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Tournée du vainqueur [Libre]

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Lucas Dnierp
+ District Huit +


♣ Nombre de message : 369
♣ Date d'inscription : 02/06/2012


MessageSujet: Tournée du vainqueur [Libre] Ven 5 Juil - 20:59

Après la tournée des districts, il y a la tournée du capitole, à croire que tout est mis en place pour retarder mon retour chez moi. Cela va faire environ 1 mois et demi que je suis au capitole vaguant entre interview, tournée de victoire ou encore des rencontres houleuse (la mentor du Dix et celle du Deux comprendront). Malgré cela, je commence doucement à prendre conscience de ma victoire et à être reconnaissant d’être en vie, après tout, la vie reste plus envieuse que la mort. Cette tournée au capitole ne m’enthousiasme certainement pas mais au moins cette fois-ci, je devrai juste subir les hurlements d’abrutis et non pas les regards lourds de reproche des familles des victimes. Personne ne viendra me voir pour me traiter d’assassin, je ne verrai personne se faire exécuter sur la salle publique non, mais je vais devoir atteindre le comble de l’hypocrisie et regarder ceux qui chaque année, suivent les jeux avec assiduité et regardent  des enfants mourir. Je vais devoir les regarder se trémousser et s’émoustiller devant le grand gagnant. Dans le fond, les capitoliens n’ont pas forcément un mauvais fond mais ils sont obnubilés par l’argent, le pouvoir et les Hunger Games et pour rien au monde on ne leur enlèverait leur précieux confort, il faut qu’il y a une partie de ce tendre pays qui reste fidèle au gouvernement. Sinon, ce serait l’anarchie, le chaos, si même le peuple le plus choyé et le plus privilégié de Panem se rebellait. Je soupire, je peux toujours me foutre le doigt dans l’œil pour que tout Panem entre en rébellion. Mon équipe de préparation me maquille pour que je paraisse parfaitement présentable, ils prennent d’ailleurs plus de temps que lors de la tournée des districts, la plupart se montrent distant et craintif avec moi, sans doute à cause de ma réputation d’exécrable et d’impoli avec les employés qui m’a été donné. Je me suis un peu calmé depuis, enfin je pense. Je m’apprête à monter sur une scène gigantesque qui surplombe l’ensemble de la Grand-Place du capitole, mon ouïe détecte déjà les cris  d’enthousiasme de la foule et je pousse un soupir d’exaspération, ils ne peuvent pas calmer un peu leurs ardeur ? Dans un an, ils m’oublieront et leurs yeux seront rivés sur leur nouveau gagnant. On me fait signe qu’il est temps de monter sur scène tout en me donnant quelques conseils à appliquer à la lettre. Règle n°1) Saluer la foule 2) se montrer enthousiaste et souriant 3) faire un discours. Je n’ai aucune idée de ce que je vais bien pouvoir dire à des gens comme eux et je n’en ai même aucune envie. Pourquoi ferai-je un discours ? Je méprise ces gens, en aucun cas je ne voudrai les conforter dans leur égo mais il serait tout aussi risible et dangereux de leur exposer le fond de ma pensée.

C’est maintenant, c’est l’instant. Je monte sur l’estrade dans un tonnerre d’applaudissement et aperçoit une foule gigantesque, davantage impressionnante que dans les districts, je suis salué sous une foule de cris, d’applaudissements et même de bannières avec mon prénom écrit dessus, les gens hurlement mon nom. C’est que je me sentirai presque flatter, d’avoir autant de fan, ça change des districts ou je subissais les regards pesants, ici, tout respire la joie idiote. Je les salue en souriant du sourire le plus faux-cul que je puisse faire… mais regardez-moi comme ils sont ridicules ! Avec leur accoutrement, on les croirait venu du carnaval ! Ils hurlent comme des porcs qu’on égorge… sauf que c’est des hurlements de joie, ils sont parfaitement ridicules, à s’exciter pour le passage d’un gagnant. Je ressentirai presque de la pitié pour eux, à voir comment on les a conditionnés, tels des moutons idiots aveuglés par la richesse. Il est à présent temps pour moi de prendre la parole, je fais signe de couper le bruit et petit à petit, la foule arrête de parler et s’apprête à boire mes paroles. Je n’avais aucune idée de quoi dire mais la je me dis, dans le fond, pourquoi ne pas rentrer dans leur jeu ? Titiller leur égo ?  Leur donner ce qu’ils ont envie, je souris, jusqu’à quel point suis-je capable de maîtriser l’ironie ? Je prends un ton faussement ému et souriant.

- Tout d’abord, je voulais vous dire que je suis très reconnaissant d’être ici, en vie surtout mais au milieu de vous tous, devant cette foule qui m’acclame. Je voulais vous remercier pour votre soutient, ça me touche vraiment. Merci à tout ceux d’entre vous qui m’ont soutenus dans l’arène, qui ont suivis mes aventures et espérer ma victoire. Sans vous, habitants du capitole je ne serai pas la aujourd’hui, à me tenir sur cette estrade. Je suis désormais quelqu’un qui a appris des valeurs tel que le courage, l’entraide ou même l’humour. Merci, à vous tous.

