en aurais envie de lui cracher dessus tellement il m'horripile. Ses mots sonnent creux, ils ont l'air dénués de sens, de raisons, on dirait qu'il les prononce sans avoir la conviction nécessaire pour un discours de cette envergure.  Bien qu'on ne puisse lui retirer le fait qu'il soit charismatique et vraiment intelligent, personne ne peut dire qu'il soit quelqu'un qui apprécie les districts, on dirait qu'il nous haït comme il haïrait les pires criminels du Capitole. Ron, le clown du district six s'approche de la boule des filles une fois le discours annuel terminé. Les femmes d'abord, la galanterie est de mise, même si l'enjeu est funeste. Il plonge sa main dans les papiers et finit par en tirer un, une chance sur une centaine que ce soit quelqu'un que je connaisse. Une chance ? Non disons le contraire en réalité. Aller aux jeux n'est pas une chance dans les districts périphériques. « Seirina Galway ! Viens donc me rejoindre jeune fille ! » Pardon ? Est-ce une blague ? Si c'est le cas, l'humour de notre accompagnateur est vraiment de mauvais goût. Je ne réalise pas très bien, je suis comme ailleurs, les souvenirs affluent dans ma tête, dans un tourbillon insaisissable. Je la revois, elle, ma meilleure amie en train de laver mon corps nu sur la table de la cuisine alors que j'avais le corps couvert de plaies et quelques fractures ouvertes. Comment puis-je me souvenir de pareilles choses ? J'étais supposé être dans le coma à ce moment-là. Peut-être avais-je ouvert les yeux le temps de voir tel supplice. Je ne sais pas, je ne comprends pas, tout ce que je sais, c'est que ma bouche s'est ouverte d'elle-même sous la surprise, pourtant je ne me rends pas bien compte de ce qui arrive. Serait-ce un songe ? Je ne peux que l'espérer, même voir la chevelure rousse de Seirina s'avancer vers l'estrade ne me sort pas de cette léthargie qui s'est emparée de moi. Je ne sais même pas distinguer le faux du vrai, comment le puis-je de toute manière ?  Apparemment notre homme-clown semble satisfait de voir une aussi frêle fille à ses côtés. Je ne rêve que d'une chose, me lever pour aller lui cracher à la figure. Recouvrir son visage d'un glaire puant l'alcool me provoquerait une jouissance exquise, mais en faisant cela je risque là mort et même si elle ne m'effraie pas, je préfère mourir d'une façon plus noble. Voir notre hôte avec un sourire carnassier qui se dirige vers la boule des hommes m'irrite énormément, qui va donc partir vers la mort cette année ? Je ne vois pas l'action, j'entends juste quelques mots qui me suffisent à réagir immédiatement. « Jared Galway ! Félicitations mon jeune ami ! » Je n'entends plus rien, pas même les réactions choquées ou les probables hurlements. S'en est trop pour moi. Je finis par comprendre que tout cela n'est pas une chimère, c'est la pure réalité. Une funeste tragédie se joue devant mes yeux. Je vois une petite tête rousse s'avancer courageusement. Je ne peux plus voir cela plus longtemps. Je dois faire quelque chose, mais en ai-je envie ? Pour sauver son petit frère ? Oui, j'en suis capable. De toute manière personne ne me regrettera dans le district six, du moins on m'oubliera aisément. Je regarde le ciel, ce bleu trop pur me dérange, il ne peut exister en ce jour si funeste, une pluie devrait tomber. L'annonce du prénom masculin a eu cet effet sur mon être dans tous les cas. Comme si tout l'alcool que j'avais pu ingérer venait d'être éliminé, ce n'est pas le cas j'en suis conscient. Puis je ne pouvais laisser ce drame se jouer devant mes yeux. Mon amie a tout fait pour moi, je me dois de lui rendre la pareille, surtout en ce moment si déchirant.

Je sors de mon état second et me bouge rapidement en hurlant de façon audible pour toute la population présente sur ce lieu de damnation : « JE ME PORTE VOLONTAIRE ! » Je me mets à marcher d'un pas rapide et assuré vers l'estrade, autant ne rien laisser paraître, je ne souhaite pas que l'on puisse déjà imaginer que j'hésite à aller vers la mort. De toute manière il est trop tard. Je ne sais pas pourquoi je l'ai fait, peut-être pour protéger ma meilleure amie ? Je me dois d'être là pour elle, elle a tellement fait pour moi ces six dernières années que c'est mon honneur qui s'y engage. Mes pieds me guident automatiquement vers la sentence, je ne fais rien pour empêcher le sort, ce serait mal avisé. Je ne fais pas attention aux regards, ni à ce qui se peut se passer autour de moi. Je ne vois que Seirina, ma seule véritable amie, celle qui a toujours été là pour moi, lors de toutes mes épreuves. Puis finalement, lorsque je ne suis qu'à quelques pas d'elle, je la prends dans mes bras. Je ne pense pas stratégie, du moins pas encore. J'ai juste ce besoin irrationnel de la tenir contre moi afin de la rassurer. Je ne me préoccupe pas encore de ma sœur, elle est forte, même si me voir partir la brisera, elle saura faire la part des choses en public. Nous sommes somme toute présentés comme les nouveaux tributs du district six, ceux qui seront envoyés dans une arène. Je ne doute pas de nous, ce serait mal avisé. On a nos chances comme tous les autres. C'est une certitude. Par notre étreinte, je lui ai promis une chose cependant, je serais avec elle, quoi qu'il puisse lui arriver.

Seulement il est déjà temps que nous partions vers le palais de justice pour les habituels adieux. Je ne suis jamais entré ici pour les jeux, seulement pour mon agression après ma rééducation. J'attrape machinalement le bras du Pacificateur qui me presse le dos pour me faire avancer, maintenant que l'on est en privé, je peux commencer à m'énerver. « T'as intérêt à arrêter ce cirque maintenant ou je te refais la face. Je ne suis pas un mouton ni un chien que l'on doit guider. » Je le lâche et le regarde d'un air méprisant en m'approchant de l'endroit où je dois être isolé. L'oisiveté de la pièce me donne envie de vomir. Je trouve cela tellement déplacé par rapport à l'horreur qui va se dérouler dans quelques jours. Il est donc temps que les proches viennent faire leurs adieux ? Qui va donc venir ?


***

Quand on parle d'amour, on doit distinguer trois formes fondamentales de ce sentiment si particulier et si ravageur. L'amour familial est celui qui vient dès les prémices de notre vie, on aime sa famille, c'est normal, même si plus tard cela peut changer. Le lien qui se fait entre les proches parents et nous même à la naissance est indéfectible dans le début de l’existence d'un être humain, il est pur, doux et puissant. D'ailleurs pourquoi la plupart du temps les premiers mots d'un nourrisson sont « papa » et « maman » ? Parce qu'il les aime, parce que l'amour qu'il leur porte est quelque chose qui dépasse la science. L'amour amical est le second, nos amis, les vrais, ceux sur qui l'on peut compter en tout moment ont une part importante dans nos cœurs. Le lien qui unis deux camarades peut-être fortin, bien plus que celui qui unit un enfant à sa mère ou son père. Ce n'est pas forcément le cas admettons le. Comment distinguer ses vrais amis ? On en possède jamais plus que les doigts de la main. Ce sont ceux qui savent lire en vous comme dans des livres ouverts. Ce sont ceux qui arrivent à vous réconforter en tout temps. Ce sont ceux qui ne vous trahiront jamais peu importe les prétextes ou les opportunités. Ce sont ceux pour qui vous seriez prêt à donner votre vie. Puis l'amour, le vrai, celui qu'on déclare être le plus beau, le plus incroyable. C'est cette douleur là qui est la pire. Quand elle vous prend au ventre ... Vous terrorise par son intensité. Puis peu à peu elle devient contagieuse, elle voyage vers votre cœur et l'emprisonne dans sa cage appelée amour. Puis petit à petit le tout part vers votre tête. Une tonne de scénarios s'offrent à vous, vous tuent parce qu'aucun d'eux n'est envisageable. Puis peu à peu vous vous y habituez même si cette petite boule au ventre persiste. Ce mutisme subit que vous avez en la voyant et que vous vous avez lorsque vous vous apprêtez à lui parler est agaçant, il vous énerve parce que pourrez mourir pour la personne à qui vous voulez dire ces mots. Vos doigts qui tremblent dès que vous le frôlez qu'il y ait des vêtements ou non ne change rien. Ces rêves où il est, qui se transforment en cauchemars lorsque vous vous réveillez et vous vous dites que ne vous êtes pas avec lui. Les larmes qui vous montent aux yeux lorsqu'il est trop proche d'une autre personne, ou même quand ils se posent sur son corps que vous appréciez tellement. Tout cela ne trompe pas, il n'a jamais trompé. En fait c'est ce que l'on appelle l'amour. Le vrai. Celui que tout le monde recherche. Celui qui fait du bien mais en même temps vous détruit de l'intérieur. Celui dont la douleur est insupportable mais qui vous donne un sourire niais quand vous vous imaginez à ses côtés dans la vie de tous les jours.

La porte s'ouvre rapidement sur ma sœur, elle se précipite dans mes bras. L'odeur de ses cheveux blonds m'a manqué. Lullaby et moi cela n'a jamais été une tasse de thé, il faut bien l'avouer. Il paraît qu'elle me détestait avant que je ne risque de mourir, puis suite à cela, elle a commencé à me protéger, un peu trop à mon goût, c'est pour cela que j'ai décidé de commencer à faire le rebelle. Oui je sais que ce n'est pas la bonne attitude, mais je déteste que l'on me couve, je préfère voler de mes propres ailes. Ma grande sœur, même si je ne lui ai jamais dit, c'est toute ma vie, elle m'a appris à marcher seul, à manger, à parler, à écrire, et tout ce que j'avais pu oublier, c'est-à-dire tout. C'est ma protectrice que je ne désire plus, de toute manière, que pourrait-elle pour moi à présent ? Rien du tout. Elle finit par se reculer, le visage ravagé par les larmes. Moi je ne pleure pas, je me l'interdis, je trouve cela faible et totalement inutile. Cependant, mes yeux sont humides, brillants. « Lullaby, je t'aime. Merci pour tout, je ferais tout pour revenir, mais je ne pouvais pas laisser faire cette injustice... » Elle me sourit doucement et s'approche vers moi pour venir essuyer mes yeux du bout de son pouce, puis elle attrape ma main à laquelle elle fait glisser un petit bout de ficelle, ce n'est rien, à part son petit porte bonheur. Sa couleur est neutre, marron, ça ne peut devenir un handicape dans les jeux, c'est donc parfait.  « Tu es un être bon Emrys. C'est tellement dommage que tu sois ravagé par l'alcool, tu pourrais être beaucoup plus... » J'ose un petit sourire en coin et répond immédiatement. « Oh ta gueule avec tes discours à l'eau de rose. » Je lui fais un petit clin d’œil, décidément il y a des choses qui ne changeront jamais. Les pacificateurs nous informe qu'il est temps pour elle de partir. D'autres personnes souhaitent me voir. Je dépose un énorme baiser sur la joue de ma grande sœur et lui adresse un signe de tête en guise d'au revoir. Puis c'est au tour des parents de Seirina de venir me voir. Je reste coït face à eux, je ne sais pas quoi leur dire. Je suis quelques instants surpris de les contempler en ce lieu pour me dire des au revoir, mais je ne laisse pas l'hébétude gagner de l'ampleur sur moi et leur souris d'un air désolé. Ils me remercient du fond du cœur de m'être porté volontaire à la place de Jared. Leurs reconnaissances me vont droit au cœur et me touchent bien plus que je ne l'aurais pas cru. « Je ne pouvais laisser faire cela. Je ne le laisserais toujours pas. Je protégerais votre fille, même si je dois mourir, elle compte à mes yeux réellement. Elle a tellement fait pour moi que je ne peux décemment pas être là pour elle en pareil moment, vous pouvez être rassurés, je veillerai sur elle, même pendant l'arène. » Je me souviens de chaque moment passé chez eux, à m'amuser avec Seirina, ou même à goûter avec eux. C'est l'aléa de ce monde dans lequel nous vivons, nous ne sommes pas maîtres de notre destin, le Capitole nous le rappelle assez avec les Hunger Games. C'est à nouveau à leur tour de partir, je finis par baisser les yeux, il va bientôt être temps que l'on parte vers le train pour être acheminés à la capitale de Panem, mais on toque à ma porte une dernière fois. Qui cela peut-il bien être ?