Les applaudissements arrivent et redoublent d’enthousiasme, les gens m’acclament. Ils acclame mon discours, la plupart n’ont sans doute pas compris la totale ironie de mon discours mais peut-être certains s’en rendront compte. Je continue de sourire en les saluant une dernière fois, j’ai trouvé ce discours plutôt amusant dans le fond, je n’aurai pas imaginé être doté ainsi d’humour noir mais après tout, pourquoi continuer à se complaindre dans la haine et le désespoir ? Autant profiter un peu, et si la distraction passe par se foutre de la gueule de capitoliens, ça marche. J’imagine la tête du président Stark,  a-t-il saisi l’ironie ? Si oui, c’est problématique mais il n’a aucune preuve concrète que je ne pensais pas les mots que je disais. On me fait signe de sortir. Je me demande si je ne pourrai pas prolonger un peu mon séjour au capitole… il y a tellement de belles choses à découvrir. La victoire a ses avantages...

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MessageSujet: Re: Tournée du vainqueur [Libre] Sam 6 Juil - 7:31

Parfois, on se pose des questions sur soi-même, on se remet en cause. C’est normal, au fond. L’être humain a besoin de réfléchir, de s’interroger sur sa vie, sur ses propres actes. Bien sûr, j’ai beau être un déchet, une ordure bonne à être jetée, moi aussi, je suis humaine. Enfin, je crois, tout du moins. Je ne dirais pas « j’espère », car le souhaiter serait encore plus inquiétant. Même un déchet vaut bien plus qu’un misérable homo sapiens sapiens. Malheureusement, j’ai bien peur de posséder un squelette correspondant aux critères de cette espèce stupide à laquelle je suis censée appartenir. Je ne suis pas une ordure ménagère, je suis une ordure humanière. C’est cool je trouve. Vachement original. Il faut du neuf un peu.
Bref, je disais donc que toute personne qui se respecte, est dans la nécessité de s’interroger de temps en temps. Et justement, c’est ce que je suis en train de faire. Incroyable, non ? Je vous l’accorde, songer ne serait-ce qu’une minute qu’un être humain puisse réfléchir révèle de l’extraordinaire. Et pourtant, cette fois-ci, c’est le cas. Pour tout vous dire, je frôle même l’explosion interne, tellement mes pensées rebondissent dans ma tête. Elles font la coursent, sautant à travers chaque neurones, pour finalement sprinter dans mon corps entier. Magnifique. Un vrai spectacle intérieur. Ça vaut le prix du billet.
Et à quoi suis-je entrain de songer, vous demandez-vous ? Bah, à ce que je suis venue faire ici. Oui, car la méchante Shamy a décidé de se rendre au discours d’un gosse, aujourd’hui. Oui, je m’étonne moi-même. Bon d’accord, un gosse qui a presque mon âge, mais un gosse quand même. Après tout, s’il n’était pas un gamin, il ne viendrait pas de sortir d’une arène où seuls les gamins s’y donnent rendez-vous. En tout cas, gosse ou pas gosse, ce dénommé Lucien ou je ne sais quoi, ne sait pas captiver une foule. Qu’est-ce que je m’ennuie, mais qu’est-ce que je m’ennuie. J’en viens même à regarder les tenues immondes et excentriques de la populace, c’est vous dire…
« Tout d’abord, je voulais vous dire que je suis très reconnaissant d’être ici, en vie surtout mais au milieu de vous tous, devant cette foule qui m’acclame. Je voulais vous remercier pour votre soutient, ça me touche vraiment. Merci à tous ceux d’entre vous qui m’ont soutenus dans l’arène, qui ont suivis mes aventures et espérer ma victoire. Sans vous, habitants du capitole je ne serai pas la aujourd’hui, à me tenir sur cette estrade. Je suis désormais quelqu’un qui a appris des valeurs tel que le courage, l’entraide ou même l’humour. Merci, à vous tous. »
Non mais il est sérieux le gars, là ? Il se contente de déclarer ça, comme ça. Puis c’est tout ? Et bah, il est motivé le petit. En même temps, qui ne le serait pas après avoir tué quelques-uns de ses confrères ? C’est compréhensible. Enfin, en tout bon déchet qui se respecte, je ne peux éprouver de la compassion à son égard. Jamais. Il est naît pour endurer les souffrances de la vie. Comme moi. Comme tous les autres. On naît pour souffrir. Certains ont plus de chances que d’autres. Le Capitol a gagné la guerre. Les Districts l’ont perdue. Qu’est-ce qu’il veut ? C’est comme ça. La vie est cruelle avec les faibles et merveilleuse avec les crétins. On ne peut rien y faire. Il ne peut rien y faire. Et ce n’est pas son ironie maladroite qui y changera quelque chose.
C’’est pour cette raison que je ne supporte pas les habitants des districts. Ils se croient victimes, pensent que la vie n’est dure que chez eux. Quel égocentrisme ! Et quelle hypocrisie aussi. Qu’est-ce qu’ils auraient fait, eux, s’ils étaient sortis vainqueurs des jours sombres ? Vous ne savez pas ? Eh bien, je vais vous aider à y voir plus clair.  De victimes ils seraient passés à conquérant. Et le Capitol aurait échangé sont beau rôle contre celui de réprouvé. Cela va de soi. Alors je ne vois pas de quoi ils se plaignent tous. Ils ne sont pas victimes. Ils sont malchanceux, mais aussi sales au fond d’eux, que le sont mes chers compatriotes.
L’être humain est un crétin. Il le sera toujours. Se plaint pour un rien. Ferait la même chose à son voisin s’il le pouvait. Mais quel monde ! Quel monde ! Aimez la vie chers amis, tout y est si logique, si incroyable. Faites vivre et vivez ! Jamais vous ne le regretterait. Non, jamais. Croyez-moi sur parole…

Le jeune homme a disparu à présent. Les conversations se remettent à battre leurs pleins. Des cris fusent. Des hurlements, des sifflements traversent cette marée humaine. Ils sont conquis. Ils sont satisfaits. Voici encore une grande preuve de leur intelligence. Pathétique. Se montrer euphorique parce qu’un gars torturé par la vie (le terme assassin fonctionne aussi) présente quelques phrases au publique. Ironiques en plus. Acerbes.  Et personnes, non personnes ne s’en rend compte. Ils sont hypnotisés par leurs propres idéaux, ne voit le monde que de la manière dont il le souhaite. Mais la vie ne se prévoit pas. Un jour, leurs beaux yeux aveugles verront quelque chose leurs échapper. Et ce jour-là, tout sera renversé. Carrément chamboulé. Je vous le dis, moi.
Je me déplace dans cette vague de couleur, tente  de fuir et d’oublier cette place publique ainsi que le discours qui vient d’y avoir lieu. Le bleu des perruques me pique les yeux. Le rose des robes me donne le tournis. Je vois orange. Je vois rouge. Je vois violet. Je vois vert.
Dans ces étoffes de toutes les couleurs, dans ces peaux, dans ses corps trafiqués, je me sens peu à peu quittée ce que l’on nomme communément la réalité. Simple voyage au pays des cauchemars. Simple séjour dans le monde des Bisounours. Tout est beau. Tout est gai. Tout est couleur. Donc tout est moche. De la stupidité et de la naïveté, voilà ce que m’inspire cette vague humaine.
J’ai envie de hurler à mon tour. De crier tout le mépris que m’inspire cette foule en délire. Mais je ne peux pas. Je me sens dériver, littéralement emportée par ces nuées de parfums qui viennent me piquer les narines. Zizanie. Voilà le mot, oui. Zizanie. Je me trouve en pleine zizanie. Je nage en pleine mer du synthétique. Je suis engloutie par « l’artificielle », par le matérialisme. Ce matérialisme trop humain, trop infecte. Qui vous laisse ce gout âcre et si familier en bouche.
Et puis tout à coup. C’est le silence qui vous absorbe. C’est le noir qui vient à vous. Je ne vois plus rien. Je ne comprends plus. Mon univers. Cet univers qui fait mon enfer a disparu. Il fait sombre. Uniquement sombre. Plus de bruit. Plus de cris. Plus personne. J’ai été immergé dans le royaume du calme dont j’ai tant rêvé. Plongée dans cet endroit idyllique qui m’a toujours fait envie.
Ici, je le sais, la vie ne viendra pas me chercher. Cette vie qui me suit. Cette vie qui me traque. Sans cesse. Ici, elle n’existe pas. Mon mal-être quotidien, cette souffrance qui me ronge chaque jour un peu plus, n’existe pas ici.
Et c’est mieux comme ça.
Je peux enfin me reposer.


***


Je suis étendue au sol, immobile. Je sens le monde tourner autour  de moi. Il est flou, presque incertain. Je me redresse légèrement. Au début, je ne comprends pas vraiment. Au début, je me demande simplement pourquoi mon bel univers noir s’est envolé. Et puis, en voyant la place presque déserte, la réalité s’infiltre pour de bon en moi. La vie m’a rattrapé. Je suis là, à nouveau, dans ce calvaire qu’est le mien. Mon problème ? Vivre. Vivre et voir les autres vivres. Rien n’est fait pour exister, je l’ai toujours su.
Je saute sur mes pieds, vacillant un peu. Je crois tomber à nouveau ? Me perdre dans ses limbes qui feraient de mon existence un paradis. Mais il n’en est rien. Je suis juste là, sur une place publique silencieuse et vide. Enfin, pas totalement vide, certaines personnes y discutent encore. Mais combien sont-elles ? Peu. Très peu.
Et c’est sans importance. Plus rien n’a d’importance. Mais qu’est-ce que l’importance ? Une simple idée que l'on attribue à une chose que l'on juge essentielle, primordiale. Mais si rien ne nous est essentiel, l'importance peut-elle exister ? Et quelque chose ne peut-il être sans importance ? Car l'on pourrait considérer, qu'au contraire, tout est important. Tout est important car tout peut-être vital. Le moindre élément est important. Le moindre. Et ce, depuis la nuit des temps. Si l'on retire un personnage d'une histoire, l'histoire en question ne sera plus la même. Car c'est le but même d'un détail... Un détail fait qu'une chose n'est pas identique à une autre. Tout n'est que détail. Mais tout est important.
Et pourtant, pour elle, rien n'a d'importance.
Bizarre, n'est-ce pas ?
Je soupire, avant de reprendre mon chemin. Je n’ai plus rien à faire ici. Je n’ai jamais eu rien à y faire de toute manière. Cigarette en bouche, je m’éloigne à petit pas, espérant en vain, que quelque chose se passe. N’importe quoi.
Bordel. Mais qu’est-ce qui m’arrive aujourd’hui ? Non seulement je me rends à un événement publique, moi asociale que je suis, ensuite je m’évanouis, et maintenant, j’en viens carrément à me lamenter sur mon sort. Pitoyable. De toutes les personnes du monde, tu es la fille la plus stupide et la plus insignifiante, Sham. Tu n’es qu’un déchet, je l’ai déjà dit.  Un simple déchet à jeter. Une simple erreur à effacer. Un simple trait de crayon à gommer.
Clack.
Une porte vient de claquer. Je me retourne et aperçois la silhouette de quelqu'un descendre les marches d’une entrée secondaire. Bah,q'une personne sans importance.  Tout en fumant ma clope, pourtant, je me dis que ce serait stupide de le laisser filer comme ça. J'ai ce besoin pressent de répandre mon venin. Je vais aller tourmenter un peu cet inconnu. Ouais, c’est ça. Je vais aller cracher ma bile de vieille chauve-souris aigrie sur lui. Je vais le recouvrir de toute ma haine, de tout mon désespoir.
Je tourne la tête à droite et à gauche. Hum, il y a pas mal de gens par là. Certaines personnes vont pouvoir l’aborder. Parfait, plus on est de fous, plus on rit.
Je vois sa silhouette en train de tourner à l’angle de la rue. Pas si vite mon coco, tu ne vas pas disparaître comme ça. Marchant d’un pas rapide, je le rattrape. Des gens semblent me regarder. Bah, depuis quand on n’est pas observé au Capitol ? Il n’y a que des voyeurs et des espions par ici. Ce n’est pas un secret. Sans m’occuper de ses regards indiscrets, je coupe la route de ma future victime, lui barrant littéralement le passage.