Il y a des noms, des mots dans la vie qui vous ramènent à des lieux, un temps où vous étiez bien, où vous étiez heureux. Il y a des personnes aussi qui sont comme cela. Même si parfois vous ne les connaissez pas et avez une impression de déjà vu, ce n'est pas parce que vous l'avez réellement vu une fois antérieure, mais parce que elle vous rappelle des souvenirs heureux. Il y a même des chansons, qui vous ramène à des moments passés de votre vie, qui vous rendent heureux, qui vous blessent, qui vous font trembler. En réalité, la notion de passé est plus ou moins erronée. Le passé n'est jamais révolu, vous pouvez le revivre à n'importe quel moment de votre vie, il façonne votre futur, fait de votre vie ce qu'elle est aujourd'hui. Si vous voulez un conseil, ne le regrettez jamais. Si vous commencez à vous dire que vous auriez pu faire une chose à la place d'une autre, vous allez droit dans le mur, vous commencerez à vous dire que vous avez raté quelque chose alors qu'au fond non, vous réussissez plutôt bien même. De même si vous doutez du futur ? On ne sait jamais de quoi il est fait, il pourra changer quoi qu'il arrive, le moindre événement peut l'altérer, faire en sorte qu'il soit bousculé, inutile de stresser à propos de celui-ci. En fait si vous devez vous poser des questions c'est avant tout sur votre présent. Vous devez agir pour rester en vie, pour profiter, pour vous amuser, pour travailler. Rester prudent, prendre du plaisir. Mais vous savez quoi ? Le présent c'est ce qui fait la vie d'une personne, on ne peut jamais compter sur le passé de quelqu'un, peut-être a-t-il changé au fond ? Compter sur le futur ? On ne le connaît pas. Moi la personne qui me fait penser à de bons moments, c'est lui, même si je ne le connais que depuis hier soir, dès que je plonge mon regard dans le sien, j'ai l'impression d'être plus beau, plus souriant.

C'est lui, l'homme qui hante mes jours et mes nuits, celui que j'ai déçu. Celui que j'aime de tout mon cœur. Rien qu'à le voir, je me sens mal, je sais que jamais il ne me pardonnera, pourquoi donc est-il ici ? Il m'a évité pendant un an ... depuis le jour où il s'est blessé aux ruines et il décide de venir comme ça le jour de l'annonce de ma mort probable ? Seth est décidément quelqu'un de mystérieux. Pourtant, malgré cela je ne peux m'empêcher de ressentir trop de choses pour lui. Mes sentiments à son égard son tellement forts que jamais je ne pourrais avoir d'autre attachement que de l'amour pour lui. Il finit par prononcer des excuses, mots auxquels je ne crois pas au départ, serait-ce une nouvelle fois un mirage ? Lui qui me dit cela ne serait-ce pas un autre rêve ? Je ne peux pas y croire. Je ne comprends pas pourquoi il est venu, serait-ce parce qu'il pense vraiment tout ce qu'il a dit ou parce qu'il a pitié de moi ? Peu m'importe la raison en réalité. Tout ce que je vois c'est le bleu hypnotisant de ses yeux, son iris céruléen me rend chose. Je n'arrive plus à regarder autre chose. Finalement je reste là et soupire longuement avant de commencer mon petit laïus. Il est temps qu'il sache la vérité. « Seth ... Je crois qu'il est temps que je te dise tout. Je ... Putain pourquoi c'est si dur ? Je t'aime. Oui voilà c'est dit ! Je t'aime d'un amour si vif qu'il me consume depuis déjà plus d'un an. Je ne vois plus que toi ... Dès que mes yeux croisent les tiens, j'ai envie de pleurer. Dès que tu les poses sur moi, j'ai l'impression que mon cœur va exploser tellement il bat vite et fort. Oui tu vois Seth. Je t'aime, je sais que ça ne sera jamais réciproque, je sais que tu n'aimes pas les hommes, surtout moi après ce que je t'ai fait... Mais je t'en supplie, ne me déteste pas pour cela jusqu'à la fin de tes jours. Je t'aime ... »  Je me mets à pleurer, c'est la première personne qui me voit avec des larmes qui circulent librement sur ma joue. J'ai l'air faible, je le sais, mais je m'en contrefiche. Il a le droit de savoir ce que je ressentais. Puis finalement, même si ce n'est pas la meilleure des choses à faire. Je m'approche vers lui et prend son visage dans mes mains et dépose mes lèvres sur les siennes afin de l'embrasser longuement. Il semble paralysé, je le suis quelque peu aussi, j'en avais besoin afin de pouvoir partir l'esprit libre. Je ne regrette pas. Je ne regrette jamais. Surtout pas cela. Que va-t-il se passer alors ? Je ne saurais le dire.

_________________

boum boum dans ta tête
ça cogne dur quand je me bas, ta tête valse dans les graves. quand tu me touches ça m'fait même pas mal, la douleur ça m'connait j'me bas chaque jour pour qu'elle s'en aille. boum boum dans ta tête mon poing fait, boum boum dans ton plexus mon genoux décolle. et là boum boum t'es mort.


Dernière édition par Emrys A. Thorne le Ven 19 Juil - 8:48, édité 1 fois
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Mer 17 Juil - 19:23


Bang Bang
My baby shot me down


http://www.youtube.com/watch?v=vNx7aYu3D8s&list=SPD5851ED2C62CC068


Le silence se fait tandis que l'horrible présentateur piocha allègrement un nom dans l'urne. Presque triomphalement, il s'avança vers le micro tandis qu'au bout de ses doigts se balançait une vie tremblotante. Une vie innocente et forte de sa jeunesse que l'on allait condamner par pur cruauté. Un agneau offert aux loups. Un petit ange à qui l'on allait cruellement briser les ailes. Des centaines d'yeux se fixèrent sur ce ridicule bout de papier. Chacun priant égoïstement pour qu'il ne recèle le nom d'aucun proche. Avec un sourire cruel, le carnassier s'approcha du micro et de sa voix mielleuse, mît fin à cette attente insoutenable :

«  Seirina Galway ! Viens donc me rejoindre jeune fille. »

Une première détonation. Il ne réalisa pas immédiatement ce qui se tramait. Son esprit embrumé refusant d'accepter la réalité. Non, c'était tout bonnement impossible, il avait dût mal entendre. Cela ne pouvait être vrai. Comme dans un rêve, il vît une silhouette floue grimper les marches de l'estrade. Pesamment, comme un condamné s'approchant de la guillotine, il la vît rejoindre son bourreau. Un rayon de Soleil vînt alors embraser sa chevelure rousse, et c'est à cet instant qu'il comprît enfin. Une balle siffla dans l'air et se logea dans sa cervelle. Le ciel s'effaça devant lui. La Terre se déroba en silence et soudain l'univers ne fût plus qu'un immense vide. La mort prît alors tout ses droits, de même que la haine et la peine. Un éclair le transperça de part en part. Des poignards trempés dans l'acide se fichèrent dans tout son être et le brûlèrent de l'intérieur. Une douleur inouïe irradiait de chaque parcelle de son être. Le chaos se fît en lui. Un tsunami submergea sa raison, l'empêchant de formuler la moindre pensées cohérentes. Un vent terrible souffla en lui, mugissant comme des centaines de guerriers.Il chancela dangereusement, ses jambes vacillant comme un château de carte. Il ne sût par quel miracle il resta debout. Il voulait  crier, hurler sa haine et sa stupeur à la face du monde entier, mais aucun son ne s'échappa de sa gorge nouée. Rien, sauf le râle d'une bête agonisante que les vautours commençaient déjà à dépecer. Et pourtant, il ne ressentait aucune peine. Pas encore.Rien n'existait sauf cette colère sans nom. Une colère que nul n'avait jamais ressentie. Une haine plus ardente que le cœur d'un volcan, plus dévastatrice qu'un ouragan. La peine viendrait plus tard, lorsqu'il prendrait réellement conscience de ce qui tout ceci impliquait.Il était même effrayé de toute cette hargne qui pulsait dans ses veines. Pour lors, Léo n'était rien de plus qu'un loup blessé, sombrant peu à peu sous la colère, prêt à se jeter sur cet infâme bouffon qui venait de lui ravir sa belle. Il rêvait se jeter sur ce clown abject, il n'aspirait qu'à lui faire ravaler son sourire niais et lui faire subir les pires tortures. Des images toutes plus horribles les unes que les autres se formèrent dans son esprit, lui arrachant presque un sourire. Un cri déchirant transperce son cerveau. Prémisse de la folie ? Ce hurlement dément, loin de faire taire sa haine, la décuple. Et le voilà submergé par une déferlante irrépressible. Qui l’entraîne toujours plus près de la folie.  Bêtement, il se figurait qu'il pourrait la sauver, tel le Prince Charmant allant défier le dragon, jucher sur son cheval blanc. Mais au moment même où, totalement irraisonné, il allait fendre la foule, son regard croisa celui de Seir.