Finalement, Sham Butterfly va passer une bonne et agréable journée.

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MessageSujet: Re: Tournée du vainqueur [Libre] Sam 6 Juil - 10:52


    Nate avait horreur des bains de foule. Non pas qu'il avait une raison de se plonger parmi tous ces gens qui créaient une proximité guère ragoutante, d'autant plus que toute cette effervescence n'était pas pour lui, mais pour un jeune homme au sommet d'une estrade. Et tout de petit monde se bousculait, se marchait sur les pieds et jouait des coudes, tout cela pour apercevoir le grand gagnant. Et on c'était fait beau pour cet évènement. Le créateur déduisit des accoutrements de la foule que la tendance du moment était aux plumes criardes à profusion, à tel point que certaines femmes portaient des loups de plumes multicolores autour des yeux et portaient des robes entièrement faites de plumes, pour un peu qu'on leur marcha dessus... des plumes constellaient d'ailleurs le sol sous ses belles chaussures vernies. La mode était bien capricieuse, et bien ridicule à ses yeux. Se faufiler au milieu d'une bande de flamand roses qui se secouent les plumes dans tous les sens. Quelques muets faisaient un magnifique travail de contorsionniste en portant des plateaux remplis de verres de cocktails et d'alcools de fête pour en proposer aux puissants de Panem, pour l'instant réduit à une basse-cour provinciale où leurs voix caquetaient dans tous les sens.

    Nate n'avaient pas vraiment tenu à venir révérer ce nouveau vainqueur, qui bien qu'il récoltait ici toute la gloire, n'avait rien de bien différent des autres tributs qui avaient laissé leur peau pour la plus grande joie des Capitoliens. En cela, le gouvernement savait exactement comment tenir à la fois les Capitoliens pour qu'ils ne réfléchissent pas trop à leurs privilèges et les habitants des districts, opprimés et condamnés à la servilité. Toute cette technique tenait en une seule formule, ancienne et puissante, une arme utilisée par les politiciens depuis des temps très anciens et bien antérieur à la dictature du Capitole. Panem et circenses. Du pain et des jeux. Tout pour les masses. Leur vendre du divertissement et de la peur. On s'amuse devant tout ce sang, mais on rappel que ces morts sont le sort qui attend tout rebelle. Nate était persuadé que au fond d'eux, même ce poulailler plein aux as en avait conscience...plus ou moins consciemment. Il frissonnait toujours à l'idée qu'au moindre faux pas, ce serait lui ou pire, ses enfants, qui trinqueraient pour une pauvre erreur, futile mais fatale. Il ne savait si ignorer ce fait était sagesse ou inconscience. Le fait était que tous ces braves moutons étaient sans doutes plongés dans un bonheur insouciant et pur. Lui, craignait parfois pour son bonheur, tant des questions l’obnubilaient.

    Mais ce soir, il était un beau coq bien habillé, comme tous les autres hommes, qui paradait parmi ses voisins, serrant des mains, tout en sortant des petites piques innocentes et fantasmant sur la vie de telle ou telle personne. Nate Braganza le rigolo et riche homme d'affaire était de sortie, au bras de son épouse et accompagné de ses deux enfants. Fort heureusement pour sa santé mentale, sa femme et sa fille ne s'étaient pas collées de plumes sur le visage ni sur le reste du corps. Toutes deux étaient vêtues de magnifiques robes scintillantes or et sable, en hommage à l'Arène, et leur maquillage très bien exécuté n'avait rien d'inconsidéré. Pour sa part, il était toujours aussi sobre, de même que don séducteur de fils, au bras de sa nouvelle petite amie, une sublime rousse, malheureusement vêtue comme un paon. Nate soupirait et espérait que c'était une hallucination quand il voyait sur son fils se superposer l'image de son ami Noah Laurenson, séducteur invétéré et charismatique présentateur des jeux. Ce devait être la coiffure, ils avaient la même. L'ambiance était joyeuse. Sa petite famille discutait avec animation, riait et plaisantait, prenant de temps à autres un verre de cocktail pétillant sur le plateau d'un Muet. Le créateur aperçut un peu plus loin sa mère, qui faisait encore bien jeune pour son âge, entourée de son groupe d'amies pratiquant le spiritisme, une sorte de club de rombières médisantes et risibles qui inquiétaient parfois Nate en lui provoquant de drôles froncements de sourcils et un sourire sceptique. Tout n'était que bruit et bousculades, mais Olympe, grâce à une habilité insoupçonnée, mena tout ce petit monde parmi les premiers rangs, ceux qui verraient le mieux le nouveau tribut. Elle n'avait pas parié sur Lucas Dnierp, sa petite protégée était Elie Anderson, mais elle savait incliner son chapeau face à un vainqueur méritant. Pour l'heure, l'estrade était vide, mais déjà intensément éclairée et les techniciens terminaient les derniers réglages. Le visage de Lucas serait retransmis en direct sur les écrans géants qui cernaient la place, comme un immense kaléidoscope.