Il la regarda, et le monde chavira. Cette échange ne dura qu'un instant, mais sembla durer une éternité. Au contact de ses deux joyaux gris, la tornade semant le chaos en lui s'évapora en un instant, laissant son royaume aux doigts glacés de la peine. Il avait mal. Mal mal mal. Alors il tomba. Chuta sans fin vers les abysses tandis que ses pleurs dévalaient son visage torturé. Son cœur s’assèchait. Son regard s’éteignit. Il se perdit dans les eaux tourmentées du regard de la jeune fille, tentant désespérément de s'y raccrocher. Le jeune homme était comme un naufragé qui aperçoit la lueur d'un phare en pleine tempête. Il avait tant à lui dire. Tant à lui donner. Il voulait l'aimer. Encore. A jamais. Et son monde n'était plus que cendres. Dans l'air flottait l'âcre parfum de ses rêves décimés.Broyés, déchiquetés par des êtres qui se disaient humains. Des êtres fait de chaire et de sang tout comme lui. Mais quels êtres humains seraient capables d'une telle infamie ? Pourquoi le destin s'amusait-il ainsi à les séparer alors que l'avenir leur semblait si radieux ? Quels étaient ses dieux qui s'amusaient à briser ainsi une vie en l'espace d'un instant ? Le regard fixé sur son Ange le pauvre garçon croyait mourir à chaque instant. Comment l'imaginer elle si délicate, si inoffensive se métamorphoser en une machine à tuer ? Léo ne voulait même pas y songer, mais ne pouvait s'enlever cette idée de la tête. Accablé par un raz-de-marée de douloureuses réminiscences, Leo se débattait dans la noirceur de ses pensées qui l'emmenait toujours plus vers les ténèbres. Noir. Noir, le monde, vide le ciel à l'ecxeption d'une unique étoile, un unique astre. Mais lorsque son étoile détourna finalement la tête, ne resta plus que le néant qui vînt l'happer sans remords.

A partir de là, il ne sus plus exactement ce qu'il se passa. Il comprît vaguement que le nom du tribut garçon avait été évoqué à la vague de murmure qui ébranla la foule. Mais il n'en avait rien à faire, la douleur était trop grande pour qu'il se préoccupe de son identité. Il voulait juste fuir. Fuir à tout jamais Panem et ses geôliers mais surtout fuir cette blessure qui ceignait son cœur d'une immonde cicatrice qui ne devrait jamais plus se refermer.   Quand tout cela allait-il donc s'arrêter ? Pourquoi le bourreau ne se décidait-il pas à l'achever ? «  JE SUIS VOLONTAIRE ! » Nouveau coup de poignard. Nouvelle détonation.  Nouveau tour du sort qui semblait lui susurrer à l'oreille «  tu croyais avoir tout vu mon vieux ! Tient prend toi ça dans ta gueule ! » . Émergeant subitement de ses lugubres tourments, Léo chercha avec appréhension l'auteur de ce cri. Dans l'espoir fou qu'il se soit trompé. Malheureusement, il ne tarda pas à voir une tête blonde s'avancer vivement vers l'estrade. Léopold resta figé de stupeur. Non non non non non ! Pas lui ! Pas lui aussi ! C'était impossible. C'était un cauchemars ! O vivement que la sonnerie du réveil retentisse et vienne le sauver du naufrage ! Et pourtant, le jeune homme regarda impuissant Emrys, son ami, son confident, son frère rejoindre Seirina sur l'autel. Aucun adjectif, aucun mot ne pouvait rien justice à l'immense détresse qui gagna Léo à la vue des  deux tributs. Les larmes roulèrent de plus belle sur ses joues basanées lorsqu'ils s'étreignirent. Son frère et son amour. Quel pire tableau pouvait-il y avoir ? Pourtant, il se refusa à sombrer à nouveau dans le désespoir, d'autant plus qu'il avisa le visage dévasté de Jared, qui hurlait et se tordait comme un forcené.

Sans plus attendre, il se rua vers lui. Sans un regard vers la scène, de peur de défaillir, il souleva allègrement le pauvre enfant avant de le caler sur ses épaules puissantes. Le pauvre enfant se débattît avec l'énergie du désespoir, lui assénant de nombreux coups et allant jusqu'à lui griffer méchamment les épaules. Mais Léo n'esquiva pas un geste pour l'arrêter. Quelques part cette douleur, bien physique, lui paraissait une bénédiction l'empêchant de trop réfléchir. Sans mot dire il fendit à nouveau la foule, qui dévisageait son visage ravagé avec consternation. Mais il ne leur prêtait aucune attention, le regard dans le vague. Une main fébrile l'arrêta cependant, le regard fou du jeune homme se posa alors sur celui doux et peiné d'Emma. Leurs prunelles s'accrochèrent un instant et Léo, bien qu'en pleine tourmente, fût reconnaissant à la jeune fille du regard emplie de compassion qu'elle lui lança. Puis il reprît sa roue, se faisant l'effet d'un Jésus en pleine Passion. Il arriva bientôt face à cette femme aux visage tout aussi ravagé que le sien. Vivement, cette dernière s'empara de son fardeau et emprisonna son enfant dans ses bras. Le cœur chaviré par cette image, Léo s'apprêta à s'en retourner lorsqu'il sentît des mains fébriles l'enlacer à son tour. « Merci Léo... » chuchota-t-elle dans un souffle. Incapable de répliquer, le jeune homme s'abîma dans cette étreinte avant de lui rendre un regard qu'il voulût rassurant. Enfin, la mère le libéra et il pût enfin fuir cette place de malheur, songeant non sans appréhension à ses adieux..



[***]


Goodbye my lover, goodbye my friend...



http://www.youtube.com/watch?v=RDqdrcD1Edg


A pas lourds et pesants, Léo traversa le long couloir au mobilier fastueux.  Des rideaux bordeaux qui bordaient les immenses fenêtres en passant par l'épais tapis dans lequel son pied se perdait, tout ici n'était que luxe et richesse. On peinait à croire qu'à quelques mètres seulement, une partie de la population ne pouvait pas subvenir à ses besoins. La valeur de la moindre console devait facilement atteindre un somme faramineuse. Et cette pensée ne fît qu'attiser un peu plus la haine du jeune homme envers le Capitole. Avec moult efforts, il reflua pourtant son animosité, après tout ce n'était pas vraiment le moment de faire un coup d'éclat. Après de longues minutes, le pacificateur s'arrêta devant une porte aux boiseries magnifiques. D'un geste sec et vif, il enjoignît le jeune homme à y entrer. Inspirant à grand coup, le jeune homme poussa les deux battants et se retrouva dans une pièce tout aussi luxueuse que le reste de l'hôtel de ville. Pourtant, aucune de ces richesses ne parvenaient à détourner les prunelles de la silhouette de Seirina.

Elle était là, grave et rose. A la voir aussi belle, il ne parvenait à croire qu'il était sur le point de la perdre. A ses yeux rougis, Léo devina sans peine qu'elle avait versé de nombreuses larmes. Incapable de soutenir son regard éperdu, le jeune homme se focalisa sur sa tenue. Elle portait toujours la ravissante robe qu'il avait remarqué plus tôt dans la journée. Alors, il ignorait tout de la tragédie qui allait se jouer. Il lui semblait qu'il s'était écoulé des années depuis qu'il l'avait vu, adorable demoiselle perdue dans la foule. A nouveau, il sentît sa gorge se nouer et dû déployer des efforts colossaux pour réprimer ses sanglots. Il ne devait pas pleurer. Il s'en était fait le serment. Aussi referma-t-il la porte derrière lui, afin de se donner contenance. Pourtant, son cœur était tout aussi chaviré lorsqu'il se retourna à nouveau vers elle.

Ils se regardèrent de longs instants, chacun tentant de graver à jamais le visage de l'autre sur sa rétine. Il ne voulait jamais oublier cet instant, aussi s'abîma-t-il dans la contemplation de celle qu'il aimait. De ses cheveux roux aux reflets ambrés en passant par ses prunelles grises où miroitaient des mondes étrangers, il redessina inlassablement ses contours.Il la connaissait par cœur, savait sur le bout des doigts la moindre de ses expressions, de ses intonations.  Il aurait pu passer des heures ainsi, à l'observer comme un artiste s'émerveille de chaque lever de Soleil. Et Léo se souvînt. Il se remémora chaque instant passés à ses côtés. De leurs première rencontre un matin pluvieux en passant par leur jeux d'enfants. Dans le silence pesant résonnait l'écho de leurs rires enfantins tandis que les ombres de deux gamins virevoltaient devant ses prunelles. Il se souvînt de leurs premier baiser, de leurs étreintes... Pourquoi tout cela devait-il s'arrêter alors même qu'il goûtait enfin au bonheur ? Pour elle, il était prêt à se damner et plus encore. Oui, pour elle il aurait décroché la Lune, renié sa famille, vendu son âme au Diable. Et voilà qu'il se retrouvait impuissant face au seul ennemi qu'il ne pouvait combattre : le Destin. Mais déjà un nouvel adversaire se profilait à l'horizon :  le Temps. Le Temps et ses précieuses secondes qui s'égrenaient bien trop vite à son goût.

Comme d'un commun accord, les jeunes gens se ruèrent dans les bras l'un de l'autre. Léo s'agrippa à elle comme un naufragé à son radeau et l'emprisonna dans ses bras. Comme si cela pouvait changer quoique ce soit au sort. Comme si ce simple geste pouvait la sauver des périls auxquels elle était exposée. D'une main fiévreuse, il vînt caresser la soie de ses cheveux. Une ultime fois. Son parfum floral emplît alors son univers et Léo sentit une vague de tendresse perler au-dessus de détresse. Il aurait voulût parler, lui dire qu'il l'aimait, mais aucun son ne s'échappa de ses lèvres. Alors le jeune homme se redressa, dessina le contour de son visage de ses mains tremblantes. Puis il vînt plaquer ses lèvres sur leurs jumelles. Il y mît toute sa rage, toute sa peine et tout son Amour. Cet amour naissant et déjà piétiné. Jamais encore il ne l'avait embrassé ainsi, avec une brutalité et urgence. Un baiser sauvage et passionné, qui lui broyait le cœur et le corps. Car cela pouvait bien être le dernier, il le savait. C'était le baiser du condamné. Reprenant son souffle à regret, Léo s'aperçut que sa vue s'était brouillée et que des larmes dévalaient son visage. D'un geste rageur il les essuya et murmura un «  Je suis désolé... » * De tout . De pleurer ainsi alors que ce soir je pourrait me coucher en sachant que ma vie n'est en rien menacer. De me montrer faible alors que tu aurais besoins de mon soutient...  J'aurais dû te protéger, m'interposer ou que sais-je encore ? Cela n'aurait jamais dû arriver !* Et par dessus-tout, il s'en voulait de ne pas s'être porté volontaire. C'aurait dû être lui à la place d'Emrys, il le savait et cela le rongeait. Plus encore que sa haine contre le Capitole, Léo s'en voulait. Terriblement.

Reprenant peu à peu contenance, il continua «  Tu peux y arriver Seir. Je sais que tu en es capable... » Car mieux valait encore voir son ange se muer en tueuse que de voir son corps étendu dans une mare de sang. Frissonnant à cette pensée, le jeune se blottît davantage contre elle. Il aurait voulût en dire plus, il avait des centaines de mots coincés dans le fond de sa gorge, qui refusaient de sortir. Pourquoi devaient-ils se quitter alors même que leurs vie venait de commencer ? Ils avaient tant de projets, tant de rêves à réaliser et voilà qu'on les séparait, sans doute à jamais. Car contrairement à ses paroles, Léo tremblait de ne pas la voir revenir. Et comment ne pas douter au regard de ce qui l'attendait ? Une hirondelle ne fait guère le poids face aux rapaces de même qu'une violette ne peut rivaliser avec les ronces. Et il ne pouvait rien faire. Il devait se préparer à voir cette jeune fille qu'il étreignait en ce moment même, plongée dans l'enfer de l'arène. C'est cette impuissance qui le rendait malade. Mais il ne lui tût ses doutes, ne voulant pas gâcher ses derniers instant avec elle.

La porte s'ouvrît alors à la volée, dévoilant un groupe de  Pacificateurs qui lui firent signe de sortir. Mais il refusât. Il ne voulait pas la quitter, ne voulait pas l'abandonner aux mains du Capitole. Alors les chiens de garde s'avancèrent et séparèrent violemment les deux amants. Le jeune homme résista quelques instants mais ils étaient bien trop nombreux pour lui. Résigné, il ne lâcha pas un seul instant sa belle du regard, ses prunelles exprimant tout ce qu'il n'avait su dire. Juste avant que les portes ne se referme, il articula «  Je t'aime ». Dans un sourd grondement, la porte se referma. A peine le jeune homme fût-il dans le couloir qu'il s'effondra, incapable de refréner les sanglots qui lui broyaient les entrailles. Car il le savait, quelques soit l'issue des jeux, il avait perdu sa Seirina. Et son monde ne serait jamais plus le même .
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Shado L. E. Snow
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Sam 20 Juil - 1:07


Silent hill


feat. le district 6 et RonleBG
Lorsque ma mère vient ouvrir mes volets, au matin, je replonge sous ma couette et cache ma tête des rayons du soleil. D'habitude, elle n'entre jamais sans frapper dans ma chambre. Mais aujourd'hui n'est pas d'habitude. Disons qu'aujourd'hui est le jour qui doit certainement être celui le plus redouté par tous les districts excepté ceux des carrières. Ce jour, synonyme pour tous les habitants des districts plus pauvre de douleur, de déchirement, s'abat tous les ans sur Panem tout entier. Ce jour sympathique qui porte également le nom de « Moisson ». Ce qui est étrange, c'est que ce mot me fait plutôt penser à quelque chose d'assez joyeux. Enfin à la base, la moisson, c'est le ramassage des récoltes, non ? Des plantes à graine, si je ne m'abuse. Et l'associer à ce jour funeste, c'est... Je ne sais pas, bizarre ? Peu commun ? Bon, vous avez saisi l'idée générale, quoi. C'est comme si nous étions le blé, et les Hôtes les tracteurs qui nous ramassent. Ils nous comparent donc à du blé.
C'est pas très gentil.

Pour éviter de continuer à disserter pendant trois heures sur le blé et les récoltes, je me force à sortir de mon lit et, encore ensommeillé, titube vers la salle de bain. Une petite baignoire remplie d'eau chaude m'attend. Au moment où je m'apprête à entrer dedans, je me souviens que j'ai encore mon pyjama... Ou plutôt ce qui me sert de pyjama. Un vieux pantalon usé jusqu'à la corde et troué aux genoux, sur la fesse gauche et au niveau de mon tibia, à droite. Je l'enlève donc d'un mouvement maladroit et me glisse dans l'eau chaude. Elle agit et délie immédiatement mes muscles ankylosés. Je soupire de soulagement et me plonge un peu plus dans la baignoire, histoire de profiter au maximum du seul bienfait de la journée. Et de profiter de ma solitude. Qui ne va pas durer. Pendant une heure, je vais être au milieu d'une foule compacte. Tout le monde a droit à un bain, le matin de la Moisson, mais une odeur de transpiration et de peur flottera tout de même au dessus de ces quelques centaines d'habitants regroupés au même endroit. J'ai beaucoup de mal à supporter ça, moi qui chérit ma solitude. Enfin ce n'est pas comme si j'avais le choix, de toute façon. Alors je me tais.

Au bout de quelques minutes -trop courtes à mon goût-, je dois sortir de l'eau afin qu'il en reste pour mes parents. J'enfile vivement un pantalon de toile et une chemise attrapés au hasard dans mon armoire. Beaucoup de personnes se font belles pour ce jour là. Je n'en vois pas l'intérêt. Ce n'est pas parce qu'on est bien habillé qu'on sera épargnés. Qu'on soit tout crotté le jour de la Moisson ne change rien, ce sont les tenues lors de la Cérémonie qui font bonne ou mauvaise impression. Enfin bref. Je disais donc, je m'habille rapidement, attrape mon carnet à croquis et un crayon et sors de la maison, en promettant à mes parents de les retrouver sur la place un peu plus tard. Chaque matin de Moisson, je me rend dans un lieu au hasard et dessine. Une façon de laisser une trace, si jamais je pars. Je crois. Et aussi de me détendre avant l'heure fatidique. Aujourd'hui, mes pas m'entraînent vers le cimetière. Quoi de plus approprié que ce lieu pour ce jour placé sous le signe de la mort ?

Je passe donc la porte du cimetière, marchant entre les tombes, cherchant un endroit où me poster pour avoir une vue d'ensemble. Je n'ai personne à venir voir, ici. Je n'ai perdu personne. Je ne connais personne. Sauf... Est-ce bien Léopold ? Pas mort, bien sûr, mais assis à côté d'une tombe. Je suis trop loin pour déchiffrer les inscriptions, mais ce doit être un proche -quelle logique renversante-. Léopold... Je n'apprécie pas ce mec pour une seule et unique raison. Il aime Seirina. J'aime Seirina. Et cette dernière l'a choisi, lui. Alors bon. Dire que j'ai la rage contre lui serait une trop faible manière de décrire la peine, la haine et la jalousie qui me consument chaque fois que j'aperçois l'un ou l'autre -ou les deux- membres du couple. Non, je ne peux être en colère contre Seirina. Je recommence. La peine, la haine et la jalousie qui me consument chaque fois que j'aperçois Léopold.

Cette occasion serait donc parfaite pour discuter de ça. Mais, par respect pour les morts, je reste silencieux. Je m'assied à quelques pas de là, dans un coin, et dessine. Tout. Les grilles, les murs, les tombes, les fleurs, les arbres, l'herbe, les sentiers, les graviers, les ombres et la lumière, Léopold. Je reste peut-être deux heures à griffonner sur mon carnet. Je contemple ensuite le résultat, sans rien dire, le visage neutre. Je ne pense rien de mon dessin. J'ai rarement un avis positif sur ce que je fais. La majeure partie du temps, je n'ai pas d'avis du tout. J'aurais sûrement besoin d'une aide extérieure pour les juger, mais je n'ai pour l'instant osé les montrer à personne. Je préfère garder mes secrets pour moi seul, estimant qu'ainsi, ils restent plus intenses et ne risquent pas de se détériorer, comme lorsqu'on essaie de les partager.

Lorsque je quitte le cimetière, Léopold a disparu depuis bien longtemps. Je presse le pas, ne voulant pas arriver en retard -les coups de fouet, très peu pour moi- et parviens rapidement à la Grande Place, où je retrouve mes parents. Ils m'enlacent, seule démonstration de sentiments que je leur permet en public. Puis je dois faire la queue, me faire piquer le doigt et rejoindre ceux de mon âge. Notre hôte, un énergumène rouge sang, arrive sur l'estrade et entame un discours que je n'écoute que d'une oreille. Enfin, il s'approche de la boule des filles. Pioche. Tire un papier qu'il déplie. Lit. « Seirina Galway ! Viens donc me rejoindre jeune fille. » La voix résonne dans le silence, froide, implacable. Le nom met du temps à parvenir à ma conscience. Au début, je crois, je crains et j'espère avoir mal entendu. Ce n'est pas possible, il n'a pas dit Serina. Il n'a pas pu. C'est impossible. Ce ne peut être qu'un cauchemar. Je vais me réveiller. Je dois me réveiller. Maintenant.
Ce n'est qu'en voyant la chevelure rousse de Seirina avancer dans la foule, rejoindre les Pacificateurs et monter sur l'estrade que je me rend compte. Quelque chose se brise en moi. Une douleur insupportable dans ma poitrine me donne l'impression que l'on déchire mon cœur en deux. Lentement. Méthodiquement. Afin de me faire souffrir le plus possible. Mais cette douleur n'est rien, à mes yeux, puisque le monde n'a plus de sens. Puisqu'il n'existe plus rien que cette silhouette, ces cheveux, ces joues baignées de larmes. Ce regard. Qui est fixé sur Léopold.

Seirina a déjà brisé mon cœur une fois. Il s'est de nouveau fissuré à l'entente de son nom. Et la fêlure ne fait que s'élargir lorsque je comprends qu'il n'existe rien d'autre pour elle que Léopold. Une larme perle au coin de mon oeil. Larme que je m'empresse d'essuyer dans un geste rageur. Il ne manquerait plus que je pleure. Je détourne le regard au moment où le deuxième nom tombe sur la foule silencieuse. Tel une malédiction. « Jared Galway ! Félicitations mon jeune ami ! » Mon corps tout entier se crispe et je me force à ne pas bondir vers un Pacificateur, arracher une arme de son fourreau et tirer dans le tas. Ou pointer l'arme vers ma temps et appuyer sur la gâchette. Moyen certes lâche mais au moins efficace de quitter une fois pour toute ce monde dans lequel je n'ai définitivement pas ma place. « JE ME PORTE VOLONTAIRE ! » Ma vue se trouble lorsque je me rend compte que c'est la voix d'Emrys, et je dois me faire violence pour ne pas mettre mon idée à exécution. Je chancelle un instant et ferme les yeux. Pourquoi ? Pourquoi, alors qu'il n'a pas été des plus tendre avec moi, je me sens si mal ? Je regarde la silhouette familière monter sur l'estrade. D'un pas déterminé. Je ne prête aucune attention à ce qui se passe ensuite. Les paroles ne sont qu'un vague bourdonnement. Les gestes sont flous. Mes yeux sont fixés sur Emrys et Seirina, que je vois peut-être pour la dernière fois.