    On entendit alors quelques tonalités, comme les coups de bâtons qui annoncent le début d'une pièce de théâtre. La foule se tait, retient son souffle, attend son nouveau héros qui viendra rejoindre le panthéon des quatorze autres vainqueurs. Selon l'idée de Nate, il auraient du peindre une immense frise quelque part près de la grande place, où figureraient tous les portraits des précédents gagnants, et que l'on rafraichirait au rythme des victoires. Une idée intéressant selon lui. On adulait déjà les mentors. Pourquoi ne pas les diviniser tant qu'on y était ?
    L'hymne de Panem retentit alors tandis que Lucas Dnierp monta sur son estrade. Aussitôt, la foule vomit des applaudissement et des acclamations. Nate se contenta d'applaudissements plus modérés, tandis que ses enfants se laissaient emporter et que sa mère perdait son imposant chapeau en sautant sur place. Nate tenta de s'imaginer à la place de Lucas, découvrant à ses pieds un troupeau bariolé de fans en délire. Il ne put qu'imaginer son exaspération face à la scène. Il souriait de toutes ses dents, agitant sa main comme un homme politique après une élection. Il jouait bien le jeu, il mimait bien. On l'avait sans doute brieffé, et lui savait exactement ce qu'il convenait de dire ou de ne pas dire. Appréciable, il passait ainsi pour un de ces idiots, même si Nate savait que ce n'en était pas un. Il laisse la foule lui montrer son affection. C'était un bon gagnant au bas mot. Il était clair qu'il était immensément plus doué que Nate en matière d'ironie.

    Vint le discours tant attendu. Tous ces gens attendaient d'entendre les paroles sacrées du héros de cette année qui allait les faire se panner de fausse modestie. La modestie est un concept presque inconnu au Capitole, où on étale ses richesses, ses connaissances, ses relations, son savoir vivre. Tout n'étant que démesure, la prétention de ses habitants ne connaissait aucune limite. Et comme chacun voulant se montrer plus que son voisin, il n'y avait personne pour railler la prétention. Au contraire, un modeste était considéré comme quelqu'un qui ne s'affirme pas assez, et c'était devenu une espèce disparue, où alors un art de fausse modestie apprécié des gens qui vont dans les soirées mondaines. Bref, Lucas joua très bien de ses mots pour assurer à ses admirateurs combien il était touché par leur aide et leur sollicitude. Un coup de maître. Il était clair qu'il n'en pensait rien. Il suffisait d'avoir suivit son parcours et d'être un peu lucide sur la réalité des choses pour le comprendre. Bien que Nate ait soutenu son ancien allié Seed, il lui plaisait plus de le voir gagner lui plutôt que Billie Goldsnow qui avait offert à ses admirateurs une fin à son image, impressionnante, voir même plus, spectaculaire. Ayant une coupe à ses lèvres quand se levèrent les applaudissements, Nate se contenta de lui adresser un signe amical du bras, car tout tribut qu'il était, il avait triomphé parmi les autres et s'était montré qu'il était le plus apte à survivre.

    L'apparition en elle-même fut très courte, mais très certainement suivie d'une fête de félicitations organisées par le président est à laquelle participeraient tous les responsables de l'Arène. Nate en avait reçue une, et ce n'était que grâce aux supplications d'Olympe qu'il y avait répondu en assurant de sa présence. Si lui avait horreur de toutes ces réceptions sans intérêts, ces festivals de "montrages" et de ronds de jambes, ce n'était pas le cas de la belle et pétillante Olympe qui avait mieux que lui le sens de l'illustration sociale et de son utilité. Ses enfants et sa mère, en revanche, allaient rentrer. A la maison pour sa fille et sa mère, chez la jeune petite amie pour son fils. Il faisait sa vie de son côté, Nate ne considérait pas qu'il avait quelque chose à redire, même si les moeurs de son engeance mâle n'étaient pas vraiment à son goût. La foule se dispersa très vite, chacun regagnant ses futiles activités. Nate rentra chez lui, le temps de se changer pour adopter une tenue plus appropriée, d'ici la petite soirée où il ne manquerait pas d'aller féliciter la nouvelle idole de Panem, ce jeune homme qui était passé en moins de quelques mois de l'état de jeune sans histoires, à celui de victime, pour finir à l'apogée de sa gloire comme vainqueur des Hunger Games. Comment pouvait-on vivre ce nouveau statut ? Cette nouvelle richesse ? Difficile ? Déstabilisant plutôt... Devenir une idole était une transition bien étrange. Nate se souvenait du tournant de sa vie lorsqu'il avait hérité de la Braganza Agency, du pouvoir de sa famille. Il était soudain devenu aimé et respecté, lui qui n'attirait pas l'oeil avant. Nate haussa les épaules. C'était bien pour lui. Riche, au moins il rentrait chez lui et retrouvait sa famille, pas comme tous les autres...

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Jonathan Templebar
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MessageSujet: Re: Tournée du vainqueur [Libre] Sam 6 Juil - 19:24

Je ne suis pas sur la grande place avec la foule. J’aurais fait une crise de nerfs au milieu de tous ces gens en train de hurler leur joie. Je ne suis pas joyeuse, ni même enthousiaste. Juste soulagée. Soulagée que cette arène maudite soit derrière moi. J’en ai sué de ces Jeux, j’ai abimé mes yeux sur les écrans à voir ces gamins se croire en vacances, j’ai crevé d’angoisse quand mon responsable me rapportait des doléances, j’ai usé mes nerfs jusqu’à en avoir physiquement mal, j’ai pleuré des rivières seule chez moi, j’ai appris la colère et la haine. Je suis épuisée. Ereintée. Lasse. Je devrais ranger tous mes dossiers, toutes ces feuilles volantes qui traînent partout, les post-its sur les murs, les classeurs ouverts sur le sol, sans compter ma clé USB et ma messagerie électronique, mais l’envie et l’énergie de le faire me fuient. Simplement lever les bras me semble trop dur.

Sur mon écran d’ordinateur, la grande place en effervescence. Les micros sur l’estrade n’attendent que le gagnant. Et toute la foule l’attend aussi. Pas moi. Je voudrais qu’il soit mort dans le sable brûlant de l’arène. Je me fiche qu’il ait été le dernier survivant, je me fiche de sa famille qui l’attend peut-être, je me fiche de ses amis, je me fiche de ce qu’il peut bien ressentir. Je me fiche de qui il est. Je voudrais juste qu’il soit mort. C’est peut-être injuste pour lui, mais c’est exactement ce que je ressens. Je ne supporte pas que ce jeune homme qui a passé une semaine à se foutre de moi soit maintenant adulé par le pays entier et ait maintenant une tranquillité absolue jusqu’à sa mort. Bien sûr, il ne s’est pas foutu de moi volontairement, mais ça ne change rien. Alors qu’il était dans une arène meurtrière, il tournait en dérision les Jeux de la Faim. Et moi, forcée de m’arranger pour qu’il reçoive des cadeaux de sponsors, je me suis mise à le haïr. J’aurais haï Terry s’il avait gagné. J’aurais haï quiconque serait sorti vivant de cette arène. C’est Lucas Dnierp le vainqueur, alors c’est lui que je hais.

Je suis assise dans mon fauteuil à roulette, les genoux repliés contre moi, les pieds nus. Mes chaussures sont juste là, sur le sol. Je mordille mon cache-cœur en cachemire. J’ai les larmes aux yeux, je ne sais même pas pourquoi. Je voudrais être ailleurs, n’importe où. Mais mon bureau silencieux est sans doute le meilleur endroit où me terrer en ce moment.

Le vainqueur monte sur l’estrade. Ses gestes sont une comédie, ses sourires sont faux. Il se fout de moi, encore. Je me fiche qu’on se moque de moi si je ne m’en rends pas compte, mais là c’est tellement flagrant… Il nous déteste. Forcément il nous déteste, nous sommes les méchants de son histoire. Mais dans mon histoire à moi, c’est lui l’antagoniste. Le haut-parleur de mon ordinateur crachote les applaudissements de la foule. Il me fait mal aux oreilles cet enthousiasme bruyant, mais je n’ai pas le courage de faire taire ma machine. Alors j’écoute son discours hypocrite, je l’écoute et je le vomis. Nouvelle slave d’applaudissement. Ils sont stupides ces gens. Ils sont stupides…

Je ferme les yeux. Les cris de la foule s’étouffent pour laisser place à un discours du présentateur de la chaîne. Je ne l’écoute pas. De toute façon, il est sans doute en train de chanter les louanges du gagnant que je hais. Je les hais tous. Tous autant qu’ils sont. J’espère que Lucas Dnierp vivra mal sa victoire. J’espère qu’il regrettera ce qu’il a fait dans l’arène. Je me raccroche à cet espoir pour empêcher les larmes de couler. Alors que je ne sais même pas pourquoi je veux pleurer. Les haut-parleurs ne cessent de diffuser les commentaires des invités du plateau. Mon responsable m’a proposé de faire une apparition, j’ai refusé directement, sans même faire semblant de réfléchir. Je ne veux pas m’afficher, je ne veux pas partager avec le Capitole mon ton las, mes gestes lents et mes yeux ternes. Je veux être seule. Je suis tellement mieux seule. C’est beaucoup mieux la solitude quand tu as l’impression que toutes tes actions sont à jamais voués à l’inutilité. Que finalement, tu n’arriveras jamais à la plénitude, cet état des choses où tu seras définitivement heureuse.

Mon téléphone vibre sur mon bureau. Je déteste ce téléphone. Je déteste tellement de chose en ce moment… Mais je le saisis tout de même. C’est sans doute mon responsable qui a quelque chose à me faire passer, et je ne peux pas me permettre d’ignorer mon responsable même si j’en meurs d’envie. Je pose mes doigts sur l’écran tactile avec lenteur, je tremble un peu. Le message reçu n’est pas de mon supérieur ; il est de ma mère.


‘Félicitations ma chérie, tu as fait un excellent boulot. Ton père ne te dira rien de tel, tu le connais, mais il n’en pense pas moins.
Mille bisous
Ta mère qui t’aime.’


Je n’ai soudain même plus assez de force pour tenir l’appareil qui tombe rejoindre mes chaussures au pied de ma chaise. Je fourre la tête dans mes genoux. Bien sûr que non mon père ne le pense pas. Bien sûr que non… Et ma mère approuverait tout de moi sans ciller. Même eux, je les déteste. Ça y est, je pleure. Et je ne sais même pas pourquoi.