***


J'entre dans l'hôtel, prend l'ascenseur et me dirige vers la chambre où est détenu Emrys d'un pas vif. Parce que je ne peux décemment pas le laisser partir sans faire une dernière chose. Je repousse sans ménagement le Pacificateur qui garde la porte et toque à la porte avant d'entrer, refermant rapidement la porte derrière moi. Je m'avance vivement et lâche les mots que j'aurait du dire depuis longtemps. « Emrys, je... Je voulais que tu saches que je suis désolé. Pour tout. Tu avais raison. Rien n'était de ta faute, et j'ai... Je ne sais pas ce qui m'a pris. C'était nouveau pour moi, et... Je suis vraiment désolé d'avoir rejeté la faute sur toi. De t'avoir évité, de ne pas t'avoir adressé la parole, et... » Les mots me manquent. Je n'ai jamais été bon en excuses puisque je n'ai jamais eu besoin d'en prononcer. Ce discours doit être le plus long que j'ai jamais dit en si peu de temps. C'est donc normal -enfin pour moi- de ne plus avoir rien à dire après si peu de mots. Je respire un grand coup et lâche un dernier « Désolé. », souhaitant plus que tout qu'il puisse me pardonner.

Emrys me fixe longtemps, sans un mot. Lorsqu'il prend la parole, j'affiche un air clairement surpris. Il faut dire que je m'attendais à tout sauf à ça. « Seth ... Je crois qu'il est temps que je te dise tout. Je ... Putain pourquoi c'est si dur ? Je t'aime. Oui voilà c'est dit ! Je t'aime d'un amour si vif qu'il me consume depuis déjà plus d'un an. Je ne vois plus que toi ... Dès que mes yeux croisent les tiens, j'ai envie de pleurer. Dès que tu les poses sur moi, j'ai l'impression que mon cœur va exploser tellement il bat vite et fort. Oui tu vois Seth. Je t'aime, je sais que ça ne sera jamais réciproque, je sais que tu n'aimes pas les hommes, surtout moi après ce que je t'ai fait... Mais je t'en supplie, ne me déteste pas pour cela jusqu'à la fin de tes jours. Je t'aime ... » Pendant qu'il parlait, je me suis demandé s'il se moquait de moi. Mais les larmes coulant sur ses joues ont fini par me convaincre qu'il disait la vérité. Je reste immobile, incapable de dire un mot. Gêné, aussi. Parce que je me rend compte maintenant que j'apprécie Emrys, que j'ai envie de le connaître, mais que jamais je ne ressentirais pour lui plus que de l'amitié. Il le sait également. Et ça me fait si mal... L'idée de le blesser m'est insupportable. Alors, quand il prend mon visage dans ses mains, je ne bronche pas. Pas plus que quand il pose ses lèvres sur les miennes. Je n'ose pas lui rendre son baiser, mais je n'ose pas repousser Emrys non plus.

Lorsque notre baiser s'arrête, des larmes perlent au coin de mes yeux. Je secoue la tête en le tenant par les épaules. « Je ne te hais pas, Emrys. Jamais je ne pourrais te haïr. » La phrase se termine dans un sanglot. Sanglot que je ravale immédiatement. Un sourire triste étire mes lèvres et, à sa manière, j'approche mon visage du sien. Dès que je touche ses lèvres, je regrette. J'ai peur de lui donner de faux espoirs. Mais je ne vois pas comment je pourrais agir autrement. Emrys fait face à la situation avec opiniâtreté, mais je le sais blessé -par moi, surtout- et je ne sens ni le courage ni le droit de le faire souffrir davantage. Je rompt rapidement le baiser, gêné, et me contente d'enserrer de toutes mes forces le corps d'Emrys de mes bras, comme si ma vie en dépendait.

Puis, trop vite, les Pacificateurs ouvrent la porte. Celui que j'ai bousculé n'a pas apprécié mon geste, et il ne se gêne pas pour m'attraper fermement le bras et me tirer hors de la pièce. Je libère sèchement mon bras au moment où la porte se referme, laissant Emrys seul dans la pièce. Je pose un regard triste sur la lourde porte en bois, et m'éloigne lentement pour rejoindre la chambre où est enfermée Seirina.

Je toque à la porte, sans un regard pour les gardes, et entre lentement dans la pièce, gardant mon regard rivé sur celle que j'aime. Sans un mot, je m'approche de Seirina et m'arrête à quelques pas d'elle. Je sors mon carnet à croquis, que je n'ai pas quitté depuis ce matin, et griffonne en silence, jetant de temps à autres un regard à la fine silhouette qui se tient en face de moi, même si je connais parfaitement ses traits. Je termine rapidement mon dessin. Je n'ai de toute façon pas le temps de l'affiner comme je le voudrais. Le visage de Seirina, posé sur la feuille, ressemble trait pour trait au vrai. Non, la véritable Seirina est bien plus belle que cela. Je crois. Je ferme les yeux et attend qu'elle ait pris mon dessin. Elle est la première à voir l'un de mes dessins. C'est une sorte de cadeau d'adieu. Elle ne pourra l'emporter dans l'arène, mais elle pourra le garder pendant son séjour au Capitole, si elle ne l'oublie pas. Une fois le portrait changé de main, j'enlace tendrement celle que j'aime et qui jamais ne m'aimera. Quelle connerie, l'amour. Emrys m'aime, j'aime Seirina, Seirina aime Léopold. Il ne manquerait plus que Léopold tombe soudainement amoureux d'Emrys. J'étouffe un sanglot. Murmure. « Je t'aime. Je sais que ce n'est pas réciproque, mais je t'aime. Tu sais que je t'aime. » J'ai l'impression de reprendre les mots d'Emrys. Je garde Seirina dans mes bras, attendant un mot, un signe, un geste, quelque chose, sans trop savoir ce que j'attend concrètement.


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« A qui la nuit fait-elle peur ?
- A ceux qui attendent le jour pour voir. »


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Sören E. Teniala
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Sam 20 Juil - 8:46


L'amour ne commence ni ne finit comme nous le croyons. L'amour est une bataille, l'amour est une guerre, l'amour grandit.

Ces larmes saumâtres qui me coulent sur les joues me font honte. Pleurer devant l’homme que mon cœur réclame depuis déjà une année me donne l’impression de me rendre faible face à lui. Je n’en peux plus, cette douleur me fait tellement mal de l’intérieur, j’ai l’impression de mourir pour ne serait-ce que mériter son amour. Je déteste cette idée, partir sans avoir pu tenter quoique ce soit pour lui dire avant et tenter de lui faire changer d’avis. Je l’aime et l’idée que ce ne sera jamais réciproque me serre le cœur dans ma poitrine. J’ai juste envie de partir de ne plus jamais le voir, mais en même temps j’aimerais tellement pouvoir trouver la chaleur de son corps contre le mien, la douceur de ses lèvres contre les miennes à faire durer. Je n’en peux plus que l’on m’abatte sur place. Je souffrirais moins en étant mort. Je ne peux pas rester de marbre devant l’intensité de ce que je ressens, pas cette fois-ci. Mes nerfs lâchent. Serait-ce à cause du surplus d’émotions ? Serait-ce à cause de la présence labiale de Seth ? Je ne saurais plus le dire, je suis tellement perdu que je n’ai plus aucune idée de ce qui se passe dans ma tête, en moi. J’ai juste envie de pleurer, de ne plus jamais le lâcher. Je ne veux pas trouver d’autre personne, je ne veux que lui, je sais que ma vie ne sera plus jamais la même s’il me refuse, ce qui est irrémédiablement en train de se passer. Je ne sais pas ce qui se déroulera si je reviens, il ne faut pas que je me projette, mais je ne peux m’en empêcher, surtout après ses excuses, j’ai besoin de lui pour me sentir bien. Depuis plus d’un an je ne fais plus que des cauchemars de ma vie future qui doit être si morne et si triste. Je n’en peux plus. Notre baiser se rompt, mes espoirs avec. Ses mains sur mes épaules, je vois lui aussi quelques larmes qui menacent de couler sur ses joues, cela me donne encore plus envie de rester près de lui, de le rassurer, de lui dire que même si cela ne sera jamais comme je le désire, je resterais là à l’aider, à faire de sa vie quelque chose de plus beau, de merveilleux. « Je ne te hais pas, Emrys. Jamais je ne pourrais te haïr. » Je ferme les yeux et retiens les gouttes salées qui vont bientôt déferler sur mes joues telles des torrents retenus par un barrage. Sa voix exprime la tristesse, son sanglot ne me trompe pas, même son petit sourire m’exprime qu’il souffre au moins tout autant que moi. Puis quand son visage s’approche du mien à son tour, je sens mon cœur s’arrêter de battre pis quand il m’embrasse timidement, je ne comprends plus rien, je ne veux pas comprendre. Je veux que ce supplice s’arrête, que cette douleur cesse. Je veux en finir avec tout cela, je ne veux pas souffrir à cause de mes sentiments pour Seth. Pourquoi est-ce autorisé ? Je ne veux pas de l’amour. Je ne veux pas que ce moment s’arrête. L’esprit humain est tellement contradictoire. Je ne veux pas souffrir, mais je veux qu’il reste là. Qu’est-ce que je désire au plus profond de moi ? Lui ? Cette réponse me paraît la plus normale, je l’aime tellement que je serais prêt à me tuer pour le lui prouver, je serais prêt à tuer pour le lui montrer, je serais prêt à changer pour le lui démontrer. Puis notre deuxième et dernier baiser se rompt, cette fois-ci, je sais que c’est terminé, je ne veux pas, mais je n’ai le choix. Il s’approche de moi et me prend dans ses bras, me serre comme si sa vie en dépendait, étreinte que je lui rends avec empressement. Je fonds littéralement en larmes, c’est inutile de le cacher. Je veux m’enfuir, partir loin d’ici, dans un sens je n’ai qu’à attendre et je m’en irais, même si ce n’est pas forcément de la meilleure des façons. Je signe mon arrêt de mort, quoi qu’il arrive je ne serais plus jamais pareil, tuer ne me dérange pas, je parle à cause de ce choc sentimental qui va me changer à vie.