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Trois roses de ma n'Ambrouille adorée  coeur  -très mauvais pour l'environnement le commerce de roses-
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Angel Del Nero
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MessageSujet: Re: Tournée du vainqueur [Libre] Dim 7 Juil - 18:50

« Héros … Pour un jour. Pour une semaine. Pour un mois. Héros voué à la mort ... »

Les Jeux touchés à leur fin. La mort avait emporté les tributs les uns après les autres. A la demande de ses supérieurs, Angel avait envoyé un cadeau dans l'arène. A Billie Rose Goldsnow, la tribut du Neuf. Pourquoi elle et pas n'importe quel autre ? Parce que la pacificatrice avait croisé son mentor. Et qu'elle souhaitait que son avis change sur ses propres tributs. Qu'il tente de les soutenir un peu plus. D'avoir une bonne fois pour toute confiance en eux. Puis la gamine s'était suicidée. Lamentable … Elle était lamentable. Ne pas avoir le courage de se battre pour changer l'histoire. En fait, elle n'était qu'une personne comme une autre. Qu'importe leur provenance. District ou Capitole. Qu'importe les mots, les sentiments. Haine ou joie. Aucun d'entre eux ne seraient capables de se lever, de se rebeller contre ce monde torturé et ensanglanté. Et Angel serait certainement la première à faire preuve d'hypocrisie. Peur de la mort peut-être. Ou tout simplement que le jeu n'en valait pas la chandelle. Pourquoi se battre pour des gens qui se contentent de subir ? Pitoyable …

Voilà ce qu'elle était. Tout simplement pitoyable. Pour une tueuse, voilà qui paraissait décalée. Tout le monde finissait par mourir. Pourquoi ne pas crever en se battant ? A cause de la lassitude, de l'habitude. Angel était née, avait été bercée par ces Jeux, aussi horribles soient-ils. Dans les rares souvenirs qui lui collaient encore à la peau, il y avait celui des premiers Jeux. Elle n'avait que des flash. Pourtant, les Districts avait laissé faire. Leur aliénation avait alors progressivement creusé un fossé. Ce fossé est aujourd'hui devenu un ravin. Et au fond de celui-ci, la population n'avait plus la force de montrer ce qu'ils étaient vraiment. Les Capitoliens, quant à eux, observaient ces animaux en pâture, riaient, pariaient sur eux. Sans ressentir le moindre remords à la vision de la mort, des corps déchiquetés des enfants. Auraient-ils les mêmes yeux, le même sourire, les mêmes pensées si leur progéniture se retrouvait entre les murs de l'arène ? Peut-être. Après tout, les Capitoliens semblent n'avoir qu'un intérêt moindre pour les enfants. Evidemment, ce ne sont que des bouches en plus à nourrir. Et aussi, quand les enfants sont là, ils ne peuvent pas tout se permettre. Les parents couchent à droite et à gauche puis reviennent pour afficher leur amour si parfait à leurs descendants …

Enfin. Revenons à nos moutons. Les Jeux touchaient donc à leur fin. Il ne restait que deux des gamins. Deux garçons. Deux jeunes hommes. Et un seul survivra. Quelle dure loi … Lors du combat final, la bataille dont le prix était inestimable, son supérieur la convoqua. Il lui donna le choix entre s'occuper de la paperasse pour la sécurité du gagnant lors de sa tournée dans les Districts ou s'occuper de l'organisation de celle au Capitole. Angel jaugea la taille de la paperasse et jugea préférable de s'en éloigner sans réfléchir. Elle lança un bref « Amusez-vous bien avec les papiers » avant de s'éclipser de la pièce. Histoire de ne pas se retrouver avec de nouvelles tâches. Il en serait bien capable.

Elle passa alors un mois entier à mettre en place la rencontre entre gagnant et Capitoliens. Ceux-ci seraient plus enthousiastes que la population. Peut-être un peu trop. Ils pourraient y avoir des dérapages. Même si Angel en doutait quelque peu. Il faudrait plus protéger le peuple capitolien du gagnant, ce … Lucas si elle se rappelait bien. Ils ressortaient souvent avec une certaine rancœur envers les marionnettistes de cette mascarade. D'autres étaient tellement détruits qu'ils ne pouvaient prononcer un seul mot devant la foule. Et celle-ci, dans son enthousiasme, les bousculait. Toutefois, la plupart du temps, les gagnants étaient calmés à leur arrivée au Capitole pour la tournée, quand ils se rendaient compte des merveilles que possédait cette magnifique ville … Surtout en matière de drogues et d'alcools ! Une diversité sans aucun comparatif. Comme si, dans les districts, ils avaient assez d'argent à dépenser dans tant de futilités. Exactement comme pour les vêtements. Quelle serait la mode cette année, pour fêter notre grand gagnant ? Grands chapeaux, robes courtes et avec des franges, habits et maquillages multicolores ?  Allez savoir …

Le jour J finit par arriver. Le service de sécurité était prêt. Prêt à affronter le pire. Tuer un gagnant pouvait entraîner certains sentiments négatifs. Sentiments qui pourraient susciter … Une rébellion. Un esprit de rébellion plutôt. Pour cette raison, les pacificateurs avaient interdiction de tuer le gagnant. Ils devaient le maîtriser de manière douce …. Vraiment, ces bureaucrates ne venaient jamais sur le terrain ! Parfois, il faut juste stopper la machine avant qu'elle n'explose. Et ce n'est pas en dialoguant et en usant de psychologie appliquée que cela est possible.