La porte s’ouvre à la volée et un pacificateur vient chercher Seth, il est temps qu’il parte, je m’effondre à genoux une fois qu’on referme. Je pleure à chaudes larmes, je pleure comme je n’ai jamais pleuré. Je pleure toutes les larmes de mon corps. Je pleure mon amour et toutes ses choses de ma vie que j’ai perdue à cause de cet accident, de ma perte de mémoire, de mon alcoolisme. Je n’en peux plus pourquoi tout est si dur lorsque l’on est amoureux d’une personne ? J’ai l’impression que le ciel me tombe sur les épaules, de me sentir à la place d’Atlas, de devoir porter le ciel en guise de punition. C'est parfois déroutant, on ne croit plus en l'amour et il suffit qu'une personne, une seule arrive dans votre vie et tout vous paraît plus beau, plus rose. Au début, vous vous dites que tout cela est totalement impossible, qu'il doit y avoir une erreur de personne, ou bien que tout cela n'est qu'un stupide rêve, un rêve bien plus réel que vous ne le voudrez, puis vous comprenez qu'il s'agit de ce sentiment que vouliez tant refouler puisque vous en avez trop longtemps souffert et que la rémission a été des plus douloureuses et que vous vous êtes promis de ne plus jamais souffrir par amour et alors vous vous contentez de vivre votre vie. Vivre en profitant, vivre sans attachement, vivre sans douleur. Malheureusement, quand nous comprenons et que nous voulons faire marche arrière, il est souvent trop tard, car vous êtes déjà pris dans les filets de l'amour et que ceux-ci ne veulent plus vous quitter. Certains vous diront que l'amour est une rivière, d'autres une chanson idiote. Certains diront qu'il est partout autour de nous. Mais au fond nous savons tous que l'amour n'est rien d'autres que de la souffrance à l'état pur. Que quoi qu’il arrive il vous fera mal même si c’est le plus beau des sentiments du monde. Je l’aimerais jusqu’à la fin de mes jours, je le sais, c’est mon âme sœur, celui qui me complète mais jamais tout cela ne sera partagé, même si je reviens, si retour il y a après l’arène, qui dis que je gagnerais ? Personne, en tout cas je ferais tout pour.

_________________

boum boum dans ta tête
ça cogne dur quand je me bas, ta tête valse dans les graves. quand tu me touches ça m'fait même pas mal, la douleur ça m'connait j'me bas chaque jour pour qu'elle s'en aille. boum boum dans ta tête mon poing fait, boum boum dans ton plexus mon genoux décolle. et là boum boum t'es mort.
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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Sam 20 Juil - 14:41



Lent et mesuré le battement de cœur de l’horloge accroché au mur emplissait la pièce de sa mélopée. Dans ce monde d’antiquité luxueuse, le monde semblait ralentir sa course, que chacun puisse mesurer au mieux ce qui se produisait en ce monde barbare et sauvage.
Assise avec une certaine grâce sur le divan rouge carmin de la pièce, la jeune tribut du district six, ne pouvait s’empêcher de laisser son regard balayer le monde qui l’entourer, admirant les tableaux et les étagères, le tapis moelleux et le bureau d’un bois massif magnifique. Tout cela n’était que superficialité et orgueil en ces yeux qui avaient vu plus d’une fois le malheur frapper à la porte des pauvres êtres du district. Combien d’enfants avait elle vu, les vêtements sales et usé, le ventre  creux et les yeux livide, partir à l’école alors que leur famille se saigner aux quatre veines, ne survivant que par la force de leurs ongles enfoncé au plus profond de l’instant même de survie de l’être humain. Le monde était dur, froid, cruel. Il était empli de haine et de malheur, chacun pouvait le voir, chacun pouvait le sentir, odeur légère et discrète qui emplissait les vies de chacun. Pourtant, personne n’y faisait rien. Personne n’y pouvait rien. Lorsque l’on a soit même du mal à nourrir sa famille, allons nous laisser notre regard se perdre sur les pauvres enfants implorant de la nourriture au coin des rues, ou allons seulement détourner les yeux, tentant de chasser de notre esprit l’existence même de ces enfants ?
 
Essuyant d’un revers de main l’une des larmes qui coulait encore de ses yeux couleur de pluie, la jeune fille se demandait qui désormais, offrirait à ces enfants un instant d’attention, un sourire, un morceau de pain. Oh, elle ne se prenait pas pour une sainte, encore moins pour une mère des pauvres, mais aurait elle put mirer son reflet si elle ne l’avait pas fait ? Sûrement pas. Détournant le regard vers la lumière crue qu’offrait la grande fenêtre de la pièce, elle s’inquiétât des districts autres. Qui avait été moissonné ? Le sort avait il était cruel comme en ce district ou clément avec les autres enfants de Panem ? Bien sur, il est difficile de penser à une quelconque clémence, une quelconque douceur de la part d’une cérémonie visant à emmener les enfants du peuple à la mort, mais il était toujours préférable de voir deux personnes de leur âge partir qu’un pauvre enfant de douze destiné à la mort. Pourtant, la dernière édition avait failli voir gagner pour la deuxième fois de l’histoire des jeux, un enfant de douze ans du district onze. Cela était sans compter sur le tribut du huit qui était sorti vainqueur. Le six avait-il ses chances cette année ? Emrys était une personne forte et volontaire, ses nombreuses bagarre prouvait qu’il avait la rage en lui, et qu’il pourrait survivre, mais une frêle jeune fille, qui n’avait eu plus à combattre que trois enfants refusant de se baigner ou de se coucher…quel chance de retour pouvait elle espérer ?
 
Un sanglot étranglant sa gorge, Seirina ne pu retenir ses larmes une fois de plus. Elle n’avait aucune chance de survie, aucune chance de rentrer chez elle. Elle n’était qu’une condamnée avançant vers l’échafaud les yeux grand ouvert. Les bruits de pas du couloir se faisant entendre au loin, il fallait qu’elle se ressaisisse, qu’elle paraisse au mieux d’elle-même pour ces au revoir, malgré la rougeur de son teint et de ses yeux embuaient par une trouble et salée.
Les portes s’ouvrirent en grand d’un geste vif, laissant apparaitre dans ce petit monde de bois et de luxe, la plus belle personne en ce monde, l’une des seules qu’elle désirait voir en cet instant. Se levant d’un geste, elle resta plantée face à lui, à ce jeune homme magnifique à la peau bronzé et aux cheveux blond. Même à quelques mètres de lui, elle pouvait sentir l’odeur de sa peau, la douceur de son regard. Pouvait-on imaginer en cet instant lugubre, que c’était la dernière fois qu’ils se voyaient ? Que jamais en cette vie, ni en ce monde, ils ne se retrouveraient dans le bonheur simple d’une nuit d’été, d’une promenade dans les rues du district, d’un sourire complice lors d’un cours ennuyeux.
 
L’instant sembla durer des heures, leurs regards plongés l’un dans l’autre, il sembla qu’un monde se créer  pour eux. Et dans la prunelle de ses yeux elle vit tout ce que l’avenir leur réservés.
La moisson était passée et ni l’un, ni l’autre n’avait été moissonnés. Leur soulagement était palpable, leur bonheur était flot et rivière qui les emportés pour une année de plus sur les rives du bonheur. Leur idylles avait repris de plus belle, leur amour se renforcé de jour en jour et leur émois se faisaient fréquent de par les soirées aux bords des ruines, là ou personne ne va jamais. Puis les années passèrent, leurs dix huit se passèrent sans encombre, la moisson les avait de nouveau épargnés, et adultes libres et consentant, dans les semaines qui suivirent ils se mariaient. Que la vie était douce, que la vie était belle. Dans sa robe d’un blanc immaculée, Seirina avait avancé vers l’autel, rejoignant l’homme qu’elle aimait pour à jamais se lié à lui. La fête avait duré toute la nuit et la vie leur ouvrait les bras.
Seirina et Léopold ont vingt ans. Tout s’annonce pour le mieux dans le vie et les neiges de novembre offrent le spectacle chaleureux d’un couple s’enlaçant devant leur cheminée, les reflets roux de la jeune femme reflétant les flammes alors que d’une main protectrice, l’homme aux yeux ivres de joie, caresse le ventre arrondie de sa femme.
Leur premier enfant né et la vie se stop pour saluer l’arrivé du bonheur dans leur logis. D’enfants courant nus dans la rivière, ils étaient en ce jour devenu parents.
Puis les années filèrent, grains de sable dans le sablier de la vie, laissant voir au jour trois enfants de plus pour une vie emplie d’amour. Aucun jamais ne serait tiré aux jeux, aucun jamais n’aurait à se battre pour survivre.
Les vieux jours s’installent, et de ses cheveux grisonnant, Seirina prend la main de son mari, leur amour aussi fort qu’au premier jour, ils continuent de s’aimer et de batifoler dans les fourrées.
Blanchis par la vie, Léopold laissa son commerce à leur fils, tandis qu’ils profitaient d’une retraite bien mérité au coté de son épouse aimante et de leur nombreux petits alors qu’au crépuscule de leur vie, main dans la main, La vieille femme que serait devenue Seirina aurait fait un dernier adieu à son mari quittant ce monde après plus de quatre vingt dix ans de vie…
 
Les larmes emportant la vision de ce monde disparu, Seirina, fit quelques pas mesuré vers cet homme qui aurai du partager son avenir, vers cet enfant quelle avait connu sur les bancs de l’école alors qu’elle n’avait que cinq  ans. Elle se souvient encore que petite fille esseulée et timide, il l’avait immédiatement invitée  à jouer, construisant ainsi leur amitié. Ce garçon, qui pars les jours de pluie l’emmener dans une farandole de rire enfantin attraper des grenouilles au bord de la rivière avant d’aller s’abriter sous les feuillages épais d’un buisson leurs offrant avec attendrissement ses fruits sucrés. Ce jeune homme, qui, lors de leur toute première moisson lui avait offert une magnifique fleur à épingler à son chemisier, lui disant qu’il la protégerait et qu’elle ne serait alors, pas choisie. Cet homme qui par une chaude soirée d’été ou les grillons s’étaient mis à chanter en hommage à leur amour, lui avait volé son premier baiser, son cœur, sa virginité. De leurs deux jeunesse, un bonheur était, né. Car d’un baiser, elle avait compris qu’elle allait l'aimer. Un triste sourire apparait, alors que reviennent en mémoire nos jeux, ensoleillant les jours pluvieux. Comment oublier des jours si beaux ? 
Pourquoi faut-il que l’on se quitte, alors qu'on s'est à peine aimés ? Mais dans son cœur où cet homme est, il restera à tout jamais ! Et c’est en cette pensée, que d’un geste symétrique, les deux amants s’enlacèrent amoureusement, ses mains fines venant serré la chemise si bien repassé, ses larmes tel des étoiles venant la consteller.  D’un geste rassurant, elle sentit ses bras puissant et chaud, l’entourer tel une enfant au cœur blessé, qui à jamais du monde serait protégé. Si seulement cela pouvait être vrai… Un baiser de nouveau vint les sceller en un même être, langoureux transfert d’un amour qui se sentait sur le point de succomber, empli de passion et d’amertume, empli de toutes ces choses qu’ils auraient du vivre et se dire et qui de par sa passion faisait vriller le cœur de la belle rousse dont les larmes se remirent à couler avec abondance, tout comme celles de Léopold qui s’excusa rapidement, alors que la main de la jeune fille venait lui caresser la joue d’un geste tendre, signe qu’il pouvait pleurer leur amour sacrifié sur l’autel d’un monde enragé.

 «  Tu peux y arriver Sei. Je sais que tu en es capable... »
 
Cette confiance, cette affirmation troublèrent fortement la jeune fille qui ne voyait en ces mots que le mensonge d’un cœur blessé qui tenté de ne pas se déchirer complètement en cet instant. En être capable. Capable de tuer, capable de survivre. La question se posée toute entière sur la possibilité d’une victoire de sa part, elle jeune fille douce et innocente confrontée à vingt deux autres tributs avides de sang et de victoire. Vingt deux jeunes enfants effrayés ne cherchant dans la violence qu’une chance de retourner auprès de leurs parents adorés.  Un nouveau baiser fut échangé, un léger sourire qui se voulait réconforter se dessinais sur les lèvres de Miss Galway, alors qu’elle continuait de caresser la joue de son aimé. Qu’il garde un souvenir convenable de la jeune femme qu’il aime. Et alors que la porte s’ouvrait avec fracas sur deux pacificateurs qui venaient rompre leur étreinte avec violence, elle se permit de lui voler d'un coup de ciseau une mèche de cheveux qu'elle mettrais dans le medaillon ou deja troné les cheveux de chaque membre de sa famille,  se résignant à quitter à jamais les bras protecteur du fils du boulanger qui se faisait traîner à l’extérieur, elle enfouis une lettre dans la poche de son pantalon, lui répétant qu’elle l’aimait de tout son être avant que les portes sur lui se referme, monstre avide qui l’avalait dans le passé d’une vie déjà effacée. Seirina couru à la fenêtre et tenta de l’ouvrir sans succès. Ils avaient sûrement peur qu’elle ne tente de s’échapper par là, ce qui ne l’empêcha pas de tambouriner sur le verre polie alors qu’elle voyait la silhouette blonde et charpentais de Léopold quitter l’hôtel de justice pour sa chambrée…l’avait il seulement aperçu du haut de la fenêtre ? Sûrement pas, sinon il se serait retourné et tel Roméo sous le balcon de Juliette il lui aura une fois de plus déclaré son amour et rassurée.
Dépitée,  exténuée, ravagée, la jeune fille se jeta de nouveau sur le sofa, enfouissant son visage de porcelaine entre ses bras, laissant libre cours à son chagrin. Jamais elle ne le reverrait.,,,,

***




Ce fut en cet instant que la porte s’ouvrit de nouveau, laissant entrer celui à qui elle prit tout rêve et tout espoir, celui qui d’un geste pur et désintéressé lui avait avoué son amour, pour se faire éconduire et qui malgré cela, ne lui a jamais gardé rancune, ni amertume. Il était resté son ami et en ce sens venait faire ses adieux, cérémonie funeste qui en d’autres temps et en d’autres lieux, pourrait rappeler cette tradition d’aller bénir les corps des défunts…

Elle l'observa de ses yeux larmoyant, de son visage bouffi par les pleurs et la tristesse sortir de sa poche ce petit calpin qu'il trainé partout, et se mettre à crayonner avec une rapidité et une efficacité etonnante les traits de la jeune fille, D'un main souple et delicate, elle deviner naitre sur le papier le contour de ses joues délicates, de son menton bien fait, de rapides coups de mains elle voyait ses cils apparaître et sa chevelure glisser le long de son visage pour retomber avec douceur sur ses épaules,

Le dessin terminé, elle le vis arracher la feuille du calpin et le lui tendre,  laissant apparaître la représentation majestueuse d'une jeune fille bien plus belle et douce qu'elle n'est et  ne  serai certainement jamais. Seirina souris avec douceur, cherchant à apporter un dernier réconfortant aux survivants de cette moisson alors que les mots qui vinrent à lui enserrer le cœurs s’envolèrent dans les airs au moment d'une étreinte pleine de sentiments et d'amitié, Enfouissant sons visage dans le cou du jeune homme, elle laissa l'instant se figer en son esprit. Elle n'avait pas le courage de lui dire non, de lui dire que jamais elle ne pourrai soulager son cœur lourd de sentiments, tout comme il ne pourrai le faire pour Emrys. Pourtant, en cet instant ou les mots manquaient, un baiser vint à s’échanger. Un baiser doux et délicat, le genre de baiser que l'on offre plus pour réconforter, pour dire adieu, pour se faire pardonner qu'autre chose. Le rompant bien rapidement elle laissa son front contre le sien, alors que déjà le temps était écoulé et qu'ils durent se quitter à jamais,

Les adieux étaient terminés, plus jamais elle ne reverrait ceux qu'elle aime, plus jamais elle ne pourrait déambuler le long des rues de son district, courir à moitié nu dans la rivière des ruines, sentir le poids lourds ni le souffle chaud de Léopold contre son corps offert et alanguie...Les pacificateurs vinrent la rechercher, l'emmenant auprès de son ami vers une voiture qui les emmèneraient vers le train qui les conduiraient à leur destinée, vers le train qui les conduiraient à la mort leurs bien aime....

Quelques mètres plus loin, alors que la foule des badauds rentraient chez eux, fêter la survie de leur enfants, que deux familles retourner dans leur logis, ou rideau fermaient, ils pleureraient la perte des leurs, un jeune homme à la chevelure blond-roux, venaient de s'enfermer dans sa chambre, les larmes coulant encore et toujours de ses paupières alors qu'il le savait, celle qu'il avait toujours aimé quitté le district à jamais, pour n'y revenir que dans une boite de sapin,

Refermant son corps sur lui même, retrouvant cette position foetal qui rassure tant les enfants, ils sentis le piquant d'une feuille de papier qui au fond de sa poche se froissait. La sortant avec rapidité et excitation, il la déplia, lisant alors les derniers mots de celle qu'il avait perdu....


« Cette lettre et la dernière que je pourrais t'adresser, peut-être la dernière fois ou je pourrais parler de notre histoire en tant que moment présent, car bientôt elle n'aura fait qu'exister.
Je voulais t'exprimer avant que je ne partes, à quel point tu auras brillé pour moi. Une étoile en pleine journée, éclairant mon ciel bleu azur. Car si parfois tout n'était pas limpide, tu m'auras appris à renoncer. Et paradoxalement, à me battre. A être forte. Tu m'auras appris à me rabaisser six pieds sous terre et en même temps à avoir un soupçon de dignité. Que je n'avais pas obligatoirement avant. Grâce à toi, j'ai pu affirmer mes désirs, et les assumer eux, ainsi que leurs conséquences. J'ai pu aimer sans le "i", avec l'amer. J'ai pu aimer autre chose que les contes de fée.

Au fond, cette histoire était belle.

Elle n'était pas plate, ni sans saveurs. C'est en cet instant que je m'en suis réellement rendue compte. Assise sur le divan à me suis rappeler tous ces beaux souvenirs. Et ton sourire, lors de notre dernière nuit à deux, si pur et spontané, tellement évident qu'il voulait tout dire. Que tu m'attendais, cette nuit là, que tu ne désirais que moi. Et que ça te rendait heureux. Et à ce moment précis de la nuit, nous voulions chacun la même chose : l'autre. C'est pour ça que l'on s'est sauté dans les bras avec tellement d'ardeur. C'était si vrai, si intense. Réciproque.
Ces moments, si tu ne les avais pas souhaités de tout ton cœur, tu ne les aurais pas vécu, n'est ce pas?
Puis cette façon que tu avais de m'étreindre à m'en étouffer....avec le recul, tu étais un des seuls à t'accrocher à moi avec autant de force. Tout était puissant, passionné. Tu vivais....à ton maximum. Je comprends maintenant quand tu disais que tu ne voulais pas réfléchir, ni te poser de questions. Tu ne voulais pas passer à côté de belles choses à cause d'une leçon de conscience. Tu ne voulais passer à côté de rien, pour ne pas avoir à regretter.

Aujourd'hui je dois te quitter et sache qu'a si j'avais pu, à jamais je serai rester à tes cotés, mais la vie à décider de nous séparer, mais notre amour à jamais vivra dans nos cœurs. Et meme si je viens à mourir dans cette arène, n'oublie pas que je t'aimais... Jamais, je n'aurai pensé pouvoir ressentir ceci, merci de m'avoir aimé, merci de m'avoir sauver, et si jamais je viendrais à ne pas rentrer...souris, vie, ris et danse, pleure et amuse, mais je t'en prie, vis pour moi, car en ton cœur là ou j'étais, je resterais à jamais...

Je t'aime...

Seirina 
»



les larmes tachaient de leur acre humidité le papier ecris d'une main fine et délicate. A jamais il conserverai ce papier...a jamais il aimerait cette jeune fille dont la lune trop blème, posait un diadème, sur ses cheveux roux...



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MessageSujet: Re: La Moisson des 16e Hunger Games. Dim 21 Juil - 21:59

Sept heures je me réveille et dehors il fait clair. Le soleil darde déjà ses rayons à travers mes rideaux mal fermés, comme il doit déjà être en train d’illuminer tout le district Six. Je baye bruyamment en m’extirpant de ma torpeur. J’ai dormi comme un bébé, pour changer. Aujourd’hui ne marque en rien un jour différent pour moi - pour ceux qui n’ont pas suivi, aujourd’hui, c’est la moisson. Plus maintenant - quoiqu’il ne l’ait jamais vraiment été en fait. Je crois que j’ai même mieux dormi cette nuit que toute la semaine passée. Peut-être l’idée de retourner enfin au Capitole, me balader dans ses rues colorées et animées, riches en odeurs et en saveurs, déguster tous ces mets que je ne peux que manger là bas, ou encore acheter des jolies robes avec des tissus plus doux que du coton, faites sur mesures bien sur.

En pensant à tout ce qui m’attend pour les semaines à venir, je me lève avec entrain et descends à la cuisine pour me préparer un thé. Je rêve déjà de chocolat aux noisettes qui fond dans la bouche à la place du chocolat noir, amer, le seul qu’on parvient à se procurer aisément ici, dans le Six. Je songe déjà à ce lit moelleux dans lequel je pourrais me rouler tous les soirs avant de m’endormir bien profondément. J’imagine déjà l’odeur fruitée - de pomme, de fraise, ou même d’abricot si l’envie m’en dit - qui imprégnera chaque parcelle de ma peau en sortant de la douche. Non, contrairement à une vingtaine de jeune à Panem, moi, je me réjouis d’aller au Capitole y passer quelques semaines. Mais ça vient peut-être du fait que moi, je sais que je reviendrais entière. Bref. Le « Bip » de la bouilloire m’indique que l’eau est chaude, et je la verse dans ma tasse, sur le sachet de thé vert menthe. Je plonge distraitement des biscuits dans ma tasse, observant en même temps les oiseaux par la grande fenêtre de la cuisine. Ils pépient, ils chantent, ils virevoltent dans l’air frais du matin,  sans se soucier de ce qui ronge à cet instant même le cœur des humains, sans s’occuper de la tension ni de l’agitation qui règne dans les foyers. Ils sont paisibles. Et magiques à observer dans leur danse aérienne. Machinalement, ma main va du paquet de biscuit jusqu’à ma tasse puis jusqu’à ma bouche, tandis que mes yeux fixent les volatiles. Et ce, jusqu’au moment où ma main ne rencontre plus que le papier du fond du paquet. Déçue, je remballe mon petit déjeuner. Il va falloir que je rachète des biscuits aussi au Capitole, tiens.