La scène surplombait l'immense place centrale du Capitole. Les Pacificateurs avaient été placés aux positions stratégiques, pour éviter tout incident, qu'importe d'où ils viennent. Angel s'était installée près de … Dnierp. Tout en restant dans l'ombre. Son regard effleurait chaque personne de la foule, tout en s'attardant sur ceux des premiers rangs. Le danger viendrait plus d'eux que des autres. Les grands ont ces relations qui les rendent intouchables. Par la même occasion, ils font ce qu'ils souhaitent. Pourtant, aujourd'hui, à cette heure-ci, ils seraient des habitants comme les autres. Qu'ils fassent le moindre geste suspect et ils seront arrêtés dans la seconde. Les sous-fifres d'Angel avaient clairement été prévenus. Au moindre état d'âme ou écart à cette règle éditée pour l'occasion, les pacificateurs risquaient la destitution. Et la jeune femme est tout sauf tendre. Notamment aujourd'hui.

Enfin. Le grand gagnant entra sous les applaudissements de la foule. Les cris de joie résonnaient dans les oreilles d'Angel comme un supplice. Tous ces gens, avec leur sourire et leur bonheur … D'un côté, elle les avait toujours enviés. Ils se contentaient de leurs plaisirs matérialistes et se complaisaient dans leurs privilèges. Elle ne pouvait se permettre tout ça. En fait, en tant que pacificatrice, les gens avaient tendance à la haïr. Même les Capitoliens. Alors qu'elle les protégeait ! Enfin, était supposée les aider et protéger, ce qui n'était pas toujours le cas. La vie réserve parfois quelques surprises … Le gagnant fit le silence. Au moins, il possédait cette qualité de faire taire les Capitoliens. C'était déjà bien. Même si ce n'est que temporaire. La foule l'écouta alors attentivement. De là où elle était, Angel pouvait voir que Dnierp n'avait rien préparé. De toute façon, il pourrait lancer n'importe quoi, il aurait le monde à ses pieds jusqu'aux prochains Jeux. Et vint le discours. LE discours … Aussi profond que le cerveau des Capitoliens.

« Tout d’abord, je voulais vous dire que je suis très reconnaissant d’être ici, en vie surtout mais au milieu de vous tous, devant cette foule qui m’acclame. Je voulais vous remercier pour votre soutien, ça me touche vraiment. Merci à tous ceux d’entre vous qui m’ont soutenu dans l’arène, qui ont suivi mes aventures et espéré ma victoire. Sans vous, habitants du Capitole, je ne serais pas là aujourd’hui, à me tenir sur cette estrade. Je suis désormais quelqu’un qui a appris des valeurs telles que le courage, l’entraide ou même l’humour. Merci, à vous tous. »

Angel s'étouffa avec sa salive. Les Capitoliens n'étaient pas réputés pour leur esprit hors du commun, elle l'avouait, mais il avait fait gros sur ce coup. Toutefois, la foule se contenta d'applaudir ce géniallissime discours et de crier de joie, jusqu'à ce que Dnierp soit hors de la vue. Ils semblèrent alors se calmer, discutant entre eux, profitant de cette occasion pour rattraper le temps perdu. Et les pauvres muets se promenaient avec des montagnes de verres remplis de champagne, tendant désespérément de ne rien faire tomber, par peur de la torture et des châtiments qui les attendent une fois de retour chez eux. Chez leurs maîtres plutôt. La pacificatrice sortit de l'ombre. Les Capitoliens se sont bien comportés aujourd'hui. Angel était contente d'eux, ils n'avaient fait aucun écl ….

Un poignard se ficha à ses pieds. Un homme hurlait des mots incompréhensibles, comme quoi Dnierp n'aurait pas dû gagner, que tout cela était truqué. Dans la foule, la jeune femme le retrouva rapidement. Les pacificateurs l'avaient déjà entouré et emmené. Quelques secondes seulement pour mener cette affaire. Les Capitoliens semblaient ne pas trop avoir remarqué l'incident, ce qui arrangeait bien Angel. Faire un discours pour les rassurer aurait été la dernière chose qu'elle souhaitait faire. Surtout qu'elle ne savait pas comment les rassurer. C'était plutôt ça. Son manque total d'empathie et d'émotions « humaines ». Un cœur de pierre, totalement hermétique. Comme si ressentir ces sentiments tout simples étaient devenus impossible.

Angel esquissa un sourire et se pencha pour ramasser l'arme, qu'elle rangea dans l'un des multiples fourreaux, vides, prévus à cet effet. Elle s'éloigna de l'estrade, laissant les gens disserter sur la robe la plus belle de la soirée, ou la femme avec la plus grosse poitrine. Un de ses collègues l'a rejoint. Elle s'enquit du profil de l'homme qui a perturbé la manifestation. Sous l'effet de drogues et d'alcools probablement. Il allait mourir. Sans aucun doute. Le Gouvernement ne tolérait pas ce genre de dépassement. Surtout au cœur même du Capitole. La pacificatrice renvoya son collègue à son poste et s'appuya contre le mur. Elle observa cette foule, qui discutait et riait. Elle aperçut Nate, ce créateur qui l'agaçait plus que tout. Elle vit aussi deux ou trois de ses employeurs avec leur petite famille. Voilà qui était très intéressant ...

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Tournée du vainqueur [Libre]

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