Je monte ensuite les escaliers quatre à quatre jusqu’à la salle de bain pour me faire couler un bon bain chaud, dans lequel je me prélasse au moins une bonne heure, avant de m’en extirper quand ma peau devient fripée au bout des doigts. Je démêle ensuite soigneusement mes cheveux auburn, avant d’en faire des anglaises. J’aime ces boucles qui encadrent si bien mon visage, et qui me donnent un air de princesse d’antan. Pour accompagner le tout, j’enfile une jolie robe bleue, avec de la dentelle devant, qui m’arrive un peu au dessus des genoux. Je fais aussi ressortir la pâleur de mon visage avec un rouge à lèvres bien rouge, qui redessine à la perfection ma bouche, et maquille rapidement des yeux avec un trait de crayon. Je recule de quelques pas dans ma grande salle de bain pour me voir entière dans le miroir et, satisfaite, fais un tour sur moi-même pour faire voler ma robe et mes anglaises. Je jette un coup d’œil à l’horloge murale qui m’indique que, tiens, pour une fois, je serais à l’heure à la moisson.

Mes chaussures rouges à talons aux pieds, je quitte la maison toute guillerette pour rejoindre mes parents, frère et sœurs et leur marmaille devant l’épicerie familiale. Mes nièces se jettent dans mes bras, et j’ébouriffe les cheveux bien tressés et attachés de Lisa, la benjamine, sous le regard accusateur de ma sœur, qui a surement du passer une bonne heure à la coiffer. Les deux fillettes sont anxieuses à l’idée de la moisson qui approche un peu plus de minutes en minutes, mais me voir, moi, leur tante, la gagnante de la dixième édition, avec ma bonne humeur et mon  jem’enfoutisme habituel les rassérène un peu. Mains dans la mains, on se dirige tous vers la grande place, qui, bien qu’on soit en avance, grouille déjà de monde, de jeunes anxieux, de parents tendus, d’enfants pas encore entrés dans l’adolescence en larmes. Je soupire en voyant cette effervescence humaine. Quand les gens vont-ils s’y habituer ? Ca fait 16 ans pourtant déjà maintenant !

J’abandonne finalement ma famille en bas de l’estrade pour monter sur cette dernière, et toiser ainsi la foule dans toute sa splendeur. Les rangs se forment petit à petit, et je reconnais quelques têtes - mes nièces blondinettes, bien rangés, Emrys, au fond, un peu à l’écart, qui n’a pas l’air non plus au top de sa forme … Je suis prête à parier qu’il a bu ce matin, encore. Mais bon, il fait ce qu’il veut de sa vie, et c’est lui qui choisi comment il veut la foutre en l’air, même si je n’approuve pas forcément.  Je suis en train de scruter les jeunes, essayant de deviner à l’avance lequel de ses jeunes va m’accompagner faire un tour au Capitole quand le maire et l’hôte - je crois qu’il s’appelle Ron - s’avancent sur l’estrade tandis que l’horloge de l’hôtel de ville fait sonner ses deux coups pour nous indiquer qu’il est enfin 14 heures, l’heure de commencer et d’enfin délivrer de la tentation 99% de cette population. La foule s’immobilise, et le silence le plus parfait règne en un quart de secondes sur la grande place. On pourrait entendre les mouches voler, ou en tout cas le cœur de ces jeunes gens battre à tout rompre dans leur poitrine. L’hôte lance ses phrases bateau habituelles, que je ne prends même pas la peine d’écouter : Je les connais par cœur.

La tension se fait de plus en plus palpable quand il s’approche de la première urne : Celle des filles, il a décidé d’être galant. Je me surprends juste à répéter dans ma tête « Ni Millie, ni Lisa. Ni Millie, ni Lisa. » - mes deux nièces. Parce qu’autant les autres peuvent toutes mourir que je ne bougerais pas d’un pouce, autant je me vois mal assister à la mort d’une de ces choupinettes, aussi jem’enfoutiste que je sois devenue. J’ai tout de même des limites qu’il ne faut pas dépasser, un cœur qui a besoin d’être ménagé pour certaine chose : la famille en premier. C’est donc avec un certain soulagement - que je partage avec le district - que j’entends le nom de «  Seirina Galway ! » prononcé. Ni Millie, ni Lisa. Mais … Je me redresse en voyant s’avancer la demoiselle rousse et en la reconnaissant. Tiens, il faut croire que cette famille a une dette en karma. Mais au moins, elle part avec une longueur d’avance : Je lui ai déjà donné quelques conseils sur l’arène. Elle monte en larmes sur l’estrade, et arrive le moment de piocher le tribut qui aura l’honneur - ou  pas - de mourir pour notre district. Euh, pardon, de représenter notre district. Je n’ai pas le temps de faire une quelconque prière mentale ce coup ci que déjà Ron annonce d’une voix satisfaite : « Jared Galway ! Félicitations mon jeune ami ! » Tiens, c’est encore pire que ce que je pensais : Cette famille a une grosse dette en karma. A croire que le Capitole a une dent contre eux en fait. Mais étant donné que les noms sont tirés au hasard … C’est le hasard qui leur en veut. C’est bête ça, non ?

Le petit Galway  fond en larmes, devant tout Panem qui se retourne vers lui, moi y comprise. Dans ses yeux, on peut y lire toute la détresse du monde : Il ne veut pas aller dans l’arène, ni que sa sœur y aille. Compréhensible. Mais il n’a plus vraiment le choix. Sauf si quelqu’un se porte volontaire. Mais il n’a malheureusement plus de grand frère pour le faire. Il est condamn… « JE ME PORTE VOLONTAIRE ! » Quoi ? Une voix résonne à travers la place, me figeant là dans mes divagations. Cette voix, je la connais. Très bien. Trop bien. Trop trop bien. Oh non. Le con. Mais qu’est ce qu’il fout putain ? Il en a pas assez avec l’alcool pour se pourrir la vie et se foutre en l’air ? Il est con ou il le fait exprès ? Je suis en train de rêver là, c’est ça ? Je vais me réveiller, et toute cette journée recommencera, les oiseaux pépieront, les deux Galway m’accompagneront au Capitole tandis que ce petit délinquant continuera sa vie ici comme avant, entre alcool et sexe et tout ce qu’il veut. C’est ça le cours normal des choses, non ? ALORS POURQUOI EST-CE QU’IL VIENT DE GUEULER QU’IL SE PORTE VOLONTAIRE ? Il a pété un câble ? Il a fumé quoi ce matin, diantre ? Et … Et … POURQUOI EST-CE QU’IL EST EN TRAIN D’AVANCER D’UN PAS ASSURÉ VERS L’ESTRADE LÀ ? Il se fout de ma gueule ? C’est une blague ? Poisson d’avril ? De mai ? … Je me lève d’un bond de ma chaise. Dans ma tête, tout se bouscule, mon subconscient crie : « NOOOOOOOON ». Et pourquoi il ne s’arrête pas ? Stop Emrys ! STOOOOOOP ! Je ne suis pas d’accord ! Pas d’accord du tout ! Tu n’as pas le droit de faire ça putain ! Je ne veux pas ? Les mentors n’ont-ils pas moyen de faire recours ? D’empêcher les volontaires d’être volontaire ? Un quelconque droit de véto ? … Non ? Et putain, à quoi il pense ce gosse ? Il a réfléchi deux secondes ? Y’a des gens qui tiennent à lui ici ! Sa sœur, il s’en fout ? Et moi, on s’en fout aussi ? S’il voulait en finir avec sa vie, il aurait pu s’y prendre autrement que devant les écrans et les yeux de tout le pays. Et surtout des miens et de ma conscience !

C’est la tempête dans ma tête, et mes jambes ne me portent plus, alors je me rassieds. Et je vois mon protégé monter sur l’estrade. Il n’a d’yeux que pour l’autre tribute, qu’il prend dans ses bras. Tandis qu’ils se serrent mutuellement dans les bras devant toute la foule ébahie - et soulagée pour la plupart - je jette de regard dans l’assemblée, cherchant une solution, ou au moins du réconfort. J’aperçois immédiatement mes nièces, qui me lancent toutes les deux un sourire désolé, mais soulagé. Je me dis que c’est déjà ça, qu’elles sont épargnées toutes les deux. MAIS PUTAIN, POURQUOI PAS EM’ AUSSI, HEIN ? Gosh, ce garçon me tuera. Il pouvait pas rester bien tranquillement à sa place lui ? Sagement, ne pas faire de bêtises pour une fois ? POUR UNE FOIS ? C’est vraiment trop lui demander, hein ? Mais il ne perd rien pour attendre. C’est la première fois depuis très très longtemps que je perds ainsi mon sang froid. Enfin, surtout que c’est la tempête ainsi dans mon cerveau. L’incompréhension est mêlée à la colère, et surtout à la tristesse. Je ne me suis jamais énervée sur Em’ avant. Je me contentais de lui faire gentiment la leçon quand il venait vomir sur mes pieds après avoir trop bu. Mais la pour le coup, dans le train, il va m’entendre. On joue pas avec sa vie comme ça ! Nanmého ! Surtout pas quand moi j’y tiens aussi ! Sur ma chaise, je fulmine, tout en ayant envie de me jeter dans ses bras à la place de Seirina et de pleurer. On m’a pris Judi. On est pas obligé de m’arracher Emrys aussi, non ? Enfin, surtout, il n’est pas obligé de s’auto arracher à moi - et à tous ceux qui l’aiment - ainsi, non ? Je soupire. C’est fait, c’est fait. L’hôtel de ville avale les deux tributs, les laissant faire leurs adieux à la famille. Moi, je descends de l’estrade et vais serrer mes nièces très fort dans mes bras, mon seul moyen de me consoler, c’est de me dire, qu’elles, elles restent ici, au chaud dans le cocon famiial. Ça fait bizarre à ma famille de me voir ainsi,  alors que je suis habituellement si souriante. Mais ils comprennent pour le coup. Parce qu’ils savent tous ce que c’est de voir partir quelqu’un à qui on tient dans l’arène : Ils m’ont tous vus partir. Et je suis revenue.

Alors, pour la première fois depuis la mort de Judicael, j’espère de nouveau, de tout mon cœur. Cette année, le district Six sortira vainqueur à nouveau. Je ferais tout pour qu’Emrys revienne entier. Et si ce n’est pas lui, je veux que ce soit Seirina qui gagne. Mais pas un autre. Pas cette année.


Et d’un pas vif, je me rends vers le train, une valise faites à la va vite à la main : J’ai deux mots à dire à Emrys !
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La Moisson des 16e Hunger Games.

